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En Australie, pénuries et prix doublés dans les stations-service


William WEST / AFP
William WEST / AFP
Sydney, Australie | AFP | lundi 16/03/2026 - Les Australiens se précipitent ces jours-ci sur les stations-service, inquiets de la flambée des prix à la pompe qui ont doublé en moyenne voire plus avec la guerre au Moyen-Orient et provoque également des pénuries.

"Ca fait mal au portefeuille, c'est certain", raconte Emma Futterleib, rencontrée lundi par l'AFP en train de faire le plein de son pick-up à Penrith, en banlieue ouest de Sydney. Cette paysagiste dit conduire jusqu'à 500 kilomètres par semaine.

"Il y a des camions immobilisés sur le bord de la route partout dans le pays. Les gros camions diesel sont la colonne vertébrale de l'Australie", lance-t-elle.

L'Australie, très dépendante aux importations de pétrole, enregistre bond des prix à la pompe depuis le début de la guerre au Moyen-Orient le 28 février. 

En Nouvelle-Galles du Sud (sud-est), les prix ont augmenté en moyenne de 1,60 à 2,23 dollars australiens le litre depuis le mois dernier (0,69 à 1,37 euro), selon l'organisme public de surveillance Fuel Watch. Le gouvernement a reproché aux détaillants de faire grimper les prix de manière abusive.

Parallèlement, le ministre de l'Energie, Chris Bowen, a reconnu ce week-end des situations de pénurie "inacceptables" dans le pays, alors que la demande a "doublé", des automobilistes souhaitant se constituer des réserves.

Mais s'il existe des problèmes d'approvisionnement, notamment dans les zones rurales, le ministre responsable du budget de l'Etat fédéral, Jim Chalmers, l'assure: le pays dispose d'"assez de carburant".

"Si nous avons encore du carburant dans le pays, pourquoi tout ce carburant a-t-il grimpé?" s'interroge Chris Harald, un automobiliste qui raconte avoir eu "une crise cardiaque" en s'arrêtant à la station-essence de Penrith, avant de faire le plein de diesel. Non loin, un panneau indique d'ailleurs que le carburant le moins cher est en rupture de stock pour la journée.

Pour Hussein Dia, spécialiste des transports à l'Université des technologies de Swinburne, à Melbourne (sud-est), "les achats paniques sont un gros problème", en particulier dans les zones rurales où des pénuries sont constatées.

Mohammad Afzali, mécanicien spécialisé dans les climatiseurs, fait le plein de son van tous les deux jours pour rendre visite à ses clients. Il dit débourser deux fois plus d'argent qu'auparavant et s'inquiète pour son emploi. "Si les prix continuent d'augmenter, que vais-je faire?" s'interroge-t-il, "tout est si cher".

le Lundi 16 Mars 2026 à 05:30 | Lu 257 fois