Tahiti, le 12 août 2026 –Les lauréats polynésiens du Capes sont souvent affectés en métropole pour le stage nécessaire avant leur titularisation. En 2025, sur les 75 lauréats reçus au concours, 36 ont dû partir en France. Et il en est pour qui “partir c’est financièrement difficile”. Une circulaire du ministère de l’Éducation nationale stipule pourtant que l’académie “doit” affecter en Polynésie française les fonctionnaires stagiaires qui ont enseigné au Fenua au moins 18 mois au cours des trois dernières années. Mais ministère de l’Éducation précise cependant qu’une “annexe” indique que cette affectation n’est obligatoire qu’“au regard des possibilités”.
Après avoir enseigné pendant près de dix ans, et vérifié que des postes de professeure de mathématiques étaient disponibles au Fenua, la fille d’Elma s’inscrit au Capes et réussit avec brio le concours. Pour son stage obligatoire, elle demande par courrier à la Direction générale de l’éducation et des enseignements (DGEE), ainsi qu’à l’ancien ministre de l’Éducation, la possibilité à rester au Fenua. La demande de la nouvelle lauréate est appuyée par son représentant syndical, également par courrier et par email. Mais leurs requêtes restent lettres mortes.
Quelques mois plus tard, elle apprend qu’elle est affectée à Marseille. “C'est malheureux, déplore Elma, car elle aura des problèmes financiers en métropole. On n’a pas de famille là-bas. Il lui faudra trouver un logement, un moyen de locomotion car il y a aussi la distance à prendre en compte entre son établissement et son lieu de formation.” Elle dit ne pas comprendre cette affectation puisqu’un médiateur de l’Éducation nationale, en poste notamment à Marseille, avec qui sa fille était en relation, lui a envoyé une note de service datant du 18 avril 2025 en lui disant : “Servez-vous de cette circulaire, votre académie doit vous trouver un poste.” Le document précise “les procédures de nomination et d’affectation des lauréats des concours de recrutement des personnels enseignants ou d’éducation du second degré”. Elle concerne la Polynésie française, Wallis-et-Futuna et Saint-Pierre-et-Miquelon.
Après avoir enseigné pendant près de dix ans, et vérifié que des postes de professeure de mathématiques étaient disponibles au Fenua, la fille d’Elma s’inscrit au Capes et réussit avec brio le concours. Pour son stage obligatoire, elle demande par courrier à la Direction générale de l’éducation et des enseignements (DGEE), ainsi qu’à l’ancien ministre de l’Éducation, la possibilité à rester au Fenua. La demande de la nouvelle lauréate est appuyée par son représentant syndical, également par courrier et par email. Mais leurs requêtes restent lettres mortes.
Quelques mois plus tard, elle apprend qu’elle est affectée à Marseille. “C'est malheureux, déplore Elma, car elle aura des problèmes financiers en métropole. On n’a pas de famille là-bas. Il lui faudra trouver un logement, un moyen de locomotion car il y a aussi la distance à prendre en compte entre son établissement et son lieu de formation.” Elle dit ne pas comprendre cette affectation puisqu’un médiateur de l’Éducation nationale, en poste notamment à Marseille, avec qui sa fille était en relation, lui a envoyé une note de service datant du 18 avril 2025 en lui disant : “Servez-vous de cette circulaire, votre académie doit vous trouver un poste.” Le document précise “les procédures de nomination et d’affectation des lauréats des concours de recrutement des personnels enseignants ou d’éducation du second degré”. Elle concerne la Polynésie française, Wallis-et-Futuna et Saint-Pierre-et-Miquelon.
“On doit lui trouver un poste en Polynésie”
Cette circulaire précise en effet que les lauréats qui “justifient d’une expérience professionnelle d’enseignement d’au moins 18 mois au cours des trois dernières années (hors PsyEN) bénéficient d’un maintien de droit dans l’académie où ils exerçaient en tant que contractuels”.
Quand Elma prend connaissance de cette disposition, “ça m’a rassurée”, avoue-t-elle : “ma fille et certainement d'autres lauréats rentrent dans ce critère-là et on doit leur trouver des postes en Polynésie de plein droit.”
Sauf que sa joie sera de courte durée. Localement, le ministère de l’Éducation lui fait valoir une “annexe” de cette circulaire qui précise que l’affectation demandée “de plein droit” localement n’est possible qu’“au regard des possibilités”. Pour Elma cette réserve “fait grief aux lauréats du Capes et c’est une discrimination à leur encontre car une annexe ne donne que les modalités”, estime-t-elle.
Quand Elma prend connaissance de cette disposition, “ça m’a rassurée”, avoue-t-elle : “ma fille et certainement d'autres lauréats rentrent dans ce critère-là et on doit leur trouver des postes en Polynésie de plein droit.”
Sauf que sa joie sera de courte durée. Localement, le ministère de l’Éducation lui fait valoir une “annexe” de cette circulaire qui précise que l’affectation demandée “de plein droit” localement n’est possible qu’“au regard des possibilités”. Pour Elma cette réserve “fait grief aux lauréats du Capes et c’est une discrimination à leur encontre car une annexe ne donne que les modalités”, estime-t-elle.
“Certains refusent de partir car financièrement c’est difficile”
Elma s’interroge également sur la “disponibilité réelle des postes”. Avec sa fille elles ont vu qu’il y avait au moins six postes disponibles en mathématiques qui, malheureusement, ne le sont plus aujourd’hui car ils sont occupés par “un stagiaire en renouvellement ou un contractuel (…). Après on vient dire qu'il n'y a pas de poste en maths : il y a quelque chose qui ne va pas”.
Elma fait notamment référence à une précision faite par l’actuelle ministre de l’Éducation, Samantha Bonet-Tirao, au secrétaire territorial du Snetaa-Fo, Maheanuu Routhier. La ministre y rappelle que les affectations sont de la “compétence exclusive de l’administration centrale” et que le Pays ne peut pas “modifier ou déroger”. Elle y souligne également que “aucun professeur stagiaire” de mathématiques ne sera “accueilli (…) faute de poste vacant” et qu’aucune mise à disposition ne sera acceptée car tous sont occupés de manière “pérenne par des enseignants titulaires”, limitant ainsi “très fortement les possibilités d’accueil à court terme”.
Elma regrette que les institutions du Pays et de l’État contraignent les stagiaires à partir. “Mais avec quel argent ? Avec quel moyen ?”, interroge-t-elle. Une affectation en métropole représente “énormément de dépenses ” pour le logement et parfois même à l’achat d’une voiture pour faire les trajets entre l’établissement scolaire et le lieu de formation. Et régulièrement “payer des nuits d’hôtel, parce que quand ils finissent le soir il n’y a plus de train. Et le lendemain, il faut être en poste devant les élèves”.
Pour cette mère, avec toutes ces contraintes “certains stagiaires refusent même de partir car financièrement, c'est difficile (…). Il y en a qui partent puis reviennent pour les mêmes raisons et perdent ainsi le bénéfice d’un emploi de plusieurs années”.
Aussi estime-t-elle que les institutions auraient dû faire le nécessaire pour que ces stagiaires fassent leur stage au Fenua, leur évitant ainsi “tous ces problèmes financiers et de logement. Cela les aurait aussi aidés à réussir leur formation. Mais il semble que l’on préfère un contractuel qui est moins payé à une stagiaire. On profite un peu d’eux”, accuse-t-elle.
Elma fait notamment référence à une précision faite par l’actuelle ministre de l’Éducation, Samantha Bonet-Tirao, au secrétaire territorial du Snetaa-Fo, Maheanuu Routhier. La ministre y rappelle que les affectations sont de la “compétence exclusive de l’administration centrale” et que le Pays ne peut pas “modifier ou déroger”. Elle y souligne également que “aucun professeur stagiaire” de mathématiques ne sera “accueilli (…) faute de poste vacant” et qu’aucune mise à disposition ne sera acceptée car tous sont occupés de manière “pérenne par des enseignants titulaires”, limitant ainsi “très fortement les possibilités d’accueil à court terme”.
Elma regrette que les institutions du Pays et de l’État contraignent les stagiaires à partir. “Mais avec quel argent ? Avec quel moyen ?”, interroge-t-elle. Une affectation en métropole représente “énormément de dépenses ” pour le logement et parfois même à l’achat d’une voiture pour faire les trajets entre l’établissement scolaire et le lieu de formation. Et régulièrement “payer des nuits d’hôtel, parce que quand ils finissent le soir il n’y a plus de train. Et le lendemain, il faut être en poste devant les élèves”.
Pour cette mère, avec toutes ces contraintes “certains stagiaires refusent même de partir car financièrement, c'est difficile (…). Il y en a qui partent puis reviennent pour les mêmes raisons et perdent ainsi le bénéfice d’un emploi de plusieurs années”.
Aussi estime-t-elle que les institutions auraient dû faire le nécessaire pour que ces stagiaires fassent leur stage au Fenua, leur évitant ainsi “tous ces problèmes financiers et de logement. Cela les aurait aussi aidés à réussir leur formation. Mais il semble que l’on préfère un contractuel qui est moins payé à une stagiaire. On profite un peu d’eux”, accuse-t-elle.
Pas étonnant qu’il y ait des jeunes qui craquent”
Au-delà des problèmes financiers, Elma insiste surtout sur les conséquences psychologiques de telles situations. Effectivement, tout comme la fille d’Elma, beaucoup de nouveaux lauréats du Capes ont exercé dans l’enseignement depuis de nombreuses années avant de décrocher le sésame du Capes… mais ils n’ont pas les moyens de partir et “n’ont d’autres choix que d’abandonner. Ce n’est pas étonnant qu’il y ait des jeunes qui craquent, qui reviennent écœurés et décrochent du système et de la société avec les problèmes qu’on connaît et qui arrivent ensuite”, regrette Elma.
D’autant, ajoute-t-elle, que leur retour au Fenua n’est pour certains pas toujours garanti puisque de plus en plus de poste sont occupés par des Polynésiens. “Psychologiquement pour certains c’est trop. Ils ont tellement rêvé, travaillé pour décrocher ce concours et au bout d’un moment ce n’est plus possible (…) alors que pendant des années on les a reconnus comme de bons enseignants. Puis on les fait partir. On les abandonne sans aucun soutien, ni matériel, ni psychologique.”
Un abandon souvent vécu par les stagiaires comme “une véritable rupture, une meurtrissure et l’effondrement d’une vocation”.
D’autant, ajoute-t-elle, que leur retour au Fenua n’est pour certains pas toujours garanti puisque de plus en plus de poste sont occupés par des Polynésiens. “Psychologiquement pour certains c’est trop. Ils ont tellement rêvé, travaillé pour décrocher ce concours et au bout d’un moment ce n’est plus possible (…) alors que pendant des années on les a reconnus comme de bons enseignants. Puis on les fait partir. On les abandonne sans aucun soutien, ni matériel, ni psychologique.”
Un abandon souvent vécu par les stagiaires comme “une véritable rupture, une meurtrissure et l’effondrement d’une vocation”.

































