Tahiti, le 19 août 2026 - Ils étaient une dizaine à se rassembler ce mercredi, à 12 h 30, sur le motu de Arue pour soutenir la seule école de pirogue à voile traditionnelle de Tahiti, aujourd'hui menacée d'expulsion du site au 1er octobre. L'école conteste son départ, déjà annoncé, et espère encore pouvoir rester sur le motu.
L'école de pirogue à voile de Arue ne vogue plus sur un long fleuve tranquille. L'unique structure qui fait naviguer sur les embarcations traditionnelles des scolaires, des associations, des habitants des quartiers, des personnes en situation de handicap ou encore des particuliers est dans l'incertitude. Elle devra quitter ses locaux du motu de Arue au 1er octobre et ne trouve pas de solutions pour entreposer son matériel ailleurs.
“Pour moi, la pirogue à voile, c'est l'image de Arue”, se désole une habitante de la commune. Même inquiétude pour Niuhiti Buillard, ancien enseignant de sport, qui parle de “non-sens”. “On perd notre langue, le vocabulaire, la culture. C'est complètement opposé à la politique culturelle du Pays. On parle de lutte contre l'oisiveté, l'ice, etc., mais c'est grâce à ce genre d'association qu'on lutte contre tout ça”, estime-t-il.
Le désaccord porte sur ce qui été demandé lors d'une réunion organisée le 29 avril dernier. Ce jour-là, une rencontre entre la tāvana Teura Iriti, un adjoint, un agent communal et Tamatoa Perez, de Tahiti Va'a, fait état auprès de Teiva Véronique-Gatata, président de l'école de pirogue à voile traditionnelle de Arue, d'un “éventuel départ du motu”.
Selon le moniteur de navigation traditionnelle, cette rencontre ne constituait pas une demande formelle de cessation immédiate de l'activité. Quelques jours plus tard, le 4 mai, l'école, connue sous le nom d'O'Sea Va'a Tā'ie, avait donc adressé un long courrier à Teura Iriti pour défendre son maintien sur le motu et détailler son activité depuis son installation en 2020.
L'école de pirogue à voile de Arue ne vogue plus sur un long fleuve tranquille. L'unique structure qui fait naviguer sur les embarcations traditionnelles des scolaires, des associations, des habitants des quartiers, des personnes en situation de handicap ou encore des particuliers est dans l'incertitude. Elle devra quitter ses locaux du motu de Arue au 1er octobre et ne trouve pas de solutions pour entreposer son matériel ailleurs.
“Pour moi, la pirogue à voile, c'est l'image de Arue”, se désole une habitante de la commune. Même inquiétude pour Niuhiti Buillard, ancien enseignant de sport, qui parle de “non-sens”. “On perd notre langue, le vocabulaire, la culture. C'est complètement opposé à la politique culturelle du Pays. On parle de lutte contre l'oisiveté, l'ice, etc., mais c'est grâce à ce genre d'association qu'on lutte contre tout ça”, estime-t-il.
Le désaccord porte sur ce qui été demandé lors d'une réunion organisée le 29 avril dernier. Ce jour-là, une rencontre entre la tāvana Teura Iriti, un adjoint, un agent communal et Tamatoa Perez, de Tahiti Va'a, fait état auprès de Teiva Véronique-Gatata, président de l'école de pirogue à voile traditionnelle de Arue, d'un “éventuel départ du motu”.
Selon le moniteur de navigation traditionnelle, cette rencontre ne constituait pas une demande formelle de cessation immédiate de l'activité. Quelques jours plus tard, le 4 mai, l'école, connue sous le nom d'O'Sea Va'a Tā'ie, avait donc adressé un long courrier à Teura Iriti pour défendre son maintien sur le motu et détailler son activité depuis son installation en 2020.
1 200 formations par an, plus de 200 classes encadrées...
Dans ce courrier, l'école se dit alors prête à revoir son organisation pour répondre aux préoccupations de la commune : réduire l'espace occupé, réorganiser le stockage des va'a, participer davantage aux événements communaux ou encore transmettre régulièrement un bilan de ses activités.
Pour information, l'école compte une activité importante : 1 200 formations par an, plus de 200 classes encadrées, plus de 50 groupes de loisirs, des interventions auprès de jeunes, des actions sociales et des partenariats avec plusieurs établissements de la commune. Elle emploie également un capitaine et trois personnes à temps partiel.
Pour Teiva Véronique-Gatata, un départ du motu pourrait compromettre la poursuite de l'école.
Le dossier évolue le 24 juillet. Tahiti Va'a, gestionnaire de la parcelle où se trouve l’école de navigation traditionnelle, lui transmet un mail de la mairie annonçant la modification de la convention d’occupation de cette parcelle. Tahiti Va'a demande à l’école de “prendre ses dispositions” et de quitter les lieux avant le 1er octobre.
“C'est dans notre politique de réaménager le motu”
“Ce n'est pas ciblé, ce n'est pas pour être méchants”, assure de son côté la tāvana Teura Iriti. Elle ajoute que toutes les associations qui occupaient jusqu'ici des espaces sur le motu ont été prévenues par la commune et ont quitté les lieux.
Une interrogation demeure : la demande de départ était-elle claire dès la première réunion ? Teiva Véronique-Gatata affirme ne pas avoir compris qu'il devait immédiatement cesser son activité. La mairie, elle, assure que la demande avait bien été formulée lors de cette rencontre. “On les a préparés”, affirme la tāvana.
La commune confirme que la récupération des locaux répond à “des besoins prioritaires”. Ceux-ci doivent être “temporairement fermés pour travaux” à partir du mois d'octobre, pour des raisons de sécurité.
Reste la question de l’éventuel relogement de l’école. La mairie de Arue ne dispose, selon la tāvana, d'aucune solution sur le territoire communal.
“C'est dans notre politique de réaménager le motu. Les locaux serviront aussi pour le Comité des Jeux du Pacifique, mais pas uniquement”, explique la tāvana.
Cette réponse clarifie la position de la mairie : “Après octobre, il faudra entreposer les pirogues dans d'autres communes. Je veux bien leur donner un ou deux mois de plus, mais ensuite il faudra libérer l'espace. Arue est une commune très petite, on n'a pas de place pour eux malheureusement”, déplore Teura Iriti.

































