Tahiti Infos
Tahiti Infos

TAHITI INFOS, les informations de Tahiti
Facebook
Twitter
RSS
I phone App
Androïd
Newsletter
FENUACOMMUNICATION - immeuble Tutuapare - Shell RDO Faa'a - BP 40160 98 713 Papeete Polynésie Française. Tel:40 43 49 49


Roland Oldham est décédé



PAPEETE, le 16 mars 2019. Roland Oldham est décédé des suites d'une longue maladie dans la nuit de vendredi à samedi. Le président de l'association Moruroa e Tatou avait 68 ans. Il était l'une des grandes figures polynésiennes de la défense des victimes et des travailleurs du nucléaire.

C'est l'un des plus fervents défenseurs des victimes du nucléaire en Polynésie qui s'en est allé. Souffrant d'une longue maladie, Roland Oldham est mort dans la nuit de vendredi à samedi des suites d'un cancer. Après les disparitions de John Doom en 2016 et Bruno Barrillot en 2017, l'association Moruroa e Tatou est de nouveau endeuillée avec le décès de Roland Oldham. Président historique de Moruroa e Tatou, Roland Oldham avait fait de la défense des victimes et des travailleurs des essais nucléaires, le combat de sa vie.

Le petit-fils de Te Arapo
Né en 1950 à Papeete, Roland Oldham était le petit-fils du conteur de mythes et légendes polynésiens Pouira ā Teauna, dit Te Arapo. Après avoir enseigné quelque temps en tant qu'instituteur à Moorea, Roland Oldham est parti vivre une expérience d'expatriation pendant plusieurs années en Nouvelle-Zélande puis en Australie. Au début des années 80, Roland Oldham revient en Polynésie et participe à la création de l'association Hiti Tau et milite au sein du syndicat polynésien A Tia i Mua.

L'association Moruroa e Tatou créée en 2001

Bien qu'il n'ait jamais été lui-même travailleur à Moruroa, Roland Oldham va prendre fait et cause pour la défense des victimes et des travailleurs des essais nucléaires. En 2001, il est l'un des fondateurs de l'association Moruroa e Tatou, ce militant dans l'âme va s'investir totalement pour cette cause qui deviendra le combat de sa vie. Inlassablement, il va lutter pour la reconnaissance des conséquences des essais nucléaires sur la santé des travailleurs et des populations, qui ont eu lieu en Polynésie française entre 1966-1996 à Moruroa et à Fangataufa.

Passionné de blues

Ce militant engagé pour la reconnaissance et l'indemnisation des victimes des essais nucléaires était également un artiste confirmé. Passionné par la musique et surtout le blues, Roland Oldham était un guitariste confirmé. Il aimait jouer et chanter avec les membres de son groupe, répondant au nom symbolique d'Atomic blues.
son corps sera exposé à la mairie de Papeete lundi à partir de 9h30. L'inhumation est prévue mardi au cimetière d'Erima.


"Un défenseur acharné des victimes des essais nucléaires"

Le président du Pays, Edouard Fritch, a salué la mémoire de Roland Oldham. "Le président de Moruroa e Tatou était un homme de convictions et si ses relations avec le gouvernement n’ont pas toujours été faciles, elles étaient toujours marquées par la franchise", a souligné Edouard Fritch. "Roland Oldham restera dans les mémoires un défenseur acharné des victimes des essais nucléaires, tout comme ses compagnons John Doom et Bruno Barrillot, également disparus."

"Un homme d’action et de convictions"

Le président de l'assemblée, Gaston Tong Sang, a aussi rendu hommage au "défenseur acharné des intérêts des travailleurs et des victimes des essais nucléaires, Roland Oldham s’est battu jusqu’à son dernier souffle pour la vérité et pour une cause dont tous aujourd’hui reconnaissent la légitimité".
Le président de l’assemblée a salué "la mémoire d’un homme d’action et de convictions dont le combat noble et salutaire marquera à jamais l’histoire de notre pays".

L'hommage du haut-commissaire René Bidal

"Roland Oldham n’aurait pas aimé que le haut-commissaire fasse sa nécrologie mais il l’aurait accepté de René Bidal. Je m’autorise donc ces quelques lignes pour avoir apprécié cette personnalité complexe, ombrageuse mais très attachante, qui laissait poindre une grande sensibilité affective.

Il avait des fulgurances et des intransigeances rattachées au combat de sa vie qu’un engagement inlassablement nourri de convictions profondes l’a aidé à mener pour une cause dont il fut l’incontestable pionnier. De toute évidence, ce combat n’avait pas vocation à nous rapprocher même si, sur le sujet, notre compréhension mutuelle avait su dépasser les postures auxquelles notre action publique respective pouvait nous conduire.

Non, c’est en fait à la musique, qu’il aimait tant, à sa connaissance fine et à son analyse élégante des grands standards du jazz et de la soul que je lui dois un lien inattendu et fortuit, un soir où nos errances se sont rencontrées sur le front de mer et qui firent que nous avons par la suite échangé nos convergences ou nos divergences d’appréciation, sur les accents de guitare de Charlie Christian et de Wes Montgomery ; sur les timbres de voix de Percy Sledge, d’Aretha Franklin ou de Amy Winehouse …

Pour Roland Oldham, rien n’était plus agréable que d’aller jouer et chanter là où son cœur et ses affinités le conduisaient pour un partage libre et généreux, comme il l’était lui même.

« Viens m’écouter ce soir, je joue au Manava » m’avait-il dit un jour où, malheureusement, je prenais l’avion quelques heures après ; c’était l’une des dernières fois où il s’est produit en public. C’est donc un regret d’une cruelle intensité que je ressens, au moment où j’écris ces mots pour honorer la mémoire d’un homme entier comme un bloc de granit mais à la sensibilité extrême.

Il était courageux, méprisant la maladie jusqu’à son dernier souffle, comme pour lui signifier qu’elle n’avait pas prise sur lui et qu’il n’avait pas peur de ses conséquences dont il n’ignorait rien. Cette dignité est plutôt rare et inspirante.

Ma commisération accompagne la pensée de tous ses proches, sa compagne bien sûr à qui j’adresse mes bien sincères condoléances, mais aussi sa bande de « copains d’abord » comme l’a dit Brassens !

Pour apaiser un peu leur deuil habité par une foule de souvenirs, ces mêmes copains, Michel en tête, peuvent dire ou penser en ce triste jour : j’ai connu et aimé un homme qui n’avait vraiment rien d’ordinaire ! C’est peut-être le plus beau des compliments que Roland aurait pudiquement écouté, sans ouvrir les grands yeux qu’il avait avant de vous engueuler !"

Rédigé par Pauline Stasi le Samedi 16 Mars 2019 à 09:09 | Lu 6197 fois

Tags : DECES





Signaler un abus

Dans la même rubrique :
< >

Actualité de Tahiti et ses îles | Actualité de France | Actualité du Pacifique | Actualité du Monde | Actualité du Sport | Insolite | Magazine | Assistance | Appels d'offre et communiqués


















ranktrackr.net