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 <title>TAHITI INFOS, les informations de Tahiti</title>
 <subtitle><![CDATA[Le journal d'informations et d'actualités de la Polynésie française. Les nouvelles de Tahiti et ses îles, un agenda, des petites annonces, des commentaires, des vidéos, un forum et un regard sur l'actualité du Pacifique, de la métropole du monde. Egalement une partie magazine: environnement, santé, people, nouvelles-technologies, et insolites. ]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-12T20:39:46+02:00</updated>
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   <title>​Visite ministérielle à la Presqu’île </title>
   <updated>2026-06-30T06:06:00+02:00</updated>
   <id>https://www.tahiti-infos.com/​Visite-ministerielle-a-la-Presqu-ile_a238601.html</id>
   <category term="Actualité de Tahiti et ses îles" />
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   <published>2026-06-30T04:58:00+02:00</published>
   <author><name>Anne-Charlotte Lehartel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/97176311-67699498.jpg?v=1782789587" alt="​Visite ministérielle à la Presqu’île " title="​Visite ministérielle à la Presqu’île " />
     </div>
     <div>
      <strong>Tahiti, le 29 juin 2026 - Pour sa quatrième journée au Fenua, la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, a mis le cap au sud de Tahiti. Elle a été sensibilisée aux enjeux liés au rāhui à Mataiea, à la construction navale à Taravao, ainsi qu’à l’aquaculture et la recherche scientifique à Vairao.&nbsp;</strong> <br />   <br />  &nbsp; <br />  Après Raiatea dimanche, cap au sud de Tahiti, ce lundi matin, pour la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud. Elle était notamment accompagnée du haut-commissaire, Alexandre Rochatte, et du ministre des Ressources marines en charge de la Recherche, Taivini Teai. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le rāhui en Polynésie</b></div>
     <div>
       <br />  À Mataiea, un focus a été fait sur le rāhui. L’association culturelle Faaravaianuu et les élèves de CM1 de l’école Nuutafaratea ont accueilli la délégation selon l’usage, l’occasion de présenter l’aire marine éducative (AME) gérée par les enfants. Un travail pédagogique salué par la ministre : “<em>Les aires marines éducatives polynésiennes inspirent partout à travers le monde”. </em> <br />  &nbsp; <br />  Entre un rappel historique des usages du rāhui et la réglementation moderne en faveur d’une réduction durable de la pression sur les ressources, la parole a été donnée à Tamatoa Bambridge, directeur de recherches au Criobe et représentant du Rāhui Center, s’agissant des modalités de suivi écologique. Quant au président de la fédération des rāhui, Clément Vergnhes, il a rappelé que <em>“faire respecter un rāhui reste un défi quotidien”</em> en raison du manque de moyens alloués à la surveillance et à la sensibilisation : <em>“C’est pourquoi nous souhaitons travailler avec l’État et le Pays. Nous proposons de mettre en place des gardes champêtres et d’assermenter certains membres volontaires de nos comités de gestion”</em>. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/97176311-67699501.jpg?v=1782789704" alt="​Visite ministérielle à la Presqu’île " title="​Visite ministérielle à la Presqu’île " />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Construction navale et défiscalisation</b></div>
     <div>
       <br />  Changement de décor pour l’escale suivante chez Nautisport Industries (NSI). Spécialisée dans la construction navale et la charpente métallique, l’entreprise est implantée depuis 2002 à Taravao et totalise aujourd’hui 110 salariés. Les commandes de navires en aluminium concernent les secteurs de la pêche et du tourisme, mais aussi les communes ou encore la recherche scientifique, comme l’illustre la finalisation du <em>Taurima Moana</em> associé à un engin sous-marin dans le cadre du programme Honu de la Tetiaroa Society. <br />  &nbsp; <br />  Cette présentation du savoir-faire local a été l’occasion pour l’entreprise d’appuyer le soutien à la défiscalisation. <em>“La loi de finances 2026 nous a fait peur avec une diminution de l’aide à la défiscalisation. C’est aussi important pour nos investissements que pour les armateurs pour soutenir les activités et les emplois de toute la filière”</em>, nous a indiqué le directeur de NSI, Hervé Driano. Les échanges ont également porté sur l’approvisionnement et le recyclage des matières premières, ainsi que sur la formation sous l’angle du compagnonnage. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/97176311-67699503.jpg?v=1782789815" alt="​Visite ministérielle à la Presqu’île " title="​Visite ministérielle à la Presqu’île " />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>​Les défis de l’aquaculture</b></div>
     <div>
       <br />  La troisième partie de la visite a été consacrée à l’aquaculture au Centre technique aquacole (CTA) de Vairao, qui fournit les éleveurs en post-larves de crevettes et paraha pēue. Des représentants de la Coopérative des aquaculteurs de Polynésie française (CAPF) et de la Direction des ressources marines (DRM) ont présenté les enjeux <em>“d’agrandissement et de fiabilisation”</em> de cet outil de production, tandis que les filières tendent à se diversifier (algues rouges, huîtres de roche, holothuries, etc.). <br />  &nbsp; <br />  Un développement accompagné depuis 1972 par l’Ifremer, qui s’étend de l’huître perlière aux oursins en passant par l’impact des microplastiques et du réchauffement climatique, comme a pu l’appréhender la ministre lors de sa visite du site au contact des chercheurs et des techniciens ; elle a d’ailleurs salué <em>“une coopération fructueuse”</em> entre les différents partenaires impliqués. Le projet de chaire internationale de recherche sur les grands fonds marins <em>“pour mieux évaluer la biodiversité, la dynamique et la vulnérabilité des écosystèmes profonds de la Polynésie française”</em> a également été présenté. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/97176311-67699505.jpg?v=1782789870" alt="​Visite ministérielle à la Presqu’île " title="​Visite ministérielle à la Presqu’île " />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>“Inspiration” et “décarbonation”</b></div>
     <div>
       <br />  À l’issue de cette traversée de la Presqu’île, la ministre est revenue sur le bilan de la matinée : <em>“Je retiens de l’émerveillement, de la compétence, des enjeux forts de connaissance et de compréhension, et beaucoup d’enthousiasme. (...) Quand je dis que je suis venue chercher de l’inspiration en Polynésie pour développer une économie bleue dans les Outre-mer et l’Hexagone, je trouve vraiment cette inspiration. Avec Teva Rohfritsch, on est en train de piloter cette feuille de route”</em>. Une réunion du comité stratégique maritime et portuaire de Polynésie française (Cosmer) était d’ailleurs prévue l’après-midi même, à la présidence. <br />  &nbsp; <br />  À chaque étape ou presque, la navigatrice, sensible aux enjeux climatiques, a aussi plaidé en faveur d’une <em>“nécessaire”</em> décarbonation. <em>“Si on veut viser l’autonomie énergétique, il faut développer des compléments de propulsion et des navires hybrides. Je promeus depuis longtemps la propulsion vélique. (...) La décarbonation est un véritable enjeu pour l’avenir de l’économie maritime en Polynésie”</em>, nous a-t-elle confié, annonçant la transition avec la visite du système de climatisation par eau de mer (Swac) du centre hospitalier de la Polynésie française (CHPF), ce mardi. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti</div>
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   <title>Douze projets soutenus par France 2030</title>
   <updated>2026-05-08T21:35:00+02:00</updated>
   <id>https://www.tahiti-infos.com/Douze-projets-soutenus-par-France-2030_a238129.html</id>
   <category term="Actualité de Tahiti et ses îles" />
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   <published>2026-05-08T20:04:00+02:00</published>
   <author><name>D'après communiqué</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/96465934-67265625.jpg?v=1778267152" alt="Douze projets soutenus par France 2030" title="Douze projets soutenus par France 2030" />
     </div>
     <div>
      <strong>Tahiti, le 8 mai 2026 – Polynacre, pour la revalorisation des coquilles des fermes perlières, et Tahiti Marine Aquaculture, pour la construction d’une écloserie de bénitiers, sont intégrés au dispositif France 2030 Territorialisé qui soutient déjà dix autres projets au Fenua. À ce stade, ce cofinancement État-Pays en faveur du développement et de l’innovation s’élève à 211,5 millions de francs. Les candidatures sont toujours ouvertes. &nbsp;</strong> <br />   <br />  &nbsp; <br />  Coprésidé par l’État et le Pays, le comité de pilotage du programme France 2030 en Polynésie française s’est réuni le mardi 21 avril. Il vise à accélérer l’émergence d’entreprises innovantes, capables de rayonner au niveau national et au-delà ; à renforcer la compétitivité des secteurs stratégiques, en favorisant la mutualisation d’infrastructures de recherche et développement, de test et d’expérimentation ; et à accompagner les entreprises dans l’anticipation des mutations économiques et organisationnelles en développant les compétences nécessaires aux métiers d’avenir. Ce programme est doté d’une enveloppe de 635 millions de francs et d’un dispositif d’ingénierie territoriale en vue d’accompagner les porteurs de projets. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Innovation et économie circulaire</b></div>
     <div>
       <br />  Dans un communiqué, le haut-commissariat annonce que deux nouveaux projets ont été retenus, en <em>“adéquation”</em> avec les objectifs de France 2030 et la stratégie de développement économique du Pays. Au volet innovation, <a class="link" href="https://www.tahiti-infos.com/Le-recyclage-de-la-nacre-a-un-avenir-prometteur_a234776.html" target="_blank">il s’agit de Kotuku Fakarava – Polynacre, qui travaille à la revalorisation des coquilles des fermes perlières</a>  dans une dynamique d’économie circulaire : elles sont notamment réduites en poudre à des fins agricoles. Lauréate du prix de l’Innovation Outre-mer “Or bleu” en décembre dernier, la société a été dotée de 20 millions de francs. <br />  &nbsp; <br />  Au volet filière, le projet retenu est celui de Tahiti Marine Aquaculture, qui ambitionne de construire une écloserie terrestre destinée à produire des bénitiers comestibles et résistants aux changements climatiques. Une subvention de 47,7 millions de francs a été accordée pour soutenir l’objectif de l’entreprise, qui souhaite structurer la filière locale avant de peut-être s’internationaliser. &nbsp;&nbsp; <br />  &nbsp; <br />  Ces deux projets viennent s’ajouter aux dix autres déjà soutenus par le programme France 2030 Territorialisé depuis 2024 <strong>(lire encadré)</strong> pour un montant total d’aide de 211,5 millions de francs. Quatre d’entre eux bénéficient également du dispositif France 2030 export, <em>“programme d’excellence permettant d’accompagner les lauréats dans leur plan d’action et de développement à l’international”</em>. Les porteurs de projets peuvent déposer leur candidature en ligne : <a class="link" href="https://france2030polynesiefrancaise.gouvernement.pf/">https://france2030polynesiefrancaise.gouvernement.pf</a>  <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>​Les autres projets soutenus</b></div>
     <div>
      <strong>Biobase :</strong> bioplastique à partir de ressources végétales locales ; <br />  <strong>Écloserie des Gambier : </strong>création d’une écloserie d’huîtres perlières aux Gambier ; <br />  <strong>Gambier Pearls :</strong> outil numérique de gestion de fermes perlières ; <br />  <strong>Luce Natural Cosmetic :</strong> produits cosmétiques à partir de plantes indigènes ; <br />  <strong>Tahiti BTC :</strong> conception écologique de briques de terre crue compressée ; <br />  <strong>Vai Natura :</strong> outil numérique de gestion des données hydrologiques ; <br />  <strong>Airaro :</strong> système de refroidissement par eau de mer de centres de données ; <br />  <strong>Black Pearl Factory :</strong> immersion 3D dans des sites patrimoniaux polynésiens ; <br />  <strong>Fenua Smart :</strong> industrialisation de la production de biscuits à partir de farines issues de produits locaux ; <br />  <strong>Tickee :</strong> outil numérique de collecte de données de terrain.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti</div>
    ]]>
   </content>
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   <title>Plongée dans la science à l’Ifremer</title>
   <updated>2025-10-10T02:15:00+02:00</updated>
   <id>https://www.tahiti-infos.com/Plongee-dans-la-science-a-l-Ifremer_a233363.html</id>
   <category term="Actualité de Tahiti et ses îles" />
   <photo:imgsrc>https://www.tahiti-infos.com/photo/art/imagette/91657485-64378529.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-10-10T02:14:00+02:00</published>
   <author><name>Anne-Charlotte Lehartel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/91657485-64378529.jpg?v=1760058495" alt="Plongée dans la science à l’Ifremer" title="Plongée dans la science à l’Ifremer" />
     </div>
     <div>
      <strong>Tahiti, le 9 octobre 2025 - Trois cent cinquante élèves du sud de Tahiti ont découvert le quotidien des agents de l’Ifremer de Vairao et ses partenaires, ce jeudi, lors d’une journée portes ouvertes organisée dans le cadre de la Fête de la science. Une occasion unique d’échanger avec de nombreux spécialistes, dont un phytotechnicien, une technicienne aquacole et un chercheur en radioécologie.&nbsp;</strong> <br />   <br />  &nbsp; <br />  À l’occasion de la Fête de la science, l’Université de la Polynésie française (UPF), Météo-France, l’institut Louis-Malardé (ILM) et le Criobe ouvrent leurs portes au public. Ce jeudi, c’était au tour de l’Ifremer de Vairao d’accueillir 350 élèves des écoles, collèges et lycées du sud de Tahiti. Une dizaine d’ateliers ludiques étaient animés par des agents de l’Ifremer et ses partenaires pour présenter les enjeux liés à chaque filière, des holothuries aux crevettes, en passant par des thématiques ciblées sur l’ADN environnemental, la ponte des coraux ou l’aquaculture restaurative, sans oublier les métiers supports à la science. <em>“C’est trop cool !”</em>, pouvait-on régulièrement entendre sur les stands en réaction aux informations partagées et aux expériences proposées. <br />  &nbsp; <br />  Phytotechnicien à l’Ifremer, Maxime Forget avait déménagé une partie de son laboratoire à l’extérieur pour présenter sa spécialité. <em>“Dans les ballons en verre et les colonnes, ce sont des microalgues qui servent à nourrir des productions de poissons, d’huîtres ou d’oursins. Ce sont des micro-organismes essentiels, mais sensibles au développement bactérien, donc le travail doit être rigoureux. J’essaie de m’adapter au public pour expliquer comment on s’organise pour produire de gros volumes et donner un peu de culture générale autour des microalgues”</em>, précise le jeune homme, qui s’est passionné pour le sujet après des études dans le domaine de la santé<em>. “J’ai découvert l’aquaculture à l’Ifremer. C’est un domaine très important pour la Polynésie, donc j’espère pouvoir susciter des vocations.”</em>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/91657485-64378536.jpg?v=1760058603" alt="Plongée dans la science à l’Ifremer" title="Plongée dans la science à l’Ifremer" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>​Différents outils</b></div>
     <div>
       <br />  Les scientifiques en herbe et leurs professeurs ont pu visiter l’ensemble du site jusqu’aux bassins côté montagne. Sur un stand de la Direction des ressources marines (DRM), ils ont participé au nourrissage et ont été initiés au suivi des paramètres de l’eau, comme la température, la salinité ou encore le pH. <em>“On est en train de relancer la filière de l’huître de roche, dédiée à la consommation. Nous utilisons différents outils pour suivre la croissance des huîtres. On fait manipuler les élèves pour que ce soit concret pour eux”</em>, souligne Tuani Toussaint, technicienne aquacole. <em>“J’ai toujours beaucoup aimé la mer, mais je ne pensais pas en faire mon métier. Je me suis orientée vers un BTS agricole, puis je me suis lancée dans l’aquaculture en passant un concours de la fonction publique. En expliquant nos objectifs, j’encourage les jeunes à faire des métiers en lien avec la mer pour continuer à développer l’alimentation locale.”</em> <br />  &nbsp; <br />  Parmi les services basés dans les locaux de l’Ifremer, on retrouve le Laboratoire d’étude et de suivi de l’environnement (LESE) de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR). Son responsable, Hugo Lepage, a également présenté un aperçu de son quotidien de chercheur : <em>“La discipline s’appelle la radioécologie et c’est l’étude du devenir de la radioactivité dans l’environnement. Notre objectif, c’est de mesurer la radioactivité dans les denrées alimentaires, les sols, l’eau de pluie, l’eau de mer et l’air par rapport aux résidus qui proviennent de l’époque des essais nucléaires français et des essais globaux des autres puissances nucléaires. J’apprécie le contact avec le public. La vulgarisation, ça fait partie de nos métiers. Dans le contexte particulier de la Polynésie française, il faut parler de ces sujets en lien avec l’histoire.”</em> <br />  &nbsp; <br />  L’Ifremer ne manquera pas de rouvrir ses portes au public dans les prochaines années, la précédente occasion remontant à juin 2024 pour les 40 ans de l’institut et la Journée mondiale de l’océan.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Isabelle Forge-Allegret, directrice du centre Ifremer du Pacifique : “La recherche n’est pas inaccessible”</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/91657485-64378601.jpg?v=1760058685" alt="Plongée dans la science à l’Ifremer" title="Plongée dans la science à l’Ifremer" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;"><em>“L’Ifremer est un institut dédié à la recherche océanographique et dont l’ADN est tourné vers les filières économiques. Les sujets sont nombreux en Polynésie comme en Nouvelle-Calédonie. On travaille en lien avec les entreprises et plusieurs services pour amorcer de futures filières. (...) Le site de Vairao compte une centaine d’agents tous services confondus, dont une cinquantaine de l’Ifremer. Le cœur du réacteur, c’est l’équipe scientifique, qui est soutenue par les équipes administrative et logistique. Tout le monde est sur le pont pour la journée portes ouvertes. (...) Les chercheurs sont toujours partants pour ce type d’événement, malgré leur emploi du temps chargé. La jeunesse, c’est l’avenir, donc faire le lien le plus tôt possible avec la science, c’est important. Ils peuvent s’identifier à travers toutes les fonctions présentées et peut-être se projeter dans un futur métier. La recherche a du sens par rapport à des enjeux du quotidien et ce n’est pas inaccessible.” </em></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/91657485-64378604.jpg?v=1760058784" alt="Plongée dans la science à l’Ifremer" title="Plongée dans la science à l’Ifremer" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti</div>
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   <title>Top départ de la Fête de la science</title>
   <updated>2025-10-04T03:17:00+02:00</updated>
   <id>https://www.tahiti-infos.com/Top-depart-de-la-Fete-de-la-science_a233243.html</id>
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   <published>2025-10-04T03:11:00+02:00</published>
   <author><name>Anne-Charlotte Lehartel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/91515116-64319794.jpg?v=1759543466" alt="Top départ de la Fête de la science" title="Top départ de la Fête de la science" />
     </div>
     <div>
      <strong>Tahiti, le 3 octobre 2025&nbsp;– Le chapiteau de la présidence a fourmillé de curieux ce vendredi à l’occasion de l’ouverture de la Fête de la science. Une vingtaine de stands étaient animés par des scientifiques et des passionnés issus de différents services, instituts et associations. Les <em>“intelligences”</em> sont à l’honneur jusqu’au 17 octobre à travers plusieurs conférences, portes ouvertes et interventions pédagogiques à Tahiti et dans les îles.</strong> <br />   <br />  &nbsp; <br />  Le public scolaire a afflué ce vendredi à la présidence pour l’inauguration de <a class="link" href="https://www.tahiti-infos.com/Un-nouvel-elan-pour-la-Fete-de-la-science_a233046.html" target="_blank">la Fête de la science, qui met cette année à l’honneur les <em>“intelligences”</em>.</a>  Plusieurs centaines d’élèves se sont succédé sur les 24 stands tenus par des scientifiques et des passionnés issus de différents services, instituts et associations réunis en <em>“village”</em>. <br />  &nbsp; <br />  Certains étaient venus avec leur matériel de travail, comme Jean-Marc Carcy, en charge de la division commerce, communication et numérique à Météo-France, qui informe quotidiennement la population, le Pays et l’État. <em>“Nous avons plusieurs modèles de capteurs répartis un peu partout en Polynésie qui nous permettent d’observer en direct les conditions depuis notre centre d’opération de Faa’a. On a aussi six bateaux de commerce qui sont équipés pour nous permettre d’avoir des points de mesure sur l’océan, complétés par des images satellites et bientôt par un écho-radar qui devrait être implanté à Moorea. On en profite pour rappeler que les événements météo peuvent être dangereux et que, sans dramatiser, il faut faire attention aux vigilances”</em>, souligne l’intervenant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/91515116-64319797.jpg?v=1759543485" alt="Top départ de la Fête de la science" title="Top départ de la Fête de la science" />
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     <div><b>​Arbres et archéologie  </b></div>
     <div>
       <br />  Après avoir frôlé l’atmosphère, les visiteurs sont redescendus sur terre avec Gnahina Moua, médiatrice scientifique et guide naturaliste chez Aoa, qui a présenté l’intelligence des arbres en lien direct avec le thème de cette édition : <em>“Ce n’est pas parce qu’on n’a pas de cerveau qu’on n’est pas capable de résoudre des problèmes. Les arbres ne peuvent pas bouger, donc ils ont mis au point des techniques de dissémination des graines. Nous avons apporté plusieurs exemples pour permettre aux enfants de visualiser celles qui sont expulsées, qui volent, qui flottent, qui voyagent grâce aux oiseaux, etc. Ça nous permet de sensibiliser le grand public à l’importance de la protection de nos forêts.”</em> <br />  &nbsp; <br />  Les trésors de la terre sont aussi les objets d’étude des archéologues, qui ont fait voyager les élèves dans le temps avec des vestiges du XVe siècle en provenance de Ua Huka, aux Marquises. <em>“On présente une partie de notre travail sur la relation des anciens Polynésiens à leur environnement. On a rapporté nos outils pour expliquer en quoi consiste une fouille archéologique et tout le matériel qu’on sort de terre et des sédiments : des ossements de poissons, des coquillages, des fragments de charbon ou de tortues qui nous renseignent sur les pratiques de l’époque”</em>, explique Guillaume Molle, professeur d’archéologie à l’Université de la Polynésie française (UPF) et directeur du Centre international de recherche archéologique sur la Polynésie (Cirap).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/91515116-64319799.jpg?v=1759543535" alt="Top départ de la Fête de la science" title="Top départ de la Fête de la science" />
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     <div><b>​Immersion réussie</b></div>
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       <br />  Les visiteurs ont aussi plongé dans les mystères de l’océan. Photos, maquettes, échantillons, loupes, microscope, les intervenants avaient mis les moyens pour que les échanges soient les plus concrets possibles pour les enfants et les adolescents. <em>“On leur parle de l’intelligence de la nature. Le récif peut changer de squelette corallien en fonction des zones où il vit. Il y a aussi des partenariats entre les espèces, comme certains petits crabes et poissons qui vivent dans le corail. On termine par un jeu comme un puzzle qui leur permet de visualiser les différentes interactions et la chaîne trophique sur le récif”</em>, indique Laetitia Hédouin, directrice de recherches au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et présidente de la fondation Science4Reefs. <br />  &nbsp; <br />  Les scientifiques de demain étaient à l’honneur. La classe des Moana Ambassadors du lycée Diadème est intervenue sur son projet d’étude de l’an dernier : les requins. <em>“Notre message, c’est que le requin a une place importante dans l’océan où il fait partie de la chaîne alimentaire. S’il disparaissait, ça bouleverserait l’écosystème. C’est un sujet passionnant : on a appris énormément de choses sur cet un animal mal connu, qui peut faire peur”</em>, remarquent Lévy et Arevareva, élèves de première. <br />  &nbsp; <br />  Un stand était consacré à l’intelligence artificielle, en plein développement ces dernières années. Pour Sébastien Christian, doctorant à la Maison des sciences de l’Homme du Pacifique (MSHP), il s’agissait de rappeler le potentiel de l’IA, sans oublier la prévention : <em>“Ils repartent avec trois conseils importants : connaître ses droits par rapport à l’intelligence artificielle, toujours se poser la question de savoir si un contenu est vrai avant de le partager, et bien choisir son orientation face à l’évolution rapide de certains métiers”</em>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Taivini Teai, ministre en charge de la recherche : “S’ouvrir au public et à la société” </b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/91515116-64319806.jpg?v=1759543612" alt="Top départ de la Fête de la science" title="Top départ de la Fête de la science" />
     </div>
     <div>
      <div style="text-align: justify;"><em>“En tant que ministre et universitaire, je suis ému de voir que la transmission du savoir se perpétue avec tous ces jeunes qui profitent des ateliers, aussi parce que j’ai été coordinateur de plusieurs éditions avec le Dr Raymond Bagnis et l’association Proscience dans une optique de partage et de promotion de la recherche. Je félicite l’équipe de l’université d’avoir repris le flambeau de l’organisation de la Fête de la science dans le cadre du programme Nārama pour mettre en place une science collaborative et participative. Ce qui se passe dans les laboratoires est issu des préoccupations de la vie quotidienne. C’est important de s’ouvrir au public et à la société, d’où les déplacements prévus dans les archipels sans se limiter à Tahiti et Moorea.”&nbsp;</em></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>​Plus d’infos</b></div>
     <div>
      La Fête de la science se poursuit jusqu’au 17 octobre avec des conférences à l’Université de la Polynésie française (UPF), des journées portes ouvertes dans plusieurs instituts de recherche et des interventions pédagogiques dans les cinq archipels. Retrouvez le programme complet via la page Facebook <a class="link" href="https://www.facebook.com/fetedelascienceenpolynesiefrancaise" target="_blank">Fête de la science en Polynésie française.</a> 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti</div>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.tahiti-infos.com/Top-depart-de-la-Fete-de-la-science_a233243.html" />
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  <entry>
   <title>La recherche à la croisée des savoirs</title>
   <updated>2025-03-20T02:00:00+01:00</updated>
   <id>https://www.tahiti-infos.com/La-recherche-a-la-croisee-des-savoirs_a229512.html</id>
   <category term="Actualité de Tahiti et ses îles" />
   <photo:imgsrc>https://www.tahiti-infos.com/photo/art/imagette/87313357-61958701.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-03-20T01:55:00+01:00</published>
   <author><name>Anne-Charlotte Lehartel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/87313357-61958701.jpg?v=1742432020" alt="La recherche à la croisée des savoirs" title="La recherche à la croisée des savoirs" />
     </div>
     <div>
      <strong>Tahiti, le 18 mars 2025 – La thèse sur les coraux du jeune chercheur polynésien Aitu Raufauore associe la paléoclimatologie à la biologie. Elle a été citée en exemple dans un récent article du CNRS mettant en avant les défis et les atouts de cette <em>“nouvelle vague interdisciplinaire”</em> qui s’emploie à <em>“penser autrement la science des océans”</em>.</strong> <br />   <br />  &nbsp; <br />  Dans le cadre de l’année de la Mer, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) publie une série d’articles pour mieux comprendre les enjeux océaniques. Début mars, trois jeunes chercheurs ont été mis à l’honneur, telle <a class="link" href="https://www.cnrs.fr/fr/actualite/une-nouvelle-vague-interdisciplinaire-prete-deferler" target="_blank"><em>“Une nouvelle vague interdisciplinaire prête à déferler”</em></a>. Parmi eux, on retrouve un Polynésien, Aitu Raufauore, qui associe la paléoclimatologie – l’étude des climats passés – à la biologie dans le cadre d’une thèse sur les coraux. <br />  &nbsp; <br />  <em>“La façon dont le corail assimile les composés marins varie selon les espèces et cela impacte notre connaissance sur la capacité de certains lagons à capter ou non du carbone, par exemple. L’approche interdisciplinaire me permet d’explorer des liens encore peu étudiés entre biologie corallienne, géochimie des carbonates et évolution du climat”</em>, explique le doctorant du programme 80PRIME 2023 du CNRS, rattaché au laboratoire Environnements et paléoenvironnements océaniques et continentaux de l’Université de Bordeaux. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>​Une approche “audacieuse”</b></div>
     <div>
       <br />  Cette approche en dehors des cadres académiques suppose de surmonter certains obstacles associés à une charge de travail supplémentaire. <em>“J’ai dû approfondir mes connaissances en biologie en cours de route pour rattraper mon retard. Cela demande un investissement plus important tout le long de la thèse, mais c’est aussi ce qui me permet de poser des questions innovantes et de faire valoir plus tard des compétences inédites”</em>, remarque Aitu Raufauore, soulignant au passage la richesse quant à cette nouvelle manière de faire de la recherche. “<em>C’est d’autant plus utile en sciences du climat et du vivant, car même si ces savoirs sont interconnectés et complémentaires, les études faites dans chacune de ces disciplines sont actuellement distinctes les unes des autres”,</em>&nbsp;poursuit-il. <br />  &nbsp; <br />  Si l’interdisciplinarité gagne du terrain avec des appels à projets qui la valorisent de plus en plus, cette approche nécessite de mettre en œuvre des jurys adaptés, mais aussi de trouver des revues moins spécialisées pour permettre la diffusion des résultats des recherches. Selon le CNRS, <em>“le chantier reste encore vaste”</em>, même si <em>“la thèse semble être une bonne première pierre à l’édifice de la recherche interdisciplinaire”</em>. <br />  &nbsp; <br />  Les trois doctorants interrogés se prononcent également en faveur d’une <em>“science utile”</em>, autant d’un point de vue politique que public. Aitu Raufauore souhaiterait ainsi transmettre ses connaissances en Polynésie. “<em>Je voudrais y retourner pour participer à l’éducation, la sensibilisation et l’engagement des jeunes aux enjeux climatiques locaux, à la compréhension du blanchissement des coraux afin de leur faire prendre conscience du besoin de protéger les écosystèmes marins”</em>, conclut-il. <br />  &nbsp; <br />  Pour le CNRS, cette approche <em>“audacieuse”</em> en faveur de l’interdisciplinarité <em>“pourrait bien redéfinir la façon dont nous explorons et préservons le monde marin”</em> quand on sait que l’océan est lui-même un système <em>“complexe, vivant et interconnecté”</em>. Créé en 2021, le Groupement de recherche Océan et Mers (GDR OMER) s’inscrit d’ailleurs pleinement dans cette démarche. Un sujet dont on ne manquera pas d’entendre parler d’ici à la 3e Conférence des Nations unies sur l’océan (Unoc), qui se tiendra à Nice, début juin. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti</div>
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   <title>L’Ifremer met le cap sur les profondeurs</title>
   <updated>2024-12-17T00:43:00+01:00</updated>
   <id>https://www.tahiti-infos.com/L-Ifremer-met-le-cap-sur-les-profondeurs_a227860.html</id>
   <category term="Actualité de Tahiti et ses îles" />
   <photo:imgsrc>https://www.tahiti-infos.com/photo/art/imagette/84995857-60645404.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-12-17T00:38:00+01:00</published>
   <author><name>Anne-Charlotte Lehartel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/84995857-60645404.jpg?v=1734390532" alt="L’Ifremer met le cap sur les profondeurs" title="L’Ifremer met le cap sur les profondeurs" />
     </div>
     <div>
      <strong>Tahiti, le 16 décembre 2024 – Basé au siège de Brest-Plouzané, en Bretagne, Jean-Marc Daniel, directeur général délégué en charge de la stratégie à l’Ifremer, était à Tahiti, la semaine dernière, pour participer à <a class="link" href="https://www.tahiti-infos.com/Trois-jours-d-echanges-et-discussions-sur-les-grands-fonds-marins_a227763.html" target="_blank">la plateforme régionale d’échanges sur les grands fonds marins</a>. Après Nouméa, en début d’année, cette deuxième édition était organisée sur trois jours à l’Université de la Polynésie française (UPF). L’occasion d’officialiser le lancement de l’exploration scientifique <em>“pour mieux connaître”</em> les profondeurs de l’océan polynésien, ajoutant ainsi un nouvel axe de recherche au Centre océanographique du Pacifique de Vairao.&nbsp;</strong> <br />   <br />  &nbsp; <br />  <strong>Quel bilan dressez-vous de ces trois jours d’échanges à l’UPF&nbsp;?</strong> <br />  <em>“Ce sont des rencontres très riches, sans prise de décision politique à l’issue, simplement pour que les scientifiques et les représentants des îles du Pacifique aient la liberté de parole pour échanger leurs points de vue sur ce que représentent les grands fonds marins pour eux, ce qu’ils en attendent ou pas en termes de développement économique et de protection. Ce qui me marque, c’est l’attachement de tous ces pays à l’océan, et aussi des intérêts très divers avec des acteurs qui sont principalement concernés par la protection de l’océan, et d’autres qui sont plus allants pour exploiter un certain nombre de ressources, en particulier des ressources minérales sous-marines, ce qui suscite beaucoup de discussions. Participer à ces échanges nous permet de comprendre comment les communautés insulaires perçoivent les grands fonds marins.”</em> <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>“Une grosse partie entre 3 000 et 5 000 mètres”</b></div>
     <div>
       <br />  <strong>Mercredi dernier, vous avez signé une convention avec les autorités locales, visant à renforcer la coopération scientifique et technique pour la connaissance et la préservation des grands fonds marins. Qu’est-ce que ça représente pour l’Ifremer&nbsp;?</strong> <br />  <em>“C’est un premier pas important grâce à Philippe (Moal, directeur du Centre océanographique du Pacifique, NDLR). Pour l’historique, les grands fonds à l’Ifremer, c’est majoritairement pour les aspects scientifiques à Brest, et pour les engins sous-marins à Toulon. Il se trouve qu’aujourd’hui, pour plein de raisons, notamment parce que le Pacifique, c’est la moitié de l’océan mondial, il y a un intérêt à développer des actions de recherche sur ce sujet dans le Pacifique. On peut essayer de le faire depuis l’Hexagone, mais ce n’est pas raisonnable, d’autant que pour travailler sur ce sujet-là, on a vraiment besoin de le faire en coopération avec des acteurs locaux et ceux du pourtour du Pacifique, avec des grosses nations comme le Japon, les </em><em>É</em><em>tats-Unis, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande, qui vont nous permettre de mixer des moyens d’accès à la mer. L’enjeu de la création de cette chaire, c’est d’avoir une implantation locale à Vairao pour être en capacité d’avoir des leviers régionaux pour lancer un programme de coopération.” </em> <br />  &nbsp; <br />  <strong>On parle des enjeux de connaissance des grands fonds marins, une notion qui peut être abstraite pour le grand public. De quoi s’agit-il exactement&nbsp;?</strong> <br />  <em>“D’un point de vue scientifique, traditionnellement, la définition qu’on utilise, c’est l’océan plus profond que 200 mètres. Pourquoi cette limite&nbsp;? Parce qu’au-delà, il n’y a plus de lumière, donc ça nécessite des adaptations de la vie, et c’est ce qui intéresse les chercheurs. C’est très difficile d’accès, avec une température rapidement proche de 0°C et surtout une forte pression. Il faut être capable de descendre avec des engins spécifiques, et aussi de remonter. C’est un milieu qui est mal connu et très vaste, puisque 80 % des fonds océaniques n’ont pas été cartographiés de manière détaillée. Les fonds les plus profonds, c’est un peu plus de 10 km, soit plus que l’Everest, et le record de profondeur est détenu par la fosse des Mariannes, dans le Pacifique. Une grosse partie des grands fonds se situent entre 3 000 et 5 000 mètres. C’est un enjeu de découverte&nbsp;: à chaque campagne, les scientifiques de l’Ifremer reviennent avec des espèces nouvelles, des micro-organismes en grande partie. Et il y a déjà de la pollution, donc on peut aussi mesurer notre impact en lien avec les mesures de préservation.”</em> <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>“Il y a des enjeux de protection et de biotechnologie”</b></div>
     <div>
       <br />  <strong>Pour l’instant, on ne parle que d’exploration, pas d’exploitation…</strong> <br />  <em>“La position de la France, qui a été rappelée par le président de la République, c’est d’interdire toute exploitation. Nos explorations sont à vocation scientifique. On travaille deux choses dans les grands fonds&nbsp;: la compréhension de la biodiversité pour des raisons de protection, et aussi comment les organismes s’adaptent. Quand ils sont soumis à un gros stress, ils développent des stratégies originales, comme la réparation de leur ADN, et ça fait écho à des sujets comme les traitements anticancéreux. Il y a des enjeux de biotechnologie associés aux grands fonds marins. Le deuxième enjeu dans le Pacifique, plutôt en Nouvelle-Calédonie, ce sont les aléas sous-marins associés à de grands tremblements de terre.” </em> <br />  &nbsp; <br />  <strong>Vous avez rencontré plusieurs représentants du Pays et de l’</strong><strong>É</strong><strong>tat. Quel message leur avez-vous porté, et vice versa&nbsp;?</strong> <br />  <em>“Le message que j’ai reçu, et c’est pour ça qu’on souhaitait implanter cette activité-là en Polynésie, c’est qu’ils sont très attachés à l’océan. Dans le cadre de la conservation de ces espaces et de la compréhension de ce qu’il s’y passe, ils sont attachés à ce qu’on puisse les aider à mieux connaître cette partie du patrimoine local. Pour nous, ce sont aussi des objets fascinants d’un point de vue scientifique. Historiquement, l’Ifremer a beaucoup travaillé sur ce sujet, notamment dans l’Atlantique, donc on a un savoir-faire qu’il est important de mettre à la disposition de la Polynésie.”</em> <br />  &nbsp; <br />  <strong>Ce seront les premières études au Fenua ou y a-t-il eu des précédents&nbsp;?</strong> <br />  <em>“En Polynésie, il y a eu des études sur les grands fonds, mais elles commencent à dater. Elles étaient principalement associées aux travaux que nous avions menés pour l’extension de la Zone économique exclusive. Il y avait aussi eu des travaux sur les ressources minérales sous-marines, mais ça fait longtemps qu’on a arrêté de travailler sur ce sujet en Polynésie. Plus récemment, on a recommencé à travailler dans le Pacifique, en Nouvelle-Calédonie, pour les mêmes raisons qu’ici, avec un parc marin qui couvre l’ensemble de leur ZEE. En dehors de ce cadre, on mène des travaux dans le Pacifique autour des contrats d’exploration qu’on a pour l’Autorité internationale des fonds marins dans les eaux internationales, plus au nord.”</em> <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>“Ancrer notre présence et créer de nouveaux dialogues”</b></div>
     <div>
      &nbsp; <br />  <strong>L’Ifremer a célébré en 2022 ses 50 ans de présence dans le Pacifique. Une présence à maintenir face à de nouveaux enjeux, aussi aquacoles et environnementaux&nbsp;?</strong> <br />  <em>“D’un point de vue pratique, on vient de renouveler avec l’</em><em>É</em><em>tat notre contrat d’objectifs et de moyens de performance, où il y a quatre priorités, dont deux qui concernent fortement la Polynésie&nbsp;: conserver un océan sain et nourricier, et l’exploration des grands fonds. L’implantation de l’Ifremer dans cette région du Pacifique est tout à fait stratégique et on souhaite continuer à la développer, en faisant rentrer un nouveau thème, comme celui des grands fonds, qui n’était pas présent jusqu’à aujourd’hui. C’est une façon d’ancrer notre présence sur le territoire et de créer de nouveaux dialogues au sein des équipes en faisant venir de nouveaux chercheurs avec des regards différents, avec encore plus de coopération internationale. On a la prochaine Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC 3), à Nice, en ligne de mire, et on aimerait avoir avancé, d’ici là, sur l’implémentation de la chaire académique des grands fonds en Polynésie.”</em> <br />  &nbsp; <br />  <strong>Justement, quels seront les enjeux à l’UNOC 3, en juin prochain, pour l’Ifremer dans le Pacifique&nbsp;?</strong> <br />  <em>“Il y aura principalement trois messages qui seront importants. Tout ce qui concerne l’océan pour cultiver des produits qui permettent de nourrir les populations, et ça va au-delà de l’aquaculture, avec des questions sur l’adaptation au changement climatique. On va aussi porter le sujet des grands fonds marins vu du Pacifique, en accompagnement à la délégation polynésienne.”</em> <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti</div>
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   </content>
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   <title>Invasion d’algues à Toahotu</title>
   <updated>2024-08-23T23:33:00+02:00</updated>
   <id>https://www.tahiti-infos.com/Invasion-d-algues-a-Toahotu_a225651.html</id>
   <category term="Actualité de Tahiti et ses îles" />
   <photo:imgsrc>https://www.tahiti-infos.com/photo/art/imagette/82353706-59102080.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-08-23T06:52:00+02:00</published>
   <author><name>Anne-Charlotte Lehartel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/82353706-59102080.jpg?v=1724391037" alt="Invasion d’algues à Toahotu" title="Invasion d’algues à Toahotu" />
     </div>
     <div>
      <strong>Tahiti, le 22 août 2024 – Dans le secteur de Mitirapa, à Toahotu, les plages sont régulièrement recouvertes d’un épais tapis de Turbinaria ornata et de Sargasse. Si les agriculteurs collectent une partie de ces algues brunes, l’accès à la mer demeure parfois compromis pour les familles. Agir sur leur prolifération ou les exploiter, plusieurs pistes sont envisagées.&nbsp; </strong> <br />  &nbsp; <br />   <br />  C’est un phénomène qui semble prendre de l’ampleur, bien qu’il ne soit, pour l’heure, pas comparable avec les nuisances occasionnées aux Antilles. Ces derniers mois, dans le secteur de Mitirapa, les plages sont régulièrement recouvertes d’un épais tapis d’algues. Si la zone est connue des agriculteurs, qui en collectent une partie, la présence massive de ces algues n’est pas des plus agréables pour les familles, parfois contraintes de se tourner vers d’autres sites épargnés. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Boudées par les baigneurs</b></div>
     <div>
       <br />  <em>“C’est comme ça tous les ans, mais j’ai l’impression qu’il y en a de plus en plus. Même quand je vais à la pêche en bateau, j’en vois beaucoup, jusqu’à l’intérieur de Puunui”</em>, confie un habitué, stationné sur place. Une riveraine nous a aussi fait part de son étonnement. <em>“À ma connaissance, c’est la première fois à ce point. Les enfants ont l’habitude de se baigner par-là, mais en ce moment, personne ne va à la mer&nbsp;: on ne sait pas ce qu’il y a dedans et ça ne donne pas envie. On laisse faire la nature pour que ça reparte avec la houle”</em>, explique Teumere. <em>“On fréquente cette plage depuis l’adolescence. Quand il y a trop d’algues, on ne vient pas se baigner&nbsp;avec nos enfants”</em>, ajoutent deux autres usagères. <br />  &nbsp; <br />  Lorsqu’elles arrivent en abondance, les algues brunes font toutefois le bonheur de certains professionnels, qui contribuent au nettoyage des sites concernés. <em>“Je viens ramasser des algues quand j’ai le temps, pour apporter du potassium à mes pastèques. Je les fais bien sécher chez moi pendant deux ou trois semaines, puis je les mets dans le broyeur pour obtenir une poudre qui améliore le mûrissement des fruits”</em>, explique un agriculteur de Taravao, qui a l’habitude de se fournir à Mitirapa, mais aussi du côté de Faratea. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/82353706-59102128.jpg?v=1724391300" alt="Invasion d’algues à Toahotu" title="Invasion d’algues à Toahotu" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quelles solutions ?</b></div>
     <div>
       <br />  Interrogé au sujet de ces marées de Turbinaria ornata et de Sargasse, le directeur adjoint des ressources marines (DRM) rappelle que c’est un phénomène naturel en lien avec les épisodes de forte houle, le site de Mitirapa étant fortement exposé, face à une passe. Pour autant, plusieurs facteurs contribuent à amplifier ce phénomène. <em>“On a de moins en moins d’herbivores dans le lagon, comme des ume, des maito, des mārava, des oursins, etc. Ce qui fait qu’on a une prolifération algale plus importante tout autour de l’île”</em>, constate Moana Maamaatuaiahutapu. À la surpêche s’ajoutent certains rejets anthropiques, qui favoriseraient le développement des algues envahissantes. <em>“Le Pays travaille sur le repeuplement d’herbivores. Plusieurs études sont menées en aquaculture de restauration pour être capable de les produire et de vérifier s’ils vont effectivement consommer ces algues, au stade de bourgeon pour la plus dure des deux. Il y a d’autres voies, comme des campagnes d’arrachage par des associations, à Punaauia, par exemple, et des leviers pour l’exploitation de ces algues.”</em> <br />  &nbsp; <br />  Un programme de valorisation serait notamment à l’étude du côté de la Direction de l’agriculture (DAG). Xavier Moppert, responsable en recherche et développement chez Pacific Biotech, fait aussi partie de ceux qui planchent sur la Turbinaria ornata depuis plusieurs années, dans la continuité de la thèse de la spécialiste Mayalen Zubia, maître de conférences en écologie marine à l’Université de la Polynésie française (UPF). L’accent est mis sur cette algue, qui a tendance à étouffer les récifs, mais dont les propriétés peuvent avoir plusieurs applications. <em>“La Turbinaria a une teneur importante en potassium et en calcium, correcte en azote, mais faible en phosphore, et l’alginate qu’elle produit est intéressant. Plus l’algue est rigide, plus elle est gélifiante. Il y a plusieurs pistes : des biostimulants pour l’agriculture et l’horticulture, l’alimentation animale, la cosmétique et les biomatériaux, comme des bioplastiques ou dans des dispositifs médicaux. Des études sont menées avec l’UPF et le Criobe pour quantifier le gisement prélevable pour améliorer l’écosystème marin, sans l’impacter”</em>, précise Xavier Moppert. Prochaine étape&nbsp;: convaincre des industriels d’investir dans la filière. <br />  &nbsp;
     </div>
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   <title>Nahiti lauréat de l'appel à projets du Plan innovation Outre-mer</title>
   <updated>2021-06-12T00:00:00+02:00</updated>
   <id>https://www.tahiti-infos.com/Nahiti-laureat-de-l-appel-a-projets-du-Plan-innovation-Outre-mer_a201365.html</id>
   <category term="Actualité de Tahiti et ses îles" />
   <photo:imgsrc>https://www.tahiti-infos.com/photo/art/imagette/57043383-42333469.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-06-11T23:58:00+02:00</published>
   <author><name>D'après communiqué</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/57043383-42333469.jpg?v=1623449942" alt="Nahiti lauréat de l'appel à projets du Plan innovation Outre-mer" title="Nahiti lauréat de l'appel à projets du Plan innovation Outre-mer" />
     </div>
     <div>
      <strong>Tahiti, le 11 juin 2021 – L'Université de la Polynésie française a indiqué, vendredi, dans un communiqué que le projet Nāhiti a remporté l'appel à projets lancé par le Plan innovation Outre-mer. "Ce projet transversal a pour objectif la structuration d’un véritable écosystème de l’innovation (…) et permettra au territoire de trouver les réponses pour s’adapter aux évolutions climatiques, environnementales, numériques, etc", précise l'UPF.&nbsp;</strong> <br />   <br />  Le fenua se positionne comme l'un des territoires leader en matière de recherche et d'innovation en Outre-mer. Dans un communiqué, diffusé vendredi, l'Université de la Polynésie française indique que le projet Nāhiti (Nouvelles ApprocHes pour l'Innovation et la Technologie dans les Iles de Polynésie française) est lauréat de l'appel à projets lancé par le Plan innovation Outre-mer.&nbsp; <br />   <br />  "Ce projet transversal a pour objectif la structuration d’un véritable écosystème de l’innovation", précise l'UPF. Nāhiti fédère ainsi autour de l'UPF l'ensemble des partenaires du consortium <a class="link" href="https://www.tahiti-infos.com/RESIPOL-Une-structure-de-partage-et-d-echange-autour-de-la-recherche-et-de-l-innovation_a178780.html" target="_blank">RESIPOL</a>, l'Etat via le haut-commissariat, le Pays au travers de la délégation à la recherche de la Polynésie française, mais aussi des acteurs économiques (la CCISM et notamment son incubateur PRISM, le Cluster Maritime, et la FrenchTech Polynésie) ainsi que l’université de Montpellier en tant que partenaire.&nbsp; <br />   <br />  En rassemblant toutes les forces vives de la recherche et de l'innivation, le projet Nāhiti permettra au territoire de trouver les réponses pour s’adapter aux évolutions climatiques, environnementales, numériques, etc.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Doctoriales : Trois chercheuses raflent le podium</title>
   <updated>2021-06-06T01:40:00+02:00</updated>
   <id>https://www.tahiti-infos.com/Doctoriales-Trois-chercheuses-raflent-le-podium_a201192.html</id>
   <category term="Actualité de Tahiti et ses îles" />
   <photo:imgsrc>https://www.tahiti-infos.com/photo/art/imagette/56901482-42254385.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-06-06T01:32:00+02:00</published>
   <author><name>Esther Cunéo</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/56901482-42254385.jpg?v=1622937433" alt="Doctoriales : Trois chercheuses raflent le podium" title="Doctoriales : Trois chercheuses raflent le podium" />
     </div>
     <div>
      <strong>Tahiti, le 5 juin 2021 - Trois doctorantes de l’UMR sur les écosystèmes insulaires océaniens ont raflé le podium des doctoriales, illustrant ainsi le poids de cette toute première unité mixte de recherche en Polynésie. </strong> <br />  &nbsp; <br />  Le podium des doctoriales est exclusivement féminin cette année et leurs travaux portent essentiellement sur l’analyse des interactions entre l’homme et son environnement dans les écosystèmes insulaires océaniens&nbsp;au sein de l'UMR 241-EIO. Créée en 2012, il s'agit par ailleurs de la première unité de recherche de Polynésie. <br />  &nbsp; <br />  Pour son travail sur le développement d’une filière aquacole avec des éponges présentes aux Tuamotus-Gambier, Mathilde Maslin décroche le prix de la meilleure présentation orale : un chèque de 200&nbsp;000 Fcfp offert par EDF-Engie. Meilleure perspective de valorisation économique ou culturelle, Jade Tehotu a séduit le jury avec son procédé de production de larves d’insectes nourries par des déchets agricoles et agro-industriels à destination de l’élevage animal, dans un objectif d’économie circulaire. Elle reçoit le prix de 100 000 Fcfp de la part du groupe Pacific Beachcomber. Enfin Maëva Goulais reçoit elle aussi un chèque de 100&nbsp;000 Fcfp de la TEP pour le meilleur poster sur les impacts chroniques des microplastiques issus notamment de la perliculture sur l’écosystème récifal. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Ce Repas de Paul Gauguin qui n’en était pas un...</title>
   <updated>2021-05-13T06:12:00+02:00</updated>
   <id>https://www.tahiti-infos.com/Ce-Repas-de-Paul-Gauguin-qui-n-en-etait-pas-un_a200569.html</id>
   <category term="Actualité de Tahiti et ses îles" />
   <photo:imgsrc>https://www.tahiti-infos.com/photo/art/imagette/56206412-41886615.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-05-12T04:19:00+02:00</published>
   <author><name>Esther Cunéo</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/56206412-41886615.jpg?v=1620712172" alt="Ce Repas de Paul Gauguin qui n’en était pas un..." title="Ce Repas de Paul Gauguin qui n’en était pas un..." />
     </div>
     <div>
      <strong>Tahiti, le 10 avril 2021 – Que cachait Paul Gauguin derrière la scène du <em>Repas</em>, son tout premier tableau à son arrivée en Polynésie&nbsp;? Si 130 ans après sa composition, sa signification échappe encore au Musée d’Orsay, Christine Duchateau, une passionnée de la culture polynésienne, y voit, références à l'appuie, la cérémonie du Tehe. Soit, le rituel de la supercision. </strong> <br />  &nbsp; <br />  Et si <em>Le Repas</em> de Gauguin n’en était pas un&nbsp;? Si le Musée d’Orsay, où l’œuvre s'expose, reconnaît lui-même dans son descriptif que <em>“cette nature morte savamment composée ne correspond à aucun repas réel”</em>, il admet également que la signification de la scène lui <em>“échappe&nbsp;encore”</em> 130 ans après sa composition. Alors que cachait l’artiste phare du postimpressionnisme derrière cette œuvre&nbsp;? Passionnée de culture et de langue polynésienne, Christine Duchateau est convaincue&nbsp;d’avoir percée le mystère : il s’agit de <em>“la cérémonie de la supercision, appelée Tehe, en langue tahitienne”.</em> <br />   <br />  Réservé aux garçons âgés de 10 à 12 ans, le rituel marque le passage de l’enfance dans le monde des hommes (lire encadré). <em>“Les Tahitiens étaient tous supercisés. C’était une condition indispensable, à l’époque, pour entrer dans la vie adulte et avoir des rapports sexuels. Ils se rendaient chez un spécialiste de la supercision par petits groupes”,</em> note cette ancienne radiologue qui a exercé plus de 30 ans en Polynésie. <br />   <br />  Pour en arriver à cette déduction, elle aligne une liste d'observations très précises. Il y a bien-sûr <em>“la table et la nappe" </em>qui "<em>évoquent un autel et un rituel comme certains critiques d’art l’avaient déjà dit. La nappe blanche dans les rituels chrétiens aurait pour origine le linceul du Christ”. </em>Or, les Polynésiens n’utilisaient pas de nappe blanche à l’époque et encore moins pour un repas d’enfant. <br />   <br />  <strong>“Une tâche rouge à la base de la lame”</strong> <br />   <br />  A gauche au premier plan, les bananes plantains symboliseraient des pénis. <em>“Trois ont des extrémités jaune clair, en faveur d’une modification de l’extrémité car ils viennent d’être supercisés”.</em> Mais il y a surtout la présence <em>“d’une tâche rouge à la base de la lame&nbsp;du couteau”</em> qui aurait servi à l’opération. Ainsi, chaque objet a une fonction bien précise. <em>“Le ‘umete servait à rincer le sexe (…), la callebasse à transporter l’eau de source”,</em> tandis que la présence de goyaves, évoque l’utilisation de <em>“jeunes pousses” </em>de l’arbre,&nbsp;jadis<em> “utilisées en pâte sur la partie coupée et l’hémorragie cessait rapidement”.</em> <br />   <br />  La direction des ombres portées n'ont rien d'anodin non plus. <em>“Protections divines qui président la cérémonie”,</em> elles se dirigent toutes vers les enfants. Y compris celle du personnage en haut à droite. <em>“L’ombre, dans la religion mā’ohi, est la projection sur la terre des pouvoirs divins, c’est pourquoi on plantait des arbres autour des</em><em>&nbsp;marae, chaque dieu ayant son arbre (…) pour bénéficier de leur ombre”,</em> rappelle Christine, voyant dans ce personnage <em>“un esprit” </em>qui<em> “surveille de loin cette cérémonie”.</em> <br />   <br />  Plus discret, la frise de cerises au niveau du sommet des têtes des enfants attire son attention. Car le fruit qui n’existe pas en Polynésie. <em>“La cerise, dans le dictionnaire des symboles de J. Chevalier et A. Gheerbrant, représente la vocation guerrière du samouraï japonais et du destin auquel il doit se préparer : rompre la pulpe rouge pour atteindre le dur noyau, en d’autres termes faire le sacrifice du sang et de la chair pour arriver à la pierre angulaire de la personne humaine”.</em> C’est en l’occurrence <em>“ce qu’il se passe dans la tête des enfants qui viennent de se faire superciser : ils quittent l’enfance et entrent dans le monde des adultes</em>”.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Du fāfaru dans le ‘umete ?</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/56206412-41886624.jpg?v=1620712351" alt="Ce Repas de Paul Gauguin qui n’en était pas un..." title="Ce Repas de Paul Gauguin qui n’en était pas un..." />
     </div>
     <div>
      Intrigué depuis toujours par le sens caché du tableau, c’est le collectionneur amateur et spécialiste de Paul Gauguin, Fabrice Fourmanoir, qui a piqué la curiosité de Christine Duchateau lorsqu’il la sollicite sur la présence éventuelle de fāfaru dans le ‘umete.&nbsp;<em>“Il n’y a pas un seul morceau de poisson visible”,&nbsp;</em>lui indique son amie de longue date. Idem pour l’eau de coco que les Polynésiens n’avaient pas l’habitude de mettre dans un ‘umete. Quant au lait de coco, il est bien trop blanc pour être associé au liquide en question. <br />   <br />  Et que dire de la présence d’une jeune fille au milieu&nbsp;? Pourrait-il s’agir d’un&nbsp;<em>“mahu”</em>&nbsp;? interroge encore le collectionneur depuis sa résidence au Mexique. Au regard des dessins préparatoires (voire ci-contre), visibles dans&nbsp;<em>Paul Gauguin, Génies et réalités</em>&nbsp;aux éditions Chêne, il pourrait très bien s’agir tout simplement de trois garçons, juge Christine. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Le goût du mystère</strong> <br />   <br />  Bien qu’aucune trace écrite ne puisse authentifier cette interprétation, Fabrice Fourmanoir, connu pour avoir débusqué de nombreux “faux Gauguin”, est convaincu que son amie et fidèle correspondante depuis plus de 20 ans, a vu juste. Il salue ainsi cette nouvelle interprétation, notamment pour des questions de cohérence.&nbsp;<em>“C’est le premier tableau que Gauguin a peint à son arrivée en Polynésie et l’une des premières choses qui l’intrigue c’est bien la sexualité très libérée des Polynésiens,</em>&nbsp;raconte le spécialiste<em>.&nbsp;</em>Et on le sait<em>,&nbsp;“il a eu beaucoup de maîtresses polynésiennes, qui lui ont forcément parlé du Tehe, ce qui l’a marqué”.</em>&nbsp;Le collectionneur souligne d’ailleurs que le tableau suivant de l’artiste,&nbsp;<em>Iaorana Maria,&nbsp;</em>s’inscrit dans une suite logique<em>,&nbsp;</em>présentant le même régime de&nbsp;<em>fei</em>.&nbsp;<em>“Dans sa démarche artistique, il s’est dit qu’il allait entrer dans l’univers polynésien par l’initiation du Tehe”.</em>&nbsp;&nbsp; <br />   <br />  L’artiste&nbsp;<em>“aimant et cultivant le mystère”, “aucun de ces objets ne se trouve là par hasard”,</em>&nbsp;insiste Christine. Sa fascination pour la Polynésie, sa culture, ses anciens dieux et le sexe, on la retrouve d’ailleurs dans tous ses tableaux.&nbsp;<em>“On comprend qu’il se soit intéressé au rite de la supercision qui allie toutes ces fascinations,</em>&nbsp;conclut Christine Duchateau.&nbsp;<em>Dès son arrivée en Polynésie en 1891, il a peint ce tableau qui illustre le Tehe, un rite exclusivement polynésien et comment le peindre dans toute sa force mais avec pudeur si ce n’est de manière symbolique ?”</em>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le Musée d’Orsay dans la boucle</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/56206412-41886625.jpg?v=1620854712" alt="Ce Repas de Paul Gauguin qui n’en était pas un..." title="Ce Repas de Paul Gauguin qui n’en était pas un..." />
     </div>
     <div>
      Forte de ce faisceau d’indices et d’observations référencées, Christine Duchateau a d’ores et déjà soumis son interprétation au Musée d’Orsay. Dans un retour de mail, la conservatrice honoraire, Anne Pingeot, lui a indiqué que la lettre&nbsp;<em>“fort intéressante”</em>&nbsp;avait été confiée à Ophélie Ferlier-Bouat et Claire Bernardi, deux conservatrices spécialistes du peintre français.&nbsp; <br />  Mais de l’avis de Fabrice Fourmanoir, pour qui&nbsp;<em>“tout a commencé par des interrogations sur le sens caché de ce tableaux”,</em>&nbsp;<em>“une nouvelle interprétation du “Repas” nécessite un travail d'équipe de longue haleine. Il va falloir convaincre”.&nbsp;</em>Ce qui peut prendre de longues années selon lui, avant d’espérer voir une modification du cartel (ou panonceau) sur laquelle apparaît la légende de l'œuvre. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>​La supercision, à ne pas confondre avec la circoncision</b></div>
     <div>
      Tradition ancestrale, le tehe en tahitien désigne précisément la supercision traditionnelle polynésienne. Une pratique typiquement locale, à ne pas confondre avec la circoncision dite&nbsp;<em>“à l'américaine”.</em>&nbsp;Précisément parce que le geste traditionnel polynésien ne correspond pas à une circoncision puisqu'il n'y a pas d'ablation du prépuce. On parle donc de&nbsp;<em>“supercision”,</em>&nbsp;c’est-à-dire d'une simple incision du prépuce, souligne sur son blog le docteur Pierre Follin, lui-même connu pour en avoir pratiqué quelques milliers en Polynésie. Preuve que l’opération est encore très largement pratiquée,&nbsp;<em>“rares sont les garçons non supercisés ou circoncisés”,&nbsp;</em>note le médecin.&nbsp;<em>“Ce n'est pas un sujet tabu, les jeunes en parlent entre eux, c'est même un sujet de fierté si la circoncision a été réalisée, ou de moquerie dans le cas contraire”.&nbsp;</em>Autrefois réalisée par des&nbsp;<em>“tahu'a tehe”,</em>&nbsp;experts dans l’organisation de ce rituel, puis par des&nbsp;<em>“anciens&nbsp;plus ou moins expérimentés,&nbsp;de manière rudimentaire et sans anesthésie”,</em>&nbsp;elle est désormais pratiquée le plus souvent dans les structures de santé du Pays. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti</div>
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   <title>Une thèse pour prévoir les crues et mieux dimensionner les ouvrages</title>
   <updated>2021-03-30T06:23:00+02:00</updated>
   <id>https://www.tahiti-infos.com/Une-these-pour-prevoir-les-crues-et-mieux-dimensionner-les-ouvrages_a199505.html</id>
   <category term="Actualité de Tahiti et ses îles" />
   <photo:imgsrc>https://www.tahiti-infos.com/photo/art/imagette/55119010-41341471.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-03-30T15:03:00+02:00</published>
   <author><name>Esther Cunéo</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/55119010-41341471.jpg?v=1617074745" alt="Une thèse pour prévoir les crues et mieux dimensionner les ouvrages" title="Une thèse pour prévoir les crues et mieux dimensionner les ouvrages" />
     </div>
     <div>
      <strong>Tahiti, le 23 mars 2021 - Doctorante de 2<sup>e</sup> année en hydrologie à l’UPF, Garance Tanguy, 23 ans, scrute le comportement des cours d’eau. En partenariat avec la Speed, elle va tenter de trouver une méthode capable de prévoir les crues </strong><strong>afin de dimensionner efficacement les ouvrages hydrauliques. C’est l’objet de sa thèse qu’elle a brillamment résumé en 180 secondes. Ce qui lui a valu le premier prix au concours de vulgarisation scientifique. </strong> <br />  &nbsp; <br />  <em>«&nbsp;Tahiti, c’est le paradis des hydrologues&nbsp;»</em> sourit Garance Tanguy, doctorante de 2e année en hydrologie à l’UPF. Du haut de ses 23 ans, elle est déjà passée par Veolia à Nanterre, le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) en Martinique, ou l’IRD au Cameroun. <br />   <br />  Brillante lauréate du concours <em>«&nbsp;Ma thèse en 180 secondes&nbsp;»,</em> la jeune femme originaire de Paris confie cependant&nbsp;que l’hydrologie n’était forcément pas son premier choix. Etudiante en géologie spécialité <em>«&nbsp;gestion de l’eau et de l’environnement&nbsp;»,</em> son cœur penchait davantage vers l’hydrogéologie au départ, soit l’étude des nappes phréatiques pour l’alimentation en eau potable. <em>«&nbsp;C’est depuis le Cameroun que j’ai découvert cette offre de thèse à l’UPF sur le sujet des inondations.&nbsp;»</em>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une application très concrète</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/55119010-41341476.jpg?v=1617075146" alt="Une thèse pour prévoir les crues et mieux dimensionner les ouvrages" title="Une thèse pour prévoir les crues et mieux dimensionner les ouvrages" />
     </div>
     <div>
      Tombée sous le charme des vallées luxuriantes, la petite thésarde remonte depuis son arrivée fin 2019 les cours d’eau pour étudier leur comportement dans des conditions météo extrêmes afin de prévoir leur&nbsp;<em>«&nbsp;réponse hydrologique&nbsp;»</em>. Une réponse qui se traduit ponctuellement par des crues dévastatrices, dont le dernier épisode en 2017 avait détruit plus de 800 habitations et privé d’électricité près de 200 foyers.&nbsp;<em>«&nbsp;Pour moi c’est important de faire une thèse qui ne finisse pas dans un placard&nbsp;»</em>&nbsp;fait valoir Garance. <br />   <br />  Et pour cause, sa thèse intitulée&nbsp;<em>«&nbsp;Régionalisation des méthodes d’estimation des crues à Tahiti&nbsp;»</em>&nbsp;présente une application très concrète. En partenariat avec la Société Polynésienne de l’Eau, de l’Electricité et des Déchets&nbsp;(SPEED), elle consiste à trouver une méthode,&nbsp;<em>«&nbsp;la plus simple possible&nbsp;»,</em>&nbsp;qui permette à ce bureau d’études de prévoir les crues à partir des caractéristiques des bassins versants et des pluies.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A chaque rivière sa personnalité </b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/55119010-41341479.jpg?v=1617075641" alt="Une thèse pour prévoir les crues et mieux dimensionner les ouvrages" title="Une thèse pour prévoir les crues et mieux dimensionner les ouvrages" />
     </div>
     <div>
      <em>«&nbsp;Débit maximal pour optimiser la taille des canaux et limiter les risques d’inondations&nbsp;», «&nbsp;production de ruissellement par le cours d’eau et donc du potentiel de production hydroélectrique&nbsp;»</em>&nbsp;: il s’agit de permettre à la Speed de mieux épauler les entreprises de travaux publics pour dimensionner efficacement les ouvrages hydrauliques (ponts, barrages, routes, canaux de drainage…).&nbsp;<em>«&nbsp;Ils pourraient utiliser ma méthode pour savoir qu’elle est le débit maximal d’une crue centennale par exemple&nbsp;»</em>&nbsp;indique la doctorante. Une méthode qui devra être<em>&nbsp;«&nbsp;régionale, c’est-à-dire qu’elle devra fonctionner sur toutes les rivières de l’île&nbsp;»</em>. <br />   <br />  Or, à Tahiti,&nbsp;<em>«&nbsp;les rivières ont chacune leur petite personnalité, elles peuvent prendre des dizaines d’averses sans moufeter et tout d’un coup, c’est l’averse de trop&nbsp;»</em>&nbsp;vulgarise ainsi la jeune femme à l’occasion de son intervention au concours&nbsp;<em>«&nbsp;Ma thèse en 180 secondes&nbsp;»</em>. Par ailleurs, malgré sa petite taille, l’île de Tahiti présente une très large gamme de climats&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;les rivières de la côte Est sont soumises annuellement à près de 7 fois plus de précipitations que celles de la côte Ouest.&nbsp;»</em> <br />   <br />  Prévoir leur réponse relève donc du challenge. D’autant que peu de cours d’eau comme ceux de Tahiti ont été documentés dans la littérature :&nbsp;<em>«&nbsp;leur morphologie extrêmement escarpée, leur origine volcanique, la réaction des sols sous climat tropical humide…&nbsp;Tahiti rivalise avec les endroits où il pleut le plus au monde ».</em>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les bassins-pilotes de Hitia’a et de Tiarei</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/55119010-41341482.jpg?v=1617075683" alt="Une thèse pour prévoir les crues et mieux dimensionner les ouvrages" title="Une thèse pour prévoir les crues et mieux dimensionner les ouvrages" />
     </div>
     <div>
      Pour commencer, la jeune femme s’intéresse à deux&nbsp;<em>«&nbsp;bassins-pilotes&nbsp;»</em>&nbsp;: celui de la Fara’ura à Hitiaa et celui de la Tareta à Tiarei.&nbsp;<em>«&nbsp;Je les compare parce que l’un d’eux est en altitude et l’autre au niveau de la mer,</em>&nbsp;précise la jeune femme.&nbsp;<em>J’essaye de comprendre leur fonctionnement en profondeur pour ensuite élargir mon étude à une&nbsp;</em><em>quinzaine de bassins-pilotes tout autour de l’île.&nbsp;»</em> <br />   <br />  En parallèle des campagnes de mesures sur le terrain (remontée de la rivière à Tareta, mesure de l’humidité des sols à Hitiaa, prélèvements de sols pour connaître leurs caractéristiques hydrauliques), Garance épluche les données de pluviométrie et de hauteur d’eau enregistrées depuis une cinquantaine d’années.&nbsp;<em>«&nbsp;On extrait en particulier les grosses averses et les grosses crues, on étudie le débit de base et le courant quand il ne pleut pas</em>&nbsp;<em>».</em>&nbsp;Ce travail doit lui permettre d’ajuster un modèle&nbsp;<em>«&nbsp;pluie débit&nbsp;»</em>&nbsp;capable de&nbsp;<em>«&nbsp;reproduire par le calcul les crues passées à partir des enregistrements de pluie.&nbsp;»</em>
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     <div><b>« La puissance de la crue dépend aussi de l’humidité du sol »</b></div>
     <div>
      Si on peut légitimement déduire que les crues dépendent des trombes d’eau qui s’abattent sur l’île, selon la chercheuse, ce n’est pas si simple que ça.&nbsp;<em>«&nbsp;La puissance de la crue dépend aussi de l’humidité du sol.</em>&nbsp;<em>Ce qui est assez logique puisque s’il pleut sur un terrain complètement sec, la pluie va d’abord s’infiltrer dans le sol avant de faire monter le niveau de l’eau et de déborder,&nbsp;</em>souligne Garance.&nbsp;<em>En revanche si le terrain est déjà saturé en eau, toute la pluie qui va tomber va directement s’écouler et ruisseler.&nbsp;»</em>&nbsp;A l’instar d’une éponge.&nbsp;<em>«&nbsp;Même en saison sèche, il y a des rivières qui s’écoulent, ça donne une idée de l’état d’humidité du sol&nbsp;».</em>&nbsp; <br />   <br />  Ce qui pose des difficultés sur un terrain pentu et escarpé.&nbsp;<em>«&nbsp;Les sondes ne permettent pas de mesurer l’humidité sur une grande surface ».</em>&nbsp;Mais si la doctorante arpente chaque semaine les deux vallées en saison des pluies pour relever le niveau de l’eau, elle ne s’en plaint pas. Au contraire.&nbsp;<em>«&nbsp;ça veut dire une randonnée par semaine. C’est vraiment le côté agréable de ma thèse. C’est aussi pour ça que j’aime l’hydrologie.&nbsp;»</em> <br />  &nbsp;
     </div>
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     <div style="position: relative;">Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti</div>
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   <title>​Une barge pour déployer la recherche aux îles éloignées</title>
   <updated>2021-03-06T00:33:00+01:00</updated>
   <id>https://www.tahiti-infos.com/​Une-barge-pour-deployer-la-recherche-aux-iles-eloignees_a198853.html</id>
   <category term="Actualité de Tahiti et ses îles" />
   <photo:imgsrc>https://www.tahiti-infos.com/photo/art/imagette/54453393-40997247.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-03-06T00:17:00+01:00</published>
   <author><name>Esther Cunéo</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/54453393-40997247.jpg?v=1614988293" alt="​Une barge pour déployer la recherche aux îles éloignées" title="​Une barge pour déployer la recherche aux îles éloignées" />
     </div>
     <div>
      <strong>Tahiti, le 5 mars 2021 - Le Criobe a inauguré jeudi à Moorea son nouveau joujou&nbsp;: «&nbsp;un laboratoire mobile dédié à l’étude de l’écosystème récifal&nbsp;». Financée dans le cadre du contrat de projets État-Pays 2015-2020, l’infrastructure de recherche a vocation à être positionnée de façon temporaire au sein du récif corallien en fonction des missions scientifiques. </strong> <br />  &nbsp; <br />  Conçue et construite par les chantiers navals Nautisport Industrie à Taravao (NSI), la barge scientifique de 14 mètres de long, 6 mètres de large et de 22 tonnes est surélevée au-dessus de l’eau afin de ne pas être impactée par la houle et de ne pas perturber l’environnement. Dotée d’une autonomie énergétique et opérationnelle, elle peut accueillir jusqu’à 10 scientifiques. Ses recherches seront complémentaires des études menées en laboratoire hors du milieu naturel. <br />  &nbsp; <br />  Au rangs de ses atouts majeurs&nbsp;: l'engin est conçu pour déployer au plus près des îles éloignées les outils de recherche du Criobe. De nouvelles missions scientifiques pourront donc être menées sans avoir besoin d’installer des infrastructures sur place. <br />  &nbsp; <br />  Après une présentation du concept et une visite du site, les autorités ont assisté à une démonstration de la barge dans la baie de Papetoai. Actuellement en phase de tests, elle sera totalement opérationnelle à compter de juin. Les autorités (représentants de l'Etat et du Pays et des communes de Moorea) ont bien sûr tenu à saluer <em>«&nbsp;l’approche innovante portée par le Criobe, qui a su mettre à profit les nouvelles technologies pour développer ce projet et étendre ses ambitions scientifiques au service des milieux naturels&nbsp;».</em> <br />  &nbsp;
     </div>
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   <title>Rangiroa, l’escale mystérieuse du Grand requin-marteau</title>
   <updated>2021-02-20T00:37:00+01:00</updated>
   <id>https://www.tahiti-infos.com/Rangiroa-l-escale-mysterieuse-du-Grand-requin-marteau_a198476.html</id>
   <category term="Actualité de Tahiti et ses îles" />
   <photo:imgsrc>https://www.tahiti-infos.com/photo/art/imagette/54039977-40758713.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-02-20T03:13:00+01:00</published>
   <author><name>Esther Cunéo</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/54039977-40758713.jpg?v=1613730976" alt="Rangiroa, l’escale mystérieuse du Grand requin-marteau" title="Rangiroa, l’escale mystérieuse du Grand requin-marteau" />
     </div>
     <div>
      <strong>Tahiti, le 19 février 2021&nbsp;- Malgré son statut d’espèce <em>"en danger critique d'extinction"</em>, on connaît assez peu de choses sur le Grand requin-marteau. Ni sur les raisons de ses nombreuses allées et venues dans les passes de Rangiroa. Née en 2019 d’une initiative locale, l’association Mokarran Protection Society y travaille, avec le renfort désormais de l’expédition scientifique Gombessa menée par Laurent Ballesta.</strong> <br />   <br />  Destination plongée célèbre pour l’observation du Grand requin-marteau, Rangiroa n’avait jamais été envisagée comme un <em>"checkpoint" </em>scientifique pour expliquer les nombreuses allées et venues de l’animal dans les passes de Tiputa et de Avatoru. Jusqu’à ce qu’une poignée de plongeurs, fascinés par ce grand seigneur des profondeurs, finissent par se poser la question. <em>"Ce requin a vraisemblablement choisi Rangiroa comme point d’escale obligatoire au cours de son long voyage au cœur du Pacifique central"</em> commente Jean-Marie Jeandel. <br />   <br />  Ancien moniteur à Yaka plongée, il porte aux côtés de Florent Bersani et d’autres passionnés de l’animal, la création de l’association Mokarran Protection Society, consacrée à l’étude du <em>Sphyrna mokarran</em>, de son nom scientifique (*). De cet animal emblématique, on connaît finalement assez peu de choses, malgré son statut d'espèce <em>"en danger critique d'extinction" </em>depuis 2018. A ce jour, il n'existe aucune publication scientifique approfondie sur la présence de ce requin en Polynésie. <br />   <br />  <em>"On les voit rentrer et sortir dans le lagon, mais on ne sait pas pourquoi, on ne sait pas d’où ils viennent, ni où ils vont, </em>résume Claire-Sophie Azam, biologiste marine de l’association. <em>Comme toutes les espèces océaniques, on a très peu de données. Dès qu’ils partent des côtes, on ne sait pas ce qui leur arrive." </em>Ce qui est sûr, c’est que l’animal finit trop souvent dans les cales des navires de pêche asiatiques pour ses ailerons. Des nageoires particulièrement prisées pour leur grande taille et leur forte teneur en fibres cartilagineuses. C’est d'ailleurs à partir de ces captures qu’on estime le déclin de leur population mondiale à environ 80% au cours des 70 dernières années.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Identification par photogrammétrie laser</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/54039977-40758714.jpg?v=1613731083" alt="Rangiroa, l’escale mystérieuse du Grand requin-marteau" title="Rangiroa, l’escale mystérieuse du Grand requin-marteau" />
     </div>
     <div>
      <em>"Ce taux de mortalité élevé, combiné à la maturité sexuelle tardive de l'espèce et au fait que les femelles ne se reproduisent qu'une fois tous les deux ans, ne fait qu'accentuer le risque d'extinction de l'espèce qui n'a pas le temps de se régénérer"&nbsp;</em>met en garde l’association, dans son dossier de présentation. Bien que protégé dans nos eaux, le Grand requin-marteau reste donc extrêmement vulnérable en eaux internationales et étrangères. D’où l’intérêt de déterminer sa route, afin de le protéger sur l’ensemble de son terri­toire de migration. <br />   <br />  <em>"On partait de zéro, il fallait faire un état des lieux, c’était l’objectif de la première mission"&nbsp;</em>rapporte Jean-Marie Jeandel, président de l’association. Fin 2019, Mokarran 1&nbsp;- soutenue par la Manufacture de Haute Horlogerie Blancpain -&nbsp;commence ainsi par compter et identifier avec précision les individus qui empruntent les passes à l’aide de la photogrammétrie laser. Un curieux engin composé de deux lasers montés en parallèle de chaque côté d’une caméra, permettant de projeter une échelle de 30 centimètres sur l’animal. <br />   <br />  <em>"La vidéo et le traitement de l’image nous permet ensuite de déterminer la taille. Une technique utilisée sur d’autres espèces de requins",&nbsp;</em>précise Claire-Sophie Azam. Et notamment aux Bahamas, mais pas dans les mêmes conditions.&nbsp;<em>"À Rangiroa, c’est beaucoup plus compliqué, puisqu’on les observe par 50 mètres de fond, voire plus. La visibilité n’est pas toujours très bonne, la luminosité non plus,&nbsp;</em>poursuit la biologiste marine.&nbsp;<em>Et puisqu’on ne les attire pas avec du feeding, on les voit de beaucoup plus loin. En revanche, on observe des comportements naturels et surtout, on ne perturbe pas leur écologie."</em> <br />   <br />  En parallèle,&nbsp;l’équipe organise des séances d’information et met sur pied un réseau participatif au sein des clubs de plongée de l'atoll, dont les observations contribuent à alimenter la base de données de l'association.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Essentiellement des femelles</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/54039977-40758720.jpg?v=1613731498" alt="Rangiroa, l’escale mystérieuse du Grand requin-marteau" title="Rangiroa, l’escale mystérieuse du Grand requin-marteau" />
     </div>
     <div>
      Des premières observations, il ressort que la plupart des spécimens qui passent par là sont des femelles. De quoi présumer la présence d’une zone de nurserie, ou de nourrissage.&nbsp;<em>"L’idée,&nbsp;c’est de savoir ce que fait un Grand requin-marteau sur une journée à Rangiroa,&nbsp;sachant que les résultats de la première étude scientifique ont montré qu’ils n’étaient pas sédentaires"&nbsp;</em>souligne la scientifique.&nbsp;<em>"Sur 30 animaux, seuls un ou deux sont revenus à plusieurs reprises. Ce n’est donc pas un lieu où ils restent, mais un lieu de passage, on les voit rentrer et sortir du lagon, on sait qu’il se passe quelque chose, mais quoi&nbsp;? Pour ça on va utiliser l’acoustique"&nbsp;</em>renchérit Antonin Guilbert. <br />   <br />  Biologiste marin au sein de l’expédition scientifique Gombessa de Laurent Ballesta depuis quinze ans, il a également intégré Mokarran en 2019. Une double casquette qui a permis d’envisager un projet commun aux deux entités&nbsp;: Taumata Roa. Objectif&nbsp;?&nbsp;<em>"Rattraper le retard qu’on a sur le Grand requin-marteau ici en Polynésie&nbsp;et plus largement dans le Pacifique central"</em>&nbsp;résume le scientifique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Réseau de capteurs acoustiques</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/54039977-40758722.jpg?v=1613731499" alt="Rangiroa, l’escale mystérieuse du Grand requin-marteau" title="Rangiroa, l’escale mystérieuse du Grand requin-marteau" />
     </div>
     <div>
      Ainsi l’expédition s’appuie sur la connaissance du terrain et le réseau&nbsp;<em>"humain"&nbsp;</em>de Mokarran, basé à Rangiroa.&nbsp;<em>"Gombessa effectue des missions ponctuelles, elle n’a pas vocation à rester en Polynésie"&nbsp;</em>reprend Antonin. En revanche, l’expédition apporte à l’association son expertise technique et scientifique.&nbsp;<em>"Si on veut étudier le Grand requin-marteau, il faut passer du temps à des profondeurs comprises entre 50 et 70 mètres, et là on rentre dans des plongées complexes où on n’est plus en circuit ouvert, mais où on plonge avec des recycleurs, pendant 4 à 5 heures, ce qui n’est pas à la portée de tout le monde"&nbsp;</em>poursuit le biologiste marin. <br />   <br />  Si les équipes de Gombessa ne sont pas spécialistes des requins-marteaux, leur réseau de scientifiques a largement contribué à la mise en œuvre du protocole scientifique de Taumata Roa. Ainsi en parallèle des travaux d’identification de Mokarran –renouvelés tous les ans pendant la haute saison de décembre à mars– l’expédition Gombessa,&nbsp;aujourd’hui en phase de repérage, interviendra notamment pour la pose de capteurs acoustiques.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sans "feeding" et sans "smelling"</b></div>
     <div>
      <em>"Il va falloir marquer les requins d’un émetteur de la taille d’une pile à l’aide d’un puhipuhi, c’est une approche sur le terrain, en plongée, sans contraindre l’animal, c’est aussi un des défis de Gombessa"&nbsp;</em>précise Antonin. Ce, sans&nbsp;<em>"feeding"&nbsp;</em>et sans&nbsp;<em>"smelling",&nbsp;</em>des méthodes interdites en Polynésie, sauf dérogation de la Direction de l'environnement (Diren). <br />   <br />  Le déploiement d’une cinquantaine de balises réceptrices sur un réseau d’une quinzaine d’atolls des Tuamotu de l’Ouest, soit 24 passes, permettra de capter les radiofréquences des individus bagués.&nbsp;<em>"On les poses là où ils ont été observés selon les données de l’observatoire des requins de Polynésie, mais à terme, si on obtient l’autorisation de la Diren et si ce réseau fonctionne bien, l’idée serait de le réajuster en fonction des premiers résultats&nbsp;et pourquoi pas de l’étendre"&nbsp;</em>poursuit le biologiste marin. <br />   <br />  Une fois installé, ce réseau acoustique a vocation à s’inscrire dans le temps. A condition d’être entretenu.&nbsp;<em>"Pour ça, on va s’entourer de partenaires polynésiens qui vont faire vivre ce réseau"&nbsp;</em>annonce le scientifique. De quoi servir à d’autres types d’études, pour le suivi d’autres espèces et d’échanger des données avec d’autres réseaux acoustiques à travers le monde. Un beau cadeau au service de la recherche en Polynésie. <br />   <br />  <em>*Du grecque sphyrna signifiant "marteau", et du nom arabe mokarran signifiant "grand"</em>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les trois grandes missions de Mokarran Protection Society</b></div>
     <div>
      La Mokarran Protection Society vise à rassembler les ressources humaines et matérielles nécessaires pour mener trois grandes missions : <br />   <br />  -&nbsp;Des études scientifiques permettant de contribuer activement à l’avancement de la recherche sur le Grand requin-marteau au niveau local et international ; <br />   <br />  - La sensibilisation du grand public, avec une attention toute particulière prêtée à l’élaboration de programmes éducatifs à destination du jeune public polynésien ; <br />   <br />  - La protection de cette espèce gravement menacée d’extinction, à travers notamment la mise en place de partenariats pleinement dédiés à la protection des océans et de la biodiversité marine. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti</div>
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   <title>Appel au public pour une étude sur les violences familiales au fenua</title>
   <updated>2021-02-07T03:55:00+01:00</updated>
   <id>https://www.tahiti-infos.com/Appel-au-public-pour-une-etude-sur-les-violences-familiales-au-fenua_a198125.html</id>
   <category term="Actualité de Tahiti et ses îles" />
   <photo:imgsrc>https://www.tahiti-infos.com/photo/art/imagette/53716203-40591241.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-02-07T03:35:00+01:00</published>
   <author><name>Esther Cunéo</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/53716203-40591241.jpg?v=1612667596" alt="Appel au public pour une étude sur les violences familiales au fenua" title="Appel au public pour une étude sur les violences familiales au fenua" />
     </div>
     <div>
      <strong>Tahiti, le 6 février 2021 - Les chercheurs de l’UPF invitent le public à contribuer à la recherche sur les violences familiales en remplissant un questionnaire anonyme en ligne, qui interroge leur <em>"vécu"</em>. De quoi permettre aux chercheurs de <em>"dégager des facteurs de risque par la quantification"</em><strong>. </strong><em>"Que vous ayez vécu des violences ou non, votre expérience nous intéresse"</em>&nbsp;souligne l'UPF, à condition d'habiter en Polynésie bien-sûr.&nbsp;</strong> <br />  &nbsp; <br />  <em>"Depuis que tu es né, quelqu’un t’a-t-il déjà volontairement blessé physiquement ? Peux-tu décrire ce qu’il s’est passé&nbsp;? As-tu déjà parlé de ces violences à quelqu’un&nbsp;?"</em>&nbsp; Elaboré par des chercheurs de l’Université de la Polynésie française et de la MSH du Pacifique sur la problématique saillante des violences familiales, le <a class="link" href="https://fr.surveymonkey.com/r/famille_en_Polynesie">questionnaire</a>  s’adresse à toute personne qui vit actuellement en Polynésie. <br />   <br />  <em>«&nbsp;Que vous ayez vécu des violences ou non, votre expérience nous intéresse&nbsp;pour comprendre les problèmes de violences qui peuvent arriver dans la famille »</em> souligne le groupe de chercheurs. Dans la continuité d’une enquête inédite <em>-Les violences familiales en Polynésie française. Entrer, vivre et sortir de la violence</em>- menée par le maître de conférence en sociologie&nbsp;à l'UPF, Loïs Bastide, directement auprès de victimes et d'auteurs de violences, cette nouvelle étude doit cette fois ci permettre de quantifier les mécanismes de violence en brassant un échantillon un peu plus large. <br />   <br />  <strong>Echantillon cible d’au moins 1&nbsp;000 personnes</strong> <br />   <br />  <em>"Avec l’enquête on était sur du qualitatif, on essayait de décortiquer la mécanique au plus près",</em> justifie Loïs Bastide. Les enquêteurs ont ainsi d'abord cherché à cartographier les relations familiales et identifier l’ensemble des situations de violence dans ce cadre. Une première étape qui a permis de <em>"cerner une série de spécificités sociales"</em> et "<em>d’appréhender ainsi finement"</em>&nbsp;le contexte dans lequel se développent les violences au sein des familles (lire encadré). <br />   <br />  "<em>L’idée aujourd’hui, c’est plutôt d’arriver à dégager des facteurs de risque&nbsp;par la quantification, on a repéré des mécanismes dans les familles maintenant on essaye de voir à quel point les gens qui ont subi des violences retrouvent ses mécanismes"&nbsp;</em>reprend le sociologue. <br />   <br />  Deuxième étape d’un programme de recherche de longue durée, cette nouvelle étude fait appel au public afin de brasser un peu plus large avec un échantillon cible d’au moins 1&nbsp;000 personnes. <em>"Il nous quelque chose qui nous permette de hiérarchiser nos hypothèses, on cherche à savoir ce qui revient de manière régulière"</em>&nbsp;explicite le chercheur. <br />   <br />  <strong>Le plus honnête et le plus précis possible&nbsp;</strong> <br />   <br />  Ce questionnaire anonyme biens-sûr compte une cinquantaine de questions, qui interrogent l’environnement familiale, le vécu et parfois l’intimité. "<em>Durant ton enfance, as-tu été élevé par ton père biologique&nbsp;?&nbsp;Par un père, ou une mère fa’a’amu&nbsp;? " "Quelqu’un t’a-t-il déjà touché de manière sexuelle, contre ta volonté&nbsp;? Dans ta famille&nbsp;? Celle de ton tane&nbsp;? En dehors de la famille, etc."</em> <br />  <em>"On pose des questions qui vont nous permettre de caractériser les familles&nbsp;et les profils familiaux. Il s’agit de faire le lien entre les violences et les types familiaux,"&nbsp;</em>justifie Loïs Bastide. <br />   <br />  Tout le monde est invité à répondre à condition de résider en Polynésie. <em>«&nbsp;Que tu soit </em><em>concerné par ces difficultés ou non&nbsp;»</em> précisent les chercheurs, insistant sur le fait que c’est important de répondre et <em>«&nbsp;le plus honnêtement possible, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse.&nbsp;» </em>Si le public n’est pas obligé de répondre à toutes les questions, il est cependant invité à être <em>«&nbsp;le plus précis possible&nbsp;»,</em>&nbsp;notamment sur les personnes évoquées.&nbsp;<em>« On préférera par exemple le mari de ma sœur, plutôt que ma belle-sœur"</em>&nbsp;notent les chercheurs. &nbsp; <br />   <br />  A ce jour, déjà près de 500 personnes ont répondu à l’appel. Essentiellement des femmes. "<em>On l’a vu dans l’enquête que les femmes parlent beaucoup plus facilement de ces affaires-là, donc ça ne nous a pas étonné"</em>&nbsp;commente le sociologue. La gente masculine est donc invitée à participer un peu plus. Le <a class="link" href="https://fr.surveymonkey.com/r/famille_en_Polynesie">questionnaire</a>  ne devrait prendre maximum qu’une quinzaine de minutes. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>« Entrer, vivre et sortir de la violence »</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/53716203-40591242.jpg?v=1612667532" alt="Appel au public pour une étude sur les violences familiales au fenua" title="Appel au public pour une étude sur les violences familiales au fenua" />
     </div>
     <div>
      Fruit d’une recherche financée par l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) et hébergée par la Maison des sciences de l’homme et du Pacifique, le rapport de 100 pages intitulé "Les violences familiales en Polynésie française. Entrer, vivre et sortir de la violence" a été diffusé le 29 décembre. Intervenant comme la première étape d’un programme de recherche de longue durée, cette enquête cherchait à&nbsp;<em>"cerner précisément les contours de la famille contemporaine, en Polynésie française, et de se doter d’une conception précise de la violence, comme fait social."</em> <br />   <br />  Un travail qui repose essentiellement sur des entretiens approfondis avec des auteurs et des victimes de violence. Dans ce cadre, une quarantaine de personnes ont été interviewées, dont 31 victimes et six auteurs, âgés de 19 à 58 ans, permettant d'entrevoir autant&nbsp;<em>"d'univers familiaux".</em>&nbsp;Ce type d’enquête dit de&nbsp;<em>«&nbsp;victimation&nbsp;»</em>&nbsp;qui consiste à interroger les gens directement sur leurs ressentis,&nbsp;<em>"fait cruellement défaut"</em>&nbsp;et mériterait d'être plus souvent sollicité selon les chercheurs. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti</div>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.tahiti-infos.com/Appel-au-public-pour-une-etude-sur-les-violences-familiales-au-fenua_a198125.html" />
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   <title>Refuge en eaux profondes, un espoir pour la restauration du corail</title>
   <updated>2021-02-02T05:50:00+01:00</updated>
   <id>https://www.tahiti-infos.com/Refuge-en-eaux-profondes-un-espoir-pour-la-restauration-du-corail_a197980.html</id>
   <category term="Actualité de Tahiti et ses îles" />
   <photo:imgsrc>https://www.tahiti-infos.com/photo/art/imagette/53581180-40526342.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-02-02T04:05:00+01:00</published>
   <author><name>Esther Cunéo</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/53581180-40526342.jpg?v=1612242063" alt="Refuge en eaux profondes, un espoir pour la restauration du corail" title="Refuge en eaux profondes, un espoir pour la restauration du corail" />
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      <strong>Tahiti, le 1er février 2021 - La célèbre expédition <em>Under the pole III</em> revient en Polynésie afin de caractériser la </strong><strong>découverte inédite d’un champ de <em>"corail de rose"</em> à 90 mètres de fond à Makatea. Avec l’expertise du Criobe de Moorea, l’étude consiste à vérifier la sensibilité de ces coraux des profondeurs aux changements climatiques. De quoi tester l’hypothèse d’un refuge pour le corail dans les grands fonds. </strong> <br />  &nbsp; <br />  C’est aux Gambier, en 2018, que l’expédition <em>Under the pole</em> découvre le corail le plus profond&nbsp;jamais récolté au monde&nbsp;: un spécimen de <em>Leptoseris hawaiiensis </em>à 172 mètres de fond. Saluée par la communauté scientifique, la trouvaille a fait l’objet d’une parution le 15 janvier dans la revue scientifique <em>The Isme journal.</em> <br />  &nbsp; <br />  Fruit d’un partenariat entre le Criobe à Moorea et la célèbre expédition menée par le duo Emmanuelle Périé-Bardout et Ghislain Bardout, cette étude devait ensuite les conduire en Antarctique. Mais le Covid en a décidé autrement. <em>"On n’a pas pu y aller, alors on est revenu en Polynésie pour compléter la mission </em><em>DeepHope </em>(Profond Espoir, Ndlr) <em>de 2018 – 2019&nbsp;</em><em>sur l’exploration du corail profond</em><em> avec des nouvelles données et des nouvelles manipulations"</em> annonce Emmanuelle Périé-Bardout. <br />  &nbsp; <br />  Forte d’une première mission totalisant près de 800 plongées et d’une collection record de plus de 6 000 échantillons –entre 30 et 150 mètres de profondeur­– dans les cinq archipels, la nouvelle expédition revient sur une autre découverte, toute aussi inédite, d’un champ de <em>Leptoseris</em> –ou <em>"corail de</em><em> rose"–, </em>à 90 mètres de fonds dans les eaux de Makatea. <em>"À ces profondeurs c’est très rare. En général, plus tu descends, moins tu en trouves",</em> commente Laetitia Hédouin, chargée de recherche du CNRS au Criobe.
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     <div><b>Une densité coralienne "exceptionnelle"</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/53581180-40526349.jpg?v=1612242206" alt="Refuge en eaux profondes, un espoir pour la restauration du corail" title="Refuge en eaux profondes, un espoir pour la restauration du corail" />
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      Au-delà de la profondeur, c’est surtout la densité de la couverture coralienne qui intrigue les scientifiques.&nbsp;<em>"40% de recouvrement, c’est énorme à ces profondeurs-là"</em>&nbsp;reprend Laetitia Hédouin.&nbsp;<em>"C’est absolument exceptionnel comparé à tout ce qu’on a vu ailleurs en Polynésie, c’est ça que nous allons chercher à approfondir.&nbsp;Est-ce que c’est localisé&nbsp;ou généralisé&nbsp;? Sur quelle surface ?"</em>&nbsp;renchérit Ghislain Bardout, co-fondateur de&nbsp;<em>Under the pole</em>. Il s’agit donc de caractériser et dimensionner ce grand récif profond. <br />  &nbsp; <br />  Porteuse d’espoir pour la conservation du corail, cette découverte viendrait conforter l’hypothèse d’un refuge pour les coraux de surface dans les profondeurs de l’océan.&nbsp;<em>"</em><em>Pourquoi a-t-on ce champ à cet endroit-là et pas ailleurs ? A-t-on affaire à des populations génétiquement différentes ou s’agit-il des mêmes coraux, mais dans un environnement qui permet leur prolifération&nbsp;?"</em>&nbsp;interroge Laetitia Hédouin. <br />  &nbsp; <br />  La présence de ce champ à de telles profondeurs est d’autant plus étonnante que les coraux sont dépendants de la lumière puisqu’ils tirent leur énergie d’une algue qui vit en symbiose dans leurs tissus, leur apportant, par la photosynthèse, les nutriments nécessaires. Or, plus on s’enfonce dans le bleu, moins il y a de lumière. Résultat&nbsp;: l’eau se rafraîchit. Pourquoi alors parler de réchauffement&nbsp;? Selon la chargée de recherche, la réaction des coraux est relative aux températures dans lesquelles ils ont l’habitude d’évoluer. <br />  &nbsp; <br />  <em>"Ce qui compte, c’est de combien la température varie par rapport à la normale. Aux Australes, l’eau est plus fraîche d’environ trois degrés et pourtant, il y a beaucoup plus d’anomalies de température et de blanchissement là-bas du fait de phénomènes océanographiques qu’on ne maîtrise pas bien,&nbsp;</em>développe la scientifique.<em>&nbsp;Même si l’eau est plus fraîche et que les coraux sont habitués à 26 degrés, il suffit que ça monte à 28 ou 29 degrés pour générer un stress. Tu me diras&nbsp;: ceux de surface sont déjà à 28 degrés. Oui, mais ils y sont habitués, le stress se présente quand la température grimpe à 30 degrés."</em>
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     <div><b>​"Des informations difficiles à collecter"</b></div>
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      Ce que les chercheurs ont d’ailleurs observé, c’est que les variations de température sont beaucoup plus importantes en profondeur qu’en surface. Une telle exposition aurait-elle entraîné le corail d’en bas à mieux encaisser les vagues de chaleur&nbsp;que ceux d’en haut ? <em>"C’est ce qu’on veut vérifier,&nbsp;mais ce sont des informations difficiles à collecter</em>, <em>parce qu’on n’est pas toujours présent au moment des épisodes de blanchissement et parce qu’on a beaucoup de mal à avoir accès à ces coraux profonds."</em> <br />  &nbsp; <br />  D’où l’intervention des spécialistes de <em>Under the pole</em>. Nul besoin de capsule pour cette mission qui ne nécessite pas d’observation prolongée. En revanche, une palanquée de six plongeurs équipés de recycleurs descendra pour collecter du corail. <br />  &nbsp; <br />  Ensuite ramenés dans les aquariums du Criobe de Moorea, les échantillons seront exposés au stress de l’acidification et du réchauffement des températures qui empêchent les coraux de construire leur squelette calcaire, afin d’évaluer leur niveau de résistance. <em>"L’idée, ça va être de faire la même analyse à Moorea où ce type de champ n’existe pas, et de voir ce qui les différencie de ceux de Makatea"</em> poursuit la chargée de recherche. <em>"Les récifs coraliens sont menacés partout dans le monde, mais ceux qui vivent dans les profondeurs seraient moins soumis aux changements climatiques et aux perturbations locales"</em>. <br />  &nbsp; <br />  La mission qui démarre le 15 février devrait s’étendre sur deux mois et contribuer, peut-être, à supporter l’hypothèse d’une migration des coraux vers les profondeurs pour y trouver refuge. <br />  &nbsp;
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     <div style="position: relative;">Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti</div>
    ]]>
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   <link rel="alternate" href="https://www.tahiti-infos.com/Refuge-en-eaux-profondes-un-espoir-pour-la-restauration-du-corail_a197980.html" />
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   <title>2 700 mètres carrés consacrés à la recherche</title>
   <updated>2021-01-29T05:57:00+01:00</updated>
   <id>https://www.tahiti-infos.com/2-700-metres-carres-consacres-a-la-recherche_a197909.html</id>
   <category term="Actualité de Tahiti et ses îles" />
   <photo:imgsrc>https://www.tahiti-infos.com/photo/art/imagette/53478216-40477249.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-01-29T05:47:00+01:00</published>
   <author><name>Esther Cunéo</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/53478216-40477249.jpg?v=1611896828" alt="2 700 mètres carrés consacrés à la recherche" title="2 700 mètres carrés consacrés à la recherche" />
     </div>
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      <strong>Tahiti, le 28 janvier 2021 - La pose de la première pierre du futur pôle de recherche, jeudi, à l’UPF, marque le début d’une nouvelle ère pour la recherche et l’innovation. Cofinancé par l’État, le Pays et l’UPF à hauteur de 1,2 milliard de Fcfp, le nouveau bâtiment permettra de doubler les surfaces de laboratoires. De quoi rassembler tous les chercheurs au&nbsp;même endroit et libérer de l’espace pour les étudiants. </strong> <br />  &nbsp; <br />  Cinq ans après les balbutiements du projet, la pose de la première pierre du futur pôle de recherche, jeudi à l’Université de Polynésie française (UPF), marque le début d’un nouveau chapitre pour la communauté scientifique du fenua. <em>"C’est une page qui se tourne"</em> introduit Patrick Capolsini, président de l’UPF, devant un parterre de chercheurs et d’officiels, représentants de l’État, du Pays et de la commune de Punaauia. <br />  &nbsp; <br />  Cofinancé par l’État, le Pays et l’UPF –sur fonds propres– à hauteur de 1,2 milliard de Fcfp, ce pôle permettra d’augmenter les capacités d’accueil des étudiants et d'offrir aux scientifiques des <em>"conditions de recherche adaptées aux enjeux actuels".</em> C’est que depuis 20 ans, les effectifs sont en augmentation constante pour un total aujourd’hui de 3&nbsp;500 étudiants et de 230 personnels dans un campus conçu initialement pour l’accueil de 1 500 étudiants et un peu moins de 100 personnels.
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     <div><b>Étudiants et chercheurs à l’étroit</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/53478216-40477250.jpg?v=1611897164" alt="2 700 mètres carrés consacrés à la recherche" title="2 700 mètres carrés consacrés à la recherche" />
     </div>
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      Un manque de place qui pèse de plus en plus sur l’emploi du temps des étudiants et donc sur&nbsp;leur qualité de vie, d’autant qu’ils sont nombreux à ne pas disposer de moyen de transport. Dans ce contexte, les chercheurs sont aussi à l’étroit, confrontés à des difficultés de déploiement des équipes et des projets, ou d’accueil des étudiants et des entreprises.&nbsp;<em>"L’idée c’est d’être à la jonction et au contact des entreprises pour la partie innovation,</em>&nbsp;développe Nabila Gaertner-Mazouni, vice-présidente de l’UPF, chargée de la recherche<em>. Pendant longtemps on a pu travailler avec l’IRD [Institut de recherche pour le développement, NDLR] qui a maintenant rejoint le campus et qui cofinance ce projet afin de doubler les surfaces de laboratoires."</em> <br />  &nbsp; <br />  Des plateaux techniques plus grands et mieux équipés seront aménagés dans le futur bâtiment sur une surface de 2&nbsp;700 m2. Une cinquantaine de bureaux permettront également de rassembler en un seul et même lieu, plusieurs dizaines de chercheurs et de doctorants, aujourd’hui disséminés sur tout le campus.&nbsp;<em>"On les rassemble pour créer de la synergie"&nbsp;</em>résume Patrick Capolsini.&nbsp;<em>"Je crois au projet concret, on peut développer des collaborations mais quand on peut travailler directement avec les gens, c’est beaucoup plus solide"</em>&nbsp;renchérit la vice-présidente.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>10% de places assises libérées</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/53478216-40477256.jpg?v=1611897164" alt="2 700 mètres carrés consacrés à la recherche" title="2 700 mètres carrés consacrés à la recherche" />
     </div>
     <div>
      En toile de fond, l’UPF en tant que membre du Pacific Islands Universities Research Network (PIURN), cherche à promouvoir davantage l’échange international et régional d’étudiants et de chercheurs.&nbsp;<em>"ça nous permettrait de les accueillir, de partir sur d’autres sujets avec d’autres techniques d’analyse qu’on n’a pas aujourd’hui"</em>&nbsp;poursuit la chercheuse. <br />  &nbsp; <br />  En parallèle, les espaces libérés seront réaménagés en salles de cours. De quoi augmenter la capacité de places assises d’environ 10%. Considérant le niveau de saturation actuelle,&nbsp;<em>"c’est énorme,&nbsp;</em>estime le président de l’UPF.&nbsp;<em>Ça va nous permettre de débloquer la situation du campus</em>.&nbsp;<em>Aujourd’hui, on est à l’étroit dans les laboratoires. Ça nous contraint en termes de nombre de doctorants ou de stages qu’on peut accueillir".</em> <br />  &nbsp; <br />  Outre des bureaux, des laboratoires et des plateaux techniques, l’architecte a prévu un atrium au rez-de-chaussée avec une salle de conférence, une cafétéria et des espaces pour accueillir le public.&nbsp;<em>&nbsp;"On reste sur la couleur blanche pour ne pas trop dénoter du reste du campus",&nbsp;</em>précise l’architecte Bertrand Portier. Mais pour lui, c’est surtout en termes de protection environnementale que le projet se distingue&nbsp;:&nbsp;<em>"Il s’agira d’une construction bioclimatique, avec une ventilation naturelle en plus de la climatisation et des panneaux photovoltaïques&nbsp;pour une production d’énergie d’environ 40%".</em> <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’innovation, facteur de développement</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/53478216-40477259.jpg?v=1611897049" alt="2 700 mètres carrés consacrés à la recherche" title="2 700 mètres carrés consacrés à la recherche" />
     </div>
     <div>
      Étudié pour créer un maximum d’interactions entre les enseignants et les étudiants, le bâtiment proposera ainsi des espaces conviviaux pour travailler en interdisciplinarité.&nbsp;<em>"L’accès que les chercheurs auront à de nouveaux plateaux techniques leur permettra d’atteindre les standards internationaux sur des sujets comme les substances naturelles ou la biologie marine"</em>&nbsp;ajoute le président de l’UPF. <br />  &nbsp; <br />  <em>"Important&nbsp;pour le développement de la recherche",&nbsp;</em>ce projet justifiait bien un effort financier&nbsp;<em>"considérable"</em>&nbsp;de la part du Pays, de l’État et de l’Université dans le cadre du Contrat de projets 2015-2020.&nbsp;<em>"Comment assurer l’avenir de notre pays si nous ne disposons pas de jeunes gens préparés correctement aux disciplines et aux savoirs qui feront l’histoire du siècle à venir ?</em>&nbsp;interroge le vice-président du Pays, Tearii Alpha.&nbsp;<em>La décision de construire un nouveau pôle de recherche était nécessaire à la poursuite des missions de l’Université dans de bonnes conditions</em>." <br />  &nbsp; <br />  Des conditions qui permettront à la recherche et à l’enseignement de monter en puissance, juge la vice-présidente de l’Université.&nbsp;<em>"Il faut considérer que les deux sont liés. Si vous faites de la bonne recherche, vous ferez de bons enseignements, ils se nourrissent l’un de l’autre,&nbsp;</em>argumente Nabila Gaertner-Mazouni.&nbsp;<em>Cela permet aussi aux étudiants qui veulent se lancer de tester leurs idées, ce qui représente souvent un parcours du combattant. Là, on pourra les accompagner un peu plus longtemps dans leur projet professionnel, en lien avec l’innovation qui est un facteur de développement."</em> <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>​Une restructuration en trois phases</b></div>
     <div>
      ​Si la pose de la première pierre est intervenue jeudi, les travaux du bâtiment ont démarré en août dernier, phase une de la restructuration du campus qui se décline en trois étapes. <br />  Car le projet prévoit également la création de 67 places de parking supplémentaires, dont quatre réservées au covoiturage et trois aux personnes à mobilité réduite. Un abri pour les deux-roues sera aussi édifié avec une capacité de 55 emplacements et des bornes de recharge pour vélos électriques. <br />  Enfin, la troisième phase concerne l’agrandissement et la restructuration de la bibliothèque universitaire. Les études ont été faites et le permis de construire accordé. Reste le financement, à ce stade, en cours de montage.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti</div>
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   </content>
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   <title>Autopsie des violences intrafamiliales en Polynésie</title>
   <updated>2021-01-09T00:06:00+01:00</updated>
   <id>https://www.tahiti-infos.com/Autopsie-des-violences-intrafamiliales-en-Polynesie_a197356.html</id>
   <category term="Actualité de Tahiti et ses îles" />
   <photo:imgsrc>https://www.tahiti-infos.com/photo/art/imagette/52870606-40188799.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-01-09T04:20:00+01:00</published>
   <author><name>Esther Cunéo</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/52870606-40188799.jpg?v=1610080365" alt="Autopsie des violences intrafamiliales en Polynésie" title="Autopsie des violences intrafamiliales en Polynésie" />
     </div>
     <div>
      <strong>Tahiti, le 7 janvier 2021 - Problème saillant en Polynésie, les violences familiales ont fait l'objet d'une enquête inédite auprès de victimes et d'auteurs de violences. Dépendance économique, adoption, jalousie, intimité individuelle :&nbsp;menée par Loïs Bastide, sociologue de l'UPF, ce travail de fond a permis de décortiquer les mécanismes d'une violence souvent liée aux <em>"situations de vie sous tension".</em></strong> <br />   <br />  <em>"La Polynésie connaîtrait le plus fort taux de violences familiales sur l’ensemble du territoire national, outre-mer compris, sans que l’on sache expliquer ce fait statistique." </em>Une énigme qui a conduit Loïs Bastide, maître de conférence en sociologie à l'Université de Polynésie française (UPF) –avec la participation de Denis Régnier et de Yuna Méloche– à s'intéresser aux diverses formes de violence au sein du noyau familial dans le contexte de transformation socio-économique du territoire depuis les années 1960. <br />   <br />  Une société contemporaine du fenua dont on connaît finalement assez peu de choses. <em>"Appréhender les violences familiales suppose d’éclairer d’abord les contours et les consistances contemporaines de la sphère familiale polynésienne"</em> introduit le rapport.&nbsp; <br />   <br />  Fruit d’une recherche financée par l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) et hébergée par la Maison des sciences de l’homme et du Pacifique, le rapport de 100 pages intitulé<em> "Les violences familiales en Polynésie française. Entrer, vivre et sortir de la violence" </em>et diffusé le 29 décembre, intervient comme la première étape d’un programme de recherche de longue durée. <em>"Il est plus que jamais nécessaire de développer des enquêtes d’envergure, susceptibles de nourrir la réflexion sur les transformations de l’institution familiale et les dynamiques de violence associées"</em> note le rapport. Des enquêtes qui méritent d'être élargies à l’Océanie, théâtre d'une forte incidence des violences familiales. <br />   <br />  <em>"Il y a ce paradoxe très étrange en Polynésie, où on observe très peu de violences aux personnes dans l'espace public et beaucoup dans les familles"</em>&nbsp; fait remarquer Loïs Bastide. <br />  Face à ce constat, les pouvoirs publics se trouvent relativement démunis, faute d’analyses suffisamment étayées pour orienter les politiques de prise en charge. Première étape pour pallier ce manque, cette enquête cherche à <em>"cerner précisément les contours de la famille contemporaine, en Polynésie française, et de se doter d’une conception précise de la violence, comme fait social."</em> <br />   <br />  <strong>France - Polynésie : des réalités familiales très différentes</strong> <br />   <br />  70% de l’ensemble des atteintes aux personnes sont des violences intrafamiliales, soit deux fois plus qu'en métropole. Si la comparaison <em>"brute" </em>et <em>"immédiate" </em>s'avère pratique, elle n'a pas de sens selon Loïs Bastide : <em>"Ce n'est pas du tout la même réalité, ni la même composition et il n'y a pas les mêmes interactions". </em>Des interactions plus régulières en Polynésie, entre un plus grand nombre de parents, qui multiplient mécaniquement les risques de survenue de violences au sein des familles. <br />   <br />  Ainsi la famille forme un <em>"espace social passionnel" </em>dans lequel les tensions sont <em>"exacerbées par la situation économique, les terres, l'espace de l'intimité individuelle, et la capacité de l'individu à exister dans le collectif familial"&nbsp;&nbsp;</em>développe Loïs Bastide.&nbsp; <br />   <br />  Or, plus de 40% de la population en Polynésie française vit dans un foyer élargi. Les foyers de dix personnes et plus représentent 8,1% de la population totale du territoire, contre 31% pour les foyers de six personnes et plus, selon les données du recensement de l’ISPF. Dans ce type de ménage, les tensions sont fréquentes indique le rapport. <em>"Mécaniquement il y a une augmentation des risques de survenue des violences dans les maisons de famille, où les tensions apparaissent sur les personnes qui assurent la survie économique, avec un aspect héritage important, </em>reprend le chercheur. <em>Lorsque tout ça se combine on arrive à des situations conflictuelles qui peuvent générer de la violence."</em>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>​Entretiens approfondis avec des victimes et des auteurs</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/52870606-40188801.jpg?v=1610080420" alt="Autopsie des violences intrafamiliales en Polynésie" title="Autopsie des violences intrafamiliales en Polynésie" />
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     <div>
      <em>"Bien souvent, les violences circulent et se répercutent à l’intérieur des familles,&nbsp;</em>poursuit le rapport.&nbsp;<em>Cette première phase vise ainsi à appréhender les violences familiales dans toute leur complexité empirique."</em>&nbsp; Un travail qui repose essentiellement sur des entretiens approfondis avec des auteurs et des victimes de violence. Une quarantaine de personnes ont été interviewées, dont 31 victimes et six auteurs, âgés de 19 à 58 ans, permettant d'entrevoir autant&nbsp;<em>"d'univers familiaux". "Ça ne nous intéressait pas d'avoir un échantillon plus large, puisqu'on était sur du qualitatif, on essayait de décortiquer au plus près la mécanique,</em>&nbsp;justifie le sociologue.&nbsp;<em>Il s'agira ensuite de les quantifier."</em> <br />   <br />  Les enquêteurs ont d'abord cherché à cartographier les relations familiales et identifier l’ensemble des situations de violence dans ce cadre. Cette étape permet, dans un second temps, de<em>&nbsp;"cerner une série de spécificités sociales"&nbsp;</em>et&nbsp;<em>"d’appréhender ainsi finement le contexte dans lequel se développent les violences au sein des familles."&nbsp;</em>Ce type&nbsp;<em>"d’enquête de victimation"&nbsp;</em>qui consiste à interroger les gens directement sur leurs ressentis,&nbsp;<em>"fait cruellement défaut"&nbsp;</em>et mériterait d'être plus souvent sollicité selon les chercheurs. <br />   <br />  <strong>De la difficulté d'observer les violences</strong> <br />   <br />  Cette stratégie d’enquête se heurte cependant à un écueil de taille :&nbsp;<em>"l’impossibilité évidente, dans le cadre d’une approche qualitative, de l’observation directe".</em>&nbsp;Si les violences familiales résistent à l’observation, c’est bien parce que le sujet est sensible. L’enquête interroge l'intimité des personnes jusque dans leur sexualité, portant généralement sur des situations de&nbsp;<em>"souffrance morale aiguë".&nbsp;</em>De quoi véhiculer&nbsp;des sentiments de honte, d’angoisse et de culpabilité pour les victimes comme pour les auteurs. <br />   <br />  Par ailleurs, ces personnes se trouvent généralement en situation de précarité. Sur le terrain, les chercheurs ont dû s'appuyer sur les associations (Te Torea, Emauta) et sur les organismes publics (Fare tama hau, Nuutania). En parallèle, les faits divers dans les archives de la presse écrite ont été épluchés depuis les années 1980. <br />   <br />  <strong>Sortir de la violence</strong> <br />   <br />  Il en ressort que la violence intervient dans une dynamique de situation, qui s'inscrit ensuite dans une routine. Dans ce cadre,&nbsp;<em>"il est indispensable de soulever la question de la dépendance, qui constitue un facteur de vulnérabilité majeur"&nbsp;</em>insiste le rapport, à l’instar des enfants et plus encore des enfants fa’a’amu, des personnes âgées dépendantes, ou des personnes handicapées. <br />   <br />  Mais contrairement à une idée bien répandue,&nbsp;<em>"les violences familiales ne sont pas vouées à se répéter indéfiniment,&nbsp;</em>termine le rapport sur une note d'espoir.&nbsp;<em>Des formes de réversion sont possibles, conduisant à des sorties de la violence".&nbsp;</em>Pour les sociologues, c'est avant tout une histoire de situation qui consiste à&nbsp;<em>"vivre sous tension".</em> <br />   <br />  Il s’agit donc&nbsp;<em>"d’amortir les tensions générées dans les familles, du fait des chocs sociaux et économiques des dernières décennies."</em>&nbsp;Si la recherche en cours permet d’ouvrir des pistes, elle souligne surtout l’ampleur du travail à accomplir pour mieux comprendre le phénomène conclut le rapport. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La jalousie comme "preuve d'amour"</b></div>
     <div>
      <em>"Il y a ce rapport très ambivalent à la jalousie qui est très spécifique à la Polynésie" </em>reconnaît Loïs Bastide. Le rapport identifie ainsi le <em>"caractère très exclusif" </em>dans les relations de couple, <em>"marqué par une forte jalousie à l’égard du partenaire". </em>Un<em> "repli fusionnel" </em>qui laisse peu de place à la présence d’enfants fa'a'amu, <em>"témoignage d’une relation passée, d’une intimité et d’affects vécus comme une menace."</em> <br />  <em>"Les protagonistes forment en effet des attentes réciproques particulièrement exigeantes quant à l’engagement du conjoint vis-à-vis du couple" </em>écrit le rapport. Parmi les enquêtés,<em> "la jalousie paraît en effet constituer un attendu valorisé de la relation amoureuse."</em> <br />  Dans ce contexte, exciter la jalousie du conjoint est alors un <em>"moyen de solliciter cette preuve d’amour". </em>Cependant, <em>"l’angoisse de la perte et le soupçon"</em> peuvent alors alimenter un conflit qui peut dans certains couples conduire à des violences graves prévient le rapport.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Fa'a'amura'a, une pratique ancienne largement répandue</b></div>
     <div>
      Paradoxalement au caractère exclusif du couple, la parentalité, <em>"dans toutes ses dimensions (affective, nourricière, éducative, de soin) est conçue de manière flexible, ce rôle n’étant pas réservé aux seuls parents biologiques."</em> <br />  Pratique ancienne, le fa’a’amura’a consiste à donner un enfant à un tiers <em>"nourricier"</em> (fa’a’amu signifie<em> "nourrir"</em> en tahitien), qui le fait entrer ainsi dans sa filiation au même titre que ses enfants biologiques. <em>"Malgré les bouleversements considérables des modes de vie, depuis les années 1960, elle paraît relativement stable,</em> souligne le rapport. <em>Le fa’a’amura’a est donc une pratique sociale bien légitimée, structurante au sein des familles, et largement répandue" </em>notamment chez les femmes de culture polynésienne. <br />  Ainsi, onze des personnes interviewées ont été<em> "données" </em>en fa’a’amu, et selon les données des recensements, 12% des femmes ont donné un enfant à 45 ans. <br />   <br />  Si cette pratique se passe sans doute, très majoritairement, dans de bonnes conditions, elle constitue clairement un facteur de risque, constatent les chercheurs.<em> "On observe par exemple un schéma récurrent, dans lequel l’enfant adoptif est assigné aux tâches domestiques, parfois déscolarisé, marginalisé par rapport aux enfants biologiques et se voit ainsi privé de reconnaissance affective"</em>&nbsp;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'alcool, un catalyseur</b></div>
     <div>
      Catalyseur social de la violence, l’alcoolisation ponctuelle, sur le modèle du binge drinking, notamment dans le cadre des<em> "bringues"</em> du week-end, est un exemple bien connu des autorités publiques, ici comme ailleurs. Comme souvent en Polynésie,&nbsp;<em>"l’alcool catalyse les conflits et participe à les faire basculer dans la violence physique"</em>&nbsp;souligne le rapport. Au sein de la maison familiale comme dans le cadre du couple, la boisson précipite souvent, sinon systématiquement, la violence. <br />  &nbsp; <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Consulter ici l'intégralité du rapport :&nbsp;<a class="link" href="https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03090612/document">https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03090612/document</a> 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti</div>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.tahiti-infos.com/Autopsie-des-violences-intrafamiliales-en-Polynesie_a197356.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Le puffin de Rapa, ce grand voyageur menacé par les rats</title>
   <updated>2020-12-22T05:51:00+01:00</updated>
   <id>https://www.tahiti-infos.com/Le-puffin-de-Rapa-ce-grand-voyageur-menace-par-les-rats_a196972.html</id>
   <category term="Actualité de Tahiti et ses îles" />
   <photo:imgsrc>https://www.tahiti-infos.com/photo/art/imagette/52508010-40019667.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2020-12-22T05:35:00+01:00</published>
   <author><name>Esther Cunéo</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/52508010-40019667.jpg?v=1608613074" alt="Le puffin de Rapa, ce grand voyageur menacé par les rats" title="Le puffin de Rapa, ce grand voyageur menacé par les rats" />
     </div>
     <div>
      <strong>Tahiti, le 21 décembre 2020 - En danger d'extinction, le puffin de Rapa fait l'objet d'une étude afin de connaître ses déplacements&nbsp;et les menaces qui pèsent sur l'espèce en mer. Sur les dix puffins balisés de capteurs GPS par la SOP Manu et ses partenaires, seul un a pu être récupéré et confié au Museum d'histoire naturelle. Résultat&nbsp;: l'oiseau marin voyage de la Nouvelle-Zélande, jusqu'au Chili.</strong> <br />   <br />  Espèce polynésienne la moins connue des scientifiques, le puffin de Rapa ne compte plus que 200 individus contre quelques milliers dans les années 1980, selon les rares chiffres existants dans la littérature. Une diminution suffisamment inquiétante pour justifier une étude.<em> "La disparition de ces colonies particulières d’oiseaux marins constituerait une perte importante pour le patrimoine culturel polynésien et porterait, sans aucun doute, un grave préjudice pour notre environnement" </em>prévient la Société d'ornithologie de Polynésie (SOP) Manu. <br />   <br />  Il faut dire que le seul site de reproduction de l'animal se trouve sur l'île la plus au Sud des Australes, et donc la plus isolée du fenua. Un éloignement qui présente pourtant <em>"un site idéal pour la sauvegarde de ces espèces",</em> d'où la présence sur l'île et sur ses nombreux motu inhabités, d'une avifaune riche de onze espèces, principalement composée de pétrels, de puffins et d’océanites. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Rares et difficiles à observer</strong> <br />   <br />  Cependant trois espèces nicheuses menacées par les rats sont en danger d’extinction : le puffin de Rapa – répondant localement au nom de kakikaki - l’océanite à ventre blanc et l’océanite à gorge blanche, aussi nommées koru’e. Rares et difficiles à observer, ces espèces présentent un intérêt scientifique certain. Notamment parce qu'elles pourraient être endémiques. Elles n'existeraient donc que là-bas. <em>"Ce qui est exceptionnel chez les oiseaux de mer !" </em>commente l'association. <br />   <br />  En 2019, Jean-Claude Thibault, ornithologue spécialiste des oiseaux du fenua et la SOP Manu ont mené une mission de suivi des oiseaux marins et de gestion des menaces sur les motu de Rapa, avec l'aide de l'association Raumatariki sur place. "<em>Il fallait former plusieurs locaux pour assurer ce suivi,</em> indique Tehani Withers, chargée de programme à la SOP Manu. <em>Nous avons aussi posé dix capteurs GPS sur les Kakikaki, pour connaître leurs déplacements hors de leurs saisons de reproduction."</em> <br />  &nbsp; <br />  <strong>Des balises inférieures à 2,5 grammes</strong> <br />  &nbsp; <br />  Absents de leurs sites de reproduction de décembre à février, les kakikaki voyagent. Reste à savoir où. C'est tout l'objet de l'étude : déterminer les zones marines qu'ils visitent durant ces quelques mois et connaître les menaces en mer. <em>"On sait que beaucoup d'oiseaux sont victimes de long-liner"</em> précise Thomas, coordonnateur des programmes de la SOP Manu. Des GPS miniaturisés d'un poids inférieur à 2,5 grammes ont donc été posés sur dix oiseaux. Capables d'enregistrer la température de l'eau de mer, les petits engins ne peuvent pas transmettre les données en temps réel. D'où leur légèreté. Ils peuvent par contre conserver les données pendant deux ans. Ce qui implique de capturer à nouveau les oiseaux balisés. <br />   <br />  C'est là que cela se complique. Déjà parce que la mission cette année est forcément programmée pendant la saison de reproduction : entre mars et novembre, soit en plein hiver. <em>"Là-bas, les températures tombent à 7-10 °C !" </em>rappelle Tehani Withers. <em>"C'était une tâche très difficile, car très peu d’oiseaux se reproduisaient, et il a fallu capturer ceux qui visitaient l’îlot la nuit pour se reposer. Et ils ne se reposent pas longtemps ! Le travail a dû se faire entre minuit et 4 h du matin."</em> Résultat : un seul GPS sur dix a été récupéré pour l’instant. <br />  &nbsp; <br />  Une récolte certes maigre, mais suffisante pour avoir une idée des trajectoires et des capacités de déplacement de ces petits oiseaux. Envoyée à un spécialiste du Muséum National d’Histoire naturelle, la <em>"précieuse balise"</em> a démontré que le kakikaki voyage loin, très loin. <em>"Plusieurs localisations ont été enregistrées du côté de la Nouvelle-Zélande, mais aussi du Chili !"</em> souligne l'association. Soit à 7 000 kilomètres de son île natale. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Projet de dératisation sur trois motu périphériques</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/52508010-40019668.jpg?v=1608613225" alt="Le puffin de Rapa, ce grand voyageur menacé par les rats" title="Le puffin de Rapa, ce grand voyageur menacé par les rats" />
     </div>
     <div>
      Essentielle pour la biodiversité de Rapa, la restauration de trois motu périphériques (Tauturau, Karapoo rahi et Rapa iti) est vivement souhaitée par l’association locale Raumatariki Rapa et la SOP Manu. L’éradication sur ces trois motu des rats, redoutables prédateurs pour les petits oiseaux marins, permettrait de protéger durablement les&nbsp;koru’e&nbsp;et le&nbsp;kakikaki. <em>"Les avancées technologiques permettent désormais des épandages de raticide à l’aide de drones, avec des risques proches de zéro, tant pour l’environnement marin que pour l’homme"</em>&nbsp;précise l'association. <br />   <br />  <em>« Il y a encore énormément de travail à faire à Rapa et sur ses motu, mais les projets de restauration avancent peu à peu, grâce à la communauté locale, très investie dans la protection de son île »</em>&nbsp;commente Tehani Withers, chargée de projet saluant le travail de Raumatariki. Intermédiaire entre la SOP Manu et la population locale, l'association lui fournit des guides pour le travail sur le terrain. En retour, Manu lui propose un support technique pour la formation des référents locaux concernant les oiseaux et les espèces envahissantes, ou pour l’obtention de financements. <br />  &nbsp; <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti</div>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>La crise du tourisme durera jusqu’en 2025</title>
   <updated>2020-11-16T23:06:00+01:00</updated>
   <id>https://www.tahiti-infos.com/La-crise-du-tourisme-durera-jusqu-en-2025_a196041.html</id>
   <category term="Actualité de Tahiti et ses îles" />
   <photo:imgsrc>https://www.tahiti-infos.com/photo/art/imagette/51497924-39506474.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2020-11-16T10:51:00+01:00</published>
   <author><name>Jacques Franc de Ferrière</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/51497924-39506474.jpg?v=1605522207" alt="La crise du tourisme durera jusqu’en 2025" title="La crise du tourisme durera jusqu’en 2025" />
     </div>
     <div>
      Tahiti, le 19 novembre 2020 - <b>Deux chercheurs de l'UPF et de l'université du Québec ainsi que leurs étudiants ont passé presque deux ans à étudier notre secteur touristique. Ils ont présenté leurs résultats vendredi dernier. Selon eux, le scénario le plus probable après le Covid est un retour à la normale du secteur en 2025.</b>       <br />
              <br />
       Qui saura sauver notre secteur touristique ? Peut-être ces deux chercheurs. Ce vendredi 13 novembre, les professeurs Sylvain Petit (de l’Université de la Polynésie) et François de Grandpré (de l’Université du Québec à Trois-Rivières au Canada) ont présenté aux professionnels du tourisme leur <span style="font-style:italic">&quot;Diagnostic touristique de la Polynésie française&quot;.</span> Il s’agit d’une analyse en 1 000 pages de tout notre secteur touristique, les acteurs qui le composent, le profil des touristes qui nous rendent visite, les facteurs extérieurs qui ont une influence sur le secteur. Il contient aussi de nombreux conseils et recommandations pour établir une stratégie de développement jusqu’en 2025.       <br />
              <br />
       Leur travail propose ainsi de recentrer notre communication internationale sur l’aspect &quot;carte postale&quot; de la Polynésie, notre nature et nos paysages. Les études montrent ainsi que c’est ce qui attire le plus les touristes étrangers. Notre culture, en particulier le Mana, est plus facile à expliquer aux touristes une fois sur place plutôt que dans des publicités. La culture devient alors le principal argument pour inciter nos visiteur à revenir nous voir, ce qu’ils ne font que très rarement pour l’instant… Un gros potentiel de croissance de notre tourisme, en particulier dans les îles éloignées ! Le diagnostic explore de nouveaux produits touristiques à fort potentiel qui pourraient être développés en Polynésie, comme le tourisme d’affaires (conférences, colloques, etc.) ou le tourisme culinaire.       <br />
              <br />
       Le rapport propose aussi des changements plus techniques destinés aux professionnels, comme une nouvelle segmentation marketing de nos touristes et une communication spécifique à chaque segment (par exemple nos voisins du triangle polynésien s’intéressent à Taputapuatea, ceux du bord du Pacifique à des plages à proximité, les francophones du Québec à des îles qui parlent leur langue, etc). Il propose aussi de créer cinq associations de promotion et de gestion du tourisme, une pour chaque archipel. <span style="font-style:italic">&quot;Pour augmenter les ventes, augmentez les vendeurs ! Là on passerait d'un vendeur, la Polynésie, à six vendeurs, la Polynésie et ses cinq archipels&quot;</span> propose François de Grandpré. De très nombreuses autres recommandations sont à trouver dans le rapport…       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/51497924-39506475.jpg?v=1605522406" alt="La crise du tourisme durera jusqu’en 2025" title="La crise du tourisme durera jusqu’en 2025" />
     </div>
     <div>
      <b>La reprise au deuxième semestre 2021</b>       <br />
              <br />
       Ce travail a été entamé en avril 2019, donc quand notre tourisme était dans une forme olympique et battait record après record. Leur analyse s’est terminée en pleine crise du Covid, alors que trois hôtels viennent de fermer et qu’un autre a renoncé à rouvrir. La moitié de nos connexions aériennes sont suspendues et une grande partie de nos touristes n’a même plus le droit de venir nous voir…       <br />
              <br />
       Ils ont donc bien sûr abordé cette question dans leur présentation aux professionnels du tourisme. Selon ces chercheurs, on prévoit une diminution de 70% du nombre de visiteurs pour 2020. Et il va falloir attendre encore un peu avant que les indicateurs repassent au vert. Le scénario le plus probable selon ces experts est une reprise en trois étapes :       <br />
              <br />
       <b>1.</b> Depuis juillet 2020 et jusqu’à la distribution d’un vaccin, nous conservons le &quot;tourisme d’obstinés&quot;. Ce sont ceux qui ont pris l’avion dès que ça leur était autorisé, principalement dans le but de s’éloigner de la crise chez eux. Les chercheurs notent que le délai de préparation a chuté. Normalement un voyage à Tahiti se réserve 3 à 4 mois en avance, aujourd’hui ce délai est tombé à un mois, souvent à une semaine. La durée de séjour a également augmenté fortement, de 4,5 jours en moyenne.       <br />
              <br />
       <b>2.</b> De la mi-2021 jusqu’à 2024, nous serons dans la reprise touristique. Ce sera trois ans d’adaptation au nouveau profil des visiteurs :       <br />
       	- Les premiers touristes à revenir seront les visiteurs métropolitains, traditionnellement notre marché de rebond, le plus stable et solide ; suivi par les Américains, à reconquérir. Les marchés européens, asiatiques et canadiens seront essentiels pour diversifier notre tourisme. Les réservations à la dernière minute et sur internet vont devenir la norme, il faudra donc que les agences de voyage s’adaptent.       <br />
       	- Pour l’offre, on voit déjà que la crise a un effet psychologique très fort sur les touristes, avec un effet de repli sur soi, de recherche de sécurité, qui accélère très rapidement des tendances qui progressaient lentement avant la crise. Ainsi il faut s’attendre à ce que la popularité de la location saisonnière de type AirBnB s’accélère. La tendance sera aussi favorable aux pensions de famille. Dans la croisière, ce sont les petits formats de type catamaran qui ont le vent en poupe.       <br />
              <br />
       <b>3.</b> Après 2025, retour à la normale avec un secteur touristique polynésien qui aura un visage bien différent…       <br />
              <br />
       <b>Le tourisme va changer</b>       <br />
              <br />
       Les chercheurs notent aussi deux autres conséquences probables de la crise. D’abord un repli identitaire, que l’on voit dans le monde entier comme à Tahiti. Ici, le secteur du tourisme est blâmé pour le retour de l’épidémie dans nos îles. Peut-être que cette attitude laissera des séquelles de long terme et que l’attitude positive des Polynésiens envers le tourisme deviendra désormais teintée de doute...       <br />
              <br />
       La grave crise économique provoquée par la pandémie aura aussi son impact. De nombreuses entreprises locales et internationales sont en difficulté et beaucoup vont fermer. On peut donc s’attendre à une très forte concurrence dans les années qui viennent, puis à des faillites ou à des rachats massifs. Au final, il restera beaucoup moins d’acteurs économiques et donc de concurrence. C’est particulièrement attendu dans le secteur du transport aérien et de l’hôtellerie…       <br />
              <br />
       Les résultats complets de l’étude seront communiqués par le Centre d’Études du Tourisme en Océanie-Pacifique (CETOP) et l’UPF dans les jours qui viennent. Vous pouvez contacter le CETOP par mail à cetop@upf.pf ou suivre son actualité sur Facebook, <a class="link" href="https://www.facebook.com/cetop.upf">@cetop.upf.</a>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Docteur Sylvain Petit</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/51497924-39506547.jpg?v=1605522406" alt="La crise du tourisme durera jusqu’en 2025" title="La crise du tourisme durera jusqu’en 2025" />
     </div>
     <div>
      <b>Maître de conférences en sciences économiques, habilité à diriger les recherches</b>       <br />
              <br />
       <b>Combien d’étudiants et de chercheurs ont travaillé sur ce diagnostic ? A quoi servira-t-il ?</b>       <br />
       Ce projet a été coordonné par 2 enseignants-chercheurs (François de Grandpré, Université du Québec à Trois Rivières, UQTR ; et moi-même). Le CETOP, sa direction mais aussi l’assistante de recherche nous ont fortement épaulés. On a mobilisé 16 étudiants de la licence professionnelle &quot;Management et organisation des structures hôtelières et touristiques en Polynésie française&quot; de l’UPF et 11 étudiants de la maîtrise &quot;Loisir, culture et tourisme&quot; de l’UQTR. Plusieurs collègues nous ont aidés aussi ponctuellement, je pense notamment à Yannis Belle.       <br />
              <br />
       <b>Vous recommandez la création de 5 associations régionales chargées d’organiser et de promouvoir chaque archipels. Ne risquent-elles pas d’être en concurrence les unes avec les autres ?</b>       <br />
       On a beaucoup d’exemples de destinations qui se développent au sein d’un même pays. C’est une concurrence saine, qui se complète par des alliances de communications et de promotions. Prenons un exemple totalement différent : le domaine skiable commun des &quot;3 Vallées&quot; dans les Alpes n’empêche pas le développement des domaines de Val Thorens, Méribel, Les Menuires, Courchevel, etc. D’une manière générale, c’est une tendance mondiale, observée depuis de nombreuses années. Ça favorise la répartition des flux, qui est un enjeu important pour l’environnement, ça développe les synergies mais ça n’empêche pas à chacun de &quot;jouer sa carte&quot;. La Polynésie est un territoire immense avec une grande diversité des cultures et des paysages. C’est un atout pour tous les archipels.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Vous avez utilisé une technique nommée Modèle Touristique Régional, développée au Canada. En quoi est-elle meilleure que celles utilisées pour les stratégies touristiques précédentes ? Que peut-elle nous apporter ?</b>       <br />
       C’est un modèle beaucoup plus simple à appliquer que les autres modèles concurrents (Gunn, 1988 ; Ritchie et Crouch, 2003) tout en étant aussi complet. Donc, avec ce modèle, on pouvait bien répartir le travail entre nous et entre les étudiants. Pédagogiquement, c’était donc le modèle le plus approprié. L’autre avantage est que c’est un modèle d’économiste (qui étudie la demande, l’offre et les facteurs externes) tout en utilisant les outils d’autres disciplines. Étant un économiste, je ne peux qu’adhérer et comprendre ce modèle. Enfin, sa grande originalité est de mettre le visiteur au centre du modèle ; et donc de changer le prisme de l’analyse.         <br />
              <br />
       <b>Que faut-il changer en priorité dans notre secteur touristique pour sortir grandi de la crise du Covid, au lieu d’en sortir distancé par les autres destinations du Pacifique ?</b>       <br />
       Nous avons des recommandations pour diversifier et développer plusieurs produits touristiques en s’appuyant notamment sur les différences entre les archipels. Cette restitution des travaux entre experts avait justement pour but de faire évoluer la réflexion au sens large mais aussi post-covid. Ce ne sont que des recommandations visant à aider la réflexion globale engagée de la démarche du Fāri'ira'a Manihini. Nous sommes encore en train de finaliser l’étude et de prendre en compte les remarques de la conférence de vendredi pour nourrir la version finale du rapport. Nous communiquerons dans les jours qui viennent sur toutes nos suggestions et recommandations.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti</div>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.tahiti-infos.com/La-crise-du-tourisme-durera-jusqu-en-2025_a196041.html" />
  </entry>
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   <title>L'équilibre des lagons menacé</title>
   <updated>2020-02-07T03:41:00+01:00</updated>
   <id>https://www.tahiti-infos.com/L-equilibre-des-lagons-menace_a188678.html</id>
   <category term="Actualité de Tahiti et ses îles" />
   <photo:imgsrc>https://www.tahiti-infos.com/photo/art/imagette/42546923-35435234.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2020-02-07T03:24:00+01:00</published>
   <author><name>Jacques Franc de Ferrière</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/42546923-35435234.jpg?v=1581044001" alt="L'équilibre des lagons menacé" title="L'équilibre des lagons menacé" />
     </div>
     <div>
      Tahiti, le 6 février 2020 - Les scientifiques polynésiens s'intéressent aux effets futurs du changement climatique sur nos îles. Comment nos lagons, nos rivières, nos espèces animales et végétales vont-ils réagir aux changements à venir ? Deux scientifiques ont livré les conclusions de leurs travaux le mois dernier. Ils peignent un tableau en demi-teinte.       <br />
              <br />
       Le 23 janvier dernier, une série de conférences scientifiques publiques étaient organisées à l'université, sur le thème de la &quot;résilience&quot; de nos îles. Ce concept parle de la capacité de nos sociétés et de nos écosystèmes à surmonter les changements à venir.       <br />
              <br />
       C'est bien sûr le changement climatique qui occupe tous nos esprits. Montée des eaux, réchauffement des températures, acidification de l'océan, intensification des cyclones : dans l'avenir notre environnement sera très différent – et bien plus violent – qu'actuellement. Pour nous préparer à affronter ces défis, les scientifiques étudient nos écosystèmes dans les moindres détails, puis élaborent des modèles très élaborés de nos îles, qu'ils utilisent pour prédire ce qui nous arrivera dans les décennies à venir.       <br />
              <br />
       L'un de ces chercheurs est Damien Serre, enseignant-chercheur à l'UPF qui a mis en place le projet ILOTS (pacific Island Long Term Resilience). Il s'agit d'un observatoire de la résilience face au risque d'inondations en Polynésie. En utilisant des outils de géolocalisation, des drones, des simulations, de la science participative et de nombreux autres outils, il crée des cartes de risques pour mieux comprendre les problèmes en cascade qui se succèdent après un événement climatique important : une rivière qui déborde peut bloquer un pont et donc les secours, un poteau électrique qui tombe peut affecter les réseaux d'eau, etc. Ses travaux devraient nous aider à mieux nous préparer aux catastrophes à venir... Alors que pour l'instant, nous y sommes très mal préparés (et ça empire, voir interview ci-dessous).       <br />
              <br />
       <b>35 ANS DE RECHERCHES SUR LE LAGON DE MOOREA MONTRE LA SUREXPLOITATION DE CERTAINES ESPÈCES</b>       <br />
              <br />
       De son côté, René Galzin, directeur d'Etudes à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE) et chercheur au Criobe de Moorea, a présenté les résultats de 35 ans d'études sur les poissons de Moorea. Cette base de données inestimable révèle que le lagon de l'île-sœur a évolué au fil des ans autour d'une relation proie/prédateur, en particulier en ce qui concerne les coraux et les tarameas, les étoiles de mer qui se nourrissent des coraux. Ainsi, une explosion du nombre de taramea dans les années 80 puis en 2006 a toujours fini par laisser place à une lente régénération des coraux. Au final, ces travaux laissent penser que ce cycle de 25 ans pourrait être naturel.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/42546923-35435235.jpg?v=1581044288" alt="L'équilibre des lagons menacé" title="L'équilibre des lagons menacé" />
     </div>
     <div>
      Sauf que cette étude a aussi montré qu'il y a une surexploitation des espèces de poissons commerciaux. La conséquence, c'est que quand les coraux sont mal en point (après un cyclone, un épisode de taramea, etc), les gazons algaux commencent à se développer. Normalement, les poissons herbivores empêchent la prolifération de ces algues et les coraux peuvent revenir. Mais si les gazons s'installent, les coraux ne peuvent plus pousser car il leur faut un espace dur où s'accrocher... Heureusement, la diversité de nos lagons ne nous amène pas encore à ces extrémités – au moins à Moorea. Mais des premiers signaux d'alarme peuvent déjà nous inquiéter : <a class="link" href="https://www.tahiti-infos.com/La-disparition-des-oursins-met-elle-nos-coraux-en-danger_a188677.html">la disparition des oursins</a> et la surpêche des poissons herbivores peuvent affecter la &quot;résilience&quot; de nos coraux.       <br />
              <br />
       Le chercheur nous offre trois conseils pour mieux protéger nos lagons :       <br />
        <ul class="list"><li>Protéger la &quot;zone frangeante&quot; située entre la plage et le lagon  qui sert de nurserie aux poissons ;</li></ul>       
        <ul class="list"><li>Mieux gérer la pêche des poissons herbivores ;</li></ul>       
        <ul class="list"><li>Étudier la cause de la disparition des oursins, un herbivore important.</li></ul>       
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Parole à Damien Serre, chercheur au laboratoire UMR EIO (Écosystèmes Insulaires Océaniens) et professeur de géographie à l'UPF</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/42546923-35435244.jpg?v=1581044288" alt="L'équilibre des lagons menacé" title="L'équilibre des lagons menacé" />
     </div>
     <div>
      <b>&quot;Les cyclones deviendront plus puissants. Il y a un débat en ce moment pour créer une catégorie 6 pour la force des cyclones, alors que le maximum aujourd'hui est à 5&quot;       <br />
       Vous avez présenté le projet ILOT, un observatoire qui étudie les effets futurs du changement climatique sur la Polynésie. Du coup, est-ce nous sommes prêts à affronter les changements climatiques ?</b>       <br />
       Tout dépend des scénarios sur lesquels on se positionne, il y a de vrais questionnements aujourd'hui sur les scénarios à retenir. Serons-nous sur du +1,5 degré ou du +5 degrés ? Tout dépendra de ça.       <br />
       Pour le scénario du pire, nous avons fait une analyse géographique en nous appuyant sur les résultats d'une étude de collègues américains. Dans ce scénario on ne s'en sort pas bien du tout. Les îles basses et les atolls commencent à connaitre rapidement des problèmes de salinisation des nappes d'eau qui les rendent inhabitables, puis ils disparaissent complètement. Et même sur les îles hautes, dans ces scénarios-là on parle de plusieurs mètres d'élévation du niveau marin, ce qui posera des problèmes majeurs pour tous les grands centres urbains qui seront submergés.       <br />
              <br />
       <b>Là ce sont les conséquences en cas de forte montée du niveau de la mer. Mais même dans les scénarios moins catastrophiques, on parle d'une augmentation de l'intensité des précipitations et des cyclones, qui nous mettent en danger ?</b>       <br />
       Les scientifiques qui travaillent sur la question des cyclones nous disent que les cyclones deviendront plus puissants. Il y a un débat en ce moment pour créer une catégorie 6 pour la force des cyclones, alors que le maximum aujourd'hui est à 5. Il va aussi y avoir une modification des trajectoires des cyclones dans le Pacifique, donc l'impact pourrait être important.       <br />
              <br />
       <b>Il n'y a plus eu de cyclone directement sur Tahiti depuis 1983. Sommes-nous toujours prêts à affronter ces phénomènes ?</b>       <br />
       Il y a des brochures distribuées par les services du Pays et le Haut-commissariat. Mais malgré tout, dans l'aménagement on voit bien aujourd'hui que toutes les nouvelles constructions ne sont pas du tout adaptées à ce genre d'aléas. J'ai même envie de dire que les constructions traditionnelles, historiques, l'étaient, alors que les constructions d'aujourd'hui ne le sont plus du tout.       <br />
       Il y a aussi la question de la mémoire du risque. Effectivement, quand il n'y a pas d'événement pendant longtemps, l'être humain oublie. Depuis 30 ans, on a diminué la résilience de nos villes en construisant dans le lit des rivières, dans des zones à risque d'éboulement, etc. Mais la Polynésie n'est pas un cas particulier, c'est général. En fait on est dans notre propre perception du risque. Plus on construit, plus on construit sans prendre en compte ce qui peut se passer autour de nous, et plus on construit notre propre vulnérabilité.       <br />
       Pour se protéger, il faut juste essayer de mettre en place des stratégies, les anciens le faire. Déjà il faut essayer de se rapprocher de la nature pour mieux la comprendre. Par exemple, mieux comprendre comment fonctionne un cours d'eau quand il est dans son régime naturel et essayer de diminuer notre impact sur la rivière, connaitre où se trouvent les bâtiments paracycloniques les plus proches...       <br />
              <br />
       <b>C'est là que ton observatoire intervient, pour aider les décideurs à faire de meilleurs choix ?</b>       <br />
       Exactement, par une succession d'étapes qui va de l'amélioration de la connaissance jusqu'au traitement des données, la cartographie  des risques et la création de modèles, le but final est d'aider à mettre en place des stratégies individuelles et collectives pour faire face aux évènements, et derrière pour réfléchir à comment on peut, nous, diminuer notre impact sur le fonctionnement naturel d'un territoire.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti</div>
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