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“Être prêt pour faire face aux périodes difficiles”


Tahiti, le 13 septembre 2026 – Le pieu de Arue de l’Église mormone a organisé, samedi, une “matinée de l’autonomie”. Un intitulé qui pourrait prêter à confusion. L’événement est censé avoir transmis quelques conseils pour “se préparer aux temps difficiles”.
 
Johan Lacombe, membre du Grand conseil et responsable de l'autonomie dans le pieu de Arue a organisé une “la matinée de l’autonomie” pour être fin “prêt pour les catastrophes”. “J'avais déjà entendu parler l'année dernière que le El Niño serait fort”, explique-t-il.Et comme je vois que la situation internationale est mauvaise, je me suis dit, qu’il faut qu'on se prépare”. L’événement accueillait les visiteurs dans les jardins de la mairie de Pirae, samedi matin.
 
Johan Lacombe s’est dit “content” du succès de son événement : “Il y a du monde, ça tourne dans les ateliers, les gens sont intéressés, ils posent beaucoup de questions”. Seul “bémol”, selon lui, “c'est qu'il y a beaucoup de membres de l'Église, et pas assez de personnes de l'extérieur. On n'a pas réussi à mobiliser les associations des quartiers, par exemple, peut-être parce qu'il n'y avait pas de mā’a à donner. Mais donner du mā’a aux gens, ce n'est pas les rendre autonomes, c'est les assister. Quand on veut apprendre à quelqu’un à se nourrir, on ne lui donne pas un poisson, on lui apprend à pêcher. C’est l’esprit de cette journée”.
 
L’organisateur appelle tout un chacun à se préparer, en partant du principe que “tout le monde peut être touché. Même des personnes qui ne sont pas en difficulté financière peuvent être touchées par des problèmes émotionnels. Une rupture, un décès, des choses comme ça”.
 
Il ajoute qu’il ne faut pas être simplement prêt pour les catastrophes, il faut l’être également après la catastrophe car il y a aussi du boulot. Il faut déblayer, enlever les arbres qui sont tombés et ça demande aussi une préparation”, estime-t-il. En ce qui le concerne, dit-il, chez lui il a des tronçonneuses qui sont “prêtes à fonctionner pour aider. J'ai une barre de remorquage pour remorquer les voitures avec le 4x4. J'ai préparé des cordes, des bâches, des choses comme ça”.
 
Camélia, visiteuse, a trouvé ces ateliers “très instructifs” et regrette qu’il n’y ait pas eu plus de personnes présentes pour cette matinée. Elle a participé à l’atelier sur l’autonomie alimentaire où on lui a expliqué comment planter le romarin. “En fait il suffit juste de piquer une branche dans la terre et moi je pensais que c'était beaucoup plus compliqué que ça. Donc, ce sont des choses simples à apprendre et très utiles pour le foyer.”

“Les élus vont dans ces quartiers pour faire des réunions de sensibilisation”

Le premier adjoint au maire de Pira’e, Yvonnick Raffin, a insisté sur le fait qu’à Pira’e le plan communal de sauvegarde n’est pas un vain mot. Il précise que des élus sont “chargés d’apporter la bonne parole aux administrés. Au besoin, ils vont dans ces quartiers pour faire des réunions de sensibilisation” pour rappeler aux administrés les bons gestes face aux risques de catastrophe naturelle. La commune a même embauché des pompiers ainsi que des mūto’i afin d’“accompagner une organisation sécuritaire (…). On s'organise de manière qu'on réponde aux besoins d'une population qui est en attente”. Il rappelle d’ailleurs qu’en cas de crise la salle du conseil municipal est “transformée en centre névralgique (…) beaucoup d'employés de la mairie sont mobilisés 24 heures sur 24 (…) toutes les forces vives sont en alerte et relaient l'information à ceux qui sont sur le terrain”.  
 
Rosette Chin, a animé l’atelier des réserves alimentaires et conseille de planter du manioc, taro, tarua, ‘ūmara. “Et quand c’est la saison du manioc par exemple, tu le râpes puis tu le mets à sécher au soleil pour faire la farine de manioc et de l’amidon. Avec le taro, tarua et le ’ūmara tu fais pareil et tu obtiens aussi de la farine et avec tout ça, on peut vivre. Tu peux même faire des chips avec tout ça.” Elle invite aussi à ne pas gaspiller les fruits et légumes de son jardin, au contraire elle préconise de transformer : “Je congèle ce qui doit-être congelé comme le po’e banane, ou les ’ūmara, taro. Je les mets dans les sachets sous vide et je peux conserver cela pendant trois mois à un an. Et quand tu veux, tu as juste à prendre, à décongeler, et tu chauffes.”
 
À l’époque du Covid, elle n’était pas du tout “inquiète parce que je me suis préparée et j'ai toujours eu à manger à la maison. Quand tu es autonome, tu n'as pas à t'inquiéter” Rosette Chin assure avoir appris tout cela avec son père et comme son père elle transmet ces techniques à ses enfants et à toutes les personnes désireuses d’apprendre.
 
Une autre journée comme celle-là devrait être organisée prochainement à Arue. Pour l’instant aucune date n’a encore été fixée.

Moerani Gauthier, responsable de l'atelier : La technique du “sac de 72 heures”

“Le sac de 72 heures doit être constitué d'éléments importants pour être autonome pendant trois jours, lors d’une catastrophe, ou d’une crise. Et ne pas avoir à attendre qu’on vienne nous aider. (…). La première chose, c'est l'eau. Si on n’a pas d'eau, c'est difficile de survivre pendant trois jours. Il faut au moins trois litres par personne.
Ensuite, il y a le mā’a. Pas de produits frais, essentiellement des boîtes de conserve et des aliments secs qui se conservent pendant longtemps.
Pour les vêtements, je prendrais le strict minimum pour le soir et pour me couvrir de la pluie et du soleil. Il faut aussi avoir un petit mōrī pata en Led, des piles de rechange, une petite radio pour avoir les éléments d'information générale. Des petites allumettes aussi, si on veut faire un petit feu. Il faut qu'on soit aussi identifiable donc j'ai un gilet jaune fluorescent, ça nous permet d'être vus par les secours si on est dans un endroit isolé. Dans ma valise j'ai aussi une petite clé USB dans laquelle j'ai toutes les informations personnelles sur moi, sur ma famille, sur mon adresse, avec les éléments importants sur ma maison, mon assurance de maison, mes propriétés, etc. Dans le sac de survie, j'ai aussi, un petit peu d'argent.” 

Michael, visiteur : “J’ai appris à faire un budget”

“J’ai participé l’atelier autonomie financière. C’était superbe car ça nous apprend à consommer avec ce qu'on a. Souvent on dépense plus que ce qu'on a. Et malheureusement, on tombe dans cette boucle vicieuse où on est à moins sur le compte et à chaque fois, il faut couvrir. Avec cet atelier, j’ai appris à faire un budget, à mettre l’argent prévu dans des enveloppes et à m’y tenir. Ce n'est pas facile, mais il faut quand même s’y tenir. En fait on a besoin de voir ce qu'on dépense et quand on paie avec la carte bancaire on ne voit pas l’argent alors du coup on dépense et on dépense. Et après, à la banque, on nous appelle, tu es à moins 20 000 ou moins 30 000 francs. Alors que quand tu as l'argent liquide, tu vois ce que tu dépenses et tu sais qu'il te reste 2 000 francs par exemple. Et tu te dis que tu vas peut-être y aller au mollo. Pour moi qui suis papa, c'est un superbe atelier pour pouvoir mieux gérer mon argent. On n'apprend pas à être plus riche, mais on apprend à garder ce qu'on a déjà et c'est déjà pas mal et surtout à dépenser avec sagesse. L'autonomie concerne tout le monde aussi bien les enfants que les adultes. Il n'y a pas d'âge pour apprendre à être autonome et ça commence dès petit, ça commence dans le foyer.”  

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Dimanche 13 Septembre 2026 à 15:56 | Lu 374 fois