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Lionel Beffre se confie avant son départ du fenua



Lionel Beffre se confie avant son départ du fenua
PAPEETE, le 18 mai 2016- Le Haut-commissaire de la République Lionel Beffre est arrivé en Polynésie le 13 septembre 2013. Il quittera le fenua le 25 mai prochain au terme d’un mandat aux missions riches, intenses et variées. Il laissera l’image d’un homme d’action, déterminé, très ouvert à la communication, et sachant être à l’écoute des Polynésiens.

Les Haut-commissaires de la république se suivent et ne se ressemblent pas. Au cours d’un mandat de presque 3 ans qui prendra fin la semaine prochaine, Lionel Beffre a su se faire apprécier. Homme de terrain, il n'a pas hésité à aller à la rencontre des Polynésiens, écouter, observer, prendre les décisions qui s’imposaient. Il a fait de la sécurité publique son cheval de bataille, menant une lutte sans merci contre les violences routières. Il s’est montré préoccupé par la montée de la délinquance, réunissant régulièrement tous les acteurs capables d’endiguer le fléau. Pragmatique, il a participé à toutes les réunions politiques et institutionnelles afin de représenter dignement la France tout en respectant le cadre statutaire de la Polynésie française. A la veille de son départ, il a accepté de répondre à nos questions afin de dresser un bilan de sa mission.

Vous avez posé sur la Polynésie un regard neuf il y a 3 ans, ce regard a-t-il changé à la veille de votre départ ?
Nécessairement lorsque l’on reste trois ans quelque part, on ne peut pas avoir la même vision au départ qu’à l’arrivée. Par Rapport à la vision que je me faisais, il y a deux points qui m’ont particulièrement marqué. La chaleur de la population, dont on est informé au départ mais qui s’avère encore plus forte lorsque vous la vivez. Deuxième point les difficultés. On ne voit pas dans les livres les difficultés de tous les jours comme celles que j’ai pu observer. La question de la déscolarisation, du décrochage scolaire, des addictions, que ce soit au paka ou à l’alcool. Ce sont des choses qui sont d’indiqués d’une ligne mais dont on voit, quand on les regarde, qu’elles font des ravages profonds et cela c’est un deuxième aspect qui m’a marqué et que je n’imaginais pas à ce point avant mon arrivée.


Lionel Beffre à son arrivée en Polyénsie le 13 septembre 2013
Lionel Beffre à son arrivée en Polyénsie le 13 septembre 2013
Parmi les très nombreux dossiers que vous traitez au quotidien, certains sujets vous semblent-ils prioritaires à traiter?
Il y a deux types de dossier qui me semblent importants. D’une part, tous ceux qui on trait aux compétences régaliennes de l’Etat, c’est à dire la lutte contre la délinquance. Il faut qu’on soit très présents. Deuxième aspect de ce dossier qui n’est pas dans les compétences de l’Etat stricto sensu mais qui est dans tout ce que l’Etat fait en faveur du territoire, c’est le développement économique. C’est çà dire qu’il faut traiter à la fois, une des conséquences des difficultés sociales c’est à dire la délinquance, et d’un autre côté, il faut y mettre fin en faisant en sorte que l’on sorte des difficultés économiques et qu’on retrouve un niveau d’emploi qui soit celui que la Polynésie a connu il y a 10 ans.

Rappelez-nous de quelle manière la France accompagne la Polynésie dans son développement économique ?
A travers toutes les actions du contrat de projet, les actions autour des sites de défenses, la cession des terrains à l’euro symbolique, c’est pour mettre en place des projets d’aménagement économique, comme à Arue, elle le fait aussi à travers la défiscalisation, donc il y a toute une série de paramètres sur lesquels on peut jouer pour aller dans le sens de l’accompagnement du pays pour le développement économique.

Avec Gaston Flosse et Victorin Lurel lors d'une visite ministérielle
Avec Gaston Flosse et Victorin Lurel lors d'une visite ministérielle
Avez-vous le sentiment que la France connaît bien la Polynésie ? selon vous le dialogue fonctionne-t-il bien entre le gouvernement central et les autorités locales ?
Si par la France on entend les autorités, oui. Les autorités connaissent la Polynésie. Nous avons eu des visites ministérielles et récemment la visite présidentielle. Deuxièmement, nous, services de l’Etat informons régulièrement les pouvoirs centraux sur la Polynésie, troisièmement, il y a des parlementaires qui sont souvent en métropole et qui peuvent actualiser les informations. Enfin, le Président Fritch lui-même se rend régulièrement en métropole pour rencontrer les plus hautes autorités, et délivrer les messages relatifs à la Polynésie.


Lors de la visite de François Hollande sur la tombe de Puvana'a Oopa
Lors de la visite de François Hollande sur la tombe de Puvana'a Oopa
On entend régulièrement des réflexions du style « la Polynésie coûte cher à la France, la France veut se désengager de la Polynésie… » qu’est-ce que vous répondez à cela?
Que aujourd’hui la France ne mégote pas sur les moyens qu’elle met, Je rappelle tout de même les efforts qui ont été faits, que ce soit par l’avance de trésorerie, remboursée aujourd’hui par le Pays, que ce soit le retour de l’Etat au financement du régime de solidarité, que ce soit à travers les dotations pour le contrat de projet, que ce soit a travers la cession des terrains militaires à l’euro symbolique, qui est quand même un effort financier, car ces terrains auraient pu être vendus à des prix élevés. Tout cela montre qu’il y a une attention financière de la France. Donc il n’y a aucun signe qui aille dans le sens du désengagement aujourd’hui. Au contraire. Le président l’a rappelé lorsqu’il est venu. Il a dit qu’ici il était « à l’autre bour de la France » et il a même indiqué que le Pays devait réfléchir avec l’Etat aux accords de Papeete ce qui démontre bien que le Président de la République et le Président du Pays se projette sur le long terme. Donc il ‘y a aucun signe de désengagement. La France reste attachée à la Polynésie et les Polynésiens restent attachés à la France.


Avec la rupture que l’on connaît au sein du parti autonomiste, le changement radical d’attitude de Gaston Flosse à l’égard de la France, avez-vous ressenti une modification dans les relations entre la Polynésie et la France ?
Non, dans l’esprit de Gaston Flosse c’est une évolution plus qu’un changement radical de position, deuxièmement au fond, aujourd’hui il y a une immense majorité de la population qui se sent française, qui a envie de rester française. S’il devait y avoir une évolution ce serait dans le cadre des élections qui auront lieu en 2018. Chacun affichera son programme, les Polynésiens s’exprimeront là-dessus. Mais aujourd’hui, j’ai noté une continuité dans le travail qui est fait en coopération entre la Polynésie et la France. Les liens qui sont forts avec la France et je n’ai pas noté de rupture depuis trois ans que j’occupe ce poste.


L’UPLD ne cesse de le rappeler l’ONU a voté il y a trois ans la réinscription de la Polynésie sur la liste des pays à décoloniser, comment considérez-vous ces accords ? Oscar Temaru a parfois l’impression que la France ne prend pas cela au sérieux…
Ce n’est pas une question de prendre au sérieux ou pas. Parce que si l’on prend les choses au sérieux, on prend la démocratie au sérieux. Or, la démocratie, je le rappelle quand même, en mai 2013, apportait ici au pouvoir, les autonomistes. Ce sont eux qui ont gagné les élections et ce sont eux qui composent depuis, la majorité. La France respecte cette expression démocratique des Polynésiens et des Polynésiennes. Ca n’est pas la France qui va à l’encontre de ce qu’on décidé les uns et les autres lorsqu’ils ont voté en mai 2013. Le sérieux, c’est la démocratie.

Autrement dit, selon vous, le positionnement d’Oscar Temaru n’est pas très démocratique…
Il vise à faire adopter par l’ONU une position - qui a été adoptée- qui ne correspond pas au vote de mai 2013 exprimé par les Polynésiens. Et si c’était le cas, Oscar Temaru ne s’exprimerait non pas comme maire de Faa’a mais comme Président de la Polynésie.


Lors de la visite ministérielle de George Pau Langevin
Lors de la visite ministérielle de George Pau Langevin
Lors de son passage en Polynésie, Madame Pau Langevin évoquait un plan stratégique « Polynésie 2020 », a-t-on avancé sur ce projet ?
Sur ce plan Polynésie 2020, tout cela devrait être repris dans les accords de Papeete évoqué par le Président de la République le 22 février dernier parce que dans ces accords il y a plusieurs volets. Il y a un aspect budgétaire, un aspect fiscal ( la défiscalisation), un aspect juridique ou statutaire sur le toilettage du statut, et puis il y aura des volets concernant l’égalité réelle. Le rapport Lurel a fait en sorte que l’on s’engage désormais vers ce qu’il appelle l’égalité réelle entre la métropole et les outremer et cela vaut aussi pour la Polynésie. Tout cela doit s’inscrire dans les accords de Papeete qui doivent regrouper des visions que peuvent avoir en commun d’un coté l’Etat de l’autre cote le pays pour se projeter en 2020. Et sur l’égalité réelle il y a au moins trois volets qui me semblent important et sur lesquels nous devons travailler avec le Pays d’ici la fin de l’année, ce sont les questions de transport, car elles revêtent une importance cruciale y compris pour le développement économique, et la vie de tous les jours. Deuxièmement les questions de santé, car on voit qu’il y a des spécificités liées à la Polynésie comme l’obésité ou le diabète, et troisièmement les questions d’éducation, ou l’on voit notamment à la sortie du primaire qu’il y a des résultats qui ne sont pas les meilleurs, un rapport récent le confirme.

Comment cela va se passer pour concrètement mettre tout cela en forme ?
Il va y avoir un certain nombre de réunions ; d’ailleurs le président Fritch part en métropole prochainement, il aura l’occasion de s’exprimer sur les sujets qu’il souhaite prioriser avec son gouvernement. L’Etat de son coté a des idées, on va mettre tout cela en concordance pour aboutir à une signature fin 2016. Cela suppose des réunions fréquentes et nombreuses, aussi bien au plan local, parce qu ’il faut arriver à produire ici une copie qui soit aussi consensuelle que possible, qu’au niveau central pour des arbitrages.


Lionel Beffre se confie avant son départ du fenua
Où en sommes nous aujourd’hui sur les promesses qui ont été faites par Monsieur Hollande lors de sa visite ?
Sur la question particulière du décret qui doit préciser la loi Morin, il y a déjà eu des réunions interministérielles, parce qu’il y a le ministère des outremer, le ministère des finances, le ministère des affaires sociales, la santé, qui sont concernés, et dans les prochaines semaines, un projet de texte sera évoqué avec le Président Fritch, et puis ensuite, éventuellement il y aura de nouvelles discussions. Donc ce projet de texte a été déjà travaillé mais évidemment, cela suppose qu’il y ait des allers retours en fonction de ce que le Président de la Polynésie conçoit. Le président de la république avait exprimé son souhait d’aller vite et ça se fera, cela n’a pas été perdu de vue du tout.


Petit déjeuner avec la presse à la résidence du HC
Petit déjeuner avec la presse à la résidence du HC
Vous vous êtes montré un homme d’ouverture, plutôt communiquant, que pensez-vous des médias en Polynésie ?
Il y a un paysage diversifié et nombreux. Aussi bien en télévision qu’en presse écrite, pour une population de 270 000 habitants, les médias sont nombreux. Si vous prenez la même population en métropole, vous n’avez pas le même nombre de médias, ni la même diversité. Nécessairement quiconque exerce ici une autorité doit travailler avec les médias car ils sont énormément présents. Et au fond c’est souvent le vecteur le plus intéressant pour faire passer des messages, nous même nous utilisons les médias en matière de sécurité routière, pour faire passer des messages de prudence, nous le faisons aussi lorsqu’il y a des alertes météo. Il y certes la volonté de communiquer sur les politiques de l’Etat, mais indépendamment de cela il y a la nécessité de communiquer avec la population en cas de danger et de ce point de vue la présence des médias est extrêmement utile. On n’a pas forcément les mêmes dangers ici qu’en métropole, mais il en existe quelques uns sur lesquels il faut que la population soit attentive. Il y a des journaux quotidiens, des télévisions, des radios, sans compter aujourd’hui le phénomène Facebook qui est très développé, il y a donc une diversité des vecteurs assez exceptionnelle.


Votre plus belle expérience, en Polynésie, quel sera le plus beau souvenir que vous allez emporter ?
Il y a beaucoup de belles expériences, toutes les visites que j’ai faites dans les îles étaient une expérience unique et chaque fois différente, car on ne rencontre pas les mêmes personnes aux Tuamotu ou aux Marquises ou aux Australes. Chaque visite était une source d’intérêt. Mais il y un particulier un évènement qui m’a beaucoup marqué, c’est lorsqu’avec le Président Fritch, une grande partie du gouvernement et des élus, nous avons accueilli le nouvel Ara Nui aux Marquises, à l’occasion du festival de Hiva Oa. C’était un grand moment car il y avait à la fois le festival qui tous les deux ans représente un événement important pour les îles Marquises, et ce n’était pas un festival comme les autres parce que cette fois ci il y avait l’arrivée à Hiva Oa de l’ara Nui V, dont on sait aujourd’hui combien il est porteur à la fois de fret, de développement économique et d’image positive pour les îles Marquises. Depuis le quai nous avons vu arriver le nouveau bateau avec à bord une population enchantée de la qualité de l’accueil qui lui était réservé. Les croisiéristes arrivaient au moment du festival sur un nouveau bateau, c’était un moment très intense il faisait très beau, et c’était un moment de bonheur partagé, aussi bien pour les touristes que pour les Marquisiens qui voyaient arriver un nouveau bateau.


En revanche, quel sera votre souvenir le moins agréable ?
Ce qui est plus délicat, ce sont toujours, les recherches en mer. C’st à dire que nous avosn ici un zone immense, on a régulièrement des alertes, pour nous indiquer qu’une personne n’est pas revenue… chaque fois c’est pour nous un moment difficile, car on joue un peu une course contre la montre.
La plupart du temps on réussit, mais il arrive malheureusement qu’on ne réussisse pas, il y a eu quelques exemples récents. Chaque fois on essaie de déployer tous les moyens possibles, mais parfois on est confrontés à l’impossible. On déploie des moyens aériens, maritimes, on fait en sorte que les témoignages nous soient donnés, on le fait d’ailleurs en prenant un certain nombre de risques pour les hommes. Le moment où l’ on décide de cesser les recherches est toujours un moment très délicat, on le fait a contre cœur, on essaie de conserver l’espoir, le moment ou on doit se rendre à l’évidence est le plus difficile


Quel est pour vous le mot qui définit le mieux la Polynésie aujourd’hui ?
C’est pas un mot c’est deux expressions. La première elle est traditionnelle, connue, c’est la chaleur de l’accueil, même si souvent je le répète, il faut le rappeler car c’est la vraie vérité.
Deuxièmement c’est la capacité de rebond, la Polynésie est un pays qui a connu dans la passé des soubresauts, des cyclones, , et puis à chaque fois il est reparti car la population a l’optimisme, cheville au corps. Je crois qu’actuellement cette capacité de rebond est en train de s’exprimer

Si vous deviez ne retenir qu’un seul mot en tahitien ?
Moi, je retiendrais « Ia Orana ». Cela veut dire : « je veux que la vie qui est en toi se poursuive, bouge, vive », si on le traduit littéralement.
Dans le langage courant cela peut paraître banal et équivaloir au « bonjour » qu’on dit à Paris ou à Marseille, ou à Jonzac, mais cela va plus loin, c’ets très fort,, car c’est une expression d’amour de ‘lautre. En même temps c’tes le signe qu’on est en Polynésie.

Un message pour votre successeur, Monsieur René Bidal?

Je lui souhaite la bienvenue, je n’ai pas de conseil à lui donner, chacun fait avec les circonstances du moment, avec sa personnalité, son ressenti.
Mais je lui souhaite d’avoir autant de satisfactions dans ce poste que ce j’en ai eu moi, pendant trois ans.










Nana Monsieur et Madame le Haut-Commissaire!
Nana Monsieur et Madame le Haut-Commissaire!

Rédigé par Propos recueillis par Nathalie Montelle le Mercredi 18 Mai 2016 à 15:38 | Lu 1572 fois






1.Posté par pif paf le 19/05/2016 14:13 | Alerter
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On remarquera sur les photos le gars en costume et à cravate rouge à pois qui semble lui être très proche.
Sûrement un admirateur du haussaire et de la France.

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