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Salmonellose : 12 000 poules abattues par mesure de précaution à Taravao



PAPEETE, le 27 mars 2017 - La présence de salmonelle a été détectée récemment dans une ferme avicole de Taravao. La semaine dernière, 12 000 poules de la SCA Heia Tau Arii ont été abattues par mesure de précaution.

La filière avicole n'est pas au mieux de sa forme. En fin d'année dernière, une exploitation de poules pondeuses, la société civile d'exploitation avicole polynésienne, a été placée sous surveillance suite à la découverte, dans des poussières, de la salmonelle. Quelques mois plus tard, une autre suspicion planait au-dessus d'une ferme située à Papara. Cette suspicion n'a finalement pas été confirmée.

Aujourd'hui, une troisième exploitation est dans la tourmente. Après un premier autocontrôle, la SCA Heia Tau Arii, qui appartient à Jean-Pierre Sangue, a été placée sous surveillance mi-février. Les tests révélaient la possible présence de salmonelle (Salmonella enterica sérotype Enteritidis). Comme le prévoit la réglementation, le service de Développement rural (SDR) a effectué toute une batterie de tests à la suite de cette découverte. La présence de salmonelle a été confirmée. "En conséquence, les œufs de cet élevage ont été consignés et interdits à la vente", indique dans un communiqué la direction de la SCA Heia Tau Arii, située à Taravao. Les derniers prélèvements ont permis de déterminer un niveau faible de contamination.

25 000 poules sont situées sur l'exploitation concernée. Comme le prévoit la loi, les animaux sont répartis dans plusieurs bâtiments de manière à limiter les risques de propagation de la contamination. Les tests ont démontré que ce n'était pas tous les bâtiments de l'exploitation qui étaient concernés.

FERMER COMPLÈTEMENT LES BÂTIMENTS

"Malgré ce niveau de contamination faible, nous avons délibérément procédé à l'abattage de 12 000 poules", continue la direction. À l'heure actuelle, tous les bâtiments où se trouvaient des poussières contenant des salmonelles ont été vidés. Le SDR procède à la désinfection et effectue toute une série d'analyses avant d'autoriser à nouveau la venue d'animaux. Déjà confrontée à ce problème par le passé, l'exploitation souhaite encore améliorer la sécurité sanitaire de ses bâtiments. "Nous allons désormais fermer complètement les bâtiments. C'est un coût en plus pour nous mais cela permettra peut-être d'éviter de trouver cette bactérie à nouveau."

Cette mauvaise nouvelle pour la ferme représente une perte énorme. Une poule vaut en moyenne 2 500 francs. Les étals des magasins clients de l'exploitation se sont peu à peu vidés. Afin de pallier ce manque, Jean-Pierre Sangue a déposé une demande d'autorisation d'importer des œufs de Nouvelle-Zélande à la direction des Affaires économiques du Pays. Comme de nombreux éleveurs touchés par la bactérie, la direction regrette le manque d'aide du Pays. "Il n'y pas de subventions, pas d'indemnisations en cas d'abattage de nos poules. Il faudrait mettre en place un budget à ce niveau-là."

L'entreprise possède une deuxième exploitation qui se trouve à Mataiea. Celle-ci n'est pas concernée par le problème. Les œufs de ce deuxième élevage se retrouvent à la vente sous l'appellation Sangue farms. "Nous insistons pour que la cuisson des œufs soit faite à une température de 65 degrés Celsius."
Dans un communiqué, la direction de l'exploitation a tenu à rassurer : "La sécurité alimentaire de la population est notre priorité."

La Polynésie subit-elle une pénurie d'œufs ?

Nombreux sont ceux qui l'ont remarqué. Depuis plusieurs semaines, dans les magasins, les œufs sont de plus en plus rares. Cette nouvelle détection de salmonelle dans une exploitation importante de Tahiti n'arrange pas les choses, mais ce n'est pas la seule raison. Plusieurs facteurs jouent sur ce manque d'œufs:

- Une production fluctuante :
les éleveurs de poules pondeuses ont du mal à gérer leur exploitation de manière à avoir assez de production toute l'année. L'entrée des poussins se fait souvent au même moment d'une ferme à l'autre. À cela s'ajoute le vieillissement des poules, qui produisent moins.

- Un retard dans l'arrivage des poussins : c'est notamment le cas pour une ferme avicole de Papara. L'exploitant n'a reçu ses poussins que trois mois après la date prévue. Avant qu'ils ne pondent, il faudra attendre et le reste de ses animaux ne produisent que très peu d'œufs.

- Le Carême : selon le vétérinaire Hervé Bichet, cette pénurie d'œufs peut aussi s'expliquer par les comportements humains. "À la période de Carême, les gens mangent plus d'œufs et les stockent plus. Ce qui pourrait apparaître comme une pénurie en magasin n'est peut être pas une pénurie chez tout le monde."


"Cela peut poser de gros problèmes à des gens qui font très bien leur travail de prévention"

Hervé Bichet, vétérinaire du département de la qualité alimentaire et de l'action vétérinaire.

Quel risque y a-t-il pour le consommateur ?

"Qu'il y ait suspicion ou infection, dans les deux cas, tant que nous n'avons pas confirmation, les œufs n'ont plus le droit de sortir de l'exploitation. Quand il y a confirmation, il y a un bilan de fait pour voir quels bâtiments sont concernés. Ne partiront vers le commerce que les œufs issus des bâtiments indemnes. Dans ceux où il y a eu un résultat positif sur les deux tests effectués, les œufs sont placés en risque faible. Ce risque faible permet la commercialisation des œufs avec une étiquette mentionnant "œuf à faire cuire" et la durée de consommation est réduite à 14 jours [Ce qui se fait aujourd'hui avec la société civile d'exploitation avicole polynésienne, NDLR]."

Est-ce difficile de se prémunir contre ce risque d'infection pour les exploitations avicoles ?

"On ne peut pas. On pourrait éventuellement faire de la prévention mais cela n'empêche pas le portage de la bactérie. C'est une maladie que l'on vérifie simplement chez les humains. Le système est relativement au point puisque, depuis 2012 et la mise en place d'une nouvelle réglementation, il n'y a pas eu beaucoup de nouveaux cas. Cela a recommencé l'année dernière. Dans les deux cas, on a pu détecter des foyers sans que cela arrive au niveau des humains."

Ce sujet est toujours très sensible, n'est-ce pas ?


"Oui, c'est un sujet sensible parce que c'est polémique. Cela peut poser de gros problèmes et des préjudices énormes à des gens qui finalement font très bien leur travail de prévention. Simplement parce qu'ils jouent la transparence, ils peuvent se retrouver à essuyer des critiques qui ne sont pas justifiées. C'est vrai que la filière œuf est une filière fragile car on importe tout et c'est aussi sûrement une des filières les plus surveillées. C'est simplement une qualité de déclaration et de suivi."


Rédigé par Amelie David le Lundi 27 Mars 2017 à 19:00 | Lu 5617 fois






1.Posté par Agathe le 29/03/2017 08:36 | Alerter
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Que deviennent les 12 000 poules abattues? Quelles sont les possibilités dans ce cas au fenua (incinération possible)? Merci

2.Posté par titi le 29/03/2017 10:59 | Alerter
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On attend quoi pour importer des œufs !!!!

On peut importer des millions de litres d'alcool et pourquoi pas les œufs !!!!

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