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Crise de l'immigration: l'UE peut-elle apprendre de l'Australie?



Sydney, Australie | AFP | lundi 20/04/2015 - L'Union européenne est à la peine face aux vagues de migrants qui se lancent au péril de leur vie dans la traversée de la Méditerranée. A l'inverse, l'Australie n'a recensé quasiment aucune arrivée de réfugiés en près de 18 mois et ne déplore aucun décès en mer.

Mais nombreux sont ceux qui pensent que la politique d'immigration très restrictive menée par Canberra ne peut servir de modèle à l'UE, arguant qu'elle est immorale et vraisemblablement illégale au regard du droit international comme du droit européen.

Le naufrage d'un chalutier chargé de migrants au large de la Libye au cours du week-end fait redouter la "pire tragédie" de ce type en Méditerranée et accentue la pression sur l'Europe pour qu'elle agisse. Au moins 700 personnes sont présumées disparues.

Mais l'UE doit-elle s'inspirer de la politique australienne? Le ministre de l'Immigration Peter Dutton s'est bien gardé lundi de vouloir donner des leçons à l'Europe.

"C'est un problème qu'ils doivent résoudre, ce n'est pas à nous de donner des conseils". Mais "nous avons appris que refouler les bateaux lorsque cela ne pose pas de problème de sécurité, ça marche", souligne-t-il.

Peu après son arrivée au pouvoir en septembre 2013, le gouvernement conservateur a lancé avec l'aide de l'armée l'opération "Frontières souveraines" pour décourager les réfugiés d'arriver par la mer. Les arrivées étaient quasi quotidiennes sous le précédent gouvernement travailliste.

La politique est double. Les bâtiments de la marine interceptent les bateaux transportant des migrants et les renvoient vers leur point de transit, souvent l'Indonésie.

Les demandeurs d'asile qui arrivent par bateau en Australie sont également placés dans des camps de rétention sur l'île de Manus, en Papouasie-Nouvelle Guinée ou sur l'île de Nauru, dans l'océan Pacifique.

Même si leur demande d'asile est considérée comme légitime après instruction de leur dossier, Canberra ne les autorise pas à s'installer en Australie. La seule option qui s'offre à eux est le retour dans leur pays, la vie dans les camps de rétention dans les îles ou au Cambodge, pays pauvre avec lequel l'Australie a conclu un accord.


- Le problème se déplace -

D'après le ministre Dutton, aucun migrant n'est mort en mer en près de 18 mois alors que 1.200 réfugiés avaient péri sous le règne du gouvernement travailliste.

Les défenseurs des droits de l'Homme rétorquent que le gouvernement s'est tout simplement déchargé sur d'autres du fardeau de sa responsabilité.

"Le gouvernement crie victoire mais la vérité, c'est que la non-arrivée de bateaux ne signifie pas la fin" du phénomène, dit à l'AFP Jane McAdam, spécialiste du droit des réfugiés à l'Université de Nouvelle-Galles du Sud. "C'est simplement que le problème est devenu celui d'autres pays. Les bateaux continueront de partir tant que les problèmes à l'origine du départ des réfugiés n'auront pas été réglés".

L'Union européenne, pressée d'en faire plus à chaque nouveau drame, envisage la tenue d'un sommet extraordinaire. Les migrants originaires essentiellement d'Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient tentent toujours plus nombreux de gagner l'Europe, et au premier chef l'Italie. Les passeurs profitent du chaos qui règne en Libye et ce pays est devenu l'une des principales routes du trafic illégal de migrants.

Pour Jane McAdam, le modèle australien ne peut s'appliquer à l'UE. "L'Australie n'appartient pas à un système régional des droits de l'Homme, certains aspects de sa politique seraient jugés illégaux à l'aune de la Convention européenne des droits de l'Homme", dit-elle.

Les Nations unies ont condamné Canberra, accusée de manquer à ses obligations de signataire de la Convention sur les réfugiés de 1951 qui stipule que les migrants ont le droit de demander l'asile.

Les camps de rétention sont également mis en cause pour être le théâtre de nombreux abus. Les défenseurs des droits de l'Homme critiquent aussi le fait que des enfants soient privés de liberté.

Selon la directrice de Human Rights Watch Australia Elaine Pearson, il serait désastreux que l'UE se mette aussi à la gestion "offshore" des réfugiés. La politique australienne "est impraticable. Elle est cruelle, inhumaine, elle enferme les gens dans de piètres conditions d'isolement. Peut-être réussit-elle à déverser le problème sur d'autres pays mais elle ne change rien au fait que les gens fuient la persécution et doivent aller quelque part", ajoute-t-elle.

Canberra se refuse à dévoiler le nombre de bateaux refoulés vers la haute mer, invoquant des impératifs de sécurité opérationnelle. Les immigrants viennent essentiellement d'Irak, d'Iran et d'Afghanistan.

Rédigé par () le Lundi 20 Avril 2015 à 05:41 | Lu 528 fois




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