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Le Village de To’a sensibilise dès le plus jeune âge au mana de l’océan


Au Village de To’a, scolaires et associations échangent autour de la protection des récifs et des lagons, lors de la deuxième édition de Te Mana o Te Moana Nui a Hiva, à l’InterContinental Tahiti.
Au Village de To’a, scolaires et associations échangent autour de la protection des récifs et des lagons, lors de la deuxième édition de Te Mana o Te Moana Nui a Hiva, à l’InterContinental Tahiti.
Tahiti, le 28 janvier 2026 - Ce mercredi, l’InterContinental Tahiti Resort & Spa a accueilli la deuxième édition de Te Mana o Te Moana Nui a Hiva, une journée dédiée à la protection de l’océan. Associations, institutions et scolaires s’y sont retrouvés pour échanger, apprendre et partager autour d’un même objectif : préserver les récifs, les lagons et la biodiversité marine.
 
Le Village de To’a a réuni ce mercredi à l’InterContinental Tahiti une vingtaine d’acteurs du Fenua engagés pour la protection des récifs et des lagons. Associations, institutions, scientifiques et porteurs de projets y ont présenté leurs actions concrètes. Co-organisatrice de cet espace avec l’Ifrecor, l’association Te mana o te moana mise sur la transmission auprès des plus jeunes. “Ce matin, près de cent élèves ont déjà parcouru les stands. Au total, entre 150 et 180 élèves sont attendus sur la journée”, précise Laëtitia Bisarah, directrice des opérations. Au-delà des ateliers, une exposition artistique, des projections de vidéos diffusées lors de la Conférence des Nations Unies sur l’océan (Unoc) et un espace calme sous le fare pote’e complètent le dispositif.
 
Sur le stand de Te mana o te moana, l’intérêt des jeunes se concentre notamment sur les tortues marines. “Quand ils arrivent, ils voient des écailles d’œufs, des carapaces. Ça suscite tout de suite leur curiosité”, raconte la directrice, qui présente aussi une nouvelle plateforme pédagogique interactive dédiée aux tortues, coraux, cétacés et requins.
 
13 lauréats des Trophées To’a Reef
 
Parmi les visiteurs, Hanilei, 13 ans, collégienne à Arue, porte un autre regard sur son environnement. “J’ai appris qu’il faut protéger nos lagons, parce que c’est important pour nous”, confie-t-elle. Elle repart marquée par les explications sur certaines espèces invasives, comme les taramea : “Je ne savais rien du tout sur la protection des coraux. Maintenant, on a un peu d’apprentissage”.
 
La journée s’est achevée par la cérémonie des Trophées To’a Reef 2025, qui distingue 13 lauréats engagés pour la préservation des récifs et lagons. Une façon de rappeler que la protection de l’océan passe autant par l’action collective que par l’éducation des générations futures.
 

Jeux du Pacifique Tahiti 2027 : penser l’héritage dès aujourd’hui
 
Présents au Village de To’a, les représentants des Jeux du Pacifique Tahiti 2027 sont venus expliquer comment un événement sportif majeur peut aussi devenir un levier environnemental. Pour la première fois en 18 éditions, le comité d’organisation a créé un département “Impacts et Héritages”. “C’est la première fois qu’on travaille la problématique environnementale et sociétale d’un tel événement”, explique Thibault, responsable du département. Avec 4 500 athlètes et près de 10 000 visiteurs attendus, les enjeux sont considérables : déplacements, déchets, restauration. “On parle de 380 000 repas livrés en 15 jours”, rappelle-t-il. Objectif : réduire l’impact au maximum grâce à l’économie circulaire et solidaire. Mobilier fabriqué à partir de palettes recyclées, signalétique conçue avec du bois récupéré sur d’anciennes infrastructures, réemploi du matériel sportif… chaque détail est repensé.
 
Les jeunes s’interrogent surtout sur l’ampleur de l’événement. “Ils ne se rendent pas compte que ça va être énorme. Ça va marquer leur histoire”, observe Thibault. À travers la mascotte To'atini, “super corail” de Tatakoto, les Jeux portent aussi un message d’alerte et d’espoir sur l’état des récifs. “Ce n’est pas ‘attention, il y aura un impact’, c’est faire en sorte que cet impact soit positif ou réduit. On veut accueillir les Jeux, mais pas n’importe comment.”

Oceania : baleines, IA et sensibilisation du public
 
Sur le stand de l’association Oceania, les questions tournent très vite autour des baleines à bosse. “Le public veut savoir leur taille, quand elles viennent, où elles vont, si elles sont en bonne santé”, explique Charlotte Esposito, fondatrice de l’association. Les visiteurs s’inquiètent aussi des pressions humaines : collisions, pollution plastique, surfréquentation maritime. Pour y répondre, l’association propose plusieurs ateliers : fresque sur la migration des baleines ou jeu pédagogique autour du programme anticollision. Oceania profite aussi de l’événement pour parler de son projet Ocean IA, récompensé par les Trophées To’a Reef de l’Ifrecor Polynésie. Ce dispositif utilise l’intelligence artificielle pour détecter les baleines et prévenir les collisions avec les navires. “La première année a surtout servi à entraîner l’IA. L’objectif est qu’elle soit déployable à l’échelle des armateurs l’an prochain”, précise Charlotte Esposito. Des caméras testées à terre apprennent à reconnaître les cétacés et à envoyer des alertes en temps réel. À terme, Oceania espère déployer ces systèmes jusque dans les îles éloignées, face à l’augmentation du trafic maritime et des paquebots.

Coral Gardeners : comprendre le corail pour mieux le protéger
 
Lauréate du Grand Prix To’a Reef, l’association Coral Gardeners est très sollicitée par les jeunes visiteurs. “Les questions reviennent souvent : pourquoi le corail n’est pas un caillou, comment on le replante”, raconte Teiho Taiano. L’équipe explique que le corail est un animal vivant et détaille les menaces qui pèsent sur lui, notamment l’étoile de mer Acanthaster (taramea), qui dévore les tissus coralliens. Dans certains cas, des opérations ciblées sont menées pour limiter sa prolifération. “On utilise des injections de vinaigre. Mais chacun a sa vision : pour moi, c’est aussi une espèce qui a sa place dans la biodiversité marine.”
 
Présente en Polynésie mais aussi aux Fidji et en Thaïlande, l’association profite du Village de To’a pour partager son travail quotidien de restauration corallienne. Beaucoup d’enfants expriment l’envie d’agir eux-mêmes. “Ils veulent savoir comment protéger ou replanter des coraux sur leur récif. C’est légitime et on est là pour leur montrer les bonnes pratiques.”
 
Un message qui résonne particulièrement chez les plus jeunes : “Voir des enfants de 7 à 12 ans savoir déjà ce qu’est un corail, alors que moi je ne l’ai pas appris à l’école, c’est vraiment réconfortant”, souligne Teiho Taiano. 

Rédigé par Darianna Myszka le Mercredi 28 Janvier 2026 à 15:35 | Lu 218 fois