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Plus de 40 milliards de résultat en 2023


Les élus de la commission de l'Économie et des Finances ont approuvé, vendredi à l'unanimité, le compte administratif du Pays, désormais intitulé “règlement du budget général” pour l'année 2023 qui dégage un résultat total global de 40 milliards. Crédit photo APF
Les élus de la commission de l'Économie et des Finances ont approuvé, vendredi à l'unanimité, le compte administratif du Pays, désormais intitulé “règlement du budget général” pour l'année 2023 qui dégage un résultat total global de 40 milliards. Crédit photo APF
Tahiti, le 17 juin 2024 - La commission de l'Économie s'est réunie à l'assemblée ce vendredi pour valider les comptes du Pays exécutés en 2023. L'exercice budgétaire de l'année écoulée a ainsi dégagé un résultat global de 14 milliards de francs, auxquels s'ajoutent les excédents de fonctionnement capitalisés pour un résultat total de 40,3 milliards de francs. Une situation financière globalement bonne, notamment en raison de recettes fiscales importantes dues à l'inflation.
 
Tandis que les élections législatives anticipées mobilisent les troupes dans les QG politiques, il y a néanmoins des textes à approuver et un calendrier à tenir, notamment au niveau de Tarahoi. C'est ainsi que pendant qu'un accord autonomiste était signé et que les candidats indépendantistes étaient officiellement désignés ce vendredi, les élus de la commission de l'Économie étaient réunis de leur côté à l'assemblée pour examiner et approuver le compte administratif du Pays pour l'année 2023.
 
Changement de nom cette année où il s'agit du “règlement du budget général”. Mais cela veut dire la même chose, autrement dit, il s'agit de l'acte de validation des comptes exécutés l'année précédente. Et élections ou pas, il y a urgence puisqu'ils doivent être validés et votés avant le 30 juin prochain. Par ailleurs, notons que cette responsabilité est partagée sur cette année 2023 puisqu'il y a eu changement de majorité entre le Tapura et le Tavini en milieu d'année.  Voilà pour la forme.
 
À la lecture du document budgétaire présenté, on peut estimer que la situation financière du Pays est globalement bonne. Sans se noyer dans les chiffres, on retiendra qu'entre l'excédent de 36 milliards de francs en section de fonctionnement et le déficit de près de 22 milliards en investissement, l'exercice budgétaire 2023 a dégagé 14 milliards de francs. Un résultat qui doit être complété par les soldes de clôture du Fonds pour l'emploi et la pauvreté (Felp) à hauteur de 5,6 milliards de francs et de l'Établissement des achats groupés (EAG) dissous en 2021, auxquels il faut ajouter les excédents de fonctionnement capitalisés des années antérieures à 2023 pour un montant de 20,5 milliards. C'est ainsi qu'on arrive à un résultat total de 40,3 milliards de francs qu'il ne faut pas confondre avec la trésorerie du Pays. Trésorerie dont on ne connaît pas le montant en revanche. 
 
Merci l'inflation
 
Il n'en demeure pas moins que ce résultat montre que la situation financière du Pays est globalement bonne pour trois raisons principales. Elle est d'abord à mettre sur le compte de l'inflation. En effet, si l'inflation fait grimper les prix et pèse sur le pouvoir d'achat des Polynésiens, elle permet en revanche au Pays d'engranger des recettes fiscales conséquentes. Ensuite, le Pays ayant contracté des emprunts, une partie de cet argent est toujours dans les caisses. C'est pourquoi le gouvernement Brotherson a procédé à des remboursements par anticipation en faisant le choix de restituer une partie de la somme du deuxième prêt garanti par l'État (PGE2) qui n'était pas mobilisée.
 
Une idée louable pour poursuivre la politique de désendettement du Pays, à condition toutefois que le Pays réduise ses dépenses, mette en œuvre des mesures pour garantir la poursuite de la croissance économique et ne grippe pas la machine en instaurant de nouveaux impôts ou en sucrant des avantages fiscaux comme la défiscalisation par exemple. Enfin, si cette situation financière est bonne, c'est tout simplement parce que le Pays ne dépense pas, ou plutôt n'investit pas, car il n'utilise pas les leviers dont il dispose (contrats de projets, etc.) pour stimuler – ou au moins pérenniser – le niveau de la commande publique qui vit aujourd'hui sur des braises.
 
Le texte a été approuvé à l'unanimité des élus de la commission et sera examiné ce jeudi en séance plénière.

Rédigé par Stéphanie Delorme le Lundi 17 Juin 2024 à 14:29 | Lu 2840 fois