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Une amende pour René Temaharo


Une amende pour René Temaharo
Tahiti, le 20 janvier 2026 - L'ancien ministre d’Édouard Fritch, René Temeharo, a été relaxé mardi par le tribunal correctionnel des faits de harcèlement pour lesquels il était poursuivi. Il a en revanche écopé d'une amende de 50 000 francs pour dégradation.

Déjà renvoyé une fois, le procès pour dégradation et harcèlement de René Temeharo s'est déroulé mardi matin devant le tribunal correctionnel. Il était reproché à l'ancien ministre d’Édouard Fritch, candidat aux municipales, d'avoir posé, à deux reprises, une balise sur la voiture de sa compagne alors que le couple était en instance de séparation. Il était également poursuivi pour avoir renversé une table chez l'amant de cette dernière avec laquelle il a eu deux enfants.

À l'époque et tel que l'a relaté l'intéressé à la barre du tribunal, le couple devait se marier. Mais deux mois avant l’événement, René Temeharo avait appris que sa compagne entretenait une relation avec l'un de ses collègues au haut-commissariat. Il avait mis une balise “cachée” sous le cuir du siège arrière droit de la voiture de sa compagne qui s'en était rapidement aperçu. René Temeharo avait alors renouvelé l'opération pour, comme il l'a soutenu mardi, l'aider à retrouver sa voiture puisqu'elle oubliait souvent où elle l'avait garée.

Sauver son couple

En audience publique, l'ancien ministre a évoqué sa vie privée en assurant qu'à l'époque des faits, il traversait une période particulièrement difficile. “Je ne me reconnaissais plus, je n'ai jamais été quelqu'un de violent, j'ai toujours respecté la justice”, a-t-il affirmé avant de concéder qu'il avait “tout fait” pour “sauver” son couple. Interrogé sur la dégradation d'une table alors qu'il venait de se rendre chez l'amant de sa compagne, le quinquagénaire a ensuite assuré que ce geste était “involontaire” tout en répétant : “À ce moment-là, je n'étais plus moi-même”.

Alors que René Temeharo venait d'assurer qu'il avait “tourné la page” et que les relations étaient normalisées avec la mère de ses deux enfants, l'ancien amant de cette dernière est venu à la barre demander des dommages et intérêts en assurant que l'ancien ministre avait commis des violences sur sa personne.

Une parole “libre”

Au regard de la normalisation des rapports entre René Temeharo et son ex-compagne, l'avocat de cette dernière a “confirmé” lors de sa plaidoirie que les “choses se passent mieux” même si cela “n'efface pas” les agissements d'un homme qui n'a pas “voulu laisser partir sa compagne”. “Elle ne souhaite pas de mal au père de ses enfants”, a-t-il conclu comme un apparent signe d'apaisement.

Lors de ses réquisitions, la procureure de la République a quant à elle tenu à rappeler que la “parole du ministère public” est libre. Elle est ensuite revenue sur les accusations de harcèlement en affirmant qu'elle voyait des dossiers ou les faits étaient “plus caractérisés” et dans lesquels les auteurs envoyaient des dizaines de messages ou passaient des centaines d'appel. Sur ce point, elle a donc indiqué qu'elle s'en “rapportait au tribunal”. Sur les dégradations, elle a requis une amende de 50 000 francs à l'encontre de René Temeharo mais elle s'est opposée à la demande de non-inscription d'une éventuelle condamnation sur le casier judiciaire de l'intéressé.

“Des réquisitions surprenantes mais qui vont dans le sens de la justice qui doit être rendue à mon client”, a ensuite réagi l'avocate de René Temeharo, Me Béatrice Eyrignoux, qui a affirmé que ce dossier aurait dû faire l'objet d'une simple comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité et non pas d'un renvoi en correctionnelle. L'avocate a également expliqué que son client était allé “au-delà de ce qu'un homme peut supporter pour sa compagne”.

Après en avoir délibéré, le tribunal correctionnel a finalement relaxé René Temeharo des faits de harcèlement et l'a condamné pour dégradation à payer une amende de 50 000 francs.

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 20 Janvier 2026 à 15:14 | Lu 266 fois