Tahiti, le 9 juin 2026 - La Chambre territoriale des comptes a rendu public, ce mardi, son rapport sur le contrôle de la prise en charge de l’insuffisance rénale chronique en Polynésie française sur la période 2020 à 2024 pour l’examen des comptes et jusqu’à la période la plus récente pour celui de la gestion.
“L’insuffisance rénale chronique est évolutive et irréversible”, rappelle en préambule la Chambre territoriale des comptes (CTC) dans un rapport qui ne détecte pas de dysfonctionnements majeurs, mais qui pointe, une fois de plus, la dégradation de l’état de santé de la population et les difficultés des différents organismes à enrayer cette progression défavorable.
“La Polynésie française est particulièrement concernée par cette pathologie, du fait de la forte prévalence du diabète, de l’obésité et de l’hypertension artérielle dans la population”, explique ainsi la CTC dans la synthèse de son rapport. Le nombre de personnes atteintes a progressé de 48 % entre 2020 et 2024 pour atteindre 4 160 individus.
Les dépenses d’assurance maladie liées à l’insuffisance rénale chronique ont atteint 8,5 milliards de francs en 2024, en progression annuelle de 10 % entre 2020 et 2024. Des chiffres qui font froid dans le dos et qui continuent de croître malgré les campagnes de prévention et les taxations sur les produits sucrés, les cigarettes et l’alcool.
“L’insuffisance rénale chronique est une pathologie souvent méconnue du grand public en Polynésie française alors même qu’elle constitue un problème important de santé par son évolution silencieuse, ses conséquences graves et le poids croissant qu’elle exerce sur le système de soins”, résume la Chambre.
“L’insuffisance rénale chronique est évolutive et irréversible”, rappelle en préambule la Chambre territoriale des comptes (CTC) dans un rapport qui ne détecte pas de dysfonctionnements majeurs, mais qui pointe, une fois de plus, la dégradation de l’état de santé de la population et les difficultés des différents organismes à enrayer cette progression défavorable.
“La Polynésie française est particulièrement concernée par cette pathologie, du fait de la forte prévalence du diabète, de l’obésité et de l’hypertension artérielle dans la population”, explique ainsi la CTC dans la synthèse de son rapport. Le nombre de personnes atteintes a progressé de 48 % entre 2020 et 2024 pour atteindre 4 160 individus.
Les dépenses d’assurance maladie liées à l’insuffisance rénale chronique ont atteint 8,5 milliards de francs en 2024, en progression annuelle de 10 % entre 2020 et 2024. Des chiffres qui font froid dans le dos et qui continuent de croître malgré les campagnes de prévention et les taxations sur les produits sucrés, les cigarettes et l’alcool.
“L’insuffisance rénale chronique est une pathologie souvent méconnue du grand public en Polynésie française alors même qu’elle constitue un problème important de santé par son évolution silencieuse, ses conséquences graves et le poids croissant qu’elle exerce sur le système de soins”, résume la Chambre.
Mieux informer la population
Au cœur du rapport, la nécessité de prévention reste un élément clé pour faire baisser le nombre de patients, ainsi que les charges sur la CPS. “La chambre invite, dès lors, la Polynésie française à diffuser des messages spécifiques sur l’insuffisance rénale chronique permettant à l’ensemble de la population de comprendre l’importance de la lutte contre la dépendance tabagique qui participe au développement des maladies cardiovasculaires et à la dégradation de la fonction rénale, l’importance de limiter la consommation d’alcool, les bénéfices de l’équilibre diététique (notamment la limitation des apports en sel) et de l’activité physique sur la limitation de la dégradation de la fonction rénale et l’importance de surveiller et connaître les signes et symptômes de la maladie rénale chronique.”
Des informations que distille la Direction de la santé, mais qui devraient être relayées en plus grand nombre. “Il serait notamment utile d’améliorer la connaissance de la population sur les conséquences de la dépendance à l’alcool ou de l’addiction aux drogues dures, qui, sans projet de sevrage, représentent des contre-indications à la greffe rénale”, complète la CTC.
Des informations que distille la Direction de la santé, mais qui devraient être relayées en plus grand nombre. “Il serait notamment utile d’améliorer la connaissance de la population sur les conséquences de la dépendance à l’alcool ou de l’addiction aux drogues dures, qui, sans projet de sevrage, représentent des contre-indications à la greffe rénale”, complète la CTC.
Des besoins croissants en dialyse
“L’activité de dialyse du centre hospitalier de la Polynésie française, unique centre lourd du territoire, présente un niveau élevé sur la période 2020-2024”, est-il écrit dans le rapport de la CTC. Une donnée qui n’étonnera personne étant donné le nombre croissant de cas et le faible développement des infrastructures. “Après une baisse marquée en 2021 en raison d’un nombre significatif de décès dans la file active, liés à la crise sanitaire, le nombre de séances a repris une trajectoire de progression, pour atteindre un niveau supérieur à celui observé avant la crise. Ce niveau d’activité place aujourd’hui le centre hospitalier en difficulté pour absorber la demande de soins”, note le rapport.
Le CHPF et les centres privés de dialyse ne parviennent plus, ou mal, à prendre en charge les patients. “La dernière visite de conformité réalisée en octobre 2023 par l’Agence de régulation de l’action sanitaire et sociale révèle que le centre hospitalier effectue, sur la quasi-totalité de ses postes installés, quatre traitements quotidiens au lieu des trois prévus par la réglementation. L’agence souligne également que le centre hospitalier ne dispose pas des douze postes de dialyse qui devraient être réservés au repli des patients suivis par les autres opérateurs. Le rapport indique plus précisément que la majorité des unités de dialyse fonctionnent dans des locaux dont la superficie limitée ne permet pas de disposer d’un nombre suffisant de postes de repli, ce qui compromet la capacité à accueillir temporairement la plupart des patients en cas de nécessité médicale, technique ou sociale. En conséquence, l’autorisation d’exercer l’activité de prise en charge de l’insuffisance rénale chronique par épuration extrarénale ne permet au centre hospitalier de n’utiliser que dix postes sur les 22 autorisés pour la prise en charge chronique”, explique ainsi le corps du rapport qui note que “plusieurs projets d’extension des capacités de traitement en hémodialyse ont été élaborés par l’établissement. Cependant, le niveau d’investissement nécessaire à une mise en conformité complète dépasse ses capacités d’autofinancement et aucune subvention spécifique n’a été obtenue.”
La puissance publique devra elle aussi se pencher sur la question, en plus des campagnes d’information au grand public. Le centre hospitalier prévoit toutefois de réaliser des travaux en 2026, incluant l’ajout de huit postes de dialyse.
Le CHPF et les centres privés de dialyse ne parviennent plus, ou mal, à prendre en charge les patients. “La dernière visite de conformité réalisée en octobre 2023 par l’Agence de régulation de l’action sanitaire et sociale révèle que le centre hospitalier effectue, sur la quasi-totalité de ses postes installés, quatre traitements quotidiens au lieu des trois prévus par la réglementation. L’agence souligne également que le centre hospitalier ne dispose pas des douze postes de dialyse qui devraient être réservés au repli des patients suivis par les autres opérateurs. Le rapport indique plus précisément que la majorité des unités de dialyse fonctionnent dans des locaux dont la superficie limitée ne permet pas de disposer d’un nombre suffisant de postes de repli, ce qui compromet la capacité à accueillir temporairement la plupart des patients en cas de nécessité médicale, technique ou sociale. En conséquence, l’autorisation d’exercer l’activité de prise en charge de l’insuffisance rénale chronique par épuration extrarénale ne permet au centre hospitalier de n’utiliser que dix postes sur les 22 autorisés pour la prise en charge chronique”, explique ainsi le corps du rapport qui note que “plusieurs projets d’extension des capacités de traitement en hémodialyse ont été élaborés par l’établissement. Cependant, le niveau d’investissement nécessaire à une mise en conformité complète dépasse ses capacités d’autofinancement et aucune subvention spécifique n’a été obtenue.”
La puissance publique devra elle aussi se pencher sur la question, en plus des campagnes d’information au grand public. Le centre hospitalier prévoit toutefois de réaliser des travaux en 2026, incluant l’ajout de huit postes de dialyse.
Greffe et don d’organe
En plus de l’accroissement inquiétant du nombre de cas d’insuffisance rénale chronique chaque année, la Polynésie est confrontée à une double problématique : “Une pénurie persistante de personnels médicaux et paramédicaux en néphrologie” confrontés à des contraintes locales comme l’éloignement, l’absence de congés bonifiés, la grille salariale inférieure à la métropole et la forte charge de travail, mais aussi un nombre insuffisant de prélèvements d’organe sur des patients décédés ou en mort encéphalique. Des refus des familles souvent pour des raisons éthiques et religieuses. “Dans ce contexte, il pourrait être opportun pour la Polynésie française d’étudier la faisabilité d’une extension du prélèvement d’organes aux donneurs décédés après arrêt circulatoire contrôlé, c’est-à-dire après une décision médicale d’arrêt des soins chez un patient déjà hospitalisé”, conclut la CTC.
Les recommandations
- Enrichir, d’ici à 2028, la collecte de données épidémiologiques relatives à l’insuffisance rénale chronique, notamment aux stades précoces de la maladie.
- Instaurer, à partir de 2026, des contrôles sur les prescriptions médicales relatives à l’adressage des patients en dialyse.
- Réviser, en 2027, la carte des autorisations de dialyse pour adapter les capacités installées aux besoins de la population.
- Installer, en 2026, un réseau de santé consacré à la prise en charge de l’insuffisance rénale chronique.
- Engager, en 2026, une étude des coûts pour chaque modalité de dialyse.
- Retravailler, en 2027, les tarifs applicables aux différentes modalités de dialyse en fonction d’une logique de qualité des soins et de soutenabilité budgétaire.
- Engager, en 2026, une étude de faisabilité sur l’extension des conditions de prélèvement d’organes aux donneurs décédés après arrêt circulatoire contrôlé (de type “Maastricht III”).
































