Tahiti, le 13 août 2026 - Au bout de six jours de compétitions intenses, la passe de Hava’e a sacré deux nouveaux surfeurs au palmarès de la Tahiti Pro. La Canadienne Erin Brooks a décroché le Graal chez les femmes tandis que le Hawaiien Seth Moniz a brisé tous les pronostics pour obtenir son tout premier succès au sein du Championship Tour. La dernière représentante polynésienne Kelia Gallina s’est inclinée avec les honneurs en quarts de finale à Teahupo’o.
Un nouveau vent de fraîcheur surfe sur les vagues tahitiennes. À l’image de la jeune Kelia Gallina, qui vient de fêter ses 14 ans et a atteint les quarts de finale cette année à Teahupo’o, deux nouveaux noms ont marqué de leur empreinte l’édition 2026 de la Tahiti Pro.
À commencer par Erin Brooks. La Canadienne âgée de 19 ans a décroché son premier sacre en Polynésie à la suite d’une finale à couper le souffle contre l’Israélienne Anat Lelior. Pourtant dos au mur à un peu plus de dix minutes de la sirène, la “rookie” de l’année a tout renversé en quelques instants grâce à deux tubes notés à plus de 8 points pour l’emporter sur le fil (17.20 contre 16.33).
Un résultat qui récompense son parcours du combattant où elle a notamment éliminé : Tya Zebrowski, Carissa Moore, la tenante du titre Molly Picklum, et Isabella Nichols. “C’est fou ! Je suis aux anges”, sourit Erin Brooks qui est remontée aux portes du Top 10 grâce à son succès. “Je n’ai pas eu ma meilleure année sur le circuit, mais tout s’est aligné cette semaine. J’ai prié pour avoir ces deux vagues en finale”, ajoute la Canadienne qui a décroché sa deuxième victoire au sein de l’élite mondiale après un succès en 2024 à la Fidji Pro.
Malgré sa défaite, la finaliste Anat Lelior a savouré l’instant présent sur le podium de la cérémonie de clôture et a eu du mal à cacher ses émotions : “C’était ma première finale à ce niveau de la compétition. J’ai encore beaucoup à apprendre. Merci à tous et vivement la suite”, conclut l’Israélienne qui a stoppé le conte de fée de Kelia Gallina au début de la matinée, jeudi. “Miss Teahupo’o”, qui participait pour la deuxième fois d’affilée à cette épreuve, aura tout de même créé quelque chose de “dingue” en éliminant respectivement la championne olympique Caroline Marks ainsi que la double championne du monde Tyler Wright.
Cette victoire “signifie tout pour moi” !
Un autre surfeur a découvert les sommets de la WSL. Même s’il a été sacré “rookie” de l’année en 2019, Seth Moniz n’avait encore jamais triomphé sur le Championship Tour. C’est désormais chose faite pour le Hawaiien qui a sorti le grand jeu tout au long de la semaine à Tahiti.
“Cela signifie tout pour moi ! Cette saison a été très dure, c’était une situation délicate. J’avais besoin d’un résultat comme celui-là. Toute la semaine, j’ai eu le sentiment que j’allais gagner et je l’ai fait”, célèbre le nouveau lauréat de la Tahiti Pro.
Un miracle venu de nulle part lorsqu’on regarde de plus près ses performances depuis le début de la saison. Lors des six premières étapes, le protégé de Doug Silva n’avait jamais dépassé le deuxième tour (16es de finale). Au bord de l’élimination dès son entrée en lice face à un certain Eimeo Czermak, Seth Moniz est monté en puissance tour après tour jusqu’à arriver en finale.
Déjà vaincu à ce stade de la compétition par Kelly Slater devant son public à Pipeline, le Hawaiien s’est démené pour renverser un autre Américain en la personne de Griffin Colapinto. Le Californien semblait se diriger vers la victoire grâce à un bon début de manche, mais Seth Moniz est revenu des enfers en signant deux tubes stratosphériques afin d’obtenir un total de 18.17.
Il n’est d’ailleurs pas passé loin de percuter les spectateurs présents sur leur planche de surf aux toutes premières loges de l’action et a eu le droit à un véritable bain de foule. “Tout le monde a commencé à m'éclabousser [sourires]”, se remémore le surfeur hawaiien qui a également partagé quelques anecdotes croustillantes : “Après mon duel face à Yago Dora, nous avons bu une bière avec Griffin et on s’est dit qu’on allait se retrouver en finale [rires]. C’est un grand adversaire et je pense que si je n’avais pas eu la priorité sur ma dernière tentative il aurait obtenu un “perfect” 10”.
En seulement une manche, Seth Moniz a plus que doublé son nombre de points et fait un bond de géant au classement en passant de la 31e à la 19e place. “C’est une performance qui récompense des années de travail. Certains des meilleurs surfeurs au monde n’ont jamais remporté une telle compétition. Il a réalisé quelque chose de grand”, insiste son entraîneur Doug Silva.
Cap sur la deuxième partie de saison
De son côté, l’aîné des frères Colapinto, battu l’an dernier en finale par Jack Robinson, regrette “des erreurs” qui lui ont coûté cher. Il échoue, à nouveau, à une marche du Graal L’Américain pourra se consoler en se disant qu’il a pris sa revanche contre l’Australien, cette année à Teahupo’o.
Éliminés en demi-finale, Italo Ferreira et Ramzi Boukhiam peuvent repartir de Teahupo’o avec le sourire aux lèvres. Le Brésilien a réalisé un grand coup au classement général où il reprend les commandes devant l’Italien Leonardo Fiovaranti. Le Marocain s’est quant à lui totalement relancé dans la lutte pour le maintien au sein du CT.
La fin de la Tahiti Pro marque aussi le début de la deuxième partie de la saison du Championship Tour. L’élite du surf mondial se rendra bientôt aux Fidji (25 août au 4 septembre) avant de partir aux États-Unis (11 au 20 septembre).
Il restera ensuite quatre étapes respectivement au Portugal, Philippines, Émirats arabes unis et enfin Hawaii pour le clou du spectacle. Des prochaines manches décisives pour nos trois représentants du Fenua (Kauli Vaast, Vahine Fierro et Tya Zebrowski) afin de conserver leur rang au CT.







































