Tahiti, le 25 avril 2026 - Après deux jours de débats à Tarahoi et le rejet de deux textes du gouvernement, le groupe Tavini Huira’atira a convié la presse ce samedi matin sous le fare pote’e de l’assemblée pour justifier ses votes. Officiellement technique, la ligne du groupe confirme surtout que la tension politique est désormais au cœur des débats, chacun se renvoyant la responsabilité de l’impasse. Derrière les arguments de fond, c’est bien l’avenir politique de Moetai Brotherson qui se joue, jusqu’à la question, désormais posée, de son maintien au sein du Tavini.
Le Tavini s’en tient à sa ligne : juger les textes, rien que les textes. Samedi matin, ses élus ont expliqué leur opposition au pass tama’a maitai et à l’aide au paiement du loyer par des arguments de fond, évoquant des dispositifs “inefficaces et coûteux”. Mais derrière ce discours technique, le groupe indépendantiste ne cache plus ses doutes sur la capacité du président du Pays à gouverner. “Aujourd’hui, il n’a plus sa majorité, il a une majorité... celle de la sagesse”, tranche Antony Géros, évoquant une majorité devenue “fluctuante”, au gré des textes et des alliances.
Le paradoxe est là. D’un côté, le Tavini appelle Moetai Brotherson à tirer les conséquences politiques de la situation, autrement dit à démissionner. De l’autre, aucune issue institutionnelle n’apparaît réellement accessible. En séance, le président du Pays a d’ailleurs mis ses élus au défi de déposer une motion de défiance. Sauf que l’équation est connue : avec 57 représentants, il faut réunir les trois cinquièmes, soit 35 voix. Sans le soutien de l’opposition, qui a déjà fermé la porte, l’initiative est vouée à l’échec.
Cette impasse politique s’est d’ailleurs traduite par l’exclusion des 15 membres à l’origine du groupe A Fano ti’a, une première dans l’histoire du parti. La question d’une sanction contre Moetai Brotherson lui-même est désormais posée. “On va le faire, mais pas tout de suite”, glisse Géros. Là encore, le calendrier politique semble suspendu.
“On a bien compris qu’il démarre sa campagne”
Mais pas question, assure-t-il, de bloquer les institutions. “Quand tu décides de te lancer dans une élection […] tu assures jusqu’au bout”, rappelle le président de l’Assemblée. Une manière de renvoyer le chef de l’exécutif à ses propres obligations, tout en refusant d’endosser une stratégie de rupture frontale. Mais les critiques se durcissent. Géros évoque des pratiques “inacceptables”, notamment des messages “intimidants” adressés aux élus, et alerte sur la stratégie gouvernementale. Évoquant le contexte international, il appelle à la prudence : “On doit se serrer les coudes […] au lieu de distribuer des aides au profit d’un parti en cours de fondation”. Et va plus loin sur le terrain politique : “On a bien compris qu’il démarre sa campagne”.
À l’horizon, deux échéances pourraient néanmoins rebattre les cartes : le rapport d’orientation budgétaire et surtout le vote du budget en fin d’année, où une motion de renvoi – plus accessible qu’une motion de défiance – pourrait, cette fois, devenir un levier politique. Sans garantie pour autant de clarifier la situation : comme le reconnaît Antony Géros lui-même, un éventuel changement de président ne ferait sans doute que reproduire les mêmes équilibres, sans majorité absolue.
À moins de deux ans de la fin de la mandature, la majorité issue de 2023 s’installe ainsi dans un entre-deux instable : contester sans renverser, gouverner sans majorité claire. En toile de fond, la réforme RNS, que le Tavini entend abroger le 21 mai, pendant que Moetai Brotherson tente encore de la défendre auprès de la population, ce samedi après-midi. “Un chant du cygne”, pour Antony Géros.
Le Tavini s’en tient à sa ligne : juger les textes, rien que les textes. Samedi matin, ses élus ont expliqué leur opposition au pass tama’a maitai et à l’aide au paiement du loyer par des arguments de fond, évoquant des dispositifs “inefficaces et coûteux”. Mais derrière ce discours technique, le groupe indépendantiste ne cache plus ses doutes sur la capacité du président du Pays à gouverner. “Aujourd’hui, il n’a plus sa majorité, il a une majorité... celle de la sagesse”, tranche Antony Géros, évoquant une majorité devenue “fluctuante”, au gré des textes et des alliances.
Le paradoxe est là. D’un côté, le Tavini appelle Moetai Brotherson à tirer les conséquences politiques de la situation, autrement dit à démissionner. De l’autre, aucune issue institutionnelle n’apparaît réellement accessible. En séance, le président du Pays a d’ailleurs mis ses élus au défi de déposer une motion de défiance. Sauf que l’équation est connue : avec 57 représentants, il faut réunir les trois cinquièmes, soit 35 voix. Sans le soutien de l’opposition, qui a déjà fermé la porte, l’initiative est vouée à l’échec.
Cette impasse politique s’est d’ailleurs traduite par l’exclusion des 15 membres à l’origine du groupe A Fano ti’a, une première dans l’histoire du parti. La question d’une sanction contre Moetai Brotherson lui-même est désormais posée. “On va le faire, mais pas tout de suite”, glisse Géros. Là encore, le calendrier politique semble suspendu.
“On a bien compris qu’il démarre sa campagne”
Mais pas question, assure-t-il, de bloquer les institutions. “Quand tu décides de te lancer dans une élection […] tu assures jusqu’au bout”, rappelle le président de l’Assemblée. Une manière de renvoyer le chef de l’exécutif à ses propres obligations, tout en refusant d’endosser une stratégie de rupture frontale. Mais les critiques se durcissent. Géros évoque des pratiques “inacceptables”, notamment des messages “intimidants” adressés aux élus, et alerte sur la stratégie gouvernementale. Évoquant le contexte international, il appelle à la prudence : “On doit se serrer les coudes […] au lieu de distribuer des aides au profit d’un parti en cours de fondation”. Et va plus loin sur le terrain politique : “On a bien compris qu’il démarre sa campagne”.
À l’horizon, deux échéances pourraient néanmoins rebattre les cartes : le rapport d’orientation budgétaire et surtout le vote du budget en fin d’année, où une motion de renvoi – plus accessible qu’une motion de défiance – pourrait, cette fois, devenir un levier politique. Sans garantie pour autant de clarifier la situation : comme le reconnaît Antony Géros lui-même, un éventuel changement de président ne ferait sans doute que reproduire les mêmes équilibres, sans majorité absolue.
À moins de deux ans de la fin de la mandature, la majorité issue de 2023 s’installe ainsi dans un entre-deux instable : contester sans renverser, gouverner sans majorité claire. En toile de fond, la réforme RNS, que le Tavini entend abroger le 21 mai, pendant que Moetai Brotherson tente encore de la défendre auprès de la population, ce samedi après-midi. “Un chant du cygne”, pour Antony Géros.




























