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"Alors on danse" : l'œil juste de Jacques Navarro-Rovira pour changer notre regard sur le handicap



Filmer des personnes atteintes d'un handicap qui s'expriment grâce au 'ori tahiti et à la danse contemporaine, c'est le défi qu'a relevé Jacques Navarro-Rovira.
Filmer des personnes atteintes d'un handicap qui s'expriment grâce au 'ori tahiti et à la danse contemporaine, c'est le défi qu'a relevé Jacques Navarro-Rovira.
PAPEETE, le 7 février 2017 - Parmi les 14 films en compétition, "Alors on danse", de Jacques Navarro-Rovira, est l'unique documentaire polynésien en lice cette année. Le réalisateur met en lumière, avec poésie et justesse, l'handidanse ou l'expression artistique de personnes atteintes d'un handicap grâce au 'ori tahiti et à la danse contemporaine. Une leçon de vie poignante et nécessaire, à découvrir dès demain, à la Maison de la culture…


Danse en fauteuil roulant ou au sol, c'est tout en poésie que quatre jeunes adultes de l'association Fraternité chrétienne des handicapés s'expriment avec leurs corps. La caméra de Jacques Navarro-Rovira capte avec justesse l'initiation à l'handidanse de Bernadette, Apetahi, Hanivai et Heimanarii, dispensée par des chorégraphes professionnels. Une première en Polynésie. "C'est une idée qui mûrit depuis très longtemps et il a fallu deux ans de préparation pour réaliser le documentaire. Personne, valide ou invalide, n'est sortie indemne de ce film… Le changement a touché tous les acteurs", confie le réalisateur. Son film "Alors on danse" est le seul documentaire polynésien qui concourt en compétition. Pour rappel, deux opus "made in fenua" ont été sélectionnés en 2016 : "Tupaia" de Lala Rolls et "Aux armes Tahitiens" de Navarro-Rovira, également.

Ce beau projet est né de la rencontre de Jacques Navarro-Rovira et de Cathie Léveillé-Porché, amis de longue date. Cathie est devenue hémiplégique suite à une opération au cerveau pour anévrisme. "J'avais tout le côté gauche paralysé", raconte cette danseuse contemporaine de formation. "En fauteuil roulant, j'ai été marquée par le regard des gens et cela m'a incitée à ouvrir les autres au handicap. Aussi, la mémoire de la danse m'a beaucoup aidée dans ma rééducation". Elle décide donc de donner des cours de danse aux handicapés, travaille dans un hôpital pour enfants et réalise des spectacles avec eux, constatant que "cet art peut beaucoup apporter aux personnes qui souffrent". Cathie a alors envie de tenter "une expérience" en Polynésie.

Plus qu'un documentaire, une "expérience" à vivre absolument !
Plus qu'un documentaire, une "expérience" à vivre absolument !
"Une thérapie positive, où le corps-douleur se transforme en corps-plaisir"

Avec son assistance Marina Zegrar, Cathie vient en juillet 2015 pour dispenser des "master class" pendant trois semaines aux côtés de Marion Fayn, spécialiste en danse contemporaine, et Tuarii Tracqui, qui incarne la nouvelle génération du 'ori tahiti. Pendant plusieurs mois, les danseurs handicapés viennent répéter une fois par semaine pour se dépasser lors de la représentation unique d'un spectacle, intitulé "Tapa, du mythe à la danse" et présenté en avant-première au Petit théâtre en janvier 2016. "En seulement cinq mois, ils ont appris les chorégraphies, c'est un véritable tour de force !" s'enthousiasme Cathie, qui voit dans cette méthode "une thérapie positive, où le corps-douleur se transforme en corps-plaisir". Et d'ajouter, le sourire aux lèvres : "On peut être beau et avoir un corps cassé." C'est cette magnifique et poignante histoire que Navarro-Rovira retrace dans son film, en s'appuyant sur les points de vue des enseignants, ceux des chorégraphes et également des handicapés. Le documentaire a été coproduit par Oceania Films d'Éliane Koller et Benjamin Picard, Polynésie 1ère et Beau geste, la société du réalisateur.

Présenté à des milliers d'élèves lundi, lors de la journée dédiée aux scolaires, "Alors on danse" a marqué les esprits. Un groupe d'une vingtaine d'enfants du centre éducatif Papa Nui, qui accueille à Taunoa des jeunes et moins jeunes atteints d'une maladie ou d’un handicap, a également assisté à la projection. L'un d'entre eux est même monté sur scène pour prendre Jacques Navarro-Rovira dans ses bras, visiblement très ému. François, éducateur spécialisé, rapporte : "Tout le monde, je pense, a été scotché. Aujourd'hui, ils sont en âge de comprendre et nous essayons aussi de leur faire comprendre que ça parle de leur île.” Par ailleurs, des lycéens en première littéraire à Paul Gauguin ont livré leurs impressions (lire encadré). Tous sont unanimes, le film a changé radicalement leur regard sur le handicap : d'abord gênés et un brin moqueurs, ils ont rapidement montré de l'empathie, avant de laisser place à un sentiment d'acceptation totale. Pari gagné donc ! Alors, à quand l'handidanse en Polynésie ?

Morceaux choisis

Bernadette : "Nous sommes des handicapables !"
Cathie Léveillé-Porché : "On peut être beau et avoir un corps cassé"
Tuarii Tracqui : "Les vrais handicapés sont ceux qui sont handicapés du cerveau et handicapés du cœur…" Marion Fayn : "Plus rien ne sera comme avant"

Infos pratiques

Réalisation : Jacques Navarro-Rovira
Production : Oceania Films/Beau Geste/Polynésie 1ère
Durée : 52 minutes

Résumé : Deux danseuses viennent à Tahiti pour y donner une master class, trois semaines durant, où la danse devient une thérapie pour un groupe de handicapés moteurs. Une chorégraphe de danse contemporaine et un danseur polynésien préparent avec elles la suite de leur travail et un spectacle qui marie handicap, danse moderne et ‘ori tahiti. Bienvenue dans le monde de l’effort, de la beauté du geste et de la grâce.

Dates de projection :
Mercredi 8 février, à 19h50 - Grand théâtre
Jeudi 9 février, à 13 heures - Grand théâtre
Vendredi 10 février, à 9h20 - Petit théâtre
Samedi 11 février, à 16h30 - Petit théâtre et salle Muriavai

Inside the doc :
Rencontre avec le réalisateur aujourd'hui, de 14h30 à 15 heures - Paepae a Hiro

Le réalisateur a échangé avec les élèves à l'issue de la projection du film.
Le réalisateur a échangé avec les élèves à l'issue de la projection du film.
La parole aux lycéens

Timerii
"Ce film a fait évoluer ma façon de penser"


"Ce reportage m'a énormément touchée parce qu'il évoque un sujet sensible qui concerne l'ensemble de notre société. En général, nous voyons bien que les personnes handicapées sont mises à l'écart de la société, nous les traitons comme si elles n'étaient pas humaines, comme si elles n'étaient pas comme nous, car elles ont quelque chose de différent, alors qu'en fait, elles sont normales. Dans le film, j'ai été émue par Heimanarii qui éprouve, grâce à la danse, un réel et immense bonheur. C'est une grande libération pour lui et il partage ce sentiment avec les autres danseurs. Ma vision sur les personnes handicapées a changé après avoir vu ce documentaire, car j'ai découvert une autre facette chez elles, et cela a fait évoluer ma façon de penser, de même que mes camarades je pense. Tout le monde a été profondément marqué !"

Keolani
"On en vient même à rigoler avec eux !"


"Au début du film, il est vrai que j'ai été gênée, et puis, petit à petit, on se sent touché par les personnages. On en vient même à rigoler avec eux ! On voit, par exemple, Heimanarii, qui, malgré son handicap, continue à vivre comme tout le monde, il est très touchant. Ce film a fait évoluer ma pensée sur les personnes atteintes d'un handicap, je les vois désormais plus comme des personnes qui peuvent vivre normalement et qu'il ne faut pas laisser de côté. Les valeurs comme l'altruisme sont bien mises en avant dans ce documentaire."

Mahana
"Ma vision sur les personnes handicapées ne sera plus jamais la même maintenant"


"J'ai beaucoup aimé ce film, il m'a vraiment plu, c'est très émouvant. Ma vision sur les personnes handicapées ne sera plus jamais la même maintenant. Moi qui danse au Conservatoire artistique, je n'aurais jamais pensé qu'on puisse réaliser un spectacle avec des personnes à mobilité réduite ! Et quand j'entends de temps en temps des filles dire qu'elles sont fatiguées de la danse, je pense à ces personnes qui, elles, veulent danser…"

Martin
"Il y a beaucoup d'émotions qui se dégagent entre les danseurs"


"Ce film m'a beaucoup plus, car il y a beaucoup d'émotions qui se dégagent entre les danseurs. J'ai même pleuré à certains passages très forts, et notamment lorsque Bernadette dit que la danse leur permet de s'exprimer. Au final, c'est un documentaire qui me laisse sans voix et m'a ouvert les yeux."

Mililani
"Cela nous aura tous appris qu'il ne faut pas se fier aux apparences…"


"J'ai beaucoup apprécié ce reportage filmé. Cela m'a beaucoup touchée de voir des personnes à mobilité réduite faire un tas de choses, que je n'imaginais même pas. Je pense que cela nous aura tous appris qu'il ne faut pas se fier aux apparences… Ce n'est pas parce qu'elles sont atteintes d'un handicap qu'elles ne peuvent pas danser. Comme le film le dit, les Polynésiens ont la danse dans le sang. C'est naturel ! Nous avons pu voir à quel point la danse leur plaisait et les remplissait de joie."

Le programme de mercredi 8 février

● Projections des films en compétition et hors compétition
Au Petit théâtre, à la salle Muriāvai et au Grand théâtre de 8 heures à 20h50. Renseignements au 40 54 45 44. En raison de la présence du jury au Petit théâtre le matin, toute personne arrivant en retard à la projection sera orientée vers la salle Muriāvai.

● Ateliers gratuits tout public
- Atelier prise de vue et montage sur tablette et smartphone : de 8 heures à midi - Salle Marama - Formateur : Nyko PK16, réalisateur.
- Atelier Vlogging : de 8 heures à midi – Cyberespace - Formateur : Tevai Maiau, réalisateur.
- Atelier Sound Design : de 13 à 17 heures - Cyberespace - Formateur : Heimana Flohr, ingénieur du son.
- Atelier d’écriture de scénario : de 8 heures à midi – Loge 1 - Formatrice : Pascale Berlin, scénariste et productrice.
- Atelier make up FX : de 13 à 17 heures – Loge 1 – Formateur : Christopher Prenat, maquilleur professionnel.

Ces ateliers sont ouverts au public à partir de 15 ans. Attention, les places sont limitées.
Pour chaque atelier, une pièce d’identité est obligatoire.
Inscriptions au +(689) 87 70 70 16 ou à assistantdg.fifo@gmail.com

● Les écrans océaniens
Une nouvelle fois, le Fifo ouvre un espace de diffusion aux productions polynésiennes et d'ailleurs avec les écrans océaniens. Ces documentaires océaniens sont présentés dans la salle de projection, avec au programme le mercredi 8 février :
"Pūtahi Kotahitanga" – 18 heures
"Voyage : Into The Depths of Kanaloa" – 18h45
"American Soil, Chamorro Soul" – 20 heures

● Inside the doc
C'est un format de rencontres avec le réalisateur, le producteur ou un protagoniste des documentaires présentés. Cet échange, mené par un professionnel, sera le moyen pour le public de découvrir les coulisses d'un documentaire et d'en approfondir la thématique.
- Stuart Page, réalisateur de "How Bizarre, The Story of an Otara Millionnaire" - De 10 heures à 10h30
- Hollie Fifer, réalisatrice de "The Opposition" - De 10h30 à 11 heures
- Cybèle Plichart, réalisatrice de "Te reo tumu – La langue maternelle" - De 14 heures à 14h30
- Jacques Navarro-Rovira, réalisateur de "Alors on danse" - de 14h30 à 15 heures
- Philippes Sintes, réalisateur de "‘Ori tahiti au pays du Soleil Levant" - De 15 heures à 15h30
- Are Raimbault, réalisateur de "Pūtahi Kotahitanga" - De 15h30 à 16 heures

● Pré-casting "Coup de foudre à Bora Bora"
De 10 à 18 heures - Village du Fifo
Organisé par les Films du Pacifique, un casting technique et artistique pour la fiction télévisée "Coup de foudre à Bora Bora" (Big Band Story et Merapi Productions) aura lieu durant tout le festival.
Envie de tenter votre chance à l’écran ? Inscrivez-vous à ce casting sur :
http://www.spapf.com/category/tahiti-casting/

Rédigé par Dominique Schmitt le Mardi 7 Février 2017 à 17:39 | Lu 2379 fois

Tags : FIFO 2017






1.Posté par emere cunning le 08/02/2017 18:15 | Alerter
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Yes, merci M Navarro ! Mais le véritable défi, c’est tout le "travail" fait en amont par les parents et ces associations de loisirs et sports mais aussi religieuses tellement critiquées et dénigrées, jusqu’à qualifier leurs éducateurs d’emplois fictifs, conclure que les subventions allouées sont de « l’argent gaspillé » (cour des comptes, enquêteurs et autres). Nous n’avons pas les moyens de la France, et pourtant, j’ai vu là-bas beaucoup de jeunes handicapés prostrés et tristes. Ici, ils sont ouverts et rieurs grâce à toutes ces personnes, à leur amour, génie, patience ET persévérance à développer leurs goûts et talents pour la danse, l’artisanat, la peinture, etc. ET le moindre "geste" compte, du ori tahiti/contemporain à l’initiation à la voile en passant par la balade à moto.

2.Posté par Sandrine le 08/02/2017 22:45 | Alerter
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Bonjour !
Sera-t-il possible de voir ce film en métropole ?

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