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L'impression 3D pour lutter contre le handicap



Avec la technologie d'impression 3D, Christophe a pu se créer une prothèse sur-mesure pour faire du vélo en toute sécurité.
Avec la technologie d'impression 3D, Christophe a pu se créer une prothèse sur-mesure pour faire du vélo en toute sécurité.
PAPEETE, le 21 septembre 2018 - Pour faire du vélo en toute sécurité, Christophe utilise une petite prothèse orange en forme d'entonnoir pour remplacer la main droite qu'il lui manque. Ce n'est pas encore la main bionique de Luke Skywalker dans Star Wars… à première vue, c'est même une pièce de plastique très basique. Mais elle a été modélisée sur mesure puis imprimée en 3D, une haute technologie très utile pour créer un objet unique.

L'association e-Nable a pour mission de "redonner le sourire aux enfants ayant un handicap d'un membre supérieur en leur offrant une prothèse personnalisée, réalisée par une imprimante 3D." La branche calédonienne:// est ainsi intervenue en Polynésie pour offrir de nouvelles mains à des enfants qui en avaient besoin. Ces bénévoles aident également les adultes victimes d'un handicap, qui ont des idées d'objets qui peuvent changer leur quotidien…

Désormais, c'est la société ideOkub, experte en modélisation et impression 3D, qui représente l'association au Fenua. La première mission qu'elle a acceptée a été de recréer une prothèse pour Christophe. Ce cycliste accompli a une main en moins… Il est aussi très débrouillard.

Il y a deux ans, avec l'association e-Nable, il avait imaginé et créé un objet qui lui permet de contrôler son vélo avec l'avant-bras. La pièce a malheureusement cassé… Et c'était un modèle unique. Mais avec la contribution de l'expert en modélisation 3D de ideoKub et en utilisant la technologie d'impression 3D, il a pu créer une pièce de remplacement encore meilleure que l'originale !


Christophe Michelot, employé de bureau dans l'administration

Quelle est l'histoire de cet objet qui t'aide à remplace ta main manquante ?
"Donc l'association e-Nable était venue Polynésie il y a deux ans pour faire une petite main à un enfant de cinq ans, et ils avait proposé de rendre service à d'autres personnes qui en auraient eu besoin. Je les avais contactés avec mon idée de pièce sur mesure. J'avais entendu parler de cette technologie d'impression 3D, comme tout le monde, mais sans plus. Je n'avais pas idée du potentiel."

Qu'est-ce que cet outil a changé dans ton quotidien ?
"Ça m'a apporté énormément de sécurité au quotidien quand je me déplace à vélo. J'utilise mon vélo tous les jours pour aller au travail, car je n'aime pas les bouchons. Et ça fait partie de mes loisirs, donc je suis très souvent à deux roues. Avant, je ne tenais mon vélo que de la main gauche, mon petit bras était juste posé sur le guidon… Mais maintenant si une vahine me fait coucou, je peux lui répondre avec la main sans risquer de tomber !"

Malheureusement, cette pièce s'est cassée ?
"Oui, mon vélo est tombé il y a une dizaine de jours et elle s'est cassée. Je suis tout de suite venu voir IdeoKit, on en avait justement déjà parler. Donc le hasard a bien fait les choses pour une fois et j'ai déjà une pièce de rechange, plus solide ! Donc je change de couleur, la première pièce était verte, maintenant je vais me promener avec une pièce orange… Et il y a encore plein d'autres couleurs à tester !"

Y a-t-il d'autre pièces à fabriquer qui pourraient t'aider ?
"Personnellement, je pense que je n'ai pas d'autres besoins particuliers dans mon quotidien, c'était vraiment pour le vélo. Par contre je pense à plein de choses à faire avec ces imprimantes 3D, des montures de lunettes, des petits objets originaux… Je pense qu'avec un peu d'imagination, on peut tout faire !"


Manea Juventin, expert 3D chez ideOkub (ABC Diffusion)

Peux-tu nous raconter le processus de création de cet objet ?
"Christophe est venu avec la pièce d'origine et je me suis basé dessus pour créer notre version. J'ai simplement pris les cotes, puis je l'ai faite un peu plus longue et plus profonde pour son confort. Je l'ai également faite plus épaisse, pour qu'elle ne se casse pas si jamais elle tombe à nouveau.

J'ai donc utilisé le logiciel Fusion 360 pour la modélisation, ça m'a pris une heure parce que quand on lui donne les cotes il fait la majeure partie du travail automatiquement, c'est très pratique. J'ai ensuite enregistré le modèle sur une carte SD pour la donner à l'imprimante 3D. Elle a mis six heures pour imprimer la pièce. En pratique j'ai lancé le travail le soir en partant, et au matin c'était terminé. Tout s'est bien passé, donc c'était prêt."

Combien ça aurait coûté de faire cette pièce, si ça n'avait pas été une action de solidarité ?
"Il faut compter 6000 francs pour la modélisation, et l'impression tourne autour de 12 000 francs. Donc ça aurait coûté entre 16 000 et 18 000 francs. Mais là, Christophe n'a rien à payer. On s'inscrit dans l'action de l'association e-Nable, pour offrir aux gens le petit quelque chose qui leur manque. En l’occurrence il manque une main à Christophe, et c'est vraiment avec plaisir qu'on lui offre cette pièce. Si quelqu'un d'autre a besoin de nous, il a juste à venir nous voir chez ABC Production, rue Cook !"


Michel Mutlu, gérant de ABC Diffusion

Donc vous reprenez le flambeau de E-nable à Tahiti ?
"La société ideOkub basée à Bordeaux est membre de l'association e-Nable. Elle existe aussi en Nouvelle-Calédonie, et maintenant nous reprenons le flambeau pour la Polynésie. Donc n'importe qui souffrant d'un handicap et qui a l'idée d'un objet qui pourrait l'aider, peut venir nous voir. On le créera ensemble, sur mesure, selon ses besoins. Il a juste à venir nous voir au bureau de ABC Diffusion, rue Cook ! Toutes ces actions sont gratuites."

Vous avez lancé ideOkub il y a un an. Est-ce que ça marche bien ?
"Alors ABC Diffusion existe depuis 1998, et nous avons lancé la franchise ideOkub en septembre 2017. Il y a beaucoup de demandes par curiosité, on fait des devis, les gens s'intéressent à ce que l'on peut faire. Mais est-ce que c'est rentable par rapport à ce que l'on a investi... la réponse est non, aujourd'hui on en est très loin. Mais on investit tout de même dans ce domaine parce que c'est l'avenir du numérique.

Et sans parler du côté business, on espère pouvoir aider des gens. Par exemple avec ce projet pour le vélo de Christophe aujourd'hui. Nous organisons aussi une journée portes-ouvertes pour les écoles en novembre, donc pour intéresser les jeunes à ces technologies et leur donner des idées pour leur avenir."

Tahiti Infos avait rencontré un jeune Polynésien, Valérian, et son projet de création de sabres lasers. Dès que vous l'avez appris vous avez décidé de l'aider. Peux-tu nous en parler ?
"Quand j'ai lu votre article, j'ai immédiatement félicité ce garçon, parce qu'il est étudiant dans un tout autre domaine et il a appris tout seul ces technologies. C'est un bel exemple pour la jeunesse d'aujourd'hui !

De plus, moi-même j'ai démarré de rien, donc quand il y a des gens qui veulent démarrer et qui ont juste besoin d'un petit coup de pouce, j'ai envie d'aider. Donc je lui ai proposé d'être un petit peu son partenaire, pour l'aider financièrement, et je lui ai prêté nos imprimantes pour ses tests. Donc j'ai entendu qu'il avait réussi à financer son projet complètement, et il a maintenant lancé sa production ! Il va nous réaliser un sabre laser Maori !"


Rédigé par Jacques Franc de Ferrière le Vendredi 21 Septembre 2018 à 18:01 | Lu 2995 fois






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