Belgrade, Serbie | AFP | jeudi 21/11/2024 - L'enquête sur l'effondrement d'un auvent de la gare de Novi Sad (nord), qui a fait 15 morts et provoque des manifestations de colère depuis trois semaines contre le gouvernement serbe, s'est accélérée jeudi, avec douze interpellations dont celle de l'ancien ministre de la Construction.
Quatorze personnes, dont plusieurs enfants, sont mortes le 1er novembre écrasées sous les tonnes de béton de l'auvent de la gare, qui s'est écroulé à une heure fréquentée en milieu de journée, trois mois environ seulement après un chantier de rénovation partielle du bâtiment.
La catastrophe a fait aussi trois blessés, dont une femme qui a succombé ses blessures dimanche.
Le parquet de Novi Sad a d'abord annoncé l'interpellation de onze personnes dans la matinée, avant d'annoncer le "placement en garde à vue" d'une douzième personne "identifiée sous les initiales Z.S.M.", dans un deuxième communiqué dans l'après-midi.
Elles sont sont mises en cause, à des degrés divers, pour mise en danger de la vie d'autrui, des faits passibles de deux à douze ans de prison.
Ces arrestations interviennent après que le parquet a "collecté et analysé minutieusement tous les documents nécessaires, mené des entretiens avec un grand nombre de citoyens et reçu une analyse visant à déterminer les causes et les circonstances de l'effondrement", selon le parquet.
Parmi elles, figure l'ancien ministre de la Construction, Goran Vesic, membre du parti au pouvoir (SNS, droite nationaliste), contraint à la démission le 4 novembre mais qui réfute toute responsabilité pénale dans le drame.
"Je n'ai pas été arrêté, j'ai répondu volontairement à la convocation de la police à laquelle je me suis rendu à Novi Sad, me rendant disponible auprès des enquêteurs pour que toutes les circonstances ayant mené à l'accident de Novi Sad soient examinées en détails", a-t-il indiqué sur Facebook.
"Je resterai toujours à la disposition des autorités compétentes et je prouverai que je ne porte aucune responsabilité pénale dans ces événements tragiques", a poursuivi M. Vesic, renvoyant sur ses avocats pour "tout développement ultérieur".
Son prédécesseur, Tomislav Momirovic, devenu ministre du Commerce, a lui aussi démissionné mercredi.
Depuis la catastrophe, des manifestations sont régulièrement organisées pour demander à la justice d'aller plus vite et d'arrêter les responsables.
Cette semaine, plusieurs députées et députés d'opposition ont bloqué l'entrée du tribunal de Novi Sad pour demander une accélération de la procédure.
- contrats -
L'annonce de ces arrestations a été saluée par la députée Marinika Tepic, membre du principal parti d'opposition, le SSP (gauche, parti de la liberté et de la justice) : "La pression et la constance ont payé", a-t-elle posté sur X.
"Je suis sûre que ces interpellations n'auraient jamais eu lieu si nous n'avions pas été si persévérants. Cela étant, nous ne sommes pas totalement satisfaits des charges retenues", a-t-elle ajouté.
Pour Zeleni Front, une autre formation de gauche, ces interpellations sont un pas en avant : "Ceux qui se présentaient comme intouchables tremblent désormais devant la justice grâce à la mobilisation des citoyens, aux manifestations de l'opposition, et aux blocages".
"Si Vesic peut être tenu pour responsable, alors tout le monde peut - la mobilisation citoyenne apporte le changement !", a ajouté ce parti dans un communiqué.
L'opposition et une partie de la population voient dans l'accident de Novi Sad une tragique illustration du népotisme et de la corruption qu'ils dénoncent à travers le pays, où les chantiers et grands projets se sont multipliés sous la présidence d'Aleksandar Vucic (droite nationaliste).
Ces travaux sont menés en particulier avec des entreprises chinoises, qui investissent beaucoup en Serbie mais souvent entourés d'une certaine opacité.
Les manifestants réclament la publication des contrats signés avec les entreprises ayant participé aux travaux de rénovation de la gare de Novi Sad.
Deux entreprises chinoises China Railway International et China Communications Construction, faisaient partie du consortium choisi pour les travaux, aux côtés d'une entreprise française Egis et hongroise Utiber.
Quatorze personnes, dont plusieurs enfants, sont mortes le 1er novembre écrasées sous les tonnes de béton de l'auvent de la gare, qui s'est écroulé à une heure fréquentée en milieu de journée, trois mois environ seulement après un chantier de rénovation partielle du bâtiment.
La catastrophe a fait aussi trois blessés, dont une femme qui a succombé ses blessures dimanche.
Le parquet de Novi Sad a d'abord annoncé l'interpellation de onze personnes dans la matinée, avant d'annoncer le "placement en garde à vue" d'une douzième personne "identifiée sous les initiales Z.S.M.", dans un deuxième communiqué dans l'après-midi.
Elles sont sont mises en cause, à des degrés divers, pour mise en danger de la vie d'autrui, des faits passibles de deux à douze ans de prison.
Ces arrestations interviennent après que le parquet a "collecté et analysé minutieusement tous les documents nécessaires, mené des entretiens avec un grand nombre de citoyens et reçu une analyse visant à déterminer les causes et les circonstances de l'effondrement", selon le parquet.
Parmi elles, figure l'ancien ministre de la Construction, Goran Vesic, membre du parti au pouvoir (SNS, droite nationaliste), contraint à la démission le 4 novembre mais qui réfute toute responsabilité pénale dans le drame.
"Je n'ai pas été arrêté, j'ai répondu volontairement à la convocation de la police à laquelle je me suis rendu à Novi Sad, me rendant disponible auprès des enquêteurs pour que toutes les circonstances ayant mené à l'accident de Novi Sad soient examinées en détails", a-t-il indiqué sur Facebook.
"Je resterai toujours à la disposition des autorités compétentes et je prouverai que je ne porte aucune responsabilité pénale dans ces événements tragiques", a poursuivi M. Vesic, renvoyant sur ses avocats pour "tout développement ultérieur".
Son prédécesseur, Tomislav Momirovic, devenu ministre du Commerce, a lui aussi démissionné mercredi.
Depuis la catastrophe, des manifestations sont régulièrement organisées pour demander à la justice d'aller plus vite et d'arrêter les responsables.
Cette semaine, plusieurs députées et députés d'opposition ont bloqué l'entrée du tribunal de Novi Sad pour demander une accélération de la procédure.
- contrats -
L'annonce de ces arrestations a été saluée par la députée Marinika Tepic, membre du principal parti d'opposition, le SSP (gauche, parti de la liberté et de la justice) : "La pression et la constance ont payé", a-t-elle posté sur X.
"Je suis sûre que ces interpellations n'auraient jamais eu lieu si nous n'avions pas été si persévérants. Cela étant, nous ne sommes pas totalement satisfaits des charges retenues", a-t-elle ajouté.
Pour Zeleni Front, une autre formation de gauche, ces interpellations sont un pas en avant : "Ceux qui se présentaient comme intouchables tremblent désormais devant la justice grâce à la mobilisation des citoyens, aux manifestations de l'opposition, et aux blocages".
"Si Vesic peut être tenu pour responsable, alors tout le monde peut - la mobilisation citoyenne apporte le changement !", a ajouté ce parti dans un communiqué.
L'opposition et une partie de la population voient dans l'accident de Novi Sad une tragique illustration du népotisme et de la corruption qu'ils dénoncent à travers le pays, où les chantiers et grands projets se sont multipliés sous la présidence d'Aleksandar Vucic (droite nationaliste).
Ces travaux sont menés en particulier avec des entreprises chinoises, qui investissent beaucoup en Serbie mais souvent entourés d'une certaine opacité.
Les manifestants réclament la publication des contrats signés avec les entreprises ayant participé aux travaux de rénovation de la gare de Novi Sad.
Deux entreprises chinoises China Railway International et China Communications Construction, faisaient partie du consortium choisi pour les travaux, aux côtés d'une entreprise française Egis et hongroise Utiber.