Tahiti, le 8 mars 2026 - Ce samedi avait lieu La Tahitienne. Devenue une institution dans le paysage sportif polynésien, cette course réunit toutes les femmes pour une cause commune : le cancer. Un événement solidaire qui a rassemblé 4 000 coureuses, marcheuses, athlètes de haut niveau, mamans, grands-mères, pour partager un moment ensemble et donner de l’énergie aux malades du Fenua.
C’est une maladie qui touche tout le monde. Directement ou indirectement, nous sommes tous impliqués dans le même combat : trouver tous les moyens pour éradiquer ce fléau. Et chacun peut, à son niveau, participer à cette bataille. C’est pour cela qu’il y a 24 ans, l’ASCEP a décidé de mettre en place une course solidaire pour venir en aide aux malades du cancer : “On ne le répète pas assez, mais l’objectif de cette course, c’est avant tout de permettre aux malades d’avoir droit à des massages de bien-être pour soulager des traitements qui sont souvent lourds et fatigants”, rappelle le président du club, Guy Raymond.
Un président épuisé, samedi, par une préparation et une journée intenses, mais heureux de voir tant de sourires présents pour couronner le rendez-vous à Pirae : “On était partis sur 3 000 personnes, mais plus le jour J arrivait, plus on avait des demandes. Donc on a décidé de l’ouvrir à davantage de participantes et on a atteint les 4 000. C’est incroyable de voir cet engouement chaque année, de voir tous ces sourires à la fin de la course malgré l’effort et la chaleur. C’est une cause qui touche tout le monde et on sait que l’une des valeurs du sport, c’est la solidarité, et on le prouve aujourd’hui.”
Car la finalité de cette course est de rassembler un maximum de femmes et de leur permettre de participer, chacune à son rythme et selon son niveau, à ce magnifique moment. Une course courte de trois kilomètres, au départ d’une mairie qui s’était revêtue de ses plus beaux habits de fête, avec des stands, un orchestre et une ambiance digne des grands jours : “Il y a une ambiance et une énergie incroyables. On voit des groupes de coureuses qui font partie de la même entreprise ou de la même association. Il y a des familles avec des mamans et leurs poussettes, des grands-mères avec leurs petits-enfants. Les championnes sont là aussi, et ça prouve la solidarité et la prise de conscience qu’il y a autour de la maladie.”
Amandine Matera et Louise Grosgogeat au finish
En effet, chacune a trouvé son intérêt dans cette course, même si la raison principale restait la même pour toutes les femmes présentes. “C’est une cause importante, car on est toutes touchées par ce qu’il se passe. Nous, en tant que représentantes du monde sportif, on tenait à être présentes car le sport lutte au quotidien contre les maladies. On était nombreuses de l’équipe à participer et, même si certaines sont restées ensemble, d’autres ont tenté d’aller chercher le meilleur temps possible. C’est ce qui fait la beauté de cette course : tout le monde participe et chacune va la fait à son rythme”, a déclaré Servane, membre de l’organisation des Jeux du Pacifique.
Même les championnes du Fenua avaient tenu à être présentes. Malgré le planning chargé qui les attend avec l’intense préparation des Jeux du Pacifique, Amandine Matera, déjà vainqueure la semaine dernière lors de la Vénus Aorai Race, la championne du 3 000 mètres steeple était sur la ligne de départ avec le sentiment de participer à une belle cause : “Tout le monde connaît une personne qui est atteinte par cette maladie. Il faut vraiment prendre conscience que maintenant les soins apportent beaucoup, que l’on peut soigner certains cancers et que la prévention est primordiale. Ce genre d’événements permet de fédérer tout le monde, donc on se doit, nous aussi, d’être présentes.”
Et l’esprit de compétition de nos championnes n’a pas été mis en sommeil pour autant : “On a toujours un peu l’envie d’aller performer, même si on était là pour l’ambiance. En plus, il y avait de très bonnes coureuses, donc c’était sympa de se challenger. C’est parti fort au départ car le faux plat descendant s’y prête. Mais c’est sur le retour que tout se joue et, malgré la chaleur, l’ambiance aux abords de la mairie te booste pour bien finir.”
La championne franchira finalement la ligne d’arrivée en première en 12’06’’, talonnée de près par une autre spécialiste du demi-fond et championne de cross-country, Louise Grosgogeat : “C’était important de participer à cette course. Comme toutes les autres femmes qui sont là, on est, quoi qu’il arrive, impliquées de près ou de loin dans la lutte contre cette maladie. Après, nous, on se donne toujours à fond quoi que l’on fasse, donc aujourd’hui on a tout donné. Je suis partie un peu vite et, avec la chaleur et les faux plats, j’ai eu du mal à finir. Mais vraiment, l’objectif principal c’était d’être là avec toutes les autres pour ce beau moment de solidarité.”
Quatre mille femmes inspirantes qui ont, une fois de plus, prouvé que la solidarité et la cohésion peuvent soulever des montagnes.



































