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Le Salon du livre et ses “Révolutions”


Tahiti, le 13 octobre 2026 - La 26e édition du Salon du livre ouvrira ses portes du 15 au 20 octobre à la Maison de la culture - Te Fare Tauhiti Nui. Cet événement va inviter le public à explorer les “multiples visages” des “Révolutions”. Un thème proposé par l’association Littéramā’ohi et qui permettra d’aborder plusieurs sujets tels que le “renouveau culturel” et le pouvoir des livres pour “libérer les consciences, les mentalités”.
 
“Révolutions” est le thème de la 26e édition du Salon du livre, organisé par l’association des éditeurs de Tahiti et des îles (AETI). Un thème proposé par l’association Littéramā’ohi et qui “est très agréable à travailler”, assure le président de l’AETI et éditeur d’Aux vents des îles Christian Robert. “Et puis ça va être intéressant”, dit-il.
 
Ce thème sera abordé sous différents angles tels que le numérique, l'intelligence artificielle ou encore le renouveau culturel et linguistique. Ainsi, Marguerite Lai animera une table ronde relative au renouveau de la danse. Mirose Paia, maître de conférence en linguistique océanienne à l’université, fera état du renouveau de la langue, et Toti Teikiehuupoko, directeur de l’Académie marquisienne, abordera le renouveau culturel marquisien.

“Il y a une richesse d'écriture en Océanie”

Christian Robert fait également le constat qu’il y a de plus en plus de Polynésiens qui écrivent “leur histoire”. Il cite notamment Littéramā’ohi qui, l'an dernier, a publié Rehia Tepa, Valérie Murat ou encore Leila Lissant Ercoli. “Il y a de la production. Il y a une richesse d'écriture en Océanie”, assure-t-il et, selon lui, l’association des éditeurs de Tahiti et des îles est aujourd’hui “un carrefour littéraire en Océanie”. Il fait référence aux différents invités de cette année comme la Maori Briar Grace Smith, l’Indo-Fidjienne Nilima Rao ou encore Russel Soaba de Papouasie Nouvelle-Guinée.
 
“C'est le renouveau culturel et la prise en main pour soi de la littérature, qui est un outil qui a été apporté par les autres, mais qui est celui des Océaniens aujourd'hui. Il y en a de plus en plus qui écrivent, ce n'est pas par hasard, c'est parce que cet outil, c'est le leur, et que c'est un outil qui reste. Ce n'est pas une parole dans le vent, ce sont des choses qui restent.”

“Révolutions, l'ADN même de notre association”

“Révolutions” est un thème fort. Percy Neagle, secrétaire adjoint de l’association Littéramā’ohi, explique qu’ils ont choisi ce thème car “le livre a été pendant un long moment un outil qui a été censuré car il a un pouvoir, celui de changer les choses et de les faire évoluer”.
 
Le trésorier adjoint de Littéramā’ohi, Rehia Tepa, ajoute que ce thème est “l'ADN même de notre association, où, justement, on essaie de faire avancer les choses, de libérer les consciences, les mentalités”.
 
Percy Neagle rappelle d’ailleurs que l’étymologie de révolution signifie “un retour au départ donc un retour à zéro. Aujourd’hui, quand on parle de révolution, on pense généralement à des révolutions assez violentes où on brûle tout, on casse tout”. Il ajoute que Littéramā’ohi a exploré “les multiples visages” de ce thème tels que la révolution écologique, les révolutions intimes ou encore psychologiques. Pour Percy Neagle, le Salon du livre est aussi l’occasion “d'ouvrir et de parler d'autres genres de révolutions. Pas juste la révolution agressive car il y a aussi des révolutions au niveau des libertés”.
 
Pour Rehia Tepa, l’association est même “précurseur” dans son choix. “Les révolutions, ça a commencé avec les lycéens en France, un mouvement qui est en train de prendre de l'ampleur. Même dans d'autres pays, il y a des révolutions qui apparaissent. C'est carrément dans l'air du temps.”
 
Enfin, autre révolution, littéraire cette fois : l’ouverture par Littéramā’ohi d’une rubrique intitulée Vevo Fenua, qui est “une révolution symbolique au niveau autochtone du rattachement à sa terre. Elle fait suite à un atelier d’écriture, à Te Pari, où nous avons renforcé et solidifié notre lien avec notre terre et notre ancrage culturel”, précise Rehia Tepa.

Vaitua Tokoragi, directeur de la Maison de la culture – Te Fare Tauhiti Nui “La lecture, un acte de citoyenneté”

“La lecture est un acte de citoyenneté parce que le livre donne tous les moyens et les outils nécessaires à une personne de grandir et avoir le sens du discernement et gagner en maturité. J'ai eu le privilège d'accéder au livre très tôt par le biais de mes parents et ça m'a permis de mûrir et de grandir plus rapidement, mon père m'a initié très, très tôt au livre. La lecture publique doit être vue aussi bien comme un droit pour permettre l'accès à chacun d'entre nous, mais aussi un devoir pour nous de rendre cette lecture accessible à tous. La Maison de la culture investit énormément autour de ce plan de lecture publique depuis quelques années, aussi bien intra-muros qu'en dehors, et on ne va pas s'arrêter là.
 
Le dernier rapport du Centre national de lecture constate qu'il y a de moins en moins de lecteurs à l'échelle nationale, ils vont de moins en moins en bibliothèque. Nous, en revisitant le format en bibliothèque, on constate, à l’inverse, qu’il y a de plus en plus de jeunes lecteurs, et de parents qui viennent en bibliothèque, et on a de plus en plus d'emprunts. Cette année, on atteindra bientôt les 90 000 emprunts à l'année contre une cinquantaine de mille il y a quelques années, à titre d'exemple. La lecture publique à TFTN, c'est un investissement de 20 millions à l'année à peu près. C'est un investissement financier, mais on le retrouve dans le levier humain et de citoyenneté.”
 

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Mardi 13 Octobre 2026 à 19:38 | Lu 179 fois