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Ebola: les vaccins et traitements en développement contre l'épidémie


Tahiti le 18 juin 2026. S'il n'existe actuellement aucun vaccin ou traitement spécifique homologué contre la souche d'Ebola responsable de plus de 200 morts en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, plusieurs initiatives sont en cours de développement, avec l'espoir d'endiguer la pandémie.


Depuis le début de l'épidémie, déclarée le 15 mai, plus de 800 cas du virus Bundibugyo ont été confirmés, dont 202 décès.
Mais l'ampleur réelle de l'épidémie reste inconnue, ont averti les organisations humanitaires, car le virus pourrait continuer de se propager dans des régions reculées de la RDC.

Pour faire face à cette crise, les scientifiques, laboratoires pharmaceutiques et organismes de financement tentent de mettre au point de nouveaux vaccins et traitements pouvant être testés rapidement et en toute sécurité.
Voici les options envisagées.

Vaccins

Le candidat-vaccin considéré comme "le plus prometteur", selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), est le "rVSV Bundibugyo" à dose unique.

Sa plateforme de développement - un terme qui désigne une technologie réutilisable pour développer plusieurs vaccins en adaptant à chaque fois la cible - est la même que celle du vaccin Ervebo homologué contre la souche Zaïre d'Ebola, bien plus répandue.
Mais l'OMS a estimé qu'il faudrait probablement sept à neuf mois avant des tests sur des humains. 

Selon Thomas Geisbert, virologue qui a mis au point les deux vaccins à base de rVSV, ce délai "pourrait peut-être être ramené à six ou sept mois", a-t-il déclaré à l'AFP.

Un autre candidat-vaccin, qui utilise la plateforme ChAdOx1 utilisée par le vaccin contre le Covid-19 d'AstraZeneca, pourrait être prêt plus tôt.

Il est actuellement développé par l'université d'Oxford avec le plus grand fabricant de vaccins au monde, le Serum Institute en Inde.
De son côté, l'Américain Moderna travaille sur son propre vaccin contre la souche responsable de l'épidémie, et utilise la technologie de l'ARNm dont il a été le pionnier dans la lutte contre le Covid.

Les vaccins d'Oxford et de Moderna pourraient commencer les essais de phase 1 chez l'homme d'ici deux à trois mois, a affirmé jeudi la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI). "Dès le mois de juillet, si tout se passe bien", selon une porte-parole.

La coalition s'est engagée à verser des millions de dollars pour "accélérer" le développement de ces trois candidats-vaccins.
Ces trois espoirs se basent sur des plateformes vaccinales qui "présentent toutes des avantages différents, mais aussi des faiblesses", estime Aurelia Nguyen, directrice générale adjointe de cette organisation à but non lucratif basée à Oslo (Norvège).
Reste à voir s'ils seront efficaces, mais il était important de "mettre toutes les chances de notre côté".

Traitements

L'OMS a aussi recommandé de donner la priorité à trois traitements, pour des essais cliniques rapides. Parmi eux, le remdesivir, un antiviral fabriqué par le groupe états-unien Gilead, utilisé contre le Covid-19.

Certaines données de laboratoire indiquent qu'il pourrait être efficace contre le virus Bundibugyo, mais il n'a pas encore été testé sur des humains contre cette souche. 

Un autre médicament envisagé pour un essai clinique est un anticorps monoclonal, appelé MBP134, développé par Mapp Biopharmaceutical et ciblant les différentes souches d'Ebola, Bundibugyo comprise.

Le dernier est également un anticorps monoclonal, appelé Maftivimab, et développé par Regeneron.

"Ces candidats sont en cours d'évaluation et feront l'objet d'essais cliniques dans les pays touchés dès que possible", a déclaré cette semaine la Fédération internationale de l'industrie pharmaceutique (IFPMA).

Un comprimé préventif fabriqué par Gilead, appelé Obeldesivir, est aussi à l'étude en vue d'un essai clinique. 

Cet antiviral a démontré sa capacité à guérir des singes contre deux autres souches d'Ebola, mais il n'a pas été testé contre la souche Bundibugyo.

Rédigé par AFP le Jeudi 18 Juin 2026 à 10:22 | Lu 111 fois