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Salon du livre - Louis Lagarde : “Je suis toujours ému devant une trace du passé”


Tahiti, le 6 octobre 2026 - Archéologue et historien de l’art de formation, Louis Lagarde s’est intéressé à la “camelote” du bagne, ces objets souvent spectaculaires que les forçats calédoniens ont patiemment fabriqués. Il leur rend hommage.

Calédonien, Louis Lagarde a étudié en métropole. Il a d’abord jeté son dévolu sur l’Égypte, à laquelle il a consacré sa maîtrise d’histoire de l’art et d’archéologie. Il a même, pendant cette période, appris à lire les hiéroglyphes ! “J’ai toujours aimé les ‘choses anciennes’, ce qui était patiné, ce qui avait vécu. Je suis toujours ému devant une trace du passé, quelle qu’elle soit. Alors, j’ai très tôt décidé d’en faire mon métier.”
 
Il se réoriente en 2002 pour faire un DEA (master 2 aujourd’hui) en préhistoire de l’Océanie. Rentré à Nouméa en 2005, il obtient un poste d’archéologue au Département d’archéologie du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. “J’ai été archéologue, en charge de nombreux chantiers, pendant dix ans. J’ai été recruté comme maître de conférences à l’UNC en 2016 et j’ai soutenu mon habilitation à diriger des recherches l’an passé, à la Sorbonne.” Il est aujourd’hui l’un des rares spécialistes de l’archéologie de l’Océanie et quasiment l’un des seuls francophones.
 
Son livre présente pour la première fois en détail “ce que l’on appelait autrefois la ‘camelote’ du bagne”. Le terme n’est pas vendeur, “d’autant qu’en réalité, ce sont des milliers d’objets en nacre, souvent spectaculaires, que les forçats calédoniens ont patiemment fabriqués afin d’améliorer un quotidien très dur. Au bagne, il fallait produire pour vendre, car vendre, c’était survivre. Aujourd’hui, ces objets forment un patrimoine tout aussi méconnu que sous-évalué. Ce livre permet de lui rendre un peu justice.”
 
Ses intérêts sont multiples et ses publications le reflètent. “Mais je serais bien prétentieux de penser qu’ils révolutionnent quoi que ce soit, déjà !”
 
Il complète son propos en évoquant le thème du salon. “À l’origine, la révolution, c’est une trajectoire circulaire qui ramène un objet au même point. Chaque année est une révolution de la Terre autour du Soleil ! Alors, je pense à ces coquillages travaillés par milliers : ils présentent tous des spires, des croissances concentriques… Ils s’enroulent autour d’un axe. Ils sont à la fois des objets du passé et, par leur forme, des témoins du temps qui passe et des choses qui, comme eux, se construisent. Nous continuons notre trajectoire commune sur cette planète bien fragile, avec nos petites opinions – parfois révolutionnaires, d’ailleurs –… mais ne sont-elles pas un peu dérisoires ?”

Les rendez vous du salon :
Dimanche 18 octobre
• 9 h à 9 h 30 > Présentation Graveurs sur Nacres
 
intervenant pour les Causeries : Le Temps des logues / Kanaky Nouvelle-Calédonie : Révoltes - Révolutions et l’impossible évolution ? 


le Mardi 6 Octobre 2026 à 15:15 | Lu 177 fois