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Les doctorants présentent leurs découvertes



PUNAAUIA, le 2 mai 2017 - Les doctoriales ont commencé ce mardi à l'université. Cet événement annuel permet au grand public de découvrir les travaux de ces élèves-chercheurs, qui font avancer notre connaissance collective sur nos îles, nos sociétés et la science.

Cette semaine ça bouillonne à l'Université de la Polynésie française. 33 doctorants de l'institution présentent leurs travaux au public et à un jury de professeurs, l'occasion de diffuser la pointe de la recherche universitaire locale aux étudiants de l'UPF et à toute personne intéressée.

Et il y en a pour tous les goûts : ethnologie (les symboles mā'ohi dans la liturgie catholique locale), économie (le coût du protectionnisme), droit, physique (tourbillons aux Marquises), biologie (l'influence de l'introduction du chat dans un écosystème, à découvrir ce jeudi)…

Les exposés continuent ces mercredi et jeudi matin dans l'amphi A3 de l'UPF. Le programme est à retrouver sur le site de l'institution. Les après-midis, ce sont les étudiants en première année de doctorat qui présenteront des posters résumant leurs premiers axes de recherche. Nous avons assisté aux présentations du mardi matin. Petit résumé de l'état de l'art dans la recherche polynésienne…


Jean-François Gay : comment le protectionnisme coule notre économie
C'est un exercice périlleux que de résumer quatre ans de recherches économique en quelques lignes. Dans sa présentation, Jean-François Gay commencer par démontrer comment le protectionnisme économique impacte négativement la productivité, les prix et l'emploi des petites économies insulaires (dont la Polynésie française). Le futur économiste s'attarde ensuite sur les raisons qui permettent à ce système de perdurer.
Ainsi des entretiens avec plus de 400 consommateurs locaux montrent que la majorité d'entre eux, habitués aux prix élevés, sont même favorables au protectionnisme croyant qu'il protège nos emplois. Pendant ce temps, les élites économiques profitent de marges anormalement élevées et militent pour le maintien des barrières qui protègent leurs marchés, et les élites politiques profitent d'impôts "indolores", pas trop impopulaires et faciles à moduler.
L'étudiant propose également un scénario pour commencer à sortir du protectionnisme à outrance : baisser les droits de douanes de moitié et n'en collecter que 20 milliards de francs au lieu de 40 milliards par an. La différence serait compensée par un effet volume (les importations augmenteraient, donc les taxes aussi) et par une augmentation de la CST sur les hauts revenus. L'impact sur le pouvoir d'achat serait neutre en général, et positif pour les plus pauvres…


Hirohiti Raapoto : modélisation de tourbillons aux Marquises
Le scientifique s'intéresse à la physique (et un peu à la biologie) de l'océan autour des îles Marquises. Grâce à un modèle informatique, il arrive à représenter les "effets d'île", quand les courants océaniques profonds percutent les montagnes sous-marines dont nous habitons les sommets et remontent leurs flancs. Derrière les îles, les modèles confirment les observations satellite : des tourbillons géants, jusqu'à 25 kilomètres de large, se forment et brassent les eaux de surface avec les eaux profondes. Tous ces phénomènes sont capitaux pour apporter des nutriments en surface et créer des hotspots de plancton, qui alimentent poissons, pêcheurs et mammifères marins.


Cédric Vidal : le droit social à l'heure de l'ubérisation de la société
Avec la crise, 15 000 emplois salariés ont disparu. En même temps, la Polynésie n'a pas connu de troubles sociaux majeurs, le nombre de contrôles de l'inspection du travail a fortement baissé, alors que le nombre de demandes de requalification de contrats de patentés en emplois salariés au tribunal a explosé. Le chercheur émet l'hypothèse que les Polynésiens se sont résignés à la situation… ou plus probablement que les fraudes et le travail déguisé ont considérablement augmenté.
Pour sa thèse en droit, Cédric Vidal s'attarde donc sur la définition légale d'un contrat de travail (très difficile à démontrer en justice) et étudie les pistes qui pourraient permettre de simplifier les requalifications. Il propose aussi de créer un contrat de travail de "para-subordonné" adapté à ces patentés voulant rester à leur compte. Adapter la loi à "l'ubérisation" du travail ouvrirait aux travailleurs indépendants les mêmes droits à l'assurance santé ou à la retraite que les salariés.


Maheata White : Le haut débit et de développement des îles
La jeune doctorante n'est qu'au début de ses travaux. Mais elle ouvre sa présentation sur une constatation saisissante : le numérique apporte déjà des gains de productivité équivalents à ceux de l'arrivée de l'électricité, et c'est loin d'être terminé. Pour nos îles, elle a analysé le nombre de connections internet dans les petits états insulaires et l'a comparé à leur richesse. La correspondance est frappante : "on part du constat que les pays riches sont beaucoup mieux connectés, mais nous avons l'hypothèse que la connexion participe aussi au développement d'un pays. Maintenant on ne sait pas trop à quel point l'un influence l'autre, c'est l'objet de mes travaux. Aujourd'hui on voit partout dans le monde que les gouvernements investissent dans l'aménagement des territoires. C'est important et ils ont conscience que le numérique est le nouvel Eldorado. Et en Polynésie, le fait d'être isolé nous donne intérêt à nous connecter beaucoup plus rapidement. Demain il faudra une connexion à 100 mégas pour la télémédecine, et même à un gigabit pour la réalité virtuelle…"


Vahine Rurua : la pêche aux temps pré-européens
Comment connaitre le régime alimentaire et les techniques de pêche de nos ancêtres ? C'est le travail des archéologues ! Justement, Vahine Rurua étudie un site de fouilles aux Marquises, à Hane sur l'île de Ua Huka, pour le découvrir. En étudiant les restes de poissons sur 2m60 de profondeur, elle dévoile la vie quotidienne des Polynésiens des années 900… À l'époque dans le village qui occupait les lieux, on pêchait à la ligne, au filet et même au leurre depuis la plage et le tombant pour attraper des petite carangues, des scrombridae et des petits bonitiers passant près des côtes. Le poisson formait l'essentiel de l'alimentation de ces tupuna.


Ronny Teriipaia-Naia : traditions mā'ohi et iconographie du culte catholique
Le jeune ethnologue s'est rendu dans les lieux de culte catholique polynésiens pour étudier leurs vitraux, tabernacles et autres hôtels pour voir comment l'église s'est adaptée aux traditions polynésiennes. Photos à l'appui, il montre comment la production artistique à connotation locale a explosé dans les années 90, comment le Mahi Mahi en est venu à représenter l'agneau, la tortue à représenter la parole de dieu, comment le Christ est représenté en ari'i ou en grand prêtre… Il nous explique sa démarche : "j'étudie la transmission des valeurs et traditions mā'ohi à travers les arts visuels, et les églises regorgent justement d'art pictural et d'objets. L'explosion des années 90 s'explique, je pense, par la renaissance des langues polynésiennes, leur mise en valeur. Ça a commencé dès les années 80 avec l'explosion du tatouage. Il a aussi fallu l'ordination de différents prêtres polynésiens dans les années 50, très attachés à la culture. Ces éléments traditionnels polynésiens dans les lieux de culte n'ont d'ailleurs pas toujours été très bien perçus par la population, notamment l'introduction de divinités dans les églises. Le peuple polynésien n'est pas encore prêt pour ce type de représentations. Pour d'autres symboles, comme le Christ représenté en ari'i, ils sont d'accord dès qu'on leur explique. Je constate que les prêtres et artistes n'expliquent pas toujours assez le sens des symboles qu'ils utilisent, et que la population n'a plus cette connaissance des mythes et des traditions."

Raphaël Richter-Gravier : Te Manu dans les légendes du Pacifique
Cet étudiant néo-zélandais "prêté" à l'UPF étudie les textes de mythes et légendes anciennes à la recherche des oiseaux. Il a trouvé 230 récits, venant de tout le triangle polynésien et même des 18 îles polynésiennes en Micronésie et en Mélanésie, où un oiseau tient un rôle. Il compare ensuite ces contes et la façon dont ils se sont transmis entre les îles et comment ils ont évolué. Car les morales changent, et même les espèces. Entre les oiseaux de Aotearoa et ceux de Hawaii, il y a un océan et peu d'espèces communes. Mais les histoires, elles, s'adaptent et perdurent…

Rédigé par Jacques Franc de Ferrière le Mardi 2 Mai 2017 à 17:50 | Lu 3465 fois

Tags : DOCTORIALES, UPF






1.Posté par DIKé le 03/05/2017 15:42 | Alerter
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Chacun de ces sujets mériterait un article distinct. Celui sur le protectionnisme vaut son pesant de cacahuétes. Quel protectonnisme en Polynésie? . Importations de fruits et légumes ( ISTAT).. pour 8 milliards de Fcfp par an.Fruits et légumes importés que peuvent acheter dans les commerces, les 9000 fonctionnaires et assimilés et les salariés des sociétés semi publiques. Et 50. 000 personnes, au bas mot, qui glandent, ne produisent rien, et NE CONSOMMENT PAS, si des PPN, sucre blanc, riz blanc, poulet blanc, de l'alcool, des non-aliments, ce qu'il y a de moins cher et de mieux mourir à petit feu. ... Pas de revenus du travail , pas de consommation, du troc , de la survie.. ... 280.000 habitants, 200.000 qui regardent en attendant . Même le lait de coco importé de Thaïlande. Vive la mondialisation Mr Gay.
Un massacre organisé.

2.Posté par JFG le 03/05/2017 20:16 | Alerter
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Cher DIKé, je tiens à ajouter deux ou trois choses sur ce qui a été écrit par Tahiti Info:
à aucun moment je n'ai dit qu'il fallait arrêter de protéger tout ce qui concerne la culture polynésienne, je dis simplement qu'il serait plus bénéfique pour la société polynésienne que certains produits locaux, du terroir local comme le lait de coco par exemple soit protégés via des subventions et non par des taxes (protéger par une taxe ou par une subvention cela revient au même, du moment que c'est protégé, mais une taxe coûte plus cher à la société qu'une subvention, voir Krugman (2012)).
En ce qui concerne un bon nombre de taxes sur des produits comme l'électroménager, les automobiles etc là je pense qu'il est clair qu'il faudrait les enlever.
Maintenant vous me parlez des gens qui n'ont pas d'emploi: nous sommes bien d'accord que le taux de chômage en PF est très élevé: malgré les barrières tarifaires et non tarifaires, le chômage est de 23 % environ, preuve que ces barrières ne créent pas beaucoup d'emplois! (ça peut même être l'inverse, 20% des emplois dans l'industrie ont été détruits depuis 2005).
Nos recommandations sont donc justement destinées à essayer de recréer de l'emploi en P...

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