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Cyclotron, trois mois d’enquête pour trancher sur son emplacement


Tahiti, le 15 septembre 2026 – Où installer le cyclotron ? Deux mois après des débats particulièrement tendus à Tarahoi, la question n’est toujours pas tranchée. Jeudi, à l’ouverture de la session budgétaire, les élus devraient valider la création d’une commission d’enquête sur la filière cancer et l’implantation de cet équipement attendu depuis près de dix ans. Un compromis trouvé début juillet face aux divisions des élus, mais aussi des professionnels de santé, entre défenseurs du site du CHPF et partisans d’un regroupement autour de l’Institut du cancer.

 
C’est finalement sur ce point que tout achoppe depuis des mois. Pas sur la nécessité du cyclotron, indispensable pour produire localement les traceurs radioactifs nécessaires au fonctionnement complet du TEP-scan, mais sur son emplacement. Le projet, autorisé en 2018 sous la mandature Fritch, a successivement été envisagé sur le site Princesse Heiata à Pirae, puis au Centre 15, avant d’être recentré par le gouvernement Brotherson sur le CHPF.
 
Un choix qui divise jusque dans les rangs médicaux. Début juillet, dix professionnels du CHPF avaient pris publiquement position contre un nouveau déplacement, redoutant de disperser les équipes et surtout d’allonger encore les délais. À l’inverse, les deux médecins nucléaires du territoire défendaient une implantation à Princesse Heiata, dans une structure regroupant cyclotron, radiopharmacie et TEP-scan.
 
Ces désaccords avaient éclaté au grand jour le 6 juillet à l’assemblée. Pascale Haiti-Flosse et Sylvana Tiatoa portaient alors une délibération visant à réorienter la filière cancer et à revenir sur l’implantation du cyclotron au CHPF. Mais après plusieurs heures de débats, l’opposition pourtant majoritaire n’était pas parvenue à dégager une position commune sur cette réorientation. Après une longue suspension et une réunion autour du président de l’assemblée, Antony Géros, le texte avait finalement été retiré au profit d’un compromis : laisser se poursuivre les études engagées au Taaone, mais créer parallèlement une commission d’enquête chargée de remettre le dossier à plat.
 
Trois mois pour enquêter
 
Deux mois plus tard, ce compromis doit être formalisé jeudi. Déposée le 10 juillet puis examinée le 17 en commission de la santé, la proposition y avait recueilli l’unanimité et sera soumise aux élus en séance plénière, après l’ouverture de la session budgétaire. Son champ dépasse le seul cyclotron : les élus devront dresser un état des lieux de toute la filière cancer, de ses compétences et de ses équipements, mais surtout s’assurer que le site choisi pour l’appareil respecte les exigences de protection contre les rayonnements ionisants.
 
Présidée par Pascale Haiti-Flosse, avec Sylvana Tiatoa à la vice-présidence, la commission comptera dix élus de tous bords et pourra auditionner professionnels, techniciens, administrations et personnalités qualifiées. Dotée d’un budget maximal de deux millions de francs, elle disposera de trois mois à compter de la publication de la délibération au Journal officiel pour mener ses travaux et remettre son rapport à l’assemblée.
 
Pendant ce temps, le projet du CHPF continue d’avancer : un appel d’offres pour la maîtrise d’œuvre du bâtiment destiné au cyclotron et à la radiopharmacie a été lancé en mai, pour un coût estimé à près d’un milliard de francs et une mise en service envisagée en 2028. La commission aura donc trois mois pour examiner la structuration de la filière cancer et éclairer le choix du site du cyclotron, sans suspendre pour autant l’avancée du projet au Taaone.
 

Rédigé par Stéphanie Delorme le Mardi 15 Septembre 2026 à 16:11 | Lu 265 fois