Des pêcheurs côtiers et lagonaires des cinq archipels sont consultés dans le cadre du diagnostic préalable à l’élaboration du futur schéma directeur de ces deux filières (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 29 septembre 2026 – La DRM achève une tournée de concertations auprès des pêcheurs côtiers et lagonaires de Tahiti et des îles. Ce mardi, rendez-vous était donné à Tautira, où les usagers ont exprimé leurs difficultés et leurs attentes. Un diagnostic qui doit servir à l’élaboration du premier schéma directeur de la pêche côtière et lagonaire en Polynésie française.
Une quinzaine de personnes ont bravé le vent et la pluie, ce mardi matin, pour assister à une réunion à l’initiative de la Direction des ressources marines (DRM) à Tautira, village de pêcheurs aussi connu pour sa Zone de pêche réglementée (ZPR) en vigueur depuis 2018. Après la pêche côtière la veille, à Taravao, c’était au tour des pêcheurs lagonaires d’être consultés sur l’avenir de la filière. Tahiti, Moorea ou encore Raiatea, mais aussi les Tuamotu, les Gambier, les Australes et les Marquises, tous les archipels sont concernés par cette tournée lancée fin juin et qui devrait s’achever entre octobre et novembre au terme d’une trentaine de rencontres.
Une quinzaine de personnes ont bravé le vent et la pluie, ce mardi matin, pour assister à une réunion à l’initiative de la Direction des ressources marines (DRM) à Tautira, village de pêcheurs aussi connu pour sa Zone de pêche réglementée (ZPR) en vigueur depuis 2018. Après la pêche côtière la veille, à Taravao, c’était au tour des pêcheurs lagonaires d’être consultés sur l’avenir de la filière. Tahiti, Moorea ou encore Raiatea, mais aussi les Tuamotu, les Gambier, les Australes et les Marquises, tous les archipels sont concernés par cette tournée lancée fin juin et qui devrait s’achever entre octobre et novembre au terme d’une trentaine de rencontres.
Cap sur le premier schéma directeur
Pas de bonne ou de mauvaise réponse, ni de décision : il s’agit de recueillir les avis des uns et des autres, en sachant que chaque île, voire chaque commune, a ses spécificités. “Ce sont des réunions de concertation : on donne la parole aux pêcheurs pour établir leurs réalités et leurs problématiques actuelles, et comment ils voient l’évolution de leur métier”, explique Alexandra Grand, chargée de projet à la DRM, accompagnée de Julius Mana, agent instructeur et contrôleur. Dans la continuité de ce diagnostic, c’est la création d’un schéma directeur de la pêche côtière et de la pêche lagonaire qui se profile : “C’est un document qui vise à établir les grands axes de développement de ces deux filières, qui sont traitées ensemble car ce sont des filières artisanales. Il existe un schéma directeur de la pêche hauturière, établi en 2017 et en cours de révision, mais c’est la première fois pour la pêche lagonaire et côtière.”
“Quels sont les rôles de ces filières dans la société et comment les faire perdurer ? Qu’est-ce qui fonctionne ou qui ne fonctionne pas ?” C’est tout l’enjeu de ces rencontres de terrain sur fond de gestion durable en faveur de l’autonomie alimentaire. Qualité des produits, coûts et charges, conflits d’usage, réglementation ou encore aménagement, les sujets sont nombreux. À Tautira, il a notamment été question de la gestion des ressources, certains évoquant “moins de poissons” et “plus de pêcheurs”, d’autres soulignant une pêche de nuit “plus rentable” et des filets “trop efficaces”. Le statut de pêcheur professionnel a également été interrogé, à l’égard des salariés et des retraités comme de la vente en bord de route.
En 2024, en Polynésie française, la pêche côtière totalisait 344 navires actifs (bonitiers et poti mārara) et 1.792 pêcheurs lagonaires étaient détenteurs d’une carte valide délivrée par la Chambre d’agriculture et de pêche lagonaire (CAPL), mais le nombre de personnes pratiquant cette activité, que ce soit pour de l’autoconsommation ou comme source de revenus, est beaucoup plus important.
Nero Tehaamoana, pêcheur lagonaire de Tautira : “Je tenais à participer”
“J’apprécie la démarche, parce que ça nous permet de savoir où le Pays en est par rapport à nous. Je tenais à participer pour contribuer à améliorer les choses. On a abordé différentes questions. Pour ma part, ça fait longtemps que je pêche et je vois qu’au niveau de la ressource, ce n’est plus comme avant... Je pratique la chasse sous-marine et je vends moi-même mon poisson : je descends à Papeete le samedi soir pour être prêt le dimanche matin. C’est un métier fatiguant et difficile que je n’ai pas inculqué à mon fils. C’est un mode de vie qui n’est pas évident entre le coût du matériel et le fait qu’il y a de moins en moins de poissons.”






























