Tahiti Infos

Trois parcours de réussite avec l’Adie


Tahiti, le 29 avril 2026 - L’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) accompagne les porteurs de projets dans ses antennes en Polynésie. Elle peut accorder des prêts allant jusqu’à 1,7 million de francs, avec un montant moyen de 700 000 francs.
 
À l’occasion de son bilan 2025 et de ses 17 ans d’existence, l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) met en lumière son action. Au total, 2 434 entrepreneurs ont été soutenus l’année dernière. Certains sont aujourd’hui devenus artisans, pêcheurs, éleveurs de poules pondeuses ou encore couturiers.
 
Trois d’entre eux témoignent de leur expérience au sein d’un secteur en pleine croissance : celui des services.
 
Des milliers de “likes” sur les vidéos de réparation de téléphones qu’il publie sur les réseaux sociaux : le gérant de SOS Phone Tahiti maîtrise la communication presque aussi bien que son métier. Mais la réussite de Herearii Wong ne s’est pas construite en un jour. Persuadé qu’il deviendrait entrepreneur dès la terminale, il décide de se lancer après le bac, mais il ne savait pas dans quoi. “Sur Google, j'ai tapé ‘idées de business à lancer cette année’ et j'ai accroché sur la réparation de téléphones”, décrit le jeune homme de 22 ans au public de l’amphithéâtre de la Chambre de commerce, d’industrie, des services et des métiers (CCISM).
 
Pourtant, les débuts sont compliqués. Lorsqu’il sollicite des prêts bancaires, plusieurs portes se ferment. Il faut dire que les critères d’accès au crédit restent stricts. Manque d’apport personnel, absence d’expérience ou encore situation de retraite : autant d’obstacles qui concernent une large partie de la population.
 
C’est alors que l’Adie entre en jeu, association qui lutte contre l’exclusion des personnes éloignées de l’emploi, et que le jeune entrepreneur trouve une solution et “une porte de sortie”. Il fait le choix de se lancer dans la réparation de téléphones.
 
Autre hic : aucune formation de réparateur de téléphones n’est disponible en Polynésie française. Grâce au passeport mobilité, financé par le haut-commissariat, son billet d’avion est pris en charge pour partir se former dans l’Hexagone.
 
C’est à son retour que Herearii Wong bénéficie du soutien financier de l’Adie. Les aides accordées sont de 700 000 francs, de quoi investir dans du matériel professionnel.
“Je suis content des résultats depuis six mois, j'ai dépassé le million de chiffre d’affaires au bout du troisième mois”, lance-t-il devant le public composé des partenaires de l’Adie, comme les banques polynésiennes, le maire de Papeete, les membres du RSMA et d’autres acteurs. Dans les mois futurs, Herearii Wong compte même engager un employé.

​ Un agenda plein jusqu’à l’année prochaine


Lindsey Rua fait lui aussi partie des entrepreneurs accompagnés par l’Adie. Avec sa femme, il a lancé il y a un peu plus d’un an l’activité Tahiti Mascottes, qui a rapidement trouvé son public. Après cinq années de démarches administratives et d’études de marché, le projet a finalement pu voir le jour.
 
Grâce à un soutien financier de 500 000 francs, le couple a pu acquérir ses trois premières mascottes : Stitch rose, Mickey et Minnie. “Il y a eu un vrai accompagnement, notamment pour l’achat des premières mascottes”, explique le couple fondateur. Depuis, Mickey a déjà déambulé dans plusieurs communes de Tahiti en 2025. Il a notamment participé à la parade de Papeete, qui a réuni 10 000 personnes dans les rues, ainsi qu’à des animations à l’hôpital de Taaone et lors d’anniversaires d’enfants.
 
“C’est un super beau projet. Ce serait bien que des entrepreneurs comme toi viennent parler aux étudiants, aux futurs acteurs du pays”, souligne Karl Martin, de la direction des interventions du haut-commissariat. Lindsey Rua se dit partant pour intervenir à l’avenir. En attendant, son agenda professionnel est déjà complet jusqu’au 27 août. Ce mercredi, l’une des mascottes préférées de toutes les générations, Minnie, est venue saluer la salle.
 
Pour Keoni Tinorua, les 500 000 francs obtenus via l’Adie ont permis l’achat de deux premiers scooters afin de lancer son entreprise de location, basée à Faa’a. Malgré un marché très concurrentiel, l’activité lui a permis d’investir ensuite dans trois autres scooters grâce aux bénéfices réalisés. “La concurrence, il en faut pour que ça marche”, ajoute Ludovic Panyasiri, directeur des opérations de l’Adie en Polynésie.
 
En un mois, l’entreprise de Keoni Tinorua était lancée, avec des réservations en moyenne cinq jours sur sept. Il avait lui aussi entendu parler de l’Adie par hasard. Durant la matinée, il a expliqué l’accompagnement qu’il a pu recevoir : “Un entretien d'une heure et une formation”.

“C’était top, même si j’avais déjà des compétences dans ce domaine”, sourit le jeune homme de 20 ans, aux côtés des deux autres porteurs de projets, qui ne comptent pas stopper leurs activités déjà très lucratives.

Rédigé par Violaine Broquet le Mercredi 29 Avril 2026 à 19:02 | Lu 1081 fois