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​Trump plombé par la défaite, les démocrates en ordre de marche


Washington, États-Unis, le 5 novembre 2026. Donald Trump se retrouve plombé jeudi au surlendemain d'une déroute électorale cinglante pour sa présidence et son Parti républicain, les démocrates triomphants s'affichant déterminés à agir au Congrès contre l'envolée du coût de la vie et le "cartel" de la Maison Blanche.


L'ampleur de la victoire démocrate est historique, que ce soit au Capitole de la capitale fédérale -- où la majorité leur est acquise dans les deux chambres -- ou dans les parlements locaux.

Au Sénat, pas moins de sept sièges républicains ont changé de bord, notamment au Texas, et ce chiffre pourrait encore augmenter: le décompte des voix n'est pas achevé en Alaska et dans le Mississippi, d'autres Etats qui semblaient imperdables pour la droite américaine.

"Les élections de mi-mandat de 2026 resteront comme l'un des rejets les plus nets d'un président américain, depuis bien avant même que Richard Nixon soit monté dans cet hélicoptère en 1974", a souligné la chroniqueuse du New Yorker Susan Glasser, en référence au départ du président républicain précipité par le célèbre scandale du Watergate.

L'inflation, priorité démocrate

Les 350 millions d'Américains devront attendre le 3 janvier pour découvrir leur nouveau Congrès, dont le Sénat sera en mesure de bloquer les nominations fédérales de Donald Trump.

Quant à la Chambre des représentants, il est probable qu'elle élise comme nouveau "speaker" à sa tête l'Afro-américain Hakeem Jeffries, qui bénéficiera d'une confortable majorité.

Celui-ci a clairement détaillé la feuille de route démocrate, dans une lettre adressée mercredi à ses pairs élus.

"Les démocrates de la Chambre doivent faire tout leur possible pour réduire de manière significative le coût de la vie", peut-on y lire. L'inflation, aggravée par la guerre en Iran, est l'élément déterminant expliquant la bérézina électorale des républicains.

Cinq dossiers sont mis en avant : le logement, la santé, le panier de la ménagère, le prix des carburants et l'aide aux personnes dépendantes.

La deuxième grande priorité affichée par les vainqueurs démocrates conquérants est de contrebalancer le pouvoir qu'ils estiment "hors de contrôle" de l'exécutif, en recourant aux commissions d'enquête parlementaires.

"Cartel Trump"

"Nous allons faire rendre des comptes aux escrocs", promet Hakeem Jeffries, en dénonçant "la corruption massive subie par le pays de la part du cartel Trump".

Le président républicain, qui a dit accepter les résultats du scrutin sans en endosser la responsabilité, est apparu comme déconnecté mercredi, prononçant des paroles à la limite de la divagation sur le site de la future salle de bal de la Maison Blanche, un chantier qui lui est cher.

Jeudi, le milliardaire n'a aucun événement public à son agenda et, paradoxalement, c'est son épouse Melania qui se retrouvera face aux médias, en recevant à Washington des représentants russes et ukrainiens à moins d'une semaine de pourparlers à Abou Dhabi sous médiation américaine pour tenter de trouver une issue au conflit en Ukraine.

Plusieurs ténors du Parti républicain n'ont pas tardé à abandonner leur retenue habituelle pour ne pas froisser Donald Trump, à l'image du gouverneur de Floride Ron DeSantis pour qui la défaite aux "midterms" s'apparente "à une extinction pour les républicains dans de nombreuses régions du pays, inédite depuis un siècle".

Le vice-président JD Vance s'est lui distancié comme jamais de Donald Trump, en jugeant publiquement que la guerre en Iran était "la raison" de la débâcle.

Rédigé par AFP le Jeudi 5 Novembre 2026 à 10:24 | Lu 83 fois