Tahiti, le 12 avril 2026 - Depuis cinq mois, l’éboulement tragique paralyse le quartier Te Honu à Afaahiti, où certaines familles ne peuvent toujours pas réintégrer leur maison, ni récupérer leur voiture. L’annonce par la commune de Taiarapu-Est de la constitution d’une équipe de travail et d’une rencontre avec le haut-commissaire fait renaître l’espoir chez les sinistrés, qui attendent “des réponses concrètes pour avancer”.
Plus de barrière, mais le danger est toujours là. Depuis l’éboulement qui a coûté la vie à huit personnes le 26 novembre 2025, le quartier Te Honu de Afaahiti reste dans un état de désolation. Si certaines familles ont accès à leur maison, plusieurs habitations ensevelies ou exposées sont inhabitables. Des résidents sont également privés de leur voiture. Le 5 mars 2026, une réplique a eu pour conséquence d’étendre la zone rouge par mesure de sécurité ; le président de la Polynésie française, Moetai Brotherson, s’était rendu sur place le lendemain pour constater les dégâts et échanger avec les riverains.
Plus de barrière, mais le danger est toujours là. Depuis l’éboulement qui a coûté la vie à huit personnes le 26 novembre 2025, le quartier Te Honu de Afaahiti reste dans un état de désolation. Si certaines familles ont accès à leur maison, plusieurs habitations ensevelies ou exposées sont inhabitables. Des résidents sont également privés de leur voiture. Le 5 mars 2026, une réplique a eu pour conséquence d’étendre la zone rouge par mesure de sécurité ; le président de la Polynésie française, Moetai Brotherson, s’était rendu sur place le lendemain pour constater les dégâts et échanger avec les riverains.
Entre incertitude et traumatisme
Cinq mois après le drame, les habitants impactés par les restrictions peinent à se reconstruire. Entre les fêtes de fin d’année, puis les élections municipales et désormais les tensions politiques territoriales, le chemin est semé d’embûches. Relogé à Tautira avec sa femme, Paul Labbeyi, 65 ans, préside l’association Te Honu, qui rassemble les sinistrés des deux quartiers concernés, soit une vingtaine de familles. Lui-même propriétaire d’une maison achetée en 2005, il s’interroge : “On a perdu des voisins et nos logements sont en zone rouge. Quel est notre avenir ? On aimerait avoir des réponses concrètes pour avancer, autant nous, retraités, que les jeunes couples qui viennent d’investir. Est-ce qu’on va être expropriés ? Est-ce qu’on pourra être indemnisés ? Peut-on sécuriser la montagne ? Est-ce qu’on peut continuer à vivre ici ou est-ce qu’on doit se reconstruire ailleurs ?” Tous sont également dans l’attente du compte-rendu de l’expertise technique et de l’issue de l’enquête judiciaire.
Autant d’incertitudes qui s’ajoutent au traumatisme initial : psychologiquement, certains résidents sont toujours suivis par des professionnels de la Cellule d’urgence médico-psychologique (CUMP), de la Direction des solidarités, de la famille et de l’égalité (DSFE) ou du secteur privé.
Une cellule dédiée à Taiarapu-Est
Une lueur d’espoir point à l’horizon. Mercredi soir, les familles sinistrées et endeuillées ont été reçues à la mairie de Taravao par le maire de Taiarapu-Est, Willy Chung Sao, en présence de Teiva Shan, directeur de cabinet de la vice-présidente et ministre des Solidarités, Minarii Galenon. “Le maire a choisi de prendre les choses en main en mettant en place une équipe de travail réunissant les adhérents du collectif, des représentants du Pays, des élus et des conseillers de la commune. Cette cellule doit permettre de superviser ce dossier urgent et de faire avancer concrètement la situation avant sa rencontre avec le haut-commissaire”, rapporte la municipalité sur sa page Facebook. La rencontre avec Alexandre Rochatte est prévue cette semaine, tandis qu’un autre rendez-vous serait également programmé avec Moetai Brotherson. “Le maire entend obtenir des résultats. Il souhaite que l’État annonce l’état de calamité ou de catastrophe naturelle, une étape jugée indispensable pour ouvrir le dossier et permettre d’apporter des réponses aux familles touchées dans la commune”, conclut le communiqué municipal.
L’issue de ces deux entretiens est attendue “avec impatience” par l’association. De façon collective ou individuelle, les riverains n’écartent pas pour autant la possibilité de recourir aux services d’un avocat sur ce dossier complexe.






























