Tahiti, le 22 janvier 2025 - La nouvelle commission d'enquête parlementaire relative à la politique française d'expérimentation nucléaire, à l'ensemble des conséquences de l'installation et des opérations du Centre d'expérimentation du Pacifique en Polynésie française, à la reconnaissance, à la prise en charge et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français, ainsi qu'à la reconnaissance des dommages environnementaux et à leur réparation a débuté ses premières auditions mardi à l'Assemblée nationale. La commission a d’ores et déjà annoncé la date du 10 juin pour la remise de son rapport.
En compagnie des enquêteurs à l’origine du livre Toxique, et de l’association 193, il aura été beaucoup question mardi du seuil de 1 millisievert, barrière administrative mise en place pour éviter à l’État d’avoir à se pencher sur tous les dossiers de cancers déclarés en Polynésie française.
Face à la commission, le journaliste Tomas Statius a tenu à rappeler les conclusions déjà évoquées dans le livre Toxique et développées par la plateforme d’information Disclose. “Nos travaux concluent à une sous-estimation jusqu’à 10 fois de l’exposition de la population civile polynésienne pour les six essais les plus contaminants.”
Après être revenu sur l’attitude de l’État qui considérait l’immense Polynésie “comme un territoire vide où il n’était pas nécessaire d’appliquer à tous les précautions qui étaient appliquées à certains”, il a laissé s’exprimer le co-auteur du livre, Sébastien Philippe, chercheur et enseignant au Programme sur la science et la sécurité mondiale (SGS) de l'Université de Princeton et chercheur associé au programme Nuclear Knowledges du Centre des relations internationales (CERI) de Sciences Po Paris.
Malgré une voix calme et posée, ses propos ont été les plus durs. “Nous avons montré méthodiquement comment l’administration française a caché, et menti en minimisant l’exposition des populations.”
Interrogé par la députée polynésienne Mereana Reid-Arbelot sur le seuil du millisievert utilisé pour renvoyer les dossiers des requérants auprès du Civen, Sébastien Philippe n’a pas tergiversé. “On n’est pas forcément capable de distinguer, entre les personnes qui ont reçu des doses au-dessus ou en-dessous de ce niveau”, avant de poursuivre : “C’est impossible de démontrer aujourd’hui qu’un requérant présent en Polynésie pendant la période des tirs atmosphériques n’a pas reçu une dose supérieure au millisievert. Tous les requérants devraient avoir le droit au statut de victime et à l’indemnisation qui va avec. Ce seuil n’a pas vraiment de sens pour la période des essais atmosphérique. On ne pourra jamais démontrer que quelqu’un n’a pas eu un cancer s’il a été exposé aux essais atmosphériques français.”
Des propos soutenus par l’association 193, entendue elle aussi, par les voix du Père Auguste et de Léna Normand. Ensemble, ils ont aussi évoqué la transmission générationnelle et l’absence du registre des cancers.
Les auditions se poursuivent ce mercredi avec des associations de défense des victimes des essais nucléaires.
En compagnie des enquêteurs à l’origine du livre Toxique, et de l’association 193, il aura été beaucoup question mardi du seuil de 1 millisievert, barrière administrative mise en place pour éviter à l’État d’avoir à se pencher sur tous les dossiers de cancers déclarés en Polynésie française.
Face à la commission, le journaliste Tomas Statius a tenu à rappeler les conclusions déjà évoquées dans le livre Toxique et développées par la plateforme d’information Disclose. “Nos travaux concluent à une sous-estimation jusqu’à 10 fois de l’exposition de la population civile polynésienne pour les six essais les plus contaminants.”
Après être revenu sur l’attitude de l’État qui considérait l’immense Polynésie “comme un territoire vide où il n’était pas nécessaire d’appliquer à tous les précautions qui étaient appliquées à certains”, il a laissé s’exprimer le co-auteur du livre, Sébastien Philippe, chercheur et enseignant au Programme sur la science et la sécurité mondiale (SGS) de l'Université de Princeton et chercheur associé au programme Nuclear Knowledges du Centre des relations internationales (CERI) de Sciences Po Paris.
Malgré une voix calme et posée, ses propos ont été les plus durs. “Nous avons montré méthodiquement comment l’administration française a caché, et menti en minimisant l’exposition des populations.”
Interrogé par la députée polynésienne Mereana Reid-Arbelot sur le seuil du millisievert utilisé pour renvoyer les dossiers des requérants auprès du Civen, Sébastien Philippe n’a pas tergiversé. “On n’est pas forcément capable de distinguer, entre les personnes qui ont reçu des doses au-dessus ou en-dessous de ce niveau”, avant de poursuivre : “C’est impossible de démontrer aujourd’hui qu’un requérant présent en Polynésie pendant la période des tirs atmosphériques n’a pas reçu une dose supérieure au millisievert. Tous les requérants devraient avoir le droit au statut de victime et à l’indemnisation qui va avec. Ce seuil n’a pas vraiment de sens pour la période des essais atmosphérique. On ne pourra jamais démontrer que quelqu’un n’a pas eu un cancer s’il a été exposé aux essais atmosphériques français.”
Des propos soutenus par l’association 193, entendue elle aussi, par les voix du Père Auguste et de Léna Normand. Ensemble, ils ont aussi évoqué la transmission générationnelle et l’absence du registre des cancers.
Les auditions se poursuivent ce mercredi avec des associations de défense des victimes des essais nucléaires.