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“Plus professionnel pour planter du cannabis que des pastèques”


©Archives DTPN
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Tahiti, le 22 septembre 2026 - Trois couples ont comparu ce mardi pour trafic de stupéfiants à Huahine, sur sept prévenus attendus. Le septième, introuvable, est visé par un mandat d'arrêt. Les trois couples ont été condamnés ce avec des peines allant jusqu'à trois ans de prison, dont un an ferme aménageable.

Une petite famille de quatre personnes cultivait le paka sur un motu à l'abri des regards à Huahine. Le cannabis était expédié vers Tahiti par avion dans des cartons de gâteaux. Après une enquête et une mise sur écoute par la gendarmerie, les forces de l’ordre ont procédé à leurs interpellations le 21 avril dernier.    

“Je suis plus professionnel pour planter du cannabis que pour planter des pastèques”, a tenté d’expliqué le premier prévenu. Il s'est défendu ainsi : “J'ai honte, en tant que mari, que ce soit madame qui travaille, c'est pour cela que je me suis lancé.” Il a aussi ajouté : “À Huahine, tout le monde vend du cannabis, ce sont les papis qui font ça.” Le tribunal a balayé l'argument, rappelant qu’il encoure 10 ans de prison. “Si c'est puni sévèrement, c'est parce que vous intoxiquez la population”, a martelé le président du tribunal.    

C’est un problème de fret qui aurait également précipité la fille de ce couple dans ce trafic : il manquait 18 millions de francs pour un catamaran acheté 60 millions en Chine destiné à un commerce de prestation touristique sur l’île. Le couple vendait le paka du beau-père et le gendre achetait aussi à d'autres cultivateurs, livrant ensuite entre Papeete et Faa’a. La fille a dit qu’elle se sentait redevable envers sa mère, qui payait ses factures et les couches sur son fils de quatre ans.  

“On est sur plusieurs millions de gains”

Dernier maillon : un couple de revendeurs à Tahiti. Lui conditionnait les sticks, elle vendait, pour 20 000 francs par semaine et par pot.    

La saisie totale des enquêteurs s’était élevée à 2 kilos de paka, près de 4,5 millions de francs en numéraire, et un véhicule. “On est sur plusieurs millions de gains”, a exposé le président.    

Le parquet a distingué trois niveaux de responsabilités. Il a requis, pour les revendeurs (80 000 francs de gains mensuels chacun), deux ans avec sursis et 500 000 francs d'amende pour le couple, deux ans ferme et mandat d'arrêt pour l'absent. Pour le couple distributeur, qualifié de “purement entrepreneurial”, trois ans dont deux avec sursis probatoire et 5 millions d'amende. Pour le couple producteur, “meilleur en paka qu'en pastèques”, quatre ans avec mandat de dépôt pour les deux époux, plus confiscation du numéraire et du véhicule.   

Le tribunal a finalement condamné le couple chargé de la "transaction" à deux ans de prison avec sursis, dont 18 mois de sursis probatoire.

Le couple de producteurs a été condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis probatoire, avec obligation de payer une amende de 2,5 millions de francs. La partie ferme, d'un an, est aménageable.

Le tribunal a également ordonné la confiscation des scellés, à l'exception de la voiture.


Rédigé par Violaine Broquet le Mardi 22 Septembre 2026 à 20:57 | Lu 1345 fois