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Viols d'une cycliste à Raiatea : L'accusé condamné à 20 ans ferme


Tahiti, le 12 juin 2024 – Au terme de deux jours de procès, les jurés de la cour d'assises ont condamné mardi le trentenaire poursuivi pour avoir violé une sage-femme, à Raiatea en septembre 2022, à vingt ans de réclusion criminelle assortis des deux tiers de sûreté. Lors de ses réquisitions, l'avocat général avait requis 23 ans de prison à son encontre.

Après en avoir délibéré durant seulement deux petites heures, les jurés de la cour d'assises ont condamné, mardi après-midi, le trentenaire qui était jugé depuis lundi pour des viols commis sur une sage-femme le 7 septembre 2022 à Raiatea. L'individu, auquel il était reproché d'avoir sauvagement agressé la victime alors que cette dernière faisait tranquillement du vélo, a écopé de vingt ans de prison ferme.

Durant ce second et dernier jour d'audience, l'avocate de la partie civile, Me Adélaïde Briantais-Bezzouh, avait tenu à revenir lors de sa plaidoirie sur la “violence inouïe” avec laquelle les faits ont été commis. “Je n'ai pas énormément d'années de barreau mais je n'avais jamais vu une telle violence dans un dossier. Lorsque j'ai reçu ma cliente quelques jours après les faits, elle était défigurée. Quand elle a passé la porte de mon cabinet, j'ai été saisie car son agresseur s'était visiblement acharné sur elle. Pourquoi tant de haine et de sauvagerie ?” L'avocate a également abordé la personnalité de l'accusé, un homme qualifié de “psychopathe” par l'expert-psychiatre, en affirmant que l'on ne pouvait que “l'isoler de notre société même si sa place est dans un hôpital psychiatrique”.

Intérêts de la société

Rappelant que l'accusé n'a avoué les faits qu'après avoir appris que son ADN avait été retrouvé sur le corps de la sage-femme, soit cinq mois après les faits, l'avocat général a, pour sa part, demandé aux jurés de faire la distinction entre “aveux de circonstance” et “aveux circonstanciés” : “Les premiers ont un but utilitaire pour échapper au maximum de la peine encourue, alors que les seconds sont passés dans le but d'admettre une responsabilité pleine et entière.” 

Alors qu'il s'adressait aux jurés, le représentant du ministère public est ensuite revenu sur l'exercice de sa fonction : “Je représente les intérêts de la société, c'est ma mission, mon devoir, c'est la raison pour laquelle je suis payé sur les deniers de la République car je me dois de rappeler les principes qui régissent le territoire de la République. Des principes parmi lesquels celui du droit fondamental, pour une femme, d'être respecté dans son corps et dans ce qu'il y a de plus intime : la sexualité. C'est aussi le droit de dire oui ou non ; le droit d'être seule dans la montagne et de faire du vélo.”

La “drogue et la folie”

Confrontée à l'extrême violence des faits commis – et reconnus – par son client, Me Vivianne Genot a assuré pour la défense de ce dernier que ce jour-là ; la “drogue et la folie” s'étaient “emparées” de lui. Elle a ensuite évoqué l'enfance de son client : une période marquée par la grande violence physique de son père qui frappait également sa mère lorsqu'elle tentait de s'interposer pour protéger ses enfants. Alors que l'on avait pu se demander, durant ce procès, si l'accusé avait déjà croisé la victime sur ce chemin qu'elle empruntait régulièrement, Me Genot a demandé aux jurés de “proscrire l'idée d'une quelconque préméditation” car le trentenaire était “devenu étranger à lui-même sous l'impact des produits stupéfiants”. Invité à s'exprimer une dernière fois, l'accusé s'est excusé “sincèrement” auprès de la “partie civile” en concluant étrangement : “C'est un cauchemar dont je ne me suis pas encore réveillé.”

Après en avoir donc délibéré durant peu de temps, les jurés de la cour d'assises ont finalement condamné l'accusé à vingt ans de réclusion criminelle assortis des deux tiers de sûreté.

 

Rédigé par Garance Colbert le Mercredi 12 Juin 2024 à 06:04 | Lu 3175 fois