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Jackson toujours deux fois


Tahiti, le 9 novembre 2021 - Près de trois mois après une première décision du tribunal administratif favorable au propriétaire de l’animal, le juge des référés a dû de nouveau se pencher sur l’autorisation d’importation du perroquet Jackson après un deuxième refus de l’administration.
 
Avec les perroquets, les histoires se répètent. A cet égard, celle de Jackson ne déroge pas à la règle. En septembre dernier, son propriétaire Benjamin Varney alias Benny, animateur sur Radio 1, avait cru obtenir gain de cause. Le tribunal administratif de Papeete avait considéré que la demande de dérogation pour importer son ara Jackson devait être favorablement considérée compte tenu du faible risque. “L’innocuité de l’importation du spécimen (…) sur la biodiversité locale doit être regardée comme établie”. Le Pays devait réexaminer la demande de dérogation présentée par l’animateur qui s’appuyait sur un volumineux et surtout couteux rapport d’un vétérinaire expert. Le propriétaire de l’animal a quand même perdu quelques plumes dans l’affaire. Cinq semaines plus tard, le verdict de l’administration restait le même. L’introduction de Jackson sur le territoire polynésien lui était interdite.
 
Détresse psychologique perceptible
 
Un nouveau refus mal vécu par l’animateur. Il ne comprend pas pourquoi le Pays fait rimer dérogation avec interdiction sans préciser de mesures sanitaires pour encore réduire un risque déjà nul. A la barre, l’animateur a défendu bec et ongles son attachement à l’animal ainsi que les conséquences psychologiques et physiques de leur séparation. Assurément ému, brandissant son épais carnet rouge en guise de témoignage de sa détresse débordant largement du seul cadre émotionnel, il n’a pas manqué d’insister sur l’urgence de remédier à la situation. Pour le bien de l’animal mais aussi de sa santé après avoir notamment perdu 30 kilos en cours de procédure. Une détresse à laquelle est restée peu sensible le représentant du Pays qui a parlé d’une simple “gène” du propriétaire de l’animal qui ne défend que des “considérations purement personnelles” sans commune mesure avec l’intérêt des Polynésiens.
 
Double jeu du Pays
 
Selon le Pays, l’étude présenterait des lacunes, notamment sur l’impact potentiel sur les espèces endémiques de perroquets à Rimatara, Ua Huka ou aux Tuamotu Nord. “Le ara est un oiseau sédentaire, il ne peut voler que 7 km, il ne peut même pas aller à Moorea” a répondu l’avocat de M. Varney qui n’a pas manqué de relever les contradictions de l’administration. Cette dernière n’a en effet pas hésité à faire appel à son client, spécialiste reconnu des animaux exotiques, pour s’occuper des deux caméléons retrouvés musardant à Taravao et Papeete et que les services du Pays sont dans l’incapacité de gérer. Une administration qui sait donc, à peu de temps d’intervalle, faire appel à un expert tout en contestant son expertise. L’ordonnance du juge des référés doit être rendue vendredi 12 novembre. 
 

Rédigé par Sébastien Petit le Mardi 9 Novembre 2021 à 22:36 | Lu 1514 fois