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A Amsterdam, un skatepark pour LGBTQ+ et femmes


Crédit Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
Crédit Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
Amsterdam, Pays-Bas | AFP | lundi 13/08/2023 - Des skateurs et skateuses aux tenues colorées s'élancent sur leurs planches à travers un skatepark dans le sud d'Amsterdam, un des premiers au monde à offrir un espace sûr pour les LGBTQ+. 

"Le skateboard est pour tout le monde", lit-on sur une banderole accrochée au mur tandis qu'un logo arc-en-ciel est peint au-dessus de rampes en bois construites dans un entrepôt du sud de la capitale néerlandaise. 

"Il n'y a pas de jugement", sourit Tem, 22 ans, portant un casque et t-shirt noirs et un pantalon à carreaux bleus et blancs, avant de tenter des figures sur une planche style années 80.

L'endroit est "un environnement confortable où j'ai l'impression de pouvoir apprendre à skater sans l'ambiance désagréable d'un skatepark public", ajoute Tem. 

Malgré son image de sport alternatif de rebelles aux pantalons baggy, le skateboard souffre de problèmes liés au sexisme, à l'homophobie et à une culture parfois machiste. 

Il n'est donc pas surprenant que les Pays-Bas - premier pays au monde à avoir légalisé le mariage homosexuel en 2001 et réputé pour ses attitudes libérales - offrent une alternative. 

"J'ai l'impression d'avoir l'espace pour être moi-même et pour skater et m'amuser avec des amis, c'est tout ce que nous voulons", déclare à l'AFP le gérant du skatepark Flip, Zonne Zuijderland, 25 ans. 

'Respect'

Les origines du skatepark, fruit d'une collaboration entre les organisations Women Skate the World et New Wave, résident dans des sessions de skate impromptues pendant le premier été de la pandémie de Covid-19.

"Ça a commencé avec une discussion de groupe du genre 'hey tout le monde, il y a un tas de gens queer qui skatent dans un parc en plein air, qui veut venir'. Ça a commencé avec dix personnes et en quelques mois, on était environ 40", raconte Zonne Zuijderland.

Quand l'hiver est arrivé, le groupe a commencé à organiser deux soirées par mois au skatepark "Noord", de l'autre côté de la capitale. Mais c'était "beaucoup trop peu". 

Grâce à des dons et des subventions, les organisations ont trouvé un entrepôt vide et y ont créé un espace sûr pour une génération montante de skateurs et skateuses qui pourraient autrement être rebutés par un "groupe agressif", salue Zonne Zuijderland. 

Si les athlètes féminines et LGBT+ sont de plus en plus acceptés dans le milieu du skateboard, en particulier après que le vétéran professionnel américain Brian Anderson a fait son coming out en 2016, le sport a encore beaucoup de progrès à faire.

"Parce que je suis trans, quand je m'identifiais encore comme une fille, je recevais même des applaudissements parce que je parvenais à monter sur une planche. Je ne me suis jamais sentie prise au sérieux", déclare Zonne Zuijderland, également acteur et cinéaste.

Mais le parc n'est pas réservé qu'aux personnes LGBTQ+ et aux femmes, même si c'était l'idée initiale. 

"Le respect est le plus grand objectif", peu importe le genre, ajoute-t-il.

'Camarade de skate' 

L'endroit propose aussi des "camarades de skate" pour aider à apprendre les bases du sport - ollies, shove-its et kickflips - loin de l'atmosphère "intimidante" des skateparks traditionnels.

Des ONG ont déjà promu le skateboard pour les femmes dans des pays comme l'Afghanistan et dans les Territoires palestiniens, mais pas pour les skateurs LGBTQ+. 

"J'espère que dans quelques années ce ne sera plus un concept unique, ou que ce ne sera plus nécessaire", commente M. Zuijderland. "Jusque-là, nous sommes là."

le Lundi 14 Août 2023 à 05:13 | Lu 341 fois