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Les leçons du collectif selon Géros


Tahiti, le 3 septembre 2026 – Au lendemain de l’adoption du collectif 3, Antony Géros veut retenir la méthode : discuter, amender et trouver des compromis dans une assemblée sans majorité. Une méthode qu’il appelle à prolonger en amont des textes, même si les groupes avaient décliné les réunions proposées par Moetai Brotherson avant le collectif. Géros rappelle en retour la circulaire limitant les échanges directs entre ministres et élus : “Il faut choisir”. Il reste néanmoins plus prudent sur l’absence du président du Pays pendant les débats, préférant s’en tenir à sa casquette de président de l’assemblée et arbitre des échanges.

 
Après avoir été “détricoté” puis “retricoté” pendant une nuit entière, le collectif budgétaire a finalement été adopté mercredi matin à l’unanimité. Antony Géros y voit moins une victoire de l’opposition majoritaire qu’une démonstration de ce que devrait désormais être le travail entre Tarahoi et le gouvernement. “Les amendements sont là pour améliorer le document, pas pour bloquer le gouvernement”, insiste le président de l’assemblée.
 
À ses yeux, la leçon devra surtout être retenue pour le prochain gros rendez-vous : le budget primitif 2027. Géros plaide pour que les arbitrages commencent bien avant l’arrivée du texte dans l’hémicycle, avec des échanges en commission entre ministres et élus et une véritable prise en compte de leurs propositions. Le collectif a montré, selon lui, que le compromis était possible, au prix parfois de longues heures de travail pour les services du Pays et de l’assemblée.
 
Reste que le dialogue en amont a déjà connu quelques ratés. Avant l’examen du collectif, Moetai Brotherson avait invité les groupes politiques à la présidence pour tenter de déminer le terrain. Une main tendue que Géros remet en perspective avec la consigne donnée auparavant par le chef du gouvernement à ses ministres de ne pas recevoir directement les élus sans passer par la présidence. “Il faut choisir”, tranche-t-il. “Nous sommes dans une démocratie. Les représentants doivent pouvoir rencontrer directement les ministres, dans leurs domaines de compétence, pour échanger avec eux.”
 
“Moi, je suis président de l’assemblée”
 
Et Moetai Brotherson dans tout ça ? Vendredi encore, Tavini, Tapura et non-inscrits avaient réclamé son retour de Palau avant d’accepter finalement d’examiner le collectif sans lui. Après une nuit de débats saluée pour son climat plus serein, certains élus ont même ironisé sur le fait que les échanges s’étaient finalement beaucoup mieux déroulés sans le président du Pays.
 
Antony Géros, lui, se garde bien de reprendre l’argument. Interrogé jeudi sur le fait de savoir si l’absence de Moetai Brotherson avait finalement été bénéfique aux débats, il sourit et botte en touche : “Moi, je suis président de l’assemblée”. Même prudence lorsqu’on lui demande si ce changement de méthode et les compromis trouvés sur le collectif éloignent désormais la perspective d’une motion de défiance. “Il faut poser la question à chaque groupe”, répond-il, préférant là encore sa casquette de locataire du perchoir à celle de d’élu Tavini.
 
Une façon de ne pas s’aventurer davantage sur le terrain Brotherson, tout en envoyant un message limpide au chef du gouvernement : après la perte de sa majorité, le budget 2027 ne pourra plus se construire comme avant.

Rédigé par Stéphanie Delorme le Jeudi 3 Septembre 2026 à 17:00 | Lu 392 fois