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“Je n'ai pensé qu'à mon désir” : un homme condamné à un an de prison ferme pour avoir filmé et diffusé la vidéo de ses ébats avec une mineure de 13 ans


  “Je n'ai pensé qu'à mon désir” : un homme condamné à un an de prison ferme pour avoir filmé et diffusé la vidéo de ses ébats avec une mineure de 13 ans
Tahiti, le 15 septembre 2026 - Un homme de 21 ans, installé à Makemo a comparu ce mardi devant le tribunal de Papeete pour agression sexuelle, enregistrement et diffusion d'une vidéo d’un rapport sexuel avec une mineure. Les faits remontent à février 2024, à Papara. Il avait 18 ans au moment des faits. Il a été condamné à trois ans de prison, dont un ferme.    

C'est sur les réseaux sociaux qu'il a fait la connaissance de la victime, alors tout juste âgée de 13 ans. Amateurs de va'a, cette passion commune les a rapprochés. S’en suit une relation à distance. Après plusieurs semaines d'échanges, les deux jeunes conviennent de se rencontrer sur une plage à Papara. C'est là qu’ils ont une relation sexuelle. Le prévenu la filme et conserve l’enregistrement sur son téléphone.    

Ayant, selon ses propres mots, une tendance à la pornographie, le jeune homme publie plusieurs mois plus tard l'une des vidéos dans un groupe Facebook fermé consacré aux sextapes de Polynésiens. Quatre vidéos existent, mais une seule montre son visage : c'est celle-là qu'il choisit de diffuser. “Le moyen pour y entrer, c'est d'envoyer une vidéo exclusive”, a-t-il expliqué à la barre, mardi. Les images circulent rapidement et parviennent à des proches de la mère de la victime. Outrée, elle porte immédiatement plainte.    

Entendue par les enquêteurs, l'adolescente a d'abord expliqué que la relation lui avait été imposée et qu'elle s'était opposée à la prise d'images. Elle est ensuite revenue sur ces déclarations, indiquant qu'elle avait succombé aux assauts de son prétendant parce que le prévenu lui avait ramené des “puffs”, et qu'elle n'avait pas clairement dit non au fait d'être filmée. “J'ai regretté. C'était mon premier rapport”, a-t-elle confié aux enquêteurs. Le prévenu, lui, a reconnu qu'“au départ elle ne voulait pas trop [l'] embrasser, et après oui”.    

C'est à ce moment de l'audience que le président l'a interrogé sur la loi : “Vous ne saviez pas qu'une relation avec une mineure de moins de 15 ans était interdite ?” “Je venais d'avoir 18 ans”, a-t-il répondu. Quant à la question de savoir s'il avait traité la jeune fille comme une prostituée en échange des puffs, sa réponse a été sans détour : “À ce moment-là, oui !”    
 

​ ​Un “prédateur” selon l'expert psychiatre


C'est un profil de prédateur qu’a dressé l'expert psychiatre dans le dossier. Les menaces ont créé chez la jeune fille un sentiment de peur durable, celui d'être face à quelqu'un de dangereux. Plus la différence d'âge est marquée, plus la vulnérabilité de la victime a été exploitée de façon pressante – un sentiment que l'on retrouve fréquemment chez les jeunes adolescentes en quête d'identité, victimes d'agression sexuelle. “C'est une petite fille, elle n’a que 13 ans quand vous diffusez la vidéo”, lui a rappelé le tribunal.    

Absente à l'audience, aujourd’hui la jeune fille “traverse une véritable épreuve”, d’après les mots de son avocate. “Elle ne voulait pas que les images soient diffusées et monsieur l'a fait quand même. Cela crée pour la petite une victimisation perpétuelle. On ne sait pas si la vidéo existe encore sur le Net”, a-t-elle souligné. Sur les toilettes de son collège, le nom de la victime avait été inscrit, en grand, pour dire qu'elle était une “fille facile”.     

“C'était un échange de bons procédés. Une relation sexuelle tarifée”, a poursuivi l’avocate de la victime, ajoutant que le prévenu “tente de faire croire qu'elle était consentante pour être filmée. Ce que la défense ne croit pas”.    

La procureure a, elle aussi, insisté sur la vulnérabilité de la jeune fille : “Quand on a 13 ans, on peut peut-être avoir envie de se comporter comme une adulte, mais on n'est pas outillé au niveau émotionnel. Elle va basculer dans un monde qu'elle ne maîtrise absolument pas.” La représentante du ministère public a déploré que le prévenu ait “jeté en pâture” la jeune victime sans se soucier des conséquences pour elle : “Cela fait énormément de mal d'être traitée comme ça. C'est extrêmement destructeur.”      

Le tribunal a finalement condamné le jeune homme à une peine de prison de 3 ans, dont une année ferme, aménageable. Il a interdiction d'entrer en contact avec la jeune fille et devra lui verser 400 000 francs de dommages et intérêts. Son nom sera également inscrit au Fichier national des auteurs d'infractions sexuelles.    

Le prévenu affirme avoir rompu avec son addiction à la pornographie grâce à la communauté religieuse qu'il fréquente désormais.     

À la barre, il a fini par prononcer quelques derniers mots de repentir : “Je ne me rendais pas compte de la gravité de ce que je faisais. Je venais d'avoir 18 ans. Je suis sincèrement désolé pour elle. Je n'ai pensé qu'à mon désir et pas au tort que je pouvais faire. C'est une grosse erreur. Je comprends à quel point ça a dû être compliqué pour elle.” 

Rédigé par Violaine Broquet le Mardi 15 Septembre 2026 à 19:26 | Lu 1355 fois