Tahiti, le 18 septembre 2026 – Après onze ans au Palais du Luxembourg, Lana Tetuanui brigue un troisième mandat, mais refuse de se considérer comme favorite d’un scrutin qui n’est selon elle “jamais acquis”. La sénatrice sortante veut poursuivre son travail en faveur des communes et défend cette fois un nouveau tandem avec Édouard Fritch. Un binôme qu’elle refuse de voir dissocié dans les urnes : à ceux qui prônent le panachage, elle reproche de ne pas avoir de “programme de travail” commun et les renvoie à leurs propres échéances électorales.
Vous briguez un troisième mandat et vous apparaissez comme l’une des favorites de ce scrutin. Après onze années au Sénat, qu’avez-vous encore envie d’y accomplir ?
“Une élection n’est jamais acquise. Il faut plutôt regarder le bilan et, je le dis en toute modestie et avec beaucoup d’humilité, c’est le travail fourni qui fera le choix des grands électeurs le 27 septembre. J’ai encore de l’énergie pour faire aboutir quelques sujets. Il faut notamment clarifier les interventions respectives de l’État et de la Polynésie dans la modification de l’article 43-2 du statut. Il y a aussi les nouvelles prérogatives données aux policiers municipaux. Le Sénat a déjà voté le texte et nous attendons désormais le vote de l’Assemblée nationale. Je suis convaincue que, si tout se passe bien, cette loi pourra être promulguée à partir de janvier prochain. Je veux également continuer à me battre pour nos fonctionnaires polynésiens qui se trouvent dans l’Hexagone et souhaitent pouvoir revenir servir dans l’administration de la Polynésie française.”
Vous avez beaucoup travaillé sur les communes au cours de vos deux premiers mandats. Quel chantier reste aujourd’hui inachevé pour les élus municipaux polynésiens ?
“Nous avons beaucoup fait avancer les textes sur les communes. Le Sénat est la chambre des collectivités locales. Il y a le statut de l’élu et la reconnaissance du travail quotidien mené sans relâche par nos élus municipaux, pas seulement les maires, mais aussi les adjoints, les maires délégués et les conseillers municipaux. Il faut également revoir la rémunération de nos fonctionnaires communaux. J’ai porté au Parlement le statut de la fonction publique communale et, aujourd’hui, les communes montent en puissance. Elles ont besoin de cadres, notamment de catégorie A, et nous avons un problème de rémunération. Il faut travailler sur une différenciation de la grille indiciaire pour pouvoir maintenir ces cadres dans nos communes. Aujourd’hui, il y a beaucoup de mobilité : certains agents préfèrent partir dans le privé ou rejoindre la fonction publique territoriale.
Il faut aussi tenir compte de la réalité de nos îles. Être maire d’une commune de 300 habitants ou de plus de 30 000 habitants n’est évidemment pas la même chose, alors que les obligations imposées par le Code général des collectivités territoriales sont les mêmes. La mission qui m’attend, c’est donc aussi de faire reconnaître cette réalité et de donner davantage de liberté à nos tāvana. Si un maire veut, par exemple, créer une crèche, même sans demander de moyens au Pays, il faut aujourd’hui composer avec la répartition des compétences issue de notre statut d’autonomie. Il faut trouver cet équilibre et laisser un peu plus d’autonomie aux élus communaux.”
Vous avez siégé pendant six ans avec Teva Rohfritsch, avec qui vous dites avoir bien travaillé. Cette fois, le Tapura présente Édouard Fritch à vos côtés. Qu’est-ce que ce nouveau binôme peut apporter de différent au Sénat ?
“Je veux faire une petite rétrospective. En 2015, j’étais en duo avec Nuihau Laurey. Puis il y a eu les choix politiques de chacun. C’est aussi le cas avec Teva Rohfritsch. Je ne remets pas en cause le travail que nous avons fait ensemble. Je confirme que nous avons bien travaillé, mais il a fait un choix politique que je respecte. Aujourd’hui, le Tapura Huiraatira a fait le choix du maire de Pirae. Édouard Fritch connaît bien le fonctionnement des communes. Il a également été député, donc l’exercice parlementaire ne lui est pas inconnu. Et il y a un troisième élément qui a pour moi une importance capitale : au Parlement, nous n’avons plus vraiment de spécialistes des Outre-mer. L’apport d’Édouard Fritch, qui a été aux affaires et président de la Polynésie française, peut apporter un souffle nouveau et des éclaircissements sur le fonctionnement de nos collectivités ultramarines, et en particulier de la Polynésie française. C’est ce qui fait la différence de notre binôme aujourd’hui.”
Vous faites donc campagne en tandem avec Édouard Fritch. Mais le panachage permet aux grands électeurs de dissocier vos deux candidatures dans l’isoloir. Finalement, qui fait campagne pour qui ?
“Nous restons cohérents depuis le début de cette campagne. Le Tapura Huiraatira a fait un choix que nous respectons : Lana Tetuanui et Édouard Fritch, avec nos suppléants Evans Haumani et Tepuaraurii Teriitahi. Nous avons un programme de travail que nous avons décliné dans notre profession de foi et devant tous les grands électeurs que nous avons rencontrés.
Nous n’avons pas droit à des amateurs. La loi de finances de la Nation est par exemple en cours d’arbitrage et cela nécessite de pouvoir réagir rapidement et de connaître le fonctionnement du Parlement. Nous, nous plaidons pour un programme de travail.
Et je réfute totalement ce que j’entends depuis 15 jours de la part de certains qui prônent le panachage. Je pense qu’ils n’ont pas de programme de travail. Il faut aussi respecter le choix des électeurs et les élections ne s’arrêteront pas à celle-ci. À ceux qui prônent aujourd’hui le panachage, je pose donc la question : lorsqu’ils se présenteront à d’autres élections et que leurs électeurs leur diront qu’ils vont, eux aussi, panacher, seront-ils contents ? J’aimerais connaître leur réponse.”
Si vous êtes réélue, quel engagement prenez-vous aujourd’hui sur lequel on pourra vous demander des comptes dans six ans ?
“Je m’engage avant tout à respecter le choix de mon groupe politique, parce qu’en politique, il est important d’avoir un soutien et un socle. Je m’engage aussi à continuer à travailler avec l’ensemble des Polynésiens, avec les élus des communes sur les sujets communaux comme avec l’ensemble des élus de l’assemblée sur les sujets d’intérêt général. Ce sont mes principes. Et puis je m’engage surtout – et c’est le plus important pour moi – à rester telle que je suis : droite dans mes bottes, avec beaucoup de conviction.
Vous briguez un troisième mandat et vous apparaissez comme l’une des favorites de ce scrutin. Après onze années au Sénat, qu’avez-vous encore envie d’y accomplir ?
“Une élection n’est jamais acquise. Il faut plutôt regarder le bilan et, je le dis en toute modestie et avec beaucoup d’humilité, c’est le travail fourni qui fera le choix des grands électeurs le 27 septembre. J’ai encore de l’énergie pour faire aboutir quelques sujets. Il faut notamment clarifier les interventions respectives de l’État et de la Polynésie dans la modification de l’article 43-2 du statut. Il y a aussi les nouvelles prérogatives données aux policiers municipaux. Le Sénat a déjà voté le texte et nous attendons désormais le vote de l’Assemblée nationale. Je suis convaincue que, si tout se passe bien, cette loi pourra être promulguée à partir de janvier prochain. Je veux également continuer à me battre pour nos fonctionnaires polynésiens qui se trouvent dans l’Hexagone et souhaitent pouvoir revenir servir dans l’administration de la Polynésie française.”
Vous avez beaucoup travaillé sur les communes au cours de vos deux premiers mandats. Quel chantier reste aujourd’hui inachevé pour les élus municipaux polynésiens ?
“Nous avons beaucoup fait avancer les textes sur les communes. Le Sénat est la chambre des collectivités locales. Il y a le statut de l’élu et la reconnaissance du travail quotidien mené sans relâche par nos élus municipaux, pas seulement les maires, mais aussi les adjoints, les maires délégués et les conseillers municipaux. Il faut également revoir la rémunération de nos fonctionnaires communaux. J’ai porté au Parlement le statut de la fonction publique communale et, aujourd’hui, les communes montent en puissance. Elles ont besoin de cadres, notamment de catégorie A, et nous avons un problème de rémunération. Il faut travailler sur une différenciation de la grille indiciaire pour pouvoir maintenir ces cadres dans nos communes. Aujourd’hui, il y a beaucoup de mobilité : certains agents préfèrent partir dans le privé ou rejoindre la fonction publique territoriale.
Il faut aussi tenir compte de la réalité de nos îles. Être maire d’une commune de 300 habitants ou de plus de 30 000 habitants n’est évidemment pas la même chose, alors que les obligations imposées par le Code général des collectivités territoriales sont les mêmes. La mission qui m’attend, c’est donc aussi de faire reconnaître cette réalité et de donner davantage de liberté à nos tāvana. Si un maire veut, par exemple, créer une crèche, même sans demander de moyens au Pays, il faut aujourd’hui composer avec la répartition des compétences issue de notre statut d’autonomie. Il faut trouver cet équilibre et laisser un peu plus d’autonomie aux élus communaux.”
Vous avez siégé pendant six ans avec Teva Rohfritsch, avec qui vous dites avoir bien travaillé. Cette fois, le Tapura présente Édouard Fritch à vos côtés. Qu’est-ce que ce nouveau binôme peut apporter de différent au Sénat ?
“Je veux faire une petite rétrospective. En 2015, j’étais en duo avec Nuihau Laurey. Puis il y a eu les choix politiques de chacun. C’est aussi le cas avec Teva Rohfritsch. Je ne remets pas en cause le travail que nous avons fait ensemble. Je confirme que nous avons bien travaillé, mais il a fait un choix politique que je respecte. Aujourd’hui, le Tapura Huiraatira a fait le choix du maire de Pirae. Édouard Fritch connaît bien le fonctionnement des communes. Il a également été député, donc l’exercice parlementaire ne lui est pas inconnu. Et il y a un troisième élément qui a pour moi une importance capitale : au Parlement, nous n’avons plus vraiment de spécialistes des Outre-mer. L’apport d’Édouard Fritch, qui a été aux affaires et président de la Polynésie française, peut apporter un souffle nouveau et des éclaircissements sur le fonctionnement de nos collectivités ultramarines, et en particulier de la Polynésie française. C’est ce qui fait la différence de notre binôme aujourd’hui.”
Vous faites donc campagne en tandem avec Édouard Fritch. Mais le panachage permet aux grands électeurs de dissocier vos deux candidatures dans l’isoloir. Finalement, qui fait campagne pour qui ?
“Nous restons cohérents depuis le début de cette campagne. Le Tapura Huiraatira a fait un choix que nous respectons : Lana Tetuanui et Édouard Fritch, avec nos suppléants Evans Haumani et Tepuaraurii Teriitahi. Nous avons un programme de travail que nous avons décliné dans notre profession de foi et devant tous les grands électeurs que nous avons rencontrés.
Nous n’avons pas droit à des amateurs. La loi de finances de la Nation est par exemple en cours d’arbitrage et cela nécessite de pouvoir réagir rapidement et de connaître le fonctionnement du Parlement. Nous, nous plaidons pour un programme de travail.
Et je réfute totalement ce que j’entends depuis 15 jours de la part de certains qui prônent le panachage. Je pense qu’ils n’ont pas de programme de travail. Il faut aussi respecter le choix des électeurs et les élections ne s’arrêteront pas à celle-ci. À ceux qui prônent aujourd’hui le panachage, je pose donc la question : lorsqu’ils se présenteront à d’autres élections et que leurs électeurs leur diront qu’ils vont, eux aussi, panacher, seront-ils contents ? J’aimerais connaître leur réponse.”
Si vous êtes réélue, quel engagement prenez-vous aujourd’hui sur lequel on pourra vous demander des comptes dans six ans ?
“Je m’engage avant tout à respecter le choix de mon groupe politique, parce qu’en politique, il est important d’avoir un soutien et un socle. Je m’engage aussi à continuer à travailler avec l’ensemble des Polynésiens, avec les élus des communes sur les sujets communaux comme avec l’ensemble des élus de l’assemblée sur les sujets d’intérêt général. Ce sont mes principes. Et puis je m’engage surtout – et c’est le plus important pour moi – à rester telle que je suis : droite dans mes bottes, avec beaucoup de conviction.

































