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​“Il n’y a pas de problèmes à Faa’a”


Tahiti, le 19 août 2026 - Depuis trois jours, les élus et chefs de service de la mairie de Faa’a sont en séminaire pour parler des projets de la commune et de son développement. Le tāvana, Oscar Temaru, a invité la presse pour discuter de ce séminaire et de projets communaux, pour finalement s’en éloigner dès la première prise de parole et revenir à son thème fétiche : l’indépendance du Pays.

 
Conférence de presse particulière mercredi matin dans un hôtel de la côte ouest. Les journalistes sur l’estrade, les élus assis en rangs face à eux. Une scène qui venait rapidement provoquer une question : qui est là pour interviewer l’autre ?
 
Pas de déclaration liminaire, mais à la première question, basique, “de quoi parlez-vous dans ce séminaire municipal ?”, le maire de Faa’a a démarré au quart de tour. L’indépendance, rien que l’indépendance. “On a passé en revue ce qu’il se passe dans notre pays”, a lancé le metua, le projet d’une pétition à destination de l’ONU sous la main.
 
En bonne forme, malgré ses récents ennuis de santé, Oscar Temaru est alors devenu inarrêtable. Sur la gestion des déchets de la commune, Faa’a est “irréprochable”, malgré la perte des procès sur la propriété des terrains et malgré les rapports accablants de la Chambre territoriale des comptes. Et si la situation n’est pas meilleure encore, “c’est de la faute de l’État qui transfère les compétences aux communes sans moyens financiers ni humains”.
 
Même discours concernant l’insécurité dans la commune. Malgré les affaires de vols, de violence, les accidents ou plus récemment encore un meurtre, “il n’y a pas de problème de sécurité à Faa’a, c’est la commune la mieux protégée”, poursuit Oscar Temaru qui répète à qui veut l’entendre que “pour les dealers d’ice, c’est la prison à perpétuité”, qu’il faut imposer, prenant Singapour en exemple, démocratie illibérale où l’opposition politique n’est pas permise et la liberté de la presse n’existe pas. “Tant que l’on aura une justice coloniale en Polynésie, on ne s’en sortira pas”, a-t-il même insisté. 

Économie de marché

S’éloignant définitivement de la problématique communale, le maire de Faa’a a souhaité “mettre en place une économie de marché plutôt qu’une économie de comptoir” en Polynésie française. “Des capitales étrangères pourraient investir ici, mais l’État nous le refuse. Si le Japon devait prendre des parts dans Air Tahiti Nui, il ferait tout pour que la ligne soit rentable, et nous aurions 3 millions de touristes”, assurait mercredi Oscar Temaru. “Mais voilà. Pour discuter avec le Japon, Moetai Brotherson doit d’abord demander à la France.”
 
Le président du Pays n’a pas non plus été épargné lors de cette conférence. “Le peuple veut du pain, Brotherson lui propose des cailloux”, ou encore, “Édouard (Fritch, NDLR) et Moetai, ce sont deux enfants de Macron. Ils sont atteints du syndrome de Stockholm.”
 
Pas de problèmes à Faa’a, les seuls existants sont donc ceux que l’État crée, avec la complicité des autonomistes et du gouvernement de Moetai Brotherson. Un gouvernement qu’Oscar Temaru refuse de faire tomber pour l’instant.

Rédigé par Bertrand PREVOST le Mercredi 19 Août 2026 à 16:10 | Lu 1234 fois