Tahiti, le 30 juillet 2026 - Alors que le haut-commissaire a été saisi par A Here ia Porinetia au titre du contrôle de légalité, la participation du Port autonome de Papeete au financement de trois ATR 72-600 pour Air Moana est désormais définitivement validée. Une opération de défiscalisation de 225 millions de francs que le gouvernement assume, tout en reconnaissant que le recours des établissements publics à ce type de montage soulève encore des interrogations.
Le dossier franchit une nouvelle étape. Publiée mercredi au Journal officiel de la Polynésie française, la délibération adoptée le 9 juillet par le conseil d'administration du Port autonome est devenue exécutoire le 27 juillet. Elle autorise l'établissement public à verser à la société Natireva, exploitante d'Air Moana, un apport en compte courant non rémunéré de 225 millions de francs destiné au financement de trois ATR 72-600, dans le cadre du dispositif de défiscalisation des investissements. En contrepartie, le Port bénéficiera du crédit d'impôt prévu par la réglementation.
Son entrée en vigueur intervient quelques jours seulement après la saisine du haut-commissaire par le groupe A Here ia Porinetia. Nuihau Laurey conteste le recours à un établissement public pour financer une telle opération et estime que ce montage entraînera près de “300 millions de perte de recettes fiscales pour le budget général” de la Polynésie.
Sans remettre en cause le principe d'un soutien à Air Moana, il demande que ce dernier intervienne dans le respect des procédures prévues par la loi. Le groupe a également saisi la Chambre territoriale des comptes et demandé au représentant de l'État d'exercer son contrôle de légalité, voire, si nécessaire, de déférer la délibération devant le tribunal administratif.
“Un bon père de famille”
Le gouvernement assume, lui, pleinement cette opération. Contacté par Tahiti Infos, le ministre de l'Économie et des Finances, Warren Dexter, juge “excessifs” les reproches formulés par Nuihau Laurey lorsqu'il évoque un interventionnisme du Pays. “C'est un cabinet de défiscalisation qui a contacté le Port pour proposer cette opération”, explique-t-il, réfutant l'idée d'une initiative pilotée par l'exécutif.
Administrateur du Port autonome, le ministre reconnaît en revanche avoir voté en faveur de la délibération. “J'ai voté pour, en bon père de famille, puisque ça permet au Port de faire 75 millions d'économie d'impôts”, indique-t-il, estimant que l'opération présente un intérêt financier pour l'établissement public. Il reconnaît en revanche que Nuihau Laurey “a raison” lorsqu'il rappelle que le Port dispose aujourd'hui d'importantes ressources, notamment grâce à la taxe de péage.
Pour autant, le débat ne semble pas totalement clos au sein même de l'administration. Selon nos informations, des vérifications sont actuellement en cours sur la possibilité, pour un établissement public comme le Port autonome, de participer à ce type de montage de défiscalisation. Un point qui pourrait alimenter les échanges autour du contrôle de légalité demandé par A Here ia Porinetia.
Sollicité par Tahiti Infos, le haut-commissariat n'avait pas encore réagi jeudi. La suite qu'il réservera à la saisine de A Here ia Porinetia sera désormais particulièrement scrutée. Car si la délibération est désormais exécutoire, le dossier pourrait encore connaître un nouvel épisode sur le terrain juridique.
Le dossier franchit une nouvelle étape. Publiée mercredi au Journal officiel de la Polynésie française, la délibération adoptée le 9 juillet par le conseil d'administration du Port autonome est devenue exécutoire le 27 juillet. Elle autorise l'établissement public à verser à la société Natireva, exploitante d'Air Moana, un apport en compte courant non rémunéré de 225 millions de francs destiné au financement de trois ATR 72-600, dans le cadre du dispositif de défiscalisation des investissements. En contrepartie, le Port bénéficiera du crédit d'impôt prévu par la réglementation.
Son entrée en vigueur intervient quelques jours seulement après la saisine du haut-commissaire par le groupe A Here ia Porinetia. Nuihau Laurey conteste le recours à un établissement public pour financer une telle opération et estime que ce montage entraînera près de “300 millions de perte de recettes fiscales pour le budget général” de la Polynésie.
Sans remettre en cause le principe d'un soutien à Air Moana, il demande que ce dernier intervienne dans le respect des procédures prévues par la loi. Le groupe a également saisi la Chambre territoriale des comptes et demandé au représentant de l'État d'exercer son contrôle de légalité, voire, si nécessaire, de déférer la délibération devant le tribunal administratif.
“Un bon père de famille”
Le gouvernement assume, lui, pleinement cette opération. Contacté par Tahiti Infos, le ministre de l'Économie et des Finances, Warren Dexter, juge “excessifs” les reproches formulés par Nuihau Laurey lorsqu'il évoque un interventionnisme du Pays. “C'est un cabinet de défiscalisation qui a contacté le Port pour proposer cette opération”, explique-t-il, réfutant l'idée d'une initiative pilotée par l'exécutif.
Administrateur du Port autonome, le ministre reconnaît en revanche avoir voté en faveur de la délibération. “J'ai voté pour, en bon père de famille, puisque ça permet au Port de faire 75 millions d'économie d'impôts”, indique-t-il, estimant que l'opération présente un intérêt financier pour l'établissement public. Il reconnaît en revanche que Nuihau Laurey “a raison” lorsqu'il rappelle que le Port dispose aujourd'hui d'importantes ressources, notamment grâce à la taxe de péage.
Pour autant, le débat ne semble pas totalement clos au sein même de l'administration. Selon nos informations, des vérifications sont actuellement en cours sur la possibilité, pour un établissement public comme le Port autonome, de participer à ce type de montage de défiscalisation. Un point qui pourrait alimenter les échanges autour du contrôle de légalité demandé par A Here ia Porinetia.
Sollicité par Tahiti Infos, le haut-commissariat n'avait pas encore réagi jeudi. La suite qu'il réservera à la saisine de A Here ia Porinetia sera désormais particulièrement scrutée. Car si la délibération est désormais exécutoire, le dossier pourrait encore connaître un nouvel épisode sur le terrain juridique.


































