Paris, France, 10 septembre 2026. François Hollande, Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou ou Ségolène Royal... Les septuagénaires sont nombreux à ne pas vouloir décrocher de la politique quand l'âge de la retraite est largement passé. Un phénomène qui se répète et interroge sur les motivations propres à ce métier très singulier.
Il avait enjoint ses jeunes successeurs à "faire mieux", mais Jean-Luc Mélenchon n'a pas résisté à l'appel : il est le candidat des Insoumis à une présidentielle qu'il est en mesure d'aborder en meilleure position que les trois précédentes.
Il a déjà été président, avait renoncé à se représenter mais tente un retour dans la course pour 2027 sur l'air du recours pour la gauche sociale-démocrate : François Hollande publie un livre, multiplie les plateaux et assure que "si la situation l'exige", il sera candidat à l'Élysée.
Les exemples sont nombreux de ces personnalités, ultra identifiées des Français, comme aussi Michel Barnier ou Dominique de Villepin, qui comptent plus de 40 ans de vie politique mais continuent, à l'âge où tant d'autres sont très heureux d'entamer une nouvelle phase de leur vie.
A l'inverse, les contre-exemples sont rares. A l'exception des personnalités politiques touchées par des affaires et obligées de s'éclipser, on peut citer le cas emblématique de Lionel Jospin.
Premier ministre éliminé au premier tour de la présidentielle en 2002, il avait annoncé le soir-même son "retrait de la vie politique" et s'y est tenu - malgré une brève tentative de revenir en 2007, avant de renoncer, très vite, pour laisser la place à Ségolène Royal.
Il avait enjoint ses jeunes successeurs à "faire mieux", mais Jean-Luc Mélenchon n'a pas résisté à l'appel : il est le candidat des Insoumis à une présidentielle qu'il est en mesure d'aborder en meilleure position que les trois précédentes.
Il a déjà été président, avait renoncé à se représenter mais tente un retour dans la course pour 2027 sur l'air du recours pour la gauche sociale-démocrate : François Hollande publie un livre, multiplie les plateaux et assure que "si la situation l'exige", il sera candidat à l'Élysée.
Les exemples sont nombreux de ces personnalités, ultra identifiées des Français, comme aussi Michel Barnier ou Dominique de Villepin, qui comptent plus de 40 ans de vie politique mais continuent, à l'âge où tant d'autres sont très heureux d'entamer une nouvelle phase de leur vie.
A l'inverse, les contre-exemples sont rares. A l'exception des personnalités politiques touchées par des affaires et obligées de s'éclipser, on peut citer le cas emblématique de Lionel Jospin.
Premier ministre éliminé au premier tour de la présidentielle en 2002, il avait annoncé le soir-même son "retrait de la vie politique" et s'y est tenu - malgré une brève tentative de revenir en 2007, avant de renoncer, très vite, pour laisser la place à Ségolène Royal.
Temps passé
Vingt ans plus tard, cette dernière, ancienne ministre et ex-présidente de région, se jette dans la primaire social-démocrate assurant qu'elle n'a "rien à prouver" car elle n'a "pas de carrière politique à faire".
"Pendant très longtemps, il y avait en gros deux manières de quitter la politique: soit, pour le dire crûment, les pieds devant, soit on faisait un retrait progressif", décrypte pour l'AFP Étienne Ollion, sociologue au CNRS qui a consacré plusieurs travaux au personnel politique.
La mort du sénateur François Patriat fin août, deux mois à peine après son pot de départ du Sénat illustre le premier cas de figure, comme celle de Georges Pompidou alors qu'il occupait l'Élysée.
Quant au retrait progressif, il passait souvent par un repli sur le local, ce que la loi sur le non-cumul des mandats a freiné depuis 2017.
Mais au-delà, la longévité des personnalités politiques françaises s'explique selon le chercheur comme le résultat d'une réalité observable : "le temps passé pour accéder à des fonctions nationales a très largement augmenté ces dernières décennies".
Il l'explique par la nécessité de "construire des réseaux", d'acquérir de l'expérience et de "multiplier le nombre de chances d'élection" ou d'obtenir un poste dans l'exécutif tout en progressant en notoriété.
Il existe des contre-exemples aussi à cette donnée générale, au premier rang desquels Emmanuel Macron, qui a connu une ascension politique fulgurante au point d'entrer à l'Élysée avant 40 ans.
"Pendant très longtemps, il y avait en gros deux manières de quitter la politique: soit, pour le dire crûment, les pieds devant, soit on faisait un retrait progressif", décrypte pour l'AFP Étienne Ollion, sociologue au CNRS qui a consacré plusieurs travaux au personnel politique.
La mort du sénateur François Patriat fin août, deux mois à peine après son pot de départ du Sénat illustre le premier cas de figure, comme celle de Georges Pompidou alors qu'il occupait l'Élysée.
Quant au retrait progressif, il passait souvent par un repli sur le local, ce que la loi sur le non-cumul des mandats a freiné depuis 2017.
Mais au-delà, la longévité des personnalités politiques françaises s'explique selon le chercheur comme le résultat d'une réalité observable : "le temps passé pour accéder à des fonctions nationales a très largement augmenté ces dernières décennies".
Il l'explique par la nécessité de "construire des réseaux", d'acquérir de l'expérience et de "multiplier le nombre de chances d'élection" ou d'obtenir un poste dans l'exécutif tout en progressant en notoriété.
Il existe des contre-exemples aussi à cette donnée générale, au premier rang desquels Emmanuel Macron, qui a connu une ascension politique fulgurante au point d'entrer à l'Élysée avant 40 ans.
Hubris
Mais dans un pays où la confiance dans les personnalités politiques plonge étude après étude, où les invectives sont de plus en plus brutales et où les échecs sont souvent cuisants, qu'est-ce qui pousse toutes ces personnalités à résister à toutes les tempêtes ?
Nombreux sont ceux qui évoquent d'eux-mêmes une addiction. Hubris ? Pas forcément. Le pouvoir et ses satisfactions narcissiques, le confort matériel permis par les différents postes et sièges occupés - souvent très loin des rémunérations du privé - n'expliquent pas à eux seuls cette dépendance allant souvent jusqu'à la dévotion.
En conclusion de son ouvrage "The Candidates" (Oxford University Press, 2024), Étienne Ollion avance plusieurs hypothèses. La première est celle du "pouvoir de faire". Plusieurs politiciens interrogés détaillent l'euphorie d'"être en mesure de changer la vie des gens". Diriger une ville, un ministère, le pays permet de toucher bien plus massivement les Français que n'importe quel autre métier.
Une deuxième hypothèse est celle de la représentation. Une personnalité politique, par essence, parle au nom du plus grand nombre et se fait le garant de l'intérêt général, pierre angulaire de la République.
"L'autre explication qui revient souvent, c'est l'intensité de la vie politique, une espèce de sentiment de toujours faire des choses, une adrénaline, avec des montées et des descentes émotionnelles", résume le chercheur.
Nombreux sont ceux qui évoquent d'eux-mêmes une addiction. Hubris ? Pas forcément. Le pouvoir et ses satisfactions narcissiques, le confort matériel permis par les différents postes et sièges occupés - souvent très loin des rémunérations du privé - n'expliquent pas à eux seuls cette dépendance allant souvent jusqu'à la dévotion.
En conclusion de son ouvrage "The Candidates" (Oxford University Press, 2024), Étienne Ollion avance plusieurs hypothèses. La première est celle du "pouvoir de faire". Plusieurs politiciens interrogés détaillent l'euphorie d'"être en mesure de changer la vie des gens". Diriger une ville, un ministère, le pays permet de toucher bien plus massivement les Français que n'importe quel autre métier.
Une deuxième hypothèse est celle de la représentation. Une personnalité politique, par essence, parle au nom du plus grand nombre et se fait le garant de l'intérêt général, pierre angulaire de la République.
"L'autre explication qui revient souvent, c'est l'intensité de la vie politique, une espèce de sentiment de toujours faire des choses, une adrénaline, avec des montées et des descentes émotionnelles", résume le chercheur.


































