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​Sombres plantations : un nouveau polar aux Fidji


Le roman Sombres plantations, de Nilima Rao, se déroule aux Fidji en 1914, dans les plantations de canne à sucre.
Le roman Sombres plantations, de Nilima Rao, se déroule aux Fidji en 1914, dans les plantations de canne à sucre.
Tahiti, le 18 juin 2026 - Publié aux éditions Au Vent des Îles, Sombres plantations est le premier roman de l'autrice australienne indo-fidjienne Nilima Rao. Un polar qui se passe dans les Fidji de 1914, au cœur des plantations de canne à sucre et du système colonial britannique.
 
Une disparition mystérieuse, une enquête complexe et les Fidji du début du XXe siècle en toile de fond. Avec Sombres plantations, paru aux éditions Au Vent des Îles et traduit par Mireille Vignol, Nilima Rao signe un polar ancré dans une colonie britannique marquée par les inégalités et les tensions sociales.
 
En 1914, Kunti, une ouvrière indienne engagée dans une plantation de canne à sucre isolée, disparaît sans laisser de trace. Aucun corps. Aucun témoin fiable. Et, surtout, très peu de personnes s’en inquiètent.
 
Peu à peu, l’enquête d’Akal Singh révèle un système où chaque personnage semble lié à la disparition de Kunti, directement ou indirectement. Mais au-delà de la recherche de la vérité, c’est toute une société qui se dévoile, avec ses injustices, ses hiérarchies raciales et ses arrangements silencieux.
 
Très vite, l’enquête dépasse le simple fait divers. Elle met en lumière l’engagisme, ce système de travail sous contrat qui succède à l’esclavage. Une main-d’œuvre venue d’Inde, exposée à la dureté des plantations et à une hiérarchie raciale rigide.
 
Dans cette intrigue inspirée de faits réels, Nilima Rao installe une atmosphère dense. Les rires étouffés côtoient la brutalité du quotidien. Et les femmes apparaissent comme les premières victimes de ce système, où la violence et les abus laissent des traces physiques comme psychologiques.
 
Une atmosphère pesante
 
Akal Singh, l'enquêteur, avance à tâtons. Il est outsider parmi les siens, et étranger dans le monde colonial sur lequel il enquête. Il peut toutefois compter sur Taviti, son collègue fidjien, et le Dr Holmes, médecin britannique au regard plus lucide que la moyenne.
 
Peu à peu, l’affaire révèle ses zones d’ombre où la manipulation, les alliances fragiles et les intérêts économiques dominent. Dans ce décor, la justice avance lentement, souvent à double vitesse. Et la vérité ne se laisse jamais approcher sans résistance.
 
L’autrice, Nilima Rao, est australienne indo-fidjienne. Elle est aujourd’hui installée à Melbourne après avoir vécu aux États-Unis. Elle décrit son identité culturelle comme confuse, entre héritages indien et fidjien difficiles à relier pleinement.
 
C’est un voyage en Inde qui agit comme un déclic. Elle s’intéresse alors de plus près à ses racines. Ses arrière-grands-parents ont quitté le sous-continent indien au début du XXe siècle pour les Fidji, devenant travailleurs sous contrat.
 
Ce passé familial nourrit son écriture. Elle s’intéresse particulièrement à l’engagisme et à ses zones les plus sombres, notamment la violence exercée sur les femmes et l’usage des agressions sexuelles comme outil de domination dans les plantations coloniales. Ce qui ressort particulièrement de son premier roman.

Pratique :
Parution : 2e trimestre 2026
Prix : 2 500 francs
Format : 130 x 210 mm - 244 pages

Rédigé par Violaine Broquet le Lundi 22 Juin 2026 à 10:00 | Lu 239 fois