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Le chef de la police fidjienne claque la porte



Le Sud-africain Bernadus Groenewald, qui avait pris la tête de la police fidjienne mi-mai 2014, a annoncé mardi 10 novembre 2015 sa démission, citant des raisons « familiales », mais aussi une ingérence de l’armée dans les affaires de la police nationale.
Dans le cadre de son court séjour à Fidji, M. Groenewald avait eu notamment pour principale tâche d’assurer la sécurité et l’ordre public dans une période cruciale de retour prévu à la démocratie, concrétisée par la tenue des élections générales de septembre 2014.
Mardi, il a annoncé sa démission, en expliquant avoir informé le gouvernement local, y compris le Président de la République et l’Attorney Général.
Il estime que sa décision a été acceptée par les autorités locales et parle de « consentement mutuel ».
Interrogé par la radio australienne internationale sur d’autres éventuelles raisons ayant motivé son départ, il a confié qu’une récente affaire avait aussi joué un rôle « indirect ».
Dans le cadre d’une récente polémique surgie de la mise à pied de plusieurs agents de policiers et soldats, impliqués dans une affaire de violences, de viols et de tortures, le Colonel Sitiveni Qiliho, Commandant en chef de l’armée de terre, avait ouvertement pris position en faveur des neuf accusés, qui devraient comparaître à partir de septembre 2016.
La semaine dernière, l’armée allait encore plus loin en recrutant les trois agents accusés dans cette affaire, estimant qu’ils avaient été « abandonnés » par la police.
« Ils travaillaient tous pour la sécurité du peuple fidjien (…) Ils n’ont pas encore été condamnés, mais malheureusement, la police les a abandonnés. Ils travaillaient pour la police fidjienne en coopération avec des soldats. Nous, nous ne lâcherons jamais nos hommes. Nous ne les abandonnerons pas », avait plaidé l’officier.
Selon lui, à partir de là, ce sera un avocat de l’armée qui les défendra lors des comparutions à venir.

Selon les médias locaux, un autre agent, recherché pour la police dans la même affaire, a réussi ces derniers jours à échapper à son arrestation en trouvant refuge chez les militaires et en se plaçant de fait sous leur protection.
Dans cette affaire de violences policières, une vidéo était apparue sur Youtube, montrant une personne, supposée être un détenu en cavale recapturé, entravée à l’arrière d’un pick-up, avait été apparemment battue et violentée à l’aide de bâtons et de barres de fer, ainsi que terrorisée à l’aide d’un chien tenu en laisse.
L’affaire était finalement arrivée devant la justice ces dernières semaines, au terme d’une enquête principalement impulsée par M. Groenewald.
Ce dernier à insisté à plusieurs reprises sur sa volonté de nettoyer les forces de l’ordre pour leur redonner bonne réputation.
Faisant référence à cette affaire, M. Groenewald a parlé d’ « ingérence » de la part de l’armée.
« Je ne suis pas d’accord avec la façon dont ils s’immiscent dans les affaires de police », a-t-il lâché.

En août 2014, la police fidjienne a déclaré avoir ouvert une enquête afin de déterminer les circonstances exactes du décès d’un jeune homme, alors qu’il se trouvait en garde à vue.
Vilikesa Soko, alors âgé de 30 ans, avait été interpellé dans le cadre d’une enquête suivant un vol, non loin de la ville de Nadi (Ouest de l’île principale), mercredi 20 août 2014.
Lors de cette attaque à main armée, un groupe de malfrats avait dérobé une vingtaine de milliers d’euros à un bureau de change, dans ce qui est la capitale touristique de l’archipel.
Peu après son arrestation, Vilikesa Soko a été retrouvé mort à l’hôpital de Lautoka (près de Nadi).
Le père de la victime, Jeremaia Nadavo Soko, a déclaré aux médias locaux que même si son fils avait un casier judiciaire déjà bien fourni, il avait été traité « comme un animal » et passé à tabac lors de sa détention.
« Oui, je sais, mon fils a enfreint la loi… Mais il était aussi un être humain, pas un animal, pas un cochon, pour qu’on le traite de cette façon », avait-il plaidé.
Ben Groenewald, à l’époque, n’avait pas hésité à révéler que l’autopsie montrait sans conteste que la victime était décédée des suites de coups et blessures.
Il avait assuré que dans cette affaire, une enquête « appropriée » serait diligentée, y compris en interne et que toute notion d’impunité vis-à-vis de ses agents était exclue.

Dans un communiqué, le gouvernement fidjien, pour sa part, s’en tient aux raisons « personnelles » et « familiales » et annonce dans la foulée la nomination, par le Président de la république et à titre intérimaire, du Colonel Qiliho, pour une période initiale de trois mois.
La publication du poste permanent et la recherche de candidats devrait avoir lieu « au plus tôt », précisent les mêmes sources.

Au cours des années récentes, la police fidjienne a été pointée du doigt dans des affaires de décès lors de garde à vue ou d’interpellations, suscitant des protestations de la part d’ONG telles qu’Amnesty International
 

Sud-africain de haut rang

Bernadus Groenewald, à 64 ans, avait été sélectionné pour diriger les forces de l’ordre fidjiennes et avait pris ses fonctions en mai 2014.
Il a longtemps exercé de hautes responsabilités au sein des forces de défense et de sécurité d’Afrique du Sud, à la fois pendant la période d’apartheid (pendant laquelle il a dirigé les services de sécurité des Président Botha et De Klerk) et au cours de la Présidence de Nelson Mandela.
Il a aussi dirigé l’académie de police de ce pays.
Retraité de la police Sud-africaine depuis 2010, il est titulaire du rang de Général de division.
Dès sa nomination, le contrat de M. Groenewald, initialement prévu pour une période de cinq ans, avait finalement été réduit, à sa demande, à une période de deux ans.
L’annonce de sa nomination avait été faite début mai 2014 par le gouvernement fidjien, qui mettait alors l’accent sur l’expérience de l’élu pour faire face aux problèmes auxquels la police fidjienne se trouve actuellement confrontée.
Au cours de l’intérim qui a immédiatement précédé son arrivée, un différend entre les deux plus hauts officiers de la police fidjienne avait conduit au limogeage de l’un d’entre eux.
La dispute opposait Ravi Narayan, qui assurait jusqu’ici l’intérim à la tête de la police fidjienne, et son adjoint, Isikeli Liqairi.
Motif invoqué par le Commissaire intérimaire pour ce limogeage, fin avril 2014 : insubordination.
Le panel de sélection de la Commission des Postes Constitutionnels cherchait un remplaçant « innovant » au général de brigade Iowane Naivalurua, qui a dirigé les forces de l’ordre fidjiennes au cours de ces dernières années et a quitté ses fonctions en septembre 2013, en soulignant à plusieurs reprises la nécessité de réformer ce corps de métier, qu’il jugeait trop mou et parfois corrompu.

De l’armée à la diplomatie

Le général Naivalurua, depuis, a entamé une nouvelle carrière dans la diplomatie : il a été nommé fin janvier 2014 ambassadeur, sans affectation pour le moment, a confirmé Ratu Inoke Kubuabola, ministre fidjien des affaires étrangères.
Il pourrait néanmoins mettre à profit son expérience militaire dans un poste diplomatique auprès du dispositif global de maintien de la paix des Nations-Unies, ont confié de bonnes sources.
Sa nomination en tant que diplomate intervenait alors sur fond de succession de M. Bainimarama, qui a passé la main début mars 2014 à la tête des forces armées fidjiennes.
Le prédécesseur du Général Naivalurua, le Contre-amiral Esala Teleni, a suivi le même chemin après son départ de la tête des forces de l’ordre : il occupe désormais le prestigieux poste d’ambassadeur à Pékin.

Violences policières : plusieurs États océaniens sur la sellette

Les polices de plusieurs États océaniens se trouvent régulièrement pointées du doigt dans des affaires de mauvais traitement de suspects et de détenus.
En première ligne dans ces affaires : les polices de Fidji, mais aussi de Tonga. 
Au royaume de Tonga, début juillet 2014, deux policiers reconnus coupables de la mort d’un agent des forces de l’ordre néo-zélandaises, Kali Fungavaka, alors âgé de 38 ans, après un bref séjour dans les geôles de ce royaume, le 17 août 2012, ont été condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement.
Les deux Tongiens (l’inspecteur de police, Kelepi Hala'ufia, et un agent, Salesi Maile) ont été reconnus coupables d’homicide sur la personne de ce collègue néo-zélandais d’origine tongienne.
Ils ont été condamnés à des peines de prison de respectivement 11 et 9 ans. 

En annonçant sa sentence, le juge Charles Cato, de la Cour Suprême de Tonga, a déclaré avoir entendu les arguments de la défense, selon lesquels le policier néo-zélandais, après son arrestation pour ivresse sur la voie publique, avait eu un comportement « difficile » en insultant les deux agents tongiens.
Mais il a aussi précisé qu’en aucun cas, le comportement de l’interpellé ne constituait une excuse ou une circonstance atténuantes pouvant justifier des actes de violences, a fortiori homicides.
Selon le magistrat, la police tongienne doit être en mesure de gérer ce genre de situation, rapporte la radio nationale tongienne.
Selon les comptes-rendus d’audiences, Kelepi Hala'ufia avait infligé à Kali Fungavaka de multiples fractures crâniennes, à l’aide d’une lampe torche, ainsi que de nombreuses lacérations au niveau du cou, ayant entraîné une importante perte de sang.
Quant à Salesi Maile, il avait aggravé les blessures de la victime en lui marchant sur la tête alors qu’il se trouvait déjà à terre.
Dans un premier temps, trois individus avaient été interpellés et écroués dans le cadre de cette affaire survenue pendant le séjour de cet agent de police néo-zélandais d’origine tongienne et qui se trouvait dans son pays natal pour assister aux funérailles de son grand-père.
L’affaire avait débuté par son interpellation par ses collègues tongiens le 17 août 2012 au soir pour état d’ébriété sur la voie publique.
Il est décédé à l’hôpital le 24 août 2012, six jours après son séjour dans les geôles tongiennes.

(pad)

le Mardi 10 Novembre 2015 à 05:01 | Lu 395 fois




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