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Incendie à Tureia : bipolaire le prévenu est déclaré pénalement irresponsable


Tahiti, le 7 septembre 2026 - Un homme était jugé ce lundi en comparution immédiate devant le tribunal de Papeete pour avoir incendié le domicile familial à Tureia et pour des faits à caractère sexuel sur sa fille. Atteint de bipolarité, il a finalement été déclaré coupable mais pénalement irresponsable et hospitalisé d’office.  

“L’incendie aurait pu entraîner la mort de l'ensemble de sa famille.” À la barre du tribunal de Papeete ce lundi, la procureure a insisté sur la gravité des faits reprochés à cet homme de 47 ans, atteint d'un trouble bipolaire et jugé pour avoir incendié le domicile familial à Tureia, le 15 juillet dernier.  

Originaire des Tuamotu, le prévenu est suivi pour une maladie bipolaire depuis l'âge de 17 ans, selon son témoignage “depuis la mort de son père”. Il était sous traitement, mais aurait fait l’impasse sur ses prises au moment des faits. Le médecin a évoqué une phase maniaque, période durant laquelle le risque de passage à l'acte violent augmente sensiblement en cas d'interruption du traitement.    

Selon les éléments du dossier, c'est dans cette phase maniaque, alors qu'il ne prenait plus son traitement, qu'il aurait mis le feu au domicile familial dans la nuit du 15 juillet. Cette nuit-là, les forces de l'ordre sont alertées aux alentours de 5 heures du matin pour un incendie. Feu qui aurait pris dans une pièce où se trouvait notamment un congélateur, avant de gagner les rideaux.    

Au moment des faits, l'épouse et les enfants du prévenu se trouvaient dans l'habitation. L'homme, lui, est retrouvé vers 6 heures du matin dormant dans un blockhaus à proximité.    

Le dossier comporte également des faits à caractère sexuel datant du 8 juillet. Le prévenu est poursuivi pour des atteintes sexuelles sur sa fille âgée de 22 ans. Une infraction distincte d'exhibition sexuelle, qui aurait été commise alors qu'il était alcoolisé, le short baissé devant ses enfants, n'a en revanche pas été retenue dans les poursuites examinées ce lundi.    

Dans les auditions, sa fille aînée, a livré son témoignage sur les faits du 8 juillet. Cette nuit-là, alors que son frère était parti à la pêche et que tout le monde dormait, elle explique s'être réveillé en sentant une main dans son short. Elle réveille alors sa mère, qui aurait constaté que le prévenu se trouvait toujours accroupi près d’elle, avant que ce dernier, visiblement gêné, ne quitte les lieux en courant. Le prévenu a reconnu les actes et s’en est excusé devant le tribunal, en l’absence de sa fille qui s’est constituée partie civile tout comme l'Association polyvalente d'actions judiciaires (Apaj).    
 
"Le prévenu, lui, se trouvait à l'extérieur, réfugié dans son blockhaus”

À la barre, l’homme tremble, un effet secondaire, selon lui, du médicament qui lui a été administré. Pour expliquer son geste, il aurait dit finir par “en avoir marre” de se faire traiter de violeur par ses enfants. Il aurait alors décidé de “les brûler”, pour mettre un terme à ces accusations répétées.  

Le parquet a insisté sur la gravité des faits. La procureure s'est notamment insurgée contre le risque encouru par la famille : “L'incendie aurait pu entraîner la mort de l'ensemble de sa famille, alors que le prévenu, lui, se trouvait à l'extérieur, réfugié dans son blockhaus.” Le parquet a alors requis quatre ans d'emprisonnement, dont deux ans assortis d'un sursis probatoire pendant deux ans, ainsi que le maintien en détention et une obligation de soins.  

La défense a, de son côté, demandé que son client soit déclaré pénalement irresponsable en raison de son trouble bipolaire et qu'il soit hospitalisé.    

Le tribunal a finalement déclaré le prévenu coupable des deux faits, tout en le considérant pénalement irresponsable en raison de son trouble bipolaire. Son admission dans un établissement psychiatrique en hospitalisation complète a été ordonnée.    

Cette possibilité est prévue par la loi : lorsqu'une juridiction déclare une personne pénalement irresponsable pour cause de trouble mental, elle peut ordonner son admission en soins psychiatriques sous la forme d'une hospitalisation complète, lorsque les conditions médicales et de sûreté sont réunies. 

Rédigé par Violaine Broquet le Lundi 7 Septembre 2026 à 19:37 | Lu 328 fois