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La mortalité repart à la hausse sur les routes du fenua, et pourtant moins d'accidents



Le capitaine Olivier Faure, officier adjoint en charge de la sécurité routière pour la gendarmerie en Polynésie française.
Le capitaine Olivier Faure, officier adjoint en charge de la sécurité routière pour la gendarmerie en Polynésie française.
PAPEETE, le 31 août 2016 - L'accident mortel survenu à Raiatea le week-end dernier porte à 18 le nombre de tués sur les routes du fenua depuis le début de l'année. 2014 et 2015, les deux années "record" avec "seulement" 17 décès à déplorer, sont déjà dans le rétroviseur. La vitesse et l'alcool au volant sont toujours les deux éternels fléaux, responsables d'un accident mortel sur deux. Les usagers de la route doivent s'attendre à encore plus de contrôles. Etat des lieux avec le capitaine Olivier Faure, officier adjoint en charge de la sécurité routière pour la gendarmerie en Polynésie française.


Au 1er septembre, le nombre de tués sur les routes a d'ores et déjà dépassé le total de l'année dernière, quel constat dressez-vous ?

"La mortalité est en hausse cette année par rapport à l'année dernière, c'est un fait. Mais si l'on regarde sur les cinq dernières années, nous sommes sur une constante favorable. Nous en étions à 32 morts en 2012, et nous restons sur deux années constantes, en 2014 et 2015, avec 17 morts. Nous avons réussi à faire baisser le nombre de morts sur la route. Au vu de ce constat, le haut-commissaire a demandé aux forces de police un renforcement des contrôles. Nous sommes plus présents, et en particulier le soir et en fin de semaine".

Quelles sont les causes de cette première hausse de la mortalité depuis deux ans ?

"Toujours, l'alcool ou les stupéfiants, présents dans 50 % des accidents mortels. Nous remarquons aussi que la moitié des accidents mortels cette année sont imputables à des personnes qui se sont tuées seules. Ce n'est pas obligatoirement un choc avec quelqu'un d'autre. Nous constatons aussi, dans 40 % de ces accidents mortels, le non port de la ceinture ou du casque de sécurité. 1800 défauts de ceinture et 450 défauts de casque ont fait l'objet d'une verbalisation depuis le début de l'année. Le défaut d'éclairage des deux-roues et le manque de visibilité de leur conducteurs est aussi et encore un facteur important d'accident. Nous continuons sur ce point à préconiser le port du gilet réfléchissant jaune ou de vêtements clairs de jour comme de nuit".

Quels sont les moyens de lutte à mettre en place ?

"Ce qu'il faut à tout prix, c'est combattre les infractions génératrices d'accidents. Nous avons effectué 1000 dépistages d'alcoolémie positifs depuis le début de l'année. C'est beaucoup et c'est aussi la preuve que la gendarmerie est toujours sur la route et poursuit ses efforts. Nous devons faire baisser les addictions à l'alcool. C'est un problème qui est aussi un problème de santé publique. On le voit dans d'autres domaines liés à la délinquance, mais cela se traduit aussi sur la route. Nous poursuivons aussi les dépistages de consommation de stupéfiants mis en place en 2014 sur le territoire. Il faut renforcer les contrôles sur la consommation d'alcool et de stups. Je rappelle aussi la mise en place récente par la gendarmerie des sabots de Denver, une mesure phare qui permet, à l'initiative du parquet, d'immobiliser les véhicules des auteurs d'infractions graves, en récidive, jusqu'à leur jugement définitif par la justice. C'est une bonne méthode de prévention et d'éducation, sans déposséder le contrevenant de son véhicule.
Mais la répression seule ne résout pas tout. Il faut aussi accentuer la prévention. Nous avons mis en place cette année avec nos partenaires l'opération d'échange des casques obsolètes ou non homologués. Nous allons la renouveler au cours du dernier trimestre de cette année en remettant 130 casques ainsi que des gilets de visibilité. Nous allons aussi poursuivre l'opération sécurité routière dans les îles, sous l'égide du haut-commissariat, le permis piéton, et la 12e édition des stages Halte à la prise de risques sur les routes. Il y aura quelques nouveautés proposées lors de ces huit sessions avec un simulateur réaliste de conduite à deux roues et les lunettes de simulation de conduite en état d'ivresse, en complément de la voiture-tonneau et de la voiture-choc".

Les chiffres sont-là et sont à la hausse, les causes sont identifiées et les efforts engagés pour y remédier. Mais n'y a-t-il pas une part d'impondérable dans le total des tués sur les routes polynésiennes ? Les gens font la fête le week-end mais la Polynésie recense finalement peu d'accidents mortels type sortie de boîte de nuit, tels qu'on peut en voir en métropole…

"Non, mais cela pourrait. Mais les gens sont réceptifs. Et notre présence et les contrôles mis en place permettent de stabiliser la situation. Je crois qu'on est encore dans une bonne tendance. Certes en augmentation par rapport à l'année dernière. Mais par rapport à la multiplication des immatriculations, et donc du nombre des véhicules sur les routes, nous ne sommes pas si mal. On a réduit le nombre d'accident. Mais les conséquences ont été plus graves. Les chocs plus durs. Parce que les gens ont roulé trop vite, ou parce qu'il ne portait pas les dispositifs de sécurité. Sur ces 18 accidents mortels, nous en avons aussi trois atypiques ou ne pouvons pas réagir : un malaise à Huahine, un automobiliste éblouie par le soleil qui a malheureusement percuté un piéton à Arue et un accident de motocross dans les hauteurs à la Papenoo".

-Des réflexions sont-elles en cours sur de nouvelles campagnes à mener pour sensibiliser encore plus le public ?

"On pourrait imaginer mettre en place un système d'affichage public, sur panneau, ou sous forme de spots télévisés, pour faire passer les messages. Nous allons aussi faire plus d'actions de prévention au sein même des entreprises, qui sont très demandeuses, ou encore dans les mairies. Au sein du comité de sécurité routière (qui réunit les services de l'Etat, du Pays et de la justice, Ndlr), nous essayons de continuer à faire évoluer le code de la route polynésien. Nous avons mis en place en 2014 la détection de la consommation de stupéfiants, l'interdiction des vitres teintées, depuis janvier 2016 le défaut de permis de conduire est devenu délictuel et le brevet de sécurité routière (BSR) est devenu obligatoire pour les jeunes. La capacité de conduite pour les archipels (permis de conduire simplifié, Ndlr) est toujours en projet à l'initiative du territoire. Dans le cadre de l'évolution du code de la route local, on pourrait aussi réfléchir à étendre la rétention immédiate du permis de conduire, qui existe déjà pour les stups et l'alcoolémie, aux dépassements de vitesse de plus de 40 km/h. Actuellement, au lieu de payer son amende, on peut effectuer un stage de sensibilisation pour les excès de vitesse jusqu'à 49 km/h et les petites alcoolémies contraventionnelles. C'est très bien pour l'éducation des gens mais au niveau de l'alcoolémie, je pense que nous avons atteint les limites. La vitesse et l'alcool étant les facteurs principaux d'accidents, on pourrait réfléchir à suspendre ces stages, ou à redéfinir leur contour, et revenir au paiement des amendes. C'est une piste de réflexion que l'on pourrait avoir au sein du comité".


Rédigé par Raphaël Pierre le Mercredi 31 Août 2016 à 17:46 | Lu 1862 fois







1.Posté par FOGLIA Jean-Claude le 02/09/2016 08:10 | Alerter
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Au-delà des douleurs et détresses provoquées au sein des famille, il y a aussi un coût financier énorme.
Selon l’Observatoire National de la Sécurité Routière (2009),
- le coût d’un tué sur route pour la collectivité est estimé à 140 MXPF, soit un coût annuel pour 30 décès pour la PF : 4,2 milliards XPF,
- le coût d’un blessé hospitalisé est estimé à 16 MXPF, soit un coût annuel pour 300 blessés pour la PF : 4,8 milliards XPF.
Dans ces coûts, sont pris en compte les dépenses sanitaires, les conséquences matérielles pour la famille…mais aussi le coût supporté par la collectivité pour la santé et l’éducation des victimes, souvent jeunes.
Halte au "tout-transport individuel" !

2.Posté par Lou le 04/09/2016 16:26 | Alerter
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Il serait bon de séparer, dans les statistiques, les accidents de deux-roues et ceux d'automobiles. Cette année, il me semble que les morts de conducteurs de deux-roues sont la majorité.
J'observe aussi que ce sont surtout les conducteurs de deux-roues qui font les fous sur la route et que ce sont eux qu'ils faudrait surveiller et remettre dans le droit chemin (pas seulement les contrôler à l'arrêt).

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