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​Le CRT de Motu Uta en proie aux flammes, le tri compromis


Tahiti, le 20 août 2026 - Des heures de fumées et de l’inquiétude. À 4 h 30, jeudi matin, le Centre de traitement et de recyclage (CTR) de Motu Uta a pris feu. Pour une raison qu’il reste encore à définir précisément, l’entrepôt où sont traités les déchets issus des bacs verts (cartons, papiers, plastiques et canettes propres), venait de s’embraser. Jeudi après-midi, l’hypothèse d’une batterie de téléphone portable ou de cigarette électronique était avancée après les premières constatations sur place. La collecte des bacs verts pourrait être fortement perturbée ces prochaines semaines.

 
Un incendie s’est déclaré à 4 h 30, jeudi matin, au Centre de traitement et de recyclage (CTR) de Motu Uta. Dépêchés sur place, les pompiers de Papeete, Pirae, Faa’a et Punaauia se sont très vite confrontés à un feu alimenté par les déchets inflammables entreposés dans le hangar. L’un d’entre eux a d’ailleurs été légèrement blessé.
 
Pendant de longues heures, presque toute la journée, les lances à eau se sont heurtées à la férocité des flammes. Si vers 11 heures, le site était considéré comme sécurisé, il a fallu encore de nombreuses interventions pour éteindre les foyers potentiels résiduels.
 
Au début de l’incendie, c’est tout Motu Uta qui a été fermé le temps que les pompiers puissent intervenir sans être gênés, le temps aussi que les premières grosses fumées se dissipent. Vers 6 heures, seule la circulation était restreinte aux abords de l’usine de traitement contrôlée par Fenua Ma.

Inquiétude sur les bacs verts

Le directeur général de Fenua Ma, Benoît Layrle, qui par deux fois déjà avait dû faire face à des départs de feu, n’avait jamais vu cela. “L’origine vient du vrac du bac vert collecté mercredi dans les communes”, expliquait-il jeudi matin. “La partie centre de tri, où les hommes trient à la main les catégories de déchets, est celle qui a pris feu et elle est totalement inutilisable.”
 
Ces bacs verts sont composés pour la plupart de cartons et de papiers. “Près de 80 % de papier et de carton et 10 % de bouteilles en plastique”, explique Benoît Layrle. “Donc ça brûle extrêmement bien, malheureusement.”
 
Jeudi après-midi, une fois le feu éteint, l’ampleur des dégâts se faisait jour. La chaîne de tri des déchets issus des bacs verts était consumée par le feu. “On se laisse encore un ou deux jours pour faire le point, mais je ne vois pas comment ou va pouvoir réceptionner les déchets des poubelles vertes sur les deux ou trois semaines qui arrivent”, explique Benoît Layrle. “La chaîne de tri est hors service complètement.” Des pièces pourront peut-être être récupérées, mais sa remise en route normale risque de prendre quelques mois.
 
La solution serait, en attente d’une reprise d’activité normale, de nettoyer le hangar et de reprendre une activité de tri qui serait basée uniquement sur la collecte des cartons et du papier. Cette reprise d’activité “sommaire pendant quelques semaines” permettrait alors aux salariés de conserver leur emploi le temps que la nouvelle chaîne de tri soit mise en place, et de poursuivre 80 % de l’activité de l’entreprise, le tout, bien entendu, si les usagers respectent scrupuleusement le tri et ne mettent que des déchets cartons et papiers dans les bacs verts. Fenua Ma communiquera précisément dans les jours qui viennent ses consignes aux communes et aux administrés.

Les bacs gris préservés

Seule satisfaction alors que le feu sévissait encore, la partie de transfert des ordures ménagères vers le centre de Paihoro n’a pas été touchée. “Ça veut dire que le bac gris pourra continuer de fonctionner normalement”, poursuit le directeur général. De même, la structure du bâtiment semble n’avoir pas trop souffert. Des experts étaient déjà sur place jeudi pour la contrôler et vérifier si elle était apte à recevoir les employés de l’entreprise pour une reprise partielle de l’activité du centre dans les prochaines semaines.
 
Cet incendie est le troisième sur ce site. Les deux premiers étaient déjà liés à des déchets jetés dans des bacs verts. “On a eu, il y a quelques années, une alerte : un départ de feu causé, effectivement, par des batteries de téléphone portable dans du bac vert. C’était en fin de journée et ça avait été tout de suite identifié”, poursuit le directeur général.  
 
En 2018, un autre incendie de même ampleur avait touché la partie transfert de déchets. Là encore, des batteries avaient mis le feu au stockage. “À l’époque, il avait surtout mis le feu aux tôles”, conclut Benoît Layrle qui s’inquiétait ce jeudi du temps qu’allait prendre la remise en route de la chaîne de tri des bacs verts du Fenua. Cette fois-ci, les premières constatations conduisent encore vers un feu provenant d’une batterie. Un déchet qui n’avait rien à faire dans un bac vert.

Pas de pollution

La fumée noire dégagée dès le départ du feu a pu être impressionnante. Mais côté sécurité sanitaire, Fenua Ma indiquait jeudi que toutes les mesures étaient prises. L’eau des lances à incendies des pompiers était collectée directement par des bacs prévus à cet effet. Par précaution aussi, un barrage anti-pollution a été déployé dans le lagon qui jouxte le CRT. Quant à la fumée, “elle est blanche, on voit que c’est l’eau des pompiers. Le niveau de pollution aérienne est assez faible, il n’y a pas de panache noir et les pneumatiques n’ont pas pris feu”, rassurait Fenua Ma.


Rédigé par Bertrand PREVOST le Jeudi 20 Août 2026 à 19:02 | Lu 302 fois