Tahiti le 17 juin 2026 – Chercheurs, scientifiques et agriculteurs ont travaillé en collaboration pour envisager les effets du changement climatique dans la région afin d’adapter les pratiques agricoles aux “pluies intenses” qui risquent de nous toucher dans les années à venir.
Pour la clôture du programme Climat du Pacifique, Savoirs Locaux et Stratégies d’Adaptation (Clipssa), une conférence a été donnée, mercredi à la présidence. Clipsaa est un programme de recherche-action porté par l’IRD, Météo-France et l’Agence Française de Développement. Il s’appuie vise à combler le manque de données de précision sur le Pacifique Sud face au changement climatique. Au terme de quatre ans d’étude, ses résultats constituent désormais une base pour formuler des stratégies d'adaptation et des plans d'action à Wallis-et-Futuna, en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie et au Vanuatu. Ce programme “symbolise une fin, mais également un commençant”, a indiqué le délégué interministériel en charge du Climat et du Développement Durable, Léopold Biardeau.
Le projet Clipsaa a pour objectif “de produire de la connaissance, de faire des projections sur notre climat régional à une échelle qui soit véritablement pertinente pour nous. Il vise à mieux comprendre les effets du changement climatique dans le Pacifique Sud et à construire des stratégies d’adaptation communes entre scientifiques, décideurs publics et populations locales”.
Pour la clôture du programme Climat du Pacifique, Savoirs Locaux et Stratégies d’Adaptation (Clipssa), une conférence a été donnée, mercredi à la présidence. Clipsaa est un programme de recherche-action porté par l’IRD, Météo-France et l’Agence Française de Développement. Il s’appuie vise à combler le manque de données de précision sur le Pacifique Sud face au changement climatique. Au terme de quatre ans d’étude, ses résultats constituent désormais une base pour formuler des stratégies d'adaptation et des plans d'action à Wallis-et-Futuna, en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie et au Vanuatu. Ce programme “symbolise une fin, mais également un commençant”, a indiqué le délégué interministériel en charge du Climat et du Développement Durable, Léopold Biardeau.
Le projet Clipsaa a pour objectif “de produire de la connaissance, de faire des projections sur notre climat régional à une échelle qui soit véritablement pertinente pour nous. Il vise à mieux comprendre les effets du changement climatique dans le Pacifique Sud et à construire des stratégies d’adaptation communes entre scientifiques, décideurs publics et populations locales”.
“On peut être pionnier, on n'est pas juste des victimes”
Le projet Clipssa va permettre d’intégrer toutes les données recueillies dans le volet adaptation du plan climat 2030 adopté à l’assemblée en décembre 2024, indique Léopold Biardeau. “On est en première ligne, on le sait, on le voit déjà dans nos îles. Et les habitants ne sont pas aveugles, ils voient que le niveau de la mer n'est pas le même que celui d'avant. Mais c'est une chose que de voir ce qui se passe déjà aujourd'hui, il faut aussi savoir ce qui va se passer dans 20 ans, dans 30 ans, dans 50 ans”, ajoute-t-il.
Et cette étude permet, selon lui, d’estimer les effets du changement climatique jusqu’à 2100, avec la possibilité donnée aux responsables politiques d’anticiper les problèmes à venir. Pour Léopold Biardeau, le fait que ce projet soit “régional” est une bonne chose car “la réponse au changement climatique on ne pourra pas la réinventer chacun dans notre coin (…). On peut être pionnier, on n'est pas juste des victimes.”
Effectivement, depuis plusieurs années il est question de géopolitique de l’Indopacifique. “C'est une idée qui vient souvent du dehors. C'est une idée qui voit le Pacifique comme un théâtre, et nous, on ne serait que des pions à déplacer.” Le délégué interministériel en charge du Climat et du Développement Durable est persuadé que cette géopolitique peut venir de “l’intérieur” avec notamment les forums régionaux.
Et cette étude permet, selon lui, d’estimer les effets du changement climatique jusqu’à 2100, avec la possibilité donnée aux responsables politiques d’anticiper les problèmes à venir. Pour Léopold Biardeau, le fait que ce projet soit “régional” est une bonne chose car “la réponse au changement climatique on ne pourra pas la réinventer chacun dans notre coin (…). On peut être pionnier, on n'est pas juste des victimes.”
Effectivement, depuis plusieurs années il est question de géopolitique de l’Indopacifique. “C'est une idée qui vient souvent du dehors. C'est une idée qui voit le Pacifique comme un théâtre, et nous, on ne serait que des pions à déplacer.” Le délégué interministériel en charge du Climat et du Développement Durable est persuadé que cette géopolitique peut venir de “l’intérieur” avec notamment les forums régionaux.
“Une co-construction avec les agriculteurs”
De son côté, l’anthropologue et ethno-écologue à l'Institut de Recherche pour le Développement, Catherine Sabinot, assure qu’avec le projet Clipssa chercheurs et scientifiques sont à la “frontière” de leur métier “puisqu'on est encore plus que d'habitude à l'interface avec les politiques publiques, à l'interface avec la société”.
Elle indique que certains de ses collègues ont réussi à avoir des résultats “inédits” en utilisant “les simulations du futur du climat (…) et ils ont simulé la sensibilité de certaines variétés de taro ou d'ignames pour montrer comment certaines variétés vont peut-être diminuer, augmenter, être plus ou moins sensibles aux hausses de température à venir et à la pluviométrie sur laquelle il y a beaucoup d'incertitudes”.
“Les regards doivent s'entrecroiser”, insiste le président de l’Université de Polynésie, Jean-Paul Pastorel, pour “établir la confiance entre les citoyens, les communautés et puis les experts, les scientifiques d'une part, et puis d'autre part – parce que les sociétés ont des choses à apporter – des contributions à apporter aux défis de notre temps, de notre monde”.
Il prend comme exemple le Rāhui pour lequel “les communautés n'ont pas attendu les normes environnementales ou les injonctions et la rhétorique administrative pour s'emparer du sujet, pour apporter à leur niveau des réponses. Nous devons donc nous inspirer aussi de ces expériences enrichissantes pour construire un modèle de développement durable qui soit acceptable et porté par tous”.
La confiance, entre collègues, avec les habitants et avec les agriculteurs a été un des socles de la réussite de ce projet. “La confiance qu'on accorde à quelqu'un va jouer beaucoup sur la légitimité qu'on donne au savoir qui nous partage. Et ça, c'est quelque chose qu'on décrit aussi dans nos résultats, comment est-ce que ça fonctionne et quels sont les leviers et les blocages qu'on va rencontrer pour pouvoir lever certaines difficultés.”
À ce sujet, le climatologue à l’IRD, Christophe Menkes, constate que la confiance était telle qu’ils ont été “bien reçus systématiquement et qu'il y eu un dialogue, un réel dialogue”. Il insiste sur le fait que, pour ce travail, l’équipe de chercheurs s’est “vraiment servie des savoirs des agriculteurs sur le terrain pour construire les modèles de projection du futur. Il y a vraiment eu une co-construction avec les agriculteurs qu'on a pu rencontrer sur leur manière de procéder, quelle variété ils utilisaient, qu'est-ce qu'ils faisaient en cas d'événements extrêmes, etc.”.
Elle indique que certains de ses collègues ont réussi à avoir des résultats “inédits” en utilisant “les simulations du futur du climat (…) et ils ont simulé la sensibilité de certaines variétés de taro ou d'ignames pour montrer comment certaines variétés vont peut-être diminuer, augmenter, être plus ou moins sensibles aux hausses de température à venir et à la pluviométrie sur laquelle il y a beaucoup d'incertitudes”.
“Les regards doivent s'entrecroiser”, insiste le président de l’Université de Polynésie, Jean-Paul Pastorel, pour “établir la confiance entre les citoyens, les communautés et puis les experts, les scientifiques d'une part, et puis d'autre part – parce que les sociétés ont des choses à apporter – des contributions à apporter aux défis de notre temps, de notre monde”.
Il prend comme exemple le Rāhui pour lequel “les communautés n'ont pas attendu les normes environnementales ou les injonctions et la rhétorique administrative pour s'emparer du sujet, pour apporter à leur niveau des réponses. Nous devons donc nous inspirer aussi de ces expériences enrichissantes pour construire un modèle de développement durable qui soit acceptable et porté par tous”.
La confiance, entre collègues, avec les habitants et avec les agriculteurs a été un des socles de la réussite de ce projet. “La confiance qu'on accorde à quelqu'un va jouer beaucoup sur la légitimité qu'on donne au savoir qui nous partage. Et ça, c'est quelque chose qu'on décrit aussi dans nos résultats, comment est-ce que ça fonctionne et quels sont les leviers et les blocages qu'on va rencontrer pour pouvoir lever certaines difficultés.”
À ce sujet, le climatologue à l’IRD, Christophe Menkes, constate que la confiance était telle qu’ils ont été “bien reçus systématiquement et qu'il y eu un dialogue, un réel dialogue”. Il insiste sur le fait que, pour ce travail, l’équipe de chercheurs s’est “vraiment servie des savoirs des agriculteurs sur le terrain pour construire les modèles de projection du futur. Il y a vraiment eu une co-construction avec les agriculteurs qu'on a pu rencontrer sur leur manière de procéder, quelle variété ils utilisaient, qu'est-ce qu'ils faisaient en cas d'événements extrêmes, etc.”.
“Le nombre de cyclones va diminuer” Christophe Menkes Climatologue à l'IRD
“Le nombre de cyclones va diminuer, on a une quasi-certitude sur ça. Les résultats qu'on a ainsi que les résultats que d'autres collègues montrent cela. Mais, en revanche, la pluviométrie va augmenter, en contrepartie. On aura moins de cyclones, mais un climat plus pluvieux avec des épisodes plus intenses. Et on sait les dégâts que font les pluies (…). On s'attend à avoir des conséquences plus importantes (…) On dit généralement qu'il y a plus d'événements extrêmes, c'est vrai d'une manière générale pour les événements extrêmes comme les fortes pluies, les sécheresses fortes, les vagues de chaleur fortes. Mais pour les cyclones, le nombre diminue. Les cyclones, c'est un cas particulier, parce que cela fait partie de ces événements extrêmes, dont le nombre va diminuer. Alors que les autres événements extrêmes, nombre de vagues de chaleur, nombre de sécheresses intenses, a plutôt tendance à augmenter.”

































