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La veuve d'un patient mort durant la crise sanitaire attaque le CHPF


Tahiti, le 9 juillet 2024 - Le tribunal administratif a examiné mardi la requête déposée par l'épouse d'un homme décédé au CHPF le 2 septembre 2021 après avoir contracté le Covid. Alors que son avocat a fait valoir que des défaillances avaient été commises lors de la prise en charge du patient au Taaone, la rapporteure publique a demandé au tribunal de rejeter la requête au motif qu'il n'y avait eu aucune “perte de chance”. Décision le 16 juillet.
 
Un peu moins de trois ans après avoir perdu son époux atteint du Covid, la veuve du défunt a saisi le tribunal administratif afin que ce dernier reconnaisse les fautes commises, selon elle, par le centre hospitalier de la Polynésie française lors de la prise en charge du patient. Tel que l'a rappelé l'avocat de la requérante, Me François Mestre, lors de l'audience qui s'est déroulée mardi, l'homme âgé de 71 ans avait été hospitalisé le 31 août 2021 au Taaone en raison d'un taux de saturation d'oxygène trop bas et alors que ses poumons étaient endommagés à 50% par le virus.
 
Pris en charge dans le service neurologie de l'hôpital qui était alors au bord de l'implosion, le septuagénaire, détenteur d'un carnet rouge, était décédé au matin du 2 septembre. Estimant que l'état de santé de son époux s'était considérablement dégradé suite à son admission au CHPF, sa veuve avait alors décidé de saisir une première fois le tribunal administratif afin qu'une expertise médicale portant sur les causes du décès soit effectuée. Dans un rapport établi sur la base de pièces médicales et rendu le 12 avril 2022, l'expert désigné par la justice avait conclu qu'aucune faute n'avait été commise par le personnel médical.
 
“État médical antérieur”
 
Déboutée par le juge des référés puis par la Cour administrative d'appel de Paris de ses demandes de contre-expertise, la veuve du septuagénaire avait fini par saisir le tribunal administratif pour faire reconnaître son préjudice. Mardi, Me François Mestre est donc revenu devant la juridiction sur l'expertise de “piètre qualité, voire d'une médiocrité incroyable” et les “avis médicaux amiables obtenus de spécialistes de l’Hexagone” en expliquant que le septuagénaire avait fait l'objet d'une “sédation terminale” administrée sans le “consentement de ses proches” et ce, alors même que le défunt, bien que titulaire d'un carnet rouge, n'était pas dans un état de santé catastrophique.
 
Alors que la rapporteure publique venait de conclure au rejet de la requête, la représentante du Taaone a demandé au tribunal de revenir sur le “contexte global” dans lequel se trouvait alors l'hôpital, en proie à une “tension extrême”. “C'est l'état médical antérieur du patient qui a réduit ses chances de survie”, a-t-elle poursuivi pour finir par rappeler que l'homme était obèse, diabétique et qu'il “n'avait reçu qu'une dose de vaccin”. Le tribunal rendra sa décision le 16 juillet.

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 9 Juillet 2024 à 17:06 | Lu 4632 fois