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Trophy Table Art, "une rampe de lancement pour la gastronomie polynésienne"


Les membres de la délégation du Trophy Table Art et leurs partenaires du fenua. Crédit photo : Thibault Segalard.
Les membres de la délégation du Trophy Table Art et leurs partenaires du fenua. Crédit photo : Thibault Segalard.
Tahiti, le 30 janvier 2021 – Lors d’une conférence de presse organisée à la présidence, la cheffe Beatrice Fabignon a annoncé l’organisation de son concours Trophy Table Art (TTA), en Polynésie. L’objectif du concours, qui se déroulera du 3 au 6 février prochain, est de promouvoir la cuisine polynésienne et d’enseigner les codes de l’excellence des arts de la table.
 
Une série de concours pour promouvoir la gastronomie polynésienne. Après la Guyane, la Martinique, la Réunion et la Guadeloupe, le Trophy Table Art (TTA) pose ses valises à Tahiti. Ce concours itinérant à un objectif de valorisation de la filière de la restauration, que ce soit pour la cuisine ou les arts de la table, des territoires d'outre-mer. “Ce sera une rampe de lancement pour la gastronomie polynésienne et son terroir” a expliqué la créatrice du concours, Beatrice Fabignon, lundi matin à la présidence. Une présentation effectuée en compagnie de Guillaume Gomez, représentant personnel du Président de la République pour la gastronomie française, Davy Tissot, Bocuse d’Or 2021 et qui sera président du jury du TTA, Stéphane Guenaud, argentier de l’Élysée et Malia Metella, vice-championne olympique de natation. Emmanuel Fournis, ambassadeur de la Fondation Bocuse et également membre de la délégation sera lui aussi présent lors du concours.
 
Une épreuve de cuisine inédite
 
Jusque-là, l’événement se contentait d'évaluer uniquement les arts de la table. Pour la première fois et sur demande des différents acteurs de la gastronomie polynésienne, le concours s’ouvre aussi aux cuisiniers. Les professionnels et les jeunes en formation seront différenciés en deux catégories distinctes et les inscriptions sont ouvertes à tous, sous réserve d’être inscrit dans une structure hôtelière pour les étudiants. “Tout le monde est bienvenu, nous n’avons pas de critères pour sélectionner les chefs et les jeunes, il suffit d’être motivé et volontaire”, a complété Béatrice Fabignon.
 
Pour le concours cuisine, le challenge est prévu jeudi matin au lycée hôtelier de Tahiti, tandis que celui des arts de la table se tiendra vendredi, à l’hôtel Intercontinental. Le lundi 6 février prochain, une autre série de concours comme celle organisée à Tahiti sera également planifiée à Bora Bora pour ceux issus de l’archipel des îles Sous-le-Vent. Les huit lauréats sélectionnés pendant la semaine auront la lourde tâche de représenter la Polynésie lors de la finale inter îles réunissant tous les gagnants des différents territoires ultramarins où est passé le TTA, prévues pour fin 2023. 40 personnes se sont déjà inscrites pour l’événement en Polynésie.
 
Un potentiel “ascenseur social”
 
Venant d’une banlieue de Lyon et d’une famille immigrée, les concours, que ce soit pour le meilleur ouvrier de France en 2004 ou pour le Bocuse d’Or en 2021, ont été pour ma part un véritable ascenseur social, explique Davy Tissot, j’ai immédiatement dit oui pour participer à l’aventure, car ça me semble important de tendre la main à des jeunes qui sont parfois issus de milieux défavorisés”. Le TTA, comme la plupart des autres concours de cuisine, est donc pour les futurs vainqueurs un excellent moyen d’accroître leurs capacités et d’ainsi grimper l’échelle de la gastronomie française, pour devenir pourquoi pas, un chef de cuisine, un sommelier, un chef de salle ou encore un argentier réputé. Il permettra aussi à tous les participants d’avoir accès aux “codes” de l’excellence pour qu’ils puissent se les “approprier”.

Pour la créatrice de l’événement, l’idée n’est donc pas de “mettre en échec” les concurrents, mais bel et bien de leur “transmettre une passion”, avec toute la “rigueur, l’exigence et le savoir-faire” qu’elle nécessite. Plusieurs évènements, en marge du concours, seront organisés par le TTA, comme une conférence compétition et nutrition à l’amphithéâtre USPF et un défi sportif samedi prochain ainsi qu’un repas solidaire au presbytère jeudi 9 février.
 

Guillaume Gomez : “Si notre gastronomie rayonne, c’est également grâce aux outremers”

Guillaume Gomez, représentant personnel du président de la République pour la gastronomie. Crédit photo : Thibault Segalard
Guillaume Gomez, représentant personnel du président de la République pour la gastronomie. Crédit photo : Thibault Segalard
Pourquoi avoir choisi de parrainer le concours Trophy Table Art ?
 
“Ma présence s’explique par plusieurs raisons. Tout d’abord car le Trophy Table Art a été placé sous le haut-patronage du président de la République, que je représente, et ensuite car l’année dernière on m’a chargé de sélectionner et récompenser les initiatives qui mettent en exergue la gastronomie de manière générale. C’est pour ça que j’ai choisi, avec plaisir, de parrainer le concours, car si notre gastronomie rayonne, c’est également grâce au savoir-faire de nos outremers et nous en sommes très fières. C’est aussi ça mon rôle d’ambassadeur, d’aider et de soutenir tous ceux qui font l’excellence culinaire française.”
 
Venir en Polynésie est l’occasion de découvrir la cuisine locale ?

“Exactement. De plus, cette étape en Polynésie a été labélisée Année de la Gastronomie, qui est un événement qui s’est déroulé en France en 2022 et qui vient récompenser les acteurs culinaires français et donc ceux des outremers et de la Polynésie. C’est l’occasion de montrer à tous les jeunes que même s'ils sont loin de la métropole, ils font parties intégrantes de la gastronomie française. Car la cuisine que l’on mange ici n’est pas la même que celle de la Réunion ou de la Guadeloupe, comme la cuisine de Paris est différente de celle de Strasbourg par exemple. On est riche de tout ça et c’est ce qui fait que nous sommes reconnus à travers le monde pour notre gastronomie”.
 

Béatrice Fabignon : “Les arts de la table sont vraiment le bras armé de la cuisine”

Béatrice Fabignon, cheffe et créatrice du concours. Crédit photo : Thibault Segalard
Béatrice Fabignon, cheffe et créatrice du concours. Crédit photo : Thibault Segalard
Comment vous est venue l’idée de créer le Trophy Table Art ?

“J’avais envie de faire quelque chose dans les Outremers. J’ai constaté, même si je suis cuisinière, qu’il y avait un problème au niveau des arts de la table, c’est un métier qui est peu valorisé. Donc j’ai pensé, pourquoi ne pas faire un concours qui nous aiderait à rehausser ce niveau, car les territoires ultramarins vivent essentiellement du tourisme et donc ça permettrait d’offrir le plus haut niveau d’excellence dans les restaurants, hôtels… Donc en 2018, j’ai appelé Stephane Gaynaud et Emmanuel Fournis pour leur proposer un événement en Guadeloupe (dont Béatrice Fabignon est originaire ndlr) et c’est comme ça que le projet est né. Les arts de la table sont vraiment le bras armé de la cuisine, il ne faut pas oublier ça.”
 
Pourquoi avoir choisi de réaliser un concours itinérant ?

“J’ai toujours des projets très ambitieux. Donc on a décidé de créer un événement dans tous les territoires d’outre-mer, avant de faire une grande finale à Paris, qui est programmée pour fin 2023. Le choix d’un concours itinérant c’est fait car la plupart des jeunes de Guadeloupe ou d’ailleurs n’ont souvent pas la possibilité de se déplacer. On a donc pris la décision d’aller à leur rencontre”.

Rédigé par Thibault Segalard le Lundi 30 Janvier 2023 à 17:07 | Lu 1356 fois