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SOS main: une structure spécialisée dans la chirurgie de la main



Les dépenses d'indemnisation d'un accident de la main représentent 80 % du coût global.
Les dépenses d'indemnisation d'un accident de la main représentent 80 % du coût global.
PAPEETE, le 30 août 2017 - En mars 2016, au sein de la polyclinique Paofai, plusieurs médecins ont créé SOS main, une structure uniquement dédiée à la chirurgie de la main. Plus d'un an après sa création, nous avons pu rencontrer les médecins de l'association qui souhaiteraient, désormais, établir une coopération avec le secteur public.

Le bilan parle de lui-même. En un peu plus d'un an, l'association SOS main a opéré plus de 400 patients. Si la structure est récente en Polynésie, elle est relativement ancienne en métropole puisque le premier "SOS main" a été créé il y a plus de 40 ans par le docteur Raymond Vilain à l'hôpital Boucicaut à Paris. Comme nous l'explique l'un des médecins membre de SOS main à la polyclinique de Paofai, " nous n'avons rien inventé. A l'époque du premier SOS main, dans le domaine chirurgical, on s'occupait de la chirurgie noble, à incidence vitale mais l'on considérait que la main, c'était de la "petite chirurgie". La prise en charge était mauvaise. Des praticiens se sont penchés sur le sujet et ont constaté qu'il y avait des plaies avec des sections de tendons, de nerfs qui entraînaient de lourdes séquelles. C'est de ce constat qu'est née la première association SOS main en 1971. En Polynésie, nous avons souhaité mettre en place SOS main car nous nous rendions compte que les gens se blessaient et tentaient de se soigner à droite, à gauche ou bien par eux-mêmes, aggravant ainsi leurs plaies. Au sein de SOS main, nous sommes plusieurs médecins issus de Cardella, de Paofai et patentés car nous voulions que cela soit transversal.

Réduction du coût global

Désormais, la métropole compte une cinquantaine de structures dédiées à la chirurgie de la main. Pour la Polynésie, c'est une nouvelle expérience qui pourrait permettre d'améliorer la prise en charge des patients et réduire massivement les dépenses de santé dans ce domaine. Car, depuis la parution d'un Grand livre de la chirurgie de la main sous l'égide de la société française éponyme, l'on sait que les dépenses d'indemnisation d'un accident de la main représentent 80 % du coût global d'un accident de la main. Ce sont notamment les incapacités permanentes partielles (IPP) qui sont onéreuses pour la société. Plus simplement, une mauvaise prise en charge induit un traitement qui sera plus long et donc, plus coûteux. Il s'agit donc de spécialiser la prise en charge pour faire des économies. Le médecin que nous avons rencontré aimerait que l'on " puisse établir une coopération entre les secteurs privés et publics afin que toute la population puisse avoir accès à ces soins spécialisés."

Spécificités

Ce type d'intervention, bien qu'autrefois peu considéré, est pourtant un élément essentiel dans la mesure où la main est un membre dont on se sert constamment et que la discipline recèle de spécificités. En effet, tous les chirurgiens ne peuvent pas la pratiquer, "ce sont principalement les orthopédistes et les plasticiens qui pratiquent cette spécialité car, dans la main, les lésions sont pluritissulaires, il faut savoir s'occuper des artères, des tendons, pratiquer de la micro chirurgie nerveuse, de la microchirurgie vasculaire et savoir faire des lambeaux de reconstruction de la partie molle." Les accidents les plus fréquents sont les plaies par verre, par couteaux, les accidents domestiques. Et, comme nous l'indique le spécialiste rencontré à Paofai, " Toutes les plaies pénétrantes devraient être amenées au bloc opératoire car, sous la peau, il y a des éléments nobles. Même lorsque la plaie est de petite taille, il ne faut pas oublier que la bactérie s'introduit tout de même dans la main."

Bonne étoile

Pas de théorie sans pratique. Jeudi dernier, nous avons donc assisté à une intervention faite dans le cadre de SOS main à la polyclinique Paofai. Le patient, un sexagénaire evasané de Rangiroa, venait d'être sévèrement blessé par la chute d'un réfrigérateur qui s'était écrasé sur sa main. Au bloc, l'homme a été pris en charge par une équipe composée d'un chirurgien orthopédique, d'un anesthésiste et deux infirmiers. Pas d'anesthésie générale pour le blessé. Avant l'intervention, son bras est endormi et l'on installe un garrot car les plaies à la main saignent beaucoup. Pour ne pas inquiéter le patient, un linge est tendu afin qu'il ne voit rien de la chirurgie et un casque audio lui est donné pour qu'il puisse se détendre tant que faire se peut. Alors, le chirurgien peut délier le pansement fait lors de l'accident, enlever les sutures et s'atteler au travail d'orfèvre qui consiste à vérifier le tendon, les nerfs, à enlever les peaux mortes et mesurer l'ampleur des dégâts. Cette fois-ci, le réfrigérateur n'a pas eu raison des fonctions de la main du patient. Dans 5 semaines, le patient pourra utiliser sa main de manière normale. Comme lui souffle le chirurgien à l'oreille: "Monsieur, vous avez une bonne étoile…"

Rédigé par Garance Colbert le Mercredi 30 Août 2017 à 16:58 | Lu 1909 fois





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