Tahiti Infos
Tahiti Infos

TAHITI INFOS, les informations de Tahiti
Facebook
Twitter
RSS
I phone App
Androïd
Newsletter
FENUACOMMUNICATION - immeuble Tutuapare - Shell RDO Faa'a - BP 40160 98 713 Papeete Polynésie Française. Tel:40 43 49 49


Nouveau drapeau fidjien : le processus prend du retard



SUVA, mardi 7 juillet 2015 (Flash d’Océanie) – Le Premier ministre fidjien Franck Bainimarama a concédé ces derniers jours que le calendrier initialement annoncé pour un nouveau drapeau fidjien ne pourrait coïncider avec le 40ème anniversaire de l’indépendance de l’archipel, le 10 octobre 2015.

Début février 2015 Franck Bainimarama, annonçait que l’emblématique « Union Jack » britannique, qui, depuis l’accession de cet archipel à l’indépendance, en octobre 1970, figure en médaillon de son drapeau national, était appelé à disparaître.
Dans la foulée, il lançait un concours national, invitant la population à soumettre des projets.
Selon le gouvernement fidjien, à la date de fermeture de cet appel à projets, le 1er mai 2015, quelque 1.430 dessins avaient été envoyés et devaient être examinés au cours des semaines suivantes.

Mais une forte opposition s’est aussi fait jour, ces dernières semaines, concernant à la fois l’opportunité de ce changement de drapeau, une importante partie de la population se déclarant encore très attachée à la version « ancienne » faisant figurer l’Union Jack britannique.
Autre source de mécontentement, en particulier sur les réseaux sociaux : la première série de projets de drapeaux, résultat des premières sélections d’un comité de sélection, est loin de rencontrer l’approbation du public.
Certains de ces motifs semblent en effet avoir été fortement inspirés de logos, dont un rappelle celui du Secrétariat Général de la Communauté du Pacifique, comportant vagues et couleurs bleu clair.

Voulant voir le bon côté des choses, M. Bainimarama a déclaré ces derniers jours que le nombre de visites sur le site dédié à ce processus de sélection, selon lui plus de 70.000, ne pouvait que prouver l’intérêt de la population pour cette question identitaire de changement de drapeau.
« Cela montre le caractère participatif de ce processus », a-t-il estimé dans un communiqué qui évoque aussi un « désir de changement ».
« Maintenant, le challenge, c’est de trouver un motif qui parle à tout le monde », a-t-il ajouté.
Toutefois, en forme de concession, le chef du gouvernement fidjien, ancien putschiste et désormais démocratiquement élu au terme des élections de septembre 2014, a aussi annoncé que bien qu’il eût été souhaitable de hisser le nouveau drapeau le jour du 40ème anniversaire de l’indépendance de Fidji, le 10 octobre 2015, le processus de consultation nationale sera étendu au 31 décembre 2015.
Ce nouveau délai devrait aussi permettre de voir arriver des propositions supplémentaires de motifs, a-t-il précisé dans un communiqué le 30 juin 2015.
L’institut de sondages Tebbutt, en association avec le quotidien Fiji Times, a publié la semaine dernière les résultats d’une enquête d’opinion faisant ressortir que parmi les personnes interrogées, 53 pour cent souhaitaient conserver le drapeau fidjien actuel et que 86 pour cent auraient préféré être consultés par voie de référendum à ce sujet.

M. Bainimarama, jusqu’ici, a catégoriquement exclu toute idée de référendum.
Il a réitéré ce point de vue en début de semaine devant le Parlement, tout en accusant au passage l’opposition d’être « rétrograde ».

Mieux symboliser les îles Fidji

Dans son discours annonçant ce changement de drapeau, M. Bainimarama avait, en février 2015, estimé que ce nouveau signe identitaire était censé mieux symboliser les îles Fidji, sans référence à son ancienne puissance coloniale (de 1874 à 1970).
Dans son discours, le chef de l’exécutif avait expliqué ce choix par le fait que Fidji, après près de 45 années d’indépendance du Royaume-Uni, se devait de choisir un drapeau tourné non pas vers son passé colonial, mais vers son avenir pour donner l’image d’un État « moderne et véritablement indépendant ».

Depuis l’indépendance de Fidji, en octobre 1970, le drapeau fait figurer l’Union Jack britannique, entre autres symboles, dans le coin supérieur gauche, le tout sur un fond bleu ciel.
D’autres symboles, tels que la Croix de Saint Georges et un lion, là aussi des références directes à l’empire britannique, devraient eux aussi disparaître du drapeau qui, dans sa forme actuelle, contient par ailleurs les images de cannes à sucre, de bananes, de palmiers et une colombe de la paix.
« Il nous faut remplacer les symboles de notre drapeau actuel, qui sont dépassés et inadaptés (…) L’Union Jack appartient aux Britanniques, pas à nous. Qu’est-ce que ces symboles ont encore à voir avec le Fidji moderne d’aujourd’hui ? Ce sont les symboles du colonisateur - la Grande-Bretagne -, un pays avec lequel nous sommes et continuerons d’être amis. Mais ce ne sont pas des symboles pertinents pour le Fidjien du 21ème siècle. Ils doivent donc disparaître. Ce sont des symboles qui honorent notre passé, mais pas notre avenir », avait alors lancé M. Bainimarama.

Le concours national devrait déboucher sur le choix d’un nouveau drapeau, avec pour objectif de le faire adopter par un « groupe national de citoyens » avant de le hisser à l’occasion du 45ème anniversaire de l’indépendance, le 10 octobre 2015.

Nostalgie-fascination pour la Couronne britannique

Depuis son indépendance le 10 octobre 1970, Fidji fait toujours officiellement partie du Commonwealth, mais cet archipel a une nouvelle fois été suspendu de son statut de membre plein en septembre 2009, à la suite du putsch du 5 décembre 2013 et pour cause de non retour rapide à la démocratie.
Après la tenue des élections législative qui, le 17 septembre 2014 ont vu la large victoire (par près de soixante pour cent des suffrages) de M. Bainimarama, Fidji a été réintégré au sein de cette organisation internationale, qui rassemble la plupart des anciennes colonies de l’empire britannique.

Au plan des symboles persistants d’une certaine nostalgie-fascination de Fidji pour son ancienne puissance de tutelle, dans le centre-ville de la capitale Suva, faisant face aux immeubles du gouvernement, une horloge, souvent baptisée « Little Big Ben », rappelle aussi sa grande sœur londonienne.
Au centre de l’île principale, un petit village isolé a même toujours pour nom « Lodoni » (Londres en Fidjien).


Rédigé par PAD le Mercredi 8 Juillet 2015 à 05:58 | Lu 748 fois




Actualité de Tahiti et ses îles | Actualité de France | Actualité du Pacifique | Actualité du Monde | Actualité du Sport | Insolite | Magazine | Assistance | Appels d'offre et communiqués