Tahiti, le 25 mars 2026 – Adopté par 39 voix à Tarahoi, le premier collectif budgétaire de l’année passe, mais ne convainc pas. Derrière l’urgence affichée, l’abondement de 3,5 milliards au fonds des hydrocarbures et la nouvelle aide de 2,4 milliards à Air Tahiti Nui cristallisent les critiques. L’opposition dénonce un pilotage “au doigt mouillé”, quand le gouvernement assume un rôle de bouclier face à une crise jugée imprévisible.
Examiné ce mercredi matin à Tarahoi le premier collectif budgétaire 2026 n’en a pas moins suscité de vifs échanges dans l’hémicycle. Au cœur des débats : les 3,5 milliards injectés dans le Fonds de régulation des prix des hydrocarbures (FRPH) et les 2,4 milliards de subvention à Air Tahiti Nui (ATN), deux mesures phares que le gouvernement justifie par les incertitudes liées à la crise au Moyen-Orient.
Un calendrier jugé précipité et des choix mal étayés, selon le Tapura. “Il n’y avait pas urgence à organiser cette session extraordinaire”, a lancé le patron du Tapura Édouard Fritch, fustigeant des décisions prises “au doigt mouillé” et une politique qui “avance à vue”.
Même charge sur Air Tahiti Nui. Pour l’opposition, la subvention exceptionnelle accordée à la la compagnie aérienne relève davantage d’un rattrapage que d’une anticipation. “Il faut arrêter de nous balader”, tacle Fritch, rappelant que ces 2,4 milliards viennent en réalité compenser le déficit enregistré par la compagnie en 2025. L’argument de la hausse du kérosène est d’autant plus contesté qu’ATN applique déjà une “surcharge carburant de 30 000 francs par billet”, censée absorber une partie du choc.
Une urgence contestée, des choix assumés
Face aux critiques, le gouvernement assume une logique de précaution. “On est dans l’incertitude totale”, insiste le ministre de l’Économie, Warren Dexter, évoquant la volatilité des cours du pétrole. L’objectif : “épargner le plus possible la population” via le FRPH, véritable bouclier sur les prix des carburants et du fret.
Cocernant ATN, l’exécutif défend une intervention nécessaire pour garantir la continuité des liaisons internationales. “Sans intervention publique, c’est la continuité même de nos liaisons qui serait remise en cause”, abonde l’élu Tavini Steve Chailloux.
Entre ces deux visions, Nuihau Laurey adopte une position plus nuancée, mais non moins critique. S’il reconnaît un collectif “nécessaire sur le plan conjoncturel” pour amortir le choc, il en conteste clairement les fondements. À commencer par le FRPH, symbole, selon lui, d’un modèle à bout de souffle : “Créer un fonds, c’est simple. Le supprimer, c’est éminemment compliqué”, prévient-il, pointant un mécanisme hérité d’un autre contexte économique et qui enferme durablement le Pays dans une logique de subvention plutôt que de réforme.
Au-delà de l’outil, l’ancien ministre des Finances met en cause l’absence de stratégie énergétique globale, estimant que la dépendance aux hydrocarbures reste entière faute d’avoir réellement accéléré la transition. Même lecture sur Air Tahiti Nui : si l’aide est jugée indispensable à court terme pour éviter la cessation de paiement, elle illustre surtout, selon lui, l’échec des réformes structurelles promises. Faute d’évolution du modèle économique ou d’ouverture à un partenaire stratégique, la compagnie reste piégée dans un déficit chronique, régulièrement compensé par de l’argent public.
Finalement, derrière l’affichage de l’urgence, ce collectif confirme surtout une tendance : celle d’un Pays qui compense à coups de milliards ce qu’il ne réforme pas… au risque de confirmer le provisoire dans la durée.
Examiné ce mercredi matin à Tarahoi le premier collectif budgétaire 2026 n’en a pas moins suscité de vifs échanges dans l’hémicycle. Au cœur des débats : les 3,5 milliards injectés dans le Fonds de régulation des prix des hydrocarbures (FRPH) et les 2,4 milliards de subvention à Air Tahiti Nui (ATN), deux mesures phares que le gouvernement justifie par les incertitudes liées à la crise au Moyen-Orient.
Un calendrier jugé précipité et des choix mal étayés, selon le Tapura. “Il n’y avait pas urgence à organiser cette session extraordinaire”, a lancé le patron du Tapura Édouard Fritch, fustigeant des décisions prises “au doigt mouillé” et une politique qui “avance à vue”.
Même charge sur Air Tahiti Nui. Pour l’opposition, la subvention exceptionnelle accordée à la la compagnie aérienne relève davantage d’un rattrapage que d’une anticipation. “Il faut arrêter de nous balader”, tacle Fritch, rappelant que ces 2,4 milliards viennent en réalité compenser le déficit enregistré par la compagnie en 2025. L’argument de la hausse du kérosène est d’autant plus contesté qu’ATN applique déjà une “surcharge carburant de 30 000 francs par billet”, censée absorber une partie du choc.
Une urgence contestée, des choix assumés
Face aux critiques, le gouvernement assume une logique de précaution. “On est dans l’incertitude totale”, insiste le ministre de l’Économie, Warren Dexter, évoquant la volatilité des cours du pétrole. L’objectif : “épargner le plus possible la population” via le FRPH, véritable bouclier sur les prix des carburants et du fret.
Cocernant ATN, l’exécutif défend une intervention nécessaire pour garantir la continuité des liaisons internationales. “Sans intervention publique, c’est la continuité même de nos liaisons qui serait remise en cause”, abonde l’élu Tavini Steve Chailloux.
Entre ces deux visions, Nuihau Laurey adopte une position plus nuancée, mais non moins critique. S’il reconnaît un collectif “nécessaire sur le plan conjoncturel” pour amortir le choc, il en conteste clairement les fondements. À commencer par le FRPH, symbole, selon lui, d’un modèle à bout de souffle : “Créer un fonds, c’est simple. Le supprimer, c’est éminemment compliqué”, prévient-il, pointant un mécanisme hérité d’un autre contexte économique et qui enferme durablement le Pays dans une logique de subvention plutôt que de réforme.
Au-delà de l’outil, l’ancien ministre des Finances met en cause l’absence de stratégie énergétique globale, estimant que la dépendance aux hydrocarbures reste entière faute d’avoir réellement accéléré la transition. Même lecture sur Air Tahiti Nui : si l’aide est jugée indispensable à court terme pour éviter la cessation de paiement, elle illustre surtout, selon lui, l’échec des réformes structurelles promises. Faute d’évolution du modèle économique ou d’ouverture à un partenaire stratégique, la compagnie reste piégée dans un déficit chronique, régulièrement compensé par de l’argent public.
Finalement, derrière l’affichage de l’urgence, ce collectif confirme surtout une tendance : celle d’un Pays qui compense à coups de milliards ce qu’il ne réforme pas… au risque de confirmer le provisoire dans la durée.




























